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La cote de Tiger Woods remonte en flèche au Valspar Championship

La cote de Tiger Woods remonte en flèche au Valspar Championship - Crédit photo : Mark Newcombe

Est-ce que le temps ne serait pas arrêté entre le 4 août 2013 et le 9 mars 2018 ? Est-ce la fin d’un mauvais rêve ? La performance de Tiger Woods après deux tours au Valspar Championship 2018, un tournoi du PGA Tour disputé à Palm Harbor en Floride sur le parcours du Innisbrook Resort laisse rêveur.  Au sommet du leaderboard après 36 tours, et un score cumulé de quatre coups sous le par, Woods est en course pour une éventuelle 80eme victoire sur le PGA Tour.  Au même niveau que Paul Casey et Brandt Snedeker ou encore un coup devant Justin Rose, Woods a délivré vendredi une partie spectaculaire, et attisé l’excitation des deux côtés de l’Atlantique, où chacune de ses sorties est très suivie. Même les bookmakers de Las Vegas remontent la cote du Tigre pour Augusta...

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On n’en finit plus de parler du retour de Tiger Woods.

Oui, le boss est bien de retour, et comme les premiers indices le laissaient penser depuis le Hero World Challenge  en décembre ou Torrey Pines en ce début d’année, Tiger ne manque que de pratique, de réelle compétition pour retrouver peu à peu toutes ses sensations.

En augmentant progressivement son programme de tournoi, Tiger gère parfaitement son retour, sans se précipiter, mais en tenant compte du fait qu’il a surtout besoin d’enchaîner les parties de 18 trous en compétition pour retrouver la plénitude de son jeu.

Depuis décembre, il monte en puissance, et cela s’est nettement vu au PGA National, théâtre du Honda Classic.

Ses statistiques ont illustré à quel point son jeu se met très rapidement dans les standards des meilleurs joueurs du PGA Tour, et même au-dessus.

Désormais, la question n’est plus « Est-ce que Tiger peut gagner à nouveau ? » mais « Quand est-ce que cela va arriver ? »

On peut voir sur les réseaux sociaux toute l’excitation que cela créé chez ses fans.

Pour Julien Xanthopoulos, consultant sur Canal +, il peut certainement gagner à nouveau.

Il est revenu à un niveau compétitif, mais pas encore à son meilleur niveau. Le consultant lui concède encore une grosse marge de progression, notamment dans le jeu long.

Thierry David, journaliste de la même chaîne tempère l’optimisme ambiant en considérant que Woods sera vraiment de retour, quand il aura gagné et contre un champ relevé, soulignant que seul deux membres du top-10 sont engagés à Palm Harbor.

Quoi qu’il en soit, à en juger par le nombre de partages et de commentaires, Tiger Woods suscite bien de vives réactions.

Le 4 août 2013, Tiger remportait son dernier tournoi, le Bridgestone Invitational pour la huitième fois de sa carrière, et avec sept coups d’avances sur Keegan Bradley et Henrik Stenson.

Depuis bientôt cinq ans, nombreux sont ceux qui attendent la vraie suite de l’histoire, celle qui est émaillée de victoires sensationnelles, et de coups incroyables.

Ce vendredi, il a déjà donné quelques bribes de ce nouveau chapitre, comme si les crises de yips, les tourments de sa vie privée, les douleurs au dos étaient enfin partis pour de bon, pour ne laisser place qu’à la seule chose qu’on aime : le Woods mythique !

Certes, le champ du Valspar Championship ne comporte pas tous les grands noms, mais Paul Casey, Justin Rose, Sergio Garcia, Patrick Reed, Brandt Snedeker, Jordan Spieth, Henrik Stenson ou encore Rory McIlroy, c’est plutôt pas mal.

Certes, le Innisbrook Golf Course n’est pas Augusta, mais il y a bien le « Snake Pit » qui consiste en trois trous parmi les plus difficiles du PGA Tour (16, 17 et 18) et d’ailleurs considéré comme un des finals les plus délicats de la saison.

Alors que ces cinq dernières années, on a bien cru que Woods ne pourrait jamais battre son plus terrible adversaire, son corps, il semble complètement rétabli, et du coup, beaucoup plus serein, et confiant dans son golf.

En cinq ans, il n’a joué que 27 tournois, et la plupart du temps, il n’a été que l’ombre de lui-même.

Dans ce même laps de temps, le golf s’est cherché un successeur, pensant tour à tour à Rory McIlroy, Jason Day, Jordan Spieth et même récemment Justin Thomas.

Face à une telle adversité, Woods aura fort à faire, surtout si on prend en considération Dustin Johnson, et le nouveau Ballesteros, Jon Rahm.

La question que Woods est bel et bien en train de résoudre, c’est comment son corps va lui permettre de récupérer ses compétences.

Pour Paul Casey qui a été concerné par le problème dans un passé encore récent « Vous ne savez jamais vraiment comment la blessure va affecter votre jeu. Il n’y a pas que le côté physique de la blessure, il y aussi l’aspect mental. Quand je me suis blessé à l’épaule, je ne lui ai pas fait confiance pendant vraiment très longtemps. Je n’étais tout simplement pas capable de relâcher le club comme je le faisais avant. »

Au sujet de Woods, il poursuit « J’ai pensé que Tiger avait le même problème avec toutes ces opérations chirurgicales, et ce que cela pouvait impliquer au plan mental. Est-ce que je peux avoir confiance dans mon dos ? Est-ce que je dois m’inquiéter ? »

Depuis son retour, Woods démontre une confiance étonnante, et des compétences dignes des meilleurs.

Au Honda Classic, il a dominé tous les joueurs dans le domaine du jeu de fers.

Aux questions que se posent Paul Casey, il semble que Woods soit pour l’instant en train de répondre positivement.

A chaque sortie, il progresse, et sa dernière prestation au Valspar laisse penser qu’il se rapproche de plus en plus du Tiger spectaculaire des années 2000.

En rentrant birdie aux trous quatre et cinq, il s’est rapproché à un coup de la tête, puis un autre au douze lui a permis d’attraper la première place, ce qui ne lui était plus arrivé depuis le Wyndham Championship en 2015.

Encore un birdie au quatorze, et le voilà seul leader au milieu de la foule amassée autour de sa partie comme si, il était le seul joueur sur le parcours.

Si lui ne se rendait pas compte ou ne voulait pas y attacher de l’importance pour se protéger émotionnellement, le public lui sentait bien que l’histoire était en train de reprendre son véritable cours, comme si le fleuve revenait enfin dans son lit.

« Est-ce que j’aurai pu prévoir d’être dans une telle position ici ? Assurément non. »

Si mentalement, Woods voulait être déjà à ce niveau de jeu au cours des dernières années, son corps ne lui en a pas donné l’opportunité.

Maintenant que c’est semble-t-il le cas, il démontre à Paul Casey et à nous tous que mentalement il a toujours été très fort, comme quand il gagnait le Masters avec 12 coups d’avances ou pour récupérer d’une grave blessure.

Pour Brandt Snedeker, son désir a toujours été intact.  « Vous pouviez le voir à Hazeltine pendant la Ryder Cup 2016 où il était vice-capitaine. On sentait qu’il mourrait d’envie d’être là, et de taper des balles. »

Vendredi, après un échauffement qu’il qualifia lui-même de très moyen, Woods a enchaîné sa deuxième partie consécutive sous le par, comme si de rien n’était, et avec la même attitude qu’on lui connaissait du temps de sa splendeur.

Paul Casey s’amusant « C’est comme au bon vieux temps. Juste un coup devant Tiger mais défait de quatre coups à la fin du week-end ! »

Il lui reste encore 36 trous à disputer avant d’envisager une 80eme victoire sur le PGA Tour. Ce ne sera peut-être pas pour ce week-end, mais l’optimisme est de mise pour que cela finisse par arriver, et plus tôt qu’on ne l’imagine.

Même les bookmakers de Las Vegas ont considérablement revu sa cote à la hausse dans la perspective du Masters à Augusta.

En aout dernier, il était donné à 100 contre 1. Après sa performance de vendredi, elle est tombée à 10 contre 1. Il est le troisième favori juste derrière Dustin Johnson et Justin Thomas.

Quelle histoire ! On peut enfin se réveiller. Woods fait de nouveau partie du tableau, et c’est lui qui peint.

Crédit photo : Mark Newcombe

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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