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TPT Golf: Le shaft qui fait la différence en faveur de Justin Rose ?

TPT Golf: Le shaft qui fait la différence en faveur de Justin Rose ?

Présenté au public pour la première fois à l’occasion du PGA Merchandise Show 2017, le shaft TPT Golf, qui une fois n’est pas coutume a été conçu par une société d’origine Suisse, North Thin Ply Technology SARL, a fait une entrée fracassante dans l’univers du golf professionnel à l’occasion du doublé de l’anglais Justin Rose (WGC-HSBC Champions -Turkish Airlines). En moins d’une année, ce nouveau shaft au procédé de fabrication révolutionnaire est passé du concept au succès sur le Tour Européen !

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Justin Rose change de shaft et renoue avec la victoire ?

En 2017, sur le tour européen, l’anglais Justin Rose, numéro 6 mondial, a connu sa meilleure année pour la distance au drive sur les sept dernières années. Sa moyenne est passée de 295 yards à 301 yards selon les statistiques de l’European Tour.

La distance au drive peut être la résultante d’une frappe plus longue, du fait d’une meilleure vitesse de balle, mais aussi, surtout quand il s’agit de moyenne, de frappes moins dispersées…

Ceci dit, isoler cette statistique du contexte, et de beaucoup de paramètres extérieurs est délicat pour chercher un lien de cause à effet, entre un changement de shaft et le potentiel d’un joueur.

Vainqueur coup sur coup du WGC-HSBC Champions en Chine, et du Turkish Airlines Open, l’anglais a frappé les esprits pour son niveau de jeu ultra consistant. D’ailleurs, sur ces récentes sorties depuis, il a continué à démontrer cette consistance. Il ne lui a manqué que de la réussite pour gagner à Dubaï ou à Hong-Kong.

Bien entendu, la performance au golf ne se résume pas au seul driving.

Bien qu’il ne dispute pas la saison complète en Europe, Rose est dans les quatre premiers pour le nombre de greens pris en régulations, soit 73,8% selon l’European Tour.

Sa précision du tee au green lui permet de se créer un grand nombre d’occasions de birdies. Sa moyenne de score par parties de 69,82 en 2017 en atteste. C’est ce qui fait de lui un des meilleurs joueurs au monde, et sur le circuit européen.

Dans le top-30 des plus longs frappeurs en Europe, lire les chiffres serait un résumé trop facile de la situation réelle du joueur. C’est pourquoi j’ai voulu comprendre la raison de son changement de shaft, intervenu en juillet dernier, avant les play-offs de la Fedex Cup.

Dans le top-30 des plus longs frappeurs en Europe, lire les chiffres serait un résumé trop facile de la situation réelle du joueur.

Changement, qui a selon son équipementier permit un angle de lancement légèrement plus élevé avec plus de spin, tout en ajoutant de la vitesse de balle.

Pourquoi changer de shaft ? Le témoignage de Jean-Jacques Rivet

A ce stade de la saison, les statistiques de Justin Rose sur le PGA Tour, l’autre circuit sur lequel il partage son temps, étaient plutôt de 55% de fairways en régulation, un chiffre trop bas pour être dans le top-10 du circuit.

Devant ce constat, Rose a sollicité Jean-Jacques Rivet pour faire une analyse biomécanique complète de son geste au drive. Jean-Jacques Rivet qualifie même cette procédure de relativement classique dans son travail avec un golfeur professionnel.

De cette analyse est ressortie une problématique de posture et d’inadéquation avec le shaft précédemment utilisé.

En présence de son habituel clubfitter Adrian Rietveld, Justin Rose a alors opté pour un shaft TPT Golf plus léger, et pourtant plus stiff : le TPT GOLF 15 LKP (pour Low kick point), LW (light weight) et LT (low torque).  Soit un manche dans une version spécifique pour Justin Rose. Je développerai plus loin les produits commercialisés par TPT Golf en faveur des amateurs.

En modifiant la posturologie, après analyse cinétique, et son shaft, Justin Rose a retrouvé un pourcentage de fairways en régulation plus élevé (autour de 72%) sur les derniers tournois de la saison.

D’ailleurs, sa moyenne annuelle est passée de 55 à 58% sur le PGA Tour. C’est justement ce qui se cache derrière la lecture des chiffres bruts.

Au cours du fitting en présence de Jean-Jacques Rivet, et des équipes de TPT Golf, Rose a essayé 8 shafts différents.

Au cours du fitting en présence de Jean-Jacques Rivet, et des équipes de TPT Golf, Rose a essayé 8 shafts différents.

Alors qu’il n’aurait jamais initialement pensé sélectionner un shaft aussi léger, son choix s’est porté sur le 63 grammes, et alors que précédemment, il jouait du 72 grammes !

Pour un golfeur qui swingue le driver à 116 mph de moyenne, cette différence de 9 grammes est conséquente.

Cette histoire m’a donné envie de creuser encore le sujet, et d’enquêter sur TPT Golf à l’invitation d’Alexandre d’Incau, notre consultant clubfitting, lui-aussi plutôt inspiré par ce ou ces nouveaux shafts commercialisés près de 700 euros.

J’ai donc eu un entretien avec Sebastian Sebayang de TPT Golf à la suite de celui avec Jean-Jacques Rivet qui a participé activement au développement de ce nouveau shaft.

A l’origine de TPT Golf

La société, basée à Lausanne en Suisse a été créée en 2001 comme une véritable aventure dédiée à la haute technologie et au sport. Spécialisée dès son origine dans le domaine du carbone souple, sa première mission a été de créer des voiles, et en particulier celles du bateau Alinghi.

Le bateau suisse a d’ailleurs remporté une retentissante victoire à l’occasion de l’America’s Cup 2003. Pour Sebastian Sebayang, les voiles en carbones souples innovantes proposées par sa société ont nettement contribué à ce succès.

Après cet accomplissement, la société a décidé de se lancer un nouveau défi dans le domaine du carbone solide avec différentes exploitations possibles comme le ski, le snowboard, et même l’avion Solar Impulse, un autre projet porté en Suisse par Bertrand Piccard.

Un premier contact avec l’univers du golf est noué avec Richard Mille dans le domaine des montres. La société produit le matériau utilisé par certains boitiers.

NTPT est alors un spécialiste du carbone très fin à la faveur d’un procédé de fabrication unique. Je crois comprendre que certains collaborateurs de l’entreprise étaient déjà des fans de golf, et voulaient se mesurer au business des manches pour les clubs.

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Pour évaluer la viabilité du projet, les fondateurs partent en Chine à la rencontre des principaux fabricants. Ils reviennent décourager par ce qu’ils vont apprendre.

Au début des années 2010, les marques de matériel américaines n’investissent pas sur les manches, et se contentent de commander des manches qui ne coûtent pas plus de 5 ou 10 dollars la pièce aux manufactures chinoises !

Le marché est alors inattaquable pour un produit de qualité, surtout pour en faire un composant d’un driver où c’était surtout la tête qui était valorisée.

Sur le point de laisser tomber, la rencontre avec Jean-Jacques Rivet relance l’idée d’un manche carbone haut de gamme, qui ne serait pas distribuer dans des racks de magasins ou monté de série sur des drivers de marques.

Deux ans de développement sous le regard du biomécanicien sont alors investis pour développer un shaft unique en son genre. D’ailleurs, deux ans, cela peut sembler court… Ce sera à creuser. Jean-Jacques Rivet a apporté une aide décisive dans la conception de ce manche, de même que son ami, David Leadbetter qui a apporté un support important pendant la phase de développement.

« Dans un sport où le feeling est tout, le shaft TPT apporte un niveau de feeling inégalé. Ce shaft est le plus avancé jamais conçu. Même vos moins bons coups sont meilleurs.»

Jean-Jacques Rivet et David Leadbetter participent alors à la conception d’un manche qui pour la première fois trouve son origine dans l’adaptabilité à la mécanique corporelle.

TPT Golf, l’entité de NTPT, se fait donc forte de réellement verticaliser la production de son shaft. Ce détail a son importance.

Selon Sebastian Sebayang, la plupart des marques de shafts, pour ne pas dire, la totalité utilisent des plaques de carbones qu’elles portent sur des mandrins coniques au moment de la conception.

Ce procédé implique que tous les shafts produits ainsi ont du « spine ».

En anglais, le terme « Spine » signifie « colonne vertébrale ».  Ce « spine » est ainsi plus « stiff » que tout le reste de la circonférence du shaft.

A priori, selon les experts du fitting, cela peut se vérifier quand on pivote un shaft sur une machine pouvant mesurer la fréquence.

Vous avez une lecture du spine plus stiff quand il est orienté dans la direction où le shaft se déforme plus facilement.

Pour aller plus loin, il faut savoir que si le spine d’un shaft est aligné avec la tête du club, le manche va alors mieux performer. On dit que le spine est « dowline » avec la direction du shaft.

Alexandre d'Incau, clubfitter à Seignosse précise : "Sur un manche, il y a deux parties à environ à 90 degrés, qui oscillent parfaitement droites (FLO Flatline oscillation) : Une est la plus rigide, et l'autre est la plus souple."

Là où cela se corse, c’est que pour Sebastian Sebayang, cette méthode de production ne permet en aucun cas de produire en série des shafts identiques en tout point !

Chaque shaft va avoir une colonne vertébrale différente.

C’est impossible de reproduire à l’identique. Si vous aimez un shaft, et qu’il est correctement monté par un clubfitter, surtout ne le cassez pas !

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En quoi TPT Golf se distingue ?

Si tous les manches du marché sont réalisés selon cette méthode dite de « Roll Wrapping », enroulement de couches successives, il convient donc de les aligner systématiquement par une opération minutieuse de clubfitting, ce qui n’est évidemment jamais fait quand on achète un club sans passer cette étape.

Le revers de la médaille, c’est qu’un shaft mal aligné est inconsistant au niveau du point de flexion et du torque, ce qui augmente la dispersion, et même des sensations relativement médiocres.

TPT Golf a donc mis au point un procédé qu’ils décrivent comme unique, se basant sur ce qu’ils ont développé dans les précédents business avec le « Thin Ply Winding », un procédé breveté.

Le shaft est parfaitement concentrique, et homogène.

Du fait de propriété chimique plus avancée, il n’y a pratiquement aucune limite pour la création d’angles et de combinaisons des fibres de carbones.

Chaque couche peut être posée de manière parfaitement concentrique. Résultat, votre shaft est parfaitement symétrique, et n’a plus de spine !

L’épaisseur est alors uniforme sur toute la longueur du manche, et le contrôle de l’alignement des fibres est parfait. La société peut alors changer le profil dus shaft d’une manière qu’il est impossible de faire sur une construction plus conventionnelle.

Pour parler de shaft et de performance, il faut évoquer la mesure des cycles par minute qui est l’évaluation reconnue dans le secteur.

Quand vous pivotez un shaft TPT et un shaft conventionnel sur 360 degrés, cette valeur exprime la concentricité d’une manche, et équivaut à la dispersion pour un joueur.

Le shaft classique affiche en générale selon TPT une déviation de 7,2 cpm quand leur produit est mesuré par leurs soins à seulement 2,4 cpm, soit une déviation pratiquement trois fois inférieure.

Comparaison entre un shaft TPT et un shaft standard

Le premier shaft mis au point par TPT, et uniquement à ce stade pour un driver, a été présenté au PGA Merchandise Show d’Orlando en 2017.

TPT en présente 10 pour différentes vitesses de swing, du professionnel comme Justin Rose au joueur amateur, Monsieur Tout le Monde.

La classification des produits va de extra-stiff avec le modèle 15 justement utilisé par Justin Rose, sachant que ce dernier utilise actuellement une référence unique, qui sera seulement commercialisé à l’occasion du prochain PGA Merchandise Show 2018 à 19, un manche plutôt destiné aux seniors qui swinguent de 60 à 70 mph, une vitesse relativement lente.

Le modèle 15 est en fait proposé en deux versions qui se distinguent entre medium kick point, et low kick point pour des vitesses de swing comprises entre 105 et 120 mph.

Le low kick donne un peu plus de spin, et un angle de lancement plus important alors que le Medium donne moins de spin, et une trajectoire plus pénétrante. Rose aurait opté pour le low kick.

Cette série 15 pèse 73 grammes. On comprend bien que Rose utilise une version différente puisque son manche ne pèse que 63 grammes.

La série 16 correspond aux swings entre 90 et 105 (poids de 68 grammes).

La série 17 correspond aux swings entre 80 et 90 (poids de 62 et 63 grammes).

La série 18 correspond aux swings entre 70 et 80 (poids de 53 et 56 grammes).

Enfin, la série 19 correspond aux swings entre 60 et 70 mph (poids de 52 et 50 grammes selon la version de kick point median ou basse).

Le prix de vente serait autour de 700 euros et les produits uniquement accessibles via des clubfitters expérimentés.

Etant d’un naturel prudent sur le matériel de golf révolutionnaire, surtout sur un produit que je n’ai pas encore eu entre les mains, nous avons convenu d’un essai fin décembre en présence de Sebastian Sebayang. Je participerai au test ainsi que Xavier Bretin pour évaluer la performance de ces nouveaux shafts par rapport à mon driver, et shaft actuel.

Je suis donc curieux et enthousiaste à l’idée d’ajouter une suite à cet article. Avec cette fois des données que j’aurai mesuré avec le Trackman 4. Je vous invite à un peu de patience…

Crédits photo : Getty Images, TaylorMade et TPT Golf

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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