Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Actus marques

Un mercato 2019 des golfeurs professionnels sous le sceau des agents libres

Un mercato 2019 des golfeurs professionnels sous le sceau des agents libres

Le ton a été donné avec le transfert de Justin Rose qui a quitté TaylorMade pour Honma. Ce n’est pas le seul mouvement déjà intervenu sur ce mercato 2019. L’américain Gary Woodland, classé autour du 40eme rang mondial, second du récent tournoi des champions à Hawaii, a signé chez Wilson, alors que l’italien Molinari teste actuellement des fers Callaway. Côté français, Raphael Jacquelin vient de poster une photo de son nouveau sac Srixon. Le marché promet d’être l’un des plus animés depuis plusieurs saisons…

Découvrez nos formules d'abonnements

Justin Rose n’a pas seulement changé de clubs.

A 38 ans, il semble déterminé à tout changer. Il vient de quitter la maison Adidas pour être vêtu de la tête aux pieds par la marque Bonobos.

Cette marque de textile n’était pas connue pour intervenir dans le milieu du golf jusqu’à très récemment. Avec la signature de l’anglais, elle frappe les esprits, d’autant qu’elle se veut sur un positionnement un peu en-dehors des codes, pour ne pas dire plus libre.

Le fait marquant n’est pas que Rose quitte Adidas, son équipementier de toujours, et mise à part une incartade chez Ashworth, une marque du groupe, c’est surtout sa déclaration un peu maladroite, et qui vise à discréditer tous ces partenariats entre joueurs et marques.

« J’ai le sentiment d’avoir rejoint une marque où je ne perds rien en termes de technicité, mais au contraire, j’ai gagné beaucoup d’un point de vue de la mode. »

Comprenez que les textiles Adidas étaient un peu démodés du point de vue de l’anglais.

On peut aller plus loin, et penser que s’il n’était pas payé pour porter du Adidas à longueur de temps, il n’aurait pas du tout porté ce type de vêtements.

« Je peux avoir plus de plaisir avec mon dressing et mon look dorénavant. »

« Je peux avoir plus de plaisir avec mon dressing et mon look dorénavant. »

Rose voulait sans doute vanter sa nouvelle marque. Peut-être est-il sincère aujourd’hui ? Mais alors il ne l’était pas hier. Bien entendu, vous l’aurez compris, il n’y a rien de sincère et d’utile pour les amateurs de golf, dans toute cette mascarade dite du mercato.

La seule chose tangible est le chèque ou la durée du contrat signé entre le joueur et l’équipementier.

Les propos des golfeurs professionnels pour tenter de justifier un quelconque intérêt ne présentent aucune crédibilité, et aucun intérêt.

Rose peut poser avec le driver Honma dans les mains.

Pour l’instant, il n’est pas certain qu’il ne garde pas son driver TaylorMade, alors qu’il est déjà certain qu’il va utiliser ses bois de parcours, et son ancien putter TaylorMade.

Dans le cas de Gary Woodland, ce dernier aurait testé un grand nombre de produits avant de tomber littéralement amoureux des fers Wilson.

En 2018, l’américain, connu pour être un long-frappeur, avait mis dans son sac un driver TaylorMade M3, des fers Titleist 716 MB et une balle Bridgestone.

Depuis sa rupture avec Callaway fin 2015, il était un agent libre. Toutefois, il n’avait pas forcément fait la publicité de son contrat signé avec TaylorMade pour le driver.

Pas si free agent que ça notre ami Woodland…de même que Molinari sous contrat avec Bettinardi pour le putter.

Comme TaylorMade a décidé de se montrer moins généreuse en-dehors de ses cinq stars (Woods, McIlroy, Johnson, Day, et Rahm), cela va avoir des impacts multiples sur les seconds couteaux dont justement Gary Woodland.

Second couteaux d’un point de vue marketing avec moins de notoriété ou de followers par rapport aux bigs stars du jeu… et du coup plus abordable en prix, dans cette petite spirale déflationniste sur le PGA Tour.

Wilson, qui va voir Padraig Harrington diminuer sa présence sur le parcours pour s’occuper de la prochaine sélection de Ryder Cup européenne, et Troy Merritt qui a signé avec Titleist, la marque de Chicago avait besoin d’une nouvelle tête d’affiche plus jeune, et surtout en mesure de valoriser son nouveau driver Cortex.

Pas sûr que Woodland soit tombé seulement en adoration pour ses nouveaux fers. Il a surtout trouvé un bon contrat de sponsoring, ce qui par les temps qui courent va commencer à se faire plus rare, et par conséquent, multiplier les agents libres.

Situation que le français Raphael Jacquelin ne va pas connaître, puisqu’après avoir pratiquement fait toute sa carrière chez TaylorMade, le voilà chez Srixon, qui confirme au passage son attachement avec la France.

Srixon est déjà l’équipementier de Christian Cevaer.

De même que la marque japonaise n’a pas hésité longtemps à équiper le nouveau centre d’entraînement de Jean-Baptiste Gonnet sur la Côte d’Azur, tout juste retraité des circuits.

Situation que le français Raphael Jacquelin ne va pas connaître, puisqu’après avoir pratiquement fait toute sa carrière chez TaylorMade, le voilà chez Srixon, qui confirme au passage son attachement avec la France.

Comme beaucoup de pros anciennement avec TaylorMade, Jacquelin était confronté au virage brutal pris par son ancien équipementier, qui désormais ne vise plus le nombre de drivers mis en jeu sur un tournoi comme argument commercial, mais les victoires potentielles de sa bande des cinq.

Cette nouvelle donne va considérablement rebattre les cartes.

Les agents libres pourraient se multiplier ou plutôt ceux qui n’avaient pas une grande visibilité risquent d’avoir moins d’opportunités directement par les marques de matériels, comme par exemple le bonus pour mettre un driver dans son sac, juste avant le début du tournoi.

Des marques moins habituées au PGA Tour, comme Honma pourrait en profiter pour apparaître.

Cette dernière serait d’ailleurs sur le point de signer Paul Casey, vu avec un Utility Honma au Tournoi des Champions, bien qu’il utilise toujours pour le moment des fers Mizuno.

L’italien Francesco Molinari réserverait lui-aussi encore sa réponse, mais il pourrait bien arriver chez Callaway, très intéressée par le profil d’un golfeur ultraprécis avec les fers, notamment pour faire la promotion de sa nouvelle gamme APEX.

Molinari, 36 ans, a justement testé des fers Callaway à Hawaii, et sans grand succès, puisque ses nouveaux clubs ne lui ont pas permis de bien figurer.

L’italien, agent libre depuis le retrait de Nike, a changé ses 13 clubs TaylorMade et son putter Bettinardi, pour 14 clubs Callaway à l’occasion du tournoi des Champions, mais il n’a pas encore confirmé avoir signé avec la marque pour autant.

L’italien, agent libre depuis le retrait de Nike, a changé ses 13 clubs TaylorMade et son putter Bettinardi, pour 14 clubs Callaway à l’occasion du tournoi des Champions, mais il n’a pas encore confirmé avoir signé avec la marque pour autant.

Pendant le tournoi, son sac était même sans marque apparente.

« Je suis juste en train de tester pour le moment. Je suis vraiment content avec ces clubs. Je tape très bien dans la balle, mais je n’ai pas vraiment scoré pour le moment. »

C’est en fait un secret de polichinelle.

Molinari va bien passer chez Callaway puisqu’au sujet de son putter, et alors qu’il avait bien un contrat avec Bettinardi, il a déclaré « Ces clubs seront toujours dans ma mémoire. Pour être honnête, ce putter présentait un design assez classique, donc ce n’est pas très difficile à répliquer. Le putter Toulon avec lequel j’ai très bien putté, sera exactement le même. »

Des années d’efforts marketing de la part des marques pour tenter de nous expliquer leur supériorité par rapport aux confrères qui s’envolent en une maladroite déclaration, d’un joueur qui va en plus être payé pour travestir la vérité demain.

Il vous expliquera qu’il jouera le meilleur putter jamais dessiné ! De son propre aveu, c’est en fait le même ! Pour tenir de tels propos, on se demande encore pourquoi Callaway va le payer pour la représenter…

L’italien fait surtout monter les enchères, en laissant penser qu’il se contente de tester, et se dit prêt à rester ainsi jusqu’au tournoi de Dubaï.

Il faut se préparer à voir des joueurs devenir plus facilement agent libre pour se monnayer plus cher après une bonne saison. C’est par exemple le cas de Kevin Na qui vient de signer avec Callaway.

Les belles dotations du PGA Tour peuvent permettre cette stratégie. Ce sera moins évident sur l’European Tour ou pire sur les circuits moins en vues comme le Challenge Tour.

Autre option, les professionnels peuvent signer des contrats avec des marques qui ne sont pas nécessairement des fabricants de matériel. C’est presque plus honnête par rapport à l’influence exercée sur les amateurs.

C’est le cas de Brandt Snedeker qui a signé avec Workday, une entreprise américaine spécialisé dans les applications cloud dans le domaine des ressources humaines et de la finance.

C’est le cas de Brandt Snedeker qui a signé avec Workday, une entreprise américaine spécialisé dans les applications cloud dans le domaine des ressources humaines et de la finance.

Il portera ce logo sur sa casquette alors que Bridgestone disparaît de son sac. Toutefois, il semble pour le moment conserver ses anciens clubs.

Quid de Koepka, Fleetwood, Reed… Il reste beaucoup de grands noms susceptibles de changer d’équipements en 2019.

Certains comme Rickie Fowler pourrait se contenter de changer de balles, pour notamment utiliser une TaylorMade TP5, alors que la plus grosse affaire du mercato reste le numéro un mondial Brooks Koepka dont on imagine mal qu’il reste free agent vraiment longtemps.

Dernière Minute :

Le français Benjamin Hebert quitte TaylorMade pour Wilson Golf

L'américain Stewart Cink, vainqueur en majeur, multiple vainqueur sur le PGA Tour quitte TaylorMade pour PING.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 192
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.