Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Tournoi des Champions 2018 : Dustin Johnson déjà le plus fort

Tournoi des Champions 2018 : Dustin Johnson déjà le plus fort

La saison 2018 du PGA TOUR démarre à peine, et déjà, Dustin Johnson délivre un message très clair. Il est bien actuellement le meilleur joueur du monde. Leader avec deux coups d’avances au soir du troisième tour, il a de nouveau éclaboussé le tournoi de tout son talent, pour terminer le dernier tour avec huit coups d’avances, un score digne du tigre. A en juger par ses statistiques, Dustin Johnson est en train de démontrer, mois après mois, qu’il est de la trempe des tous meilleurs. Bienvenue dans l’ère Dustin Johnson.

Découvrez nos formules d'abonnements

Aux termes de son ultime 18 trous à Kapalua (Hawaii), interrogé par un reporter américain sur sa belle performance, Dustin Johnson n’a pas manqué de vanter le mérite de son nouveau driver M4  muni de la twist face.

Depuis qu’il a eu dans les mains pour la première fois, Dustin Johnson s’est montré très excité à l’idée de pouvoir bénéficier de cette technologie.

Bien qu’il ait considérablement progressé dans tous les domaines, y compris le wedging et le putting, l’actuel numéro un mondial (depuis 46 semaines consécutives) a besoin de se reposer sur son driving surpuissant pour construire ses performances.

Un fairway touché en plus sur quatorze tentatives peut avoir une énorme importance sur le résultat final d’un tournoi du PGA Tour.

Ce week-end pour la reprise de la saison 2018, Dustin Johnson a tout bonnement touché 73% des fairways.

Ce chiffre n’est pas anodin.

L’an passé, le meilleur joueur du monde pour les coups gagnés du tee au green, et les coups tapés depuis un tee, n’avait pris que 57% des fairways en régulation sur toute la saison.

En distance totale, sa moyenne à 315 yards le classait deuxième plus long driver du tour.

Si vous associez la plus grande distance avec une très grande précision, vous obtenez une recette terrible, et la possibilité de scorer très bas.

Plus que n’importe quel autre golfeur du staff TaylorMade, Dustin Johnson était donc très intéressé par l’argumentaire de Brian Bazzel : Moins disperser.

De mon point de vue, et suite à des discussions avec Benoit Vincent ou Rémy Arnaud  (ingénieurs français pour TaylorMade), l’autre force de Dustin Johnson réside dans son attitude sur, et en-dehors des parcours.

Clairement, DJ vit pour être le meilleur golfeur du monde, le numéro 1, et dans cette optique, il est prêt à tout. Il veut être considéré comme un Tiger Woods au plus haut de sa carrière.

Il n’a pas toujours été comme cela. Bien au contraire, plus jeune, il était certes doué, mais peu travailleur, et très/trop désinvolte.

Le fait qu’il ait été pris pour usage de stupéfiants n’est en soi pas si étonnant quand on regarde son mode de fonctionnement passé.

De l’avis de mes interlocuteurs, y compris Tom Olsavsky (Cobra), depuis qu’il a été repris en main par son beau-père Wayne Grestsky, une légende du hockey, son attitude a réellement changé.

Cela n’a pas été une révolution complète, mais bien une amélioration.

Tout en devenant concentré sur le fait de devenir le meilleur, Dustin Johnson a gardé un trait de caractère fondamental à mes yeux : une forme de cool attitude sur le parcours qui lui permet de traverser les tempêtes.

Alors qu’il avait deux coups d’avances samedi, les observateurs se demandaient si le spectre du HSBC Champions n’allait pas réapparaître. A savoir, perdre alors qu’il avait le tournoi dans ses mains.

Dimanche, interrogé à ce sujet, Dustin Johnson a balayé du revers de la manche cette hypothèse, allant même jusqu’à affirmer qu’il avait déjà oublié cette mésaventure chinoise, la mettant sur le compte d’un essai de fers prototypes, depuis oubliés dans le vestiaire.

C’est justement cela le mental d’un champion ! DJ gagne plus souvent qu’il ne perd (tout du moins, en ce moment), et quand il perd, il passe rapidement à autre chose.

Selon les personnes qui l’ont côtoyé de près, ce n’est pas le genre à intellectualiser.

Le golf est un « mind game ». Johnson démontre que parfois, justement, il faut savoir ne pas trop réfléchir.

Pour Rickie Fowler « Dustin est quelqu’un qui oublie vraiment très vite. C’est l’une des raisons qui explique pourquoi il est le meilleur du monde en ce moment. Il oublie vite, il avance, et c’est un grand joueur, un grand frappeur de balle. Il n’y a pas vraiment de points faibles dans son jeu. »

En dehors de l’aspect mental, c’est donc bien sa capacité à driver long et droit qui lui a permis de dominer les champions des champions.

Le Sentry Tournament of Champions réunit uniquement les vainqueurs de tournois de la saison passée.

Lors du dernier tour, il a d’ailleurs failli rentrer la balle pour trou en un depuis le tee de départ du 12, un par-4 de 433 yards (fairway en descente), soit 395 mètres.

Sur ce tournoi de rentrée, DJ a tout simplement battu le record de coups gagnés depuis le tee, réalisant ainsi une étonnante publicité pour TaylorMade, et son nouveau driver M4.

Alors que je pensais qu’il opterait pour le M3, le plus ajustable des deux, et alors qu’il utilisait majoritairement le M1 l’an passé, Dustin Johnson a bien choisi le M4  pour des raisons de circonstances.

Il a passé l’intersaison à s’entraîner avec les deux, mais finalement, au départ du tournoi, il a opté pour le M4 en loft 9,5 degrés en position standard, afin de générer des trajectoires plus pénétrantes, et mieux adaptées aux conditions très souvent venteuses sur le parcours de Kapalua.

Il faut dire que Johnson connait bien ce parcours pour avoir remporté la victoire en 2013.

S’agissant du choix du driver, le numéro un mondial veut d’ailleurs continuer à alterner entre M3 et M4 tout au long de la saison, et au gré, des circonstances.

En tout cas, son 73% de fairways en régulation contre 57% sur la saison 2017 constitue déjà une belle publicité pour son équipementier, qui ne devrait pas tarder à communiquer sur cette première victoire.

Surtout qu’en l’occurrence, il s’agit d’un doublé avec l’espagnol Jon Rahm en deuxième position.

A seulement 23 ans, le voilà déjà numéro 3 mondial.

Seulement trois autres golfeurs ont réussi une telle prouesse de précocité par le passé (Tiger Woods, Jordan Spieth et Rory McIlroy). C’est dire ce qui nous attend dans les dix ans qui viennent avec ce joueur.

D’ici là, Johnson aura sans doute tout fait pour emmagasiner un maximum de victoires. Il porte déjà son total à 17 victoires.

De 2008 à aujourd’hui, seul Tiger Woods a fait mieux avec 18 victoires. C’est dire sur quels standards de performances se situe l’actuel numéro un mondial !

Dès le premier tournoi de 2018, Johnson remporte sa première victoire de l’année, et assure la continuité de son incroyable performance en cours : Sur les onze dernières saisons, DJ a remporté au moins une victoire.

Nicklaus et Palmer ont remporté au moins une victoire sur 17 saisons consécutives. Johnson a encore du chemin à parcourir, mais admettez qu’il est sur la bonne route.

Par rapport à ses principaux rivaux pour la saison 2018, il se montre déjà à son meilleur niveau, et très confiant.

Complètement remis de sa blessure au dos contractée l’an passé après sa chute dans sa maison de location à Augusta, Johnson a mieux que géré son avance en tête du tournoi.

Au lieu de défendre son avance, il a justement joué l’attaque comme à son habitude.

Particulièrement exceptionnel au drive tout au long de la semaine, DJ est resté agressif jusqu’aux derniers trous pour rendre la carte la plus basse de la semaine (65), et ainsi, creuser son avantage.

Une victoire avec huit coups d’avances marque les esprits.

L’actuel numéro un mondial a retenu la leçon de son illustre prédécesseur, Tiger Woods : « Il ne faut pas seulement gagner, il faut faire peur. »

Tiger Woods a confirmé son retour en annonçant son intention de jouer à Torrey Pines (Farmer’s Insurance) et à Riviera (Genesis).

Jordan Spieth a travaillé son putting pendant toute l’intersaison, notamment pour essayer de retrouver son geste de la période 2015-2016.

Justin Thomas a rencontré un problème de cadet pendant la semaine hawaïenne.

Alors qu’il défendait son titre, le premier d’une belle série en 2017, Justin Thomas a été contraint de changer de cadet en plein tournoi, ce dernier s’étant blessé. Il devrait être indisponible pour un petit moment.

En attendant le retour de Rory McIlroy, c’est encore Jon Rahm qui paraît être le plus sérieux rival de Johnson.

Cependant, à son meilleur, Johnson a-t-il seulement un rival capable de le battre à la régulière ?

Crédit photo : Getty Images

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 772
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.