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Tiger Woods à la recherche de son meilleur putting avant l’US Open

Tiger Woods à la recherche de son meilleur putting avant l’US Open

Cela fait 6 mois que Tiger Woods est revenu à la compétition. Il a déjà disputé 9 tournois sur le PGA Tour, et obtenu deux top-10 pour un seul cut manqué. Ce premier tour de chauffe permet de constater qu’il est largement au niveau des meilleurs (80eme mondial), et en capacité de gagner prochainement un tournoi. Il occupe actuellement la dixième place sur le tour pour le nombre de coups gagnés sur le parcours. Woods n’est pas loin d’avoir pleinement retrouvé la plénitude de ses moyens. Ce qui ne manque pas de surprendre les chroniqueurs à travers le monde. Pourtant, ce week-end à l’occasion du Memorial, chez Jack Nicklaus, un compartiment du jeu lui a cruellement fait défaut.

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Tiger en panne d'inspiration au putting ! Woods performant avec les fers !

C’est peu dire que cette semaine sur le parcours de Muirfield Village, Tiger Woods a manqué de réussite au putting.

Woods s’est fait connaître pour sa puissance exceptionnelle depuis le tee, pourtant, c’est bien sur les greens qu’il a remporté ses 14 victoires en majeurs.

Pistolero hors pair sur les greens, il a très souvent fait partie des meilleurs dans ce seul compartiment du jeu de golf.

En 2008, il terminait près de 38% de ses trous avec un seul putt. A moins de deux mètres du trou, il pouvait facilement frôler les 100% de réussite.

Sur les greens, il pouvait convertir un putt pour birdie dans près d’un cas sur trois.

Dix ans plus tard, ses performances sur le jeu long peuvent toujours lui permettre de jouer au plus haut niveau, et se créer des occasions de birdies.

Il drive à plus de 300 yards de moyenne. Il se situe même dans le top-25 pour la distance au drive en 2018.

Depuis son retour, son score moyen par partie est de 70,03, ce qui le place dans le top-14 des meilleurs joueurs sur le circuit.

Son jeu de fers, et son jeu autour des greens sont toujours ses gros points forts. Il domine même la majorité des autres stars du circuit.

Du tee au green, il devance ainsi Justin Rose, Adam Scott, Paul Casey, Jon Rahm, Rory McIlroy ou encore Sergio Garcia.

Tout pourrait aller dans le meilleur des mondes pour Tiger, sauf que son putting habituellement si bon, est tombé en panne, comme on a pu le voir au Memorial.

Quelle frustration pour le champion, car son jeu de fers a même encore passé un palier depuis son retour, et à l’occasion de ce tournoi prestigieux.

« Je me sentais très bien. Je sentais que j’allais taper des bons coups. Je pouvais travailler la balle comme je le voulais. Peu importe de quel côté allait être le drapeau, je pouvais véritablement la poser là où je le voulais. »

Et clairement, sur ce tournoi finalement remporté en -15 par Bryson DeChambeau, et pour lequel, Woods a terminé à la 23eme position en -9, soit à 6 coups du vainqueur seulement, le Tigre a largement dominé tout le monde dans le domaine de la précision sur les coups de fers.

Avec une moyenne de proximité au trou de 5,7 mètres, personne n’a fait mieux.

En revanche, chose inhabituelle pour lui, il a manqué 5 putts à moins de 3 mètres du trou.

Tout au long du tournoi, il est passé à côté de nombreuses occasions de birdies.

Le vendredi soir, il pointait même au 119eme rang sur 120 pour les coups gagnés sur le green, lui qui au meilleur de sa forme, pouvait largement se classer premier.

Un putt qui fait tout dérailler

Au départ du second tour, il a raté son tout premier putt de la journée, et derrière, il a concédé que ce putt manqué avait enchaîné tous les suivants. « Je n’ai juste pas réussi à bien faire rouler la balle. Je ne sentais pas la tête de mon putter, et je n’ai pas réussi à la relâcher comme j’en avais l’habitude. Je n’avais tout simplement pas de sensations. »

Depuis son retour, c’est bien dommage, car à Muirfield sur les terres de Jack Nicklaus, il a sans doute livré sa partie la plus aboutie, au moins du tee jusqu’au green.

Beaucoup ont sans doute vu son eagle lors du second tour, avec cette approche à 85 mètres rentrée après avoir touché le green, et pris assez de backspin pour reculer jusque dans le trou !

Il a soulevé la foule, et les clameurs par la même occasion.

Pour Justin Rose, témoin de la partie de Woods « On peut dire qu’il a pris les drapeaux aujourd’hui. C’était drôle à regarder. »

Coupé dans son élan par une interruption du jeu, Woods a vu son élan se briser.

C’était la première fois depuis son retour que Tiger était confronté à une interruption du jeu en raison de la météo. Il a même craint pour son dos. Il faut dire que la veille, il avait donné quelques signes d’inquiétudes.

Finalement, tout s’est bien passé de ce point de vue, en revanche, au lieu de se mettre en capacité de jouer 62 ou 63, son putting l’a plutôt entrainé vers un 67 tout à fait correct, mais pas complètement révélateur de son jeu.

Samedi, il avait une bonne chance de pouvoir gagner ce tournoi.

Depuis son retour, pendant le moving day, il ne joue pas au-dessus de 68,57 coups de moyenne, et cela s’est confirmé avec une nouvelle carte de 68.

Dimanche, il n’était plus qu’à 5 coups du leader Bryson DeChambeau avant de commencer sa partie.

Il a même réduit cet écart à 4 coups dès le premier trou. Un retour décevant sur les 9 derniers trous avec 3 bogeys ne lui a pas permis d’espérer peser sur les débats en tête.

Ce tournoi était son dernier rendez-vous avant l’US Open.

Dernier appel avant l'US Open : Les experts débattent de son putting

Woods a fait des progrès à chaque sortie dans le jeu du tee au green. Cette semaine, son putting est tombé en panne. Ce n’est d'ailleurs pas la première fois depuis le début de l’année.

C’est sans doute un aléa lié à son retour depuis seulement six mois.

Cette semaine, son putting est tombé en panne. Ce n’est d'ailleurs pas la première fois depuis le début de l’année.

Pour Craig Farnsworth, la raison tient peut-être au fait qu’il se concentre trop sur sa mécanique de swing, et délaisse un peu son entraînement au putting. « Il a passé tellement de temps sur son putting que d’autre compartiments de son jeu en souffrent, comme par exemple son putting. »

Ce spécialiste de la vision dans le sport interrogé par USA Today ajoute « Je pense que vous devez continuer à travailler sur vos forces, et parfois les gens oublient cela et passent beaucoup trop de temps sur le comment ou la mécanique, et perdent de vue tous les aspects de leur jeu. »

Farnsworth est l’auteur d’un livre sur la vision et le putting. Il a travaillé avec Faldo sur son putting.

Conscient du problème, Woods a déclaré à l’issue du dernier tour « J’ai juste besoin de frapper des meilleurs putts. Cette semaine, je ne l’ai pas vraiment fait. Je ne me sentais pas à l’aise avec ma ligne de putting. J’avais même l’impression d’être un peu à l’écart. Par conséquent, j’ai raté un tas de putts. »

Pour un autre spécialiste du putting, James Sieckmann qui a travaillé avec Vijay Singh et a été membre du top-50 des meilleurs instructeurs aux USA « Woods n’a tout simplement pas passé assez de temps sur les greens. Il s’est fait tromper par leur vitesse. Ses yeux lui ont joué des tours. »

Poursuivant « C’est comme si tout à coup, quelque chose d’intuitif devenait conscient et forcé. »

Il conclut « Cela a toujours été un grand putter, et il le sera toujours, en tout cas, tant qu’il ne commencera pas à trop penser. »

Enfin, pour un dernier expert, Todd Sones, celui-ci estime que Woods utilise beaucoup ses mains au putting. « Quand il est en confiance, ce n’est pas un problème. Par contre, quand il est plus anxieux, il peut être moins performant. »

Le coach fait référence au fait que Woods est encore en alerte sur son dos, ce qui par conséquence, peut se retourner contre lui sur les greens.

Pour Todd Sones, Woods n’est plus exactement le même putter qu’à ses débuts. Il doit faire un choix entre se construire une plus grande marge d’erreur et faire quelques changements sur son geste, ou au contraire, revenir à ce qu’il faisait à ses débuts, quand il a gagné tous ses majeurs… Pour cela, il doit surtout reconstruire sa confiance.

Comme les autres analystes, finalement, il pointe du doigt le fait que Woods a surtout besoin de temps, et de tournois pour retrouver la plénitude de ses sensations.

Woods est connu pour travailler son putting avec un SAM PuttLab. Pour le coach, ce n’est pas nécessairement la meilleure ou seule solution. « L’analyse sans solution est confusion. »

Ajoutant « Quand un joueur sait ce qui ne va pas, mais n’en connaît pas la cause, il finit par bricoler sur les conséquences du problème plutôt que de solutionner la cause. »

Concluant, « Chaque fois que vous trouvez une solution à la cause d’un problème, vous pouvez le réparer d’une manière qui résistera à la pression. Dans ce cas, le cerveau est engagé, et non pas confus. « 

S’agissant de l’US Open à venir, Tiger veut se montrer positif « Mon jeu de fers a été excellent. C’est très positif pour Shinnecock (parcours de l’US Open) où la qualité de frappe de balle va être primordiale. Le terrain sera très différent, mais dans l’ensemble, si je swingue ainsi, je serai heureux dans deux semaines. »

Par rapport à son retour, Tiger se montre de toute façon très satisfait « C’est incroyable de pouvoir encore jouer au golf à ce niveau.  Ne pas avoir de soucis pour marcher. Avant je luttais pour y arriver, et maintenant, je suis passé complètement de l’autre côté du spectre. Je n’ai pas de douleur. Je suis capable de refaire ce que j’aime, et fais depuis très longtemps. Le golf fait partie de ma vie. Je ne savais pas si je pourrais rejouer à nouveau. Je suis capable de bien jouer, de frapper des bons coups, et de rivaliser. J’ai une bonne chance de gagner d’ici à la fin de l’année. » 

Crédit photo : Adam Lacy

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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