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Tiger Woods remporte le Tour Championship : Le Come-back triomphant !

Tiger Woods remporte le Tour Championship : Le Come-back triomphant !

Trou numéro 72 du Tour Championship 2018 disputé sur le parcours du East Lake Golf Club près d’Atlanta, la foule descend le fairway du 18eme et dernier trou du tournoi, dans les pas de Tiger Woods, Rory McIlroy, leurs cadets et les officiels.  La foule est immense. La liesse est incroyable. Woods s’apprête à gagner son 80eme tournoi du PGA Tour, cinq ans après avoir été numéro un mondial, et après sa dernière victoire chez les professionnels. Plus personne ne semblait y croire, pourtant, deux putts plus tard, Woods venait de pousser la balle au fond du trou, et lever les bras au ciel, sans avoir manqué de donner un petit coup sur le sol avec son putter, comme pour se dire « Non, je ne suis pas en train de rêver. Je suis bien en train de gagner le dernier tournoi de la saison. » He is back !

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Cinq ans… Cinq ans d’éternité pour un sportif de haut niveau… Cinq ans de doutes… Cinq ans de douleurs…Woods vient d’écrire la première page d’un nouveau chapitre de sa vie professionnelle.

Il y a un avant, et il y aura un après cette victoire numéro 80.

Avant, on pouvait en douter et pourtant l’espérer. Aujourd’hui, Tiger a mis fin au débat. Oui, il est de retour au plus haut niveau, le très haut niveau golfique.

Avant de rentrer son dernier petit putt (tap-in), Woods a pris un bref instant pour savourer.

Il a aussi laissé le temps à la foule pour qu’elle exulte au moment où la balle allait rentrer dans le trou.

En 2010, Woods était le troisième sportif le plus détesté aux Etats-Unis.

En septembre 2018, il est le golfeur le plus ovationné pour son retour triomphant, non seulement du parcours, mais aussi de son parcours de vie depuis 5 ans.

Derrière, l’étreinte avec Rory McIlroy qui n’a jamais caché son admiration, et une forme de filiation sportive, pouvait durer et paraître vraiment sincère.

De tous les autres golfeurs professionnels, le scénario parfait de cette journée a voulu que ce fusse lui qui soit le premier à le féliciter.

Les félicitations d’un numéro un mondial à un autre pour revenir dans le cercle des vainqueurs.

Souvent, dans ces circonstances, les professionnels se saluent respectueusement, et surtout brièvement.

Cette étreinte suffit à en dire beaucoup sur l’aura et le respect inspiré par Woods de la part de l’ensemble du monde du golf, et bien au-delà.

Quelques secondes plus tard, une autre étreinte était tout aussi significative.

Celle avec son cadet Joe Lacava, celui qui aura tout enduré avec lui, et notamment une longue absence des parcours, et le fait de ne pas faire tout simplement son métier.

Lui n’a jamais été empêché. Il se sera pourtant toujours tenu aux côté de son patron, alors qu’il n’avait encore jamais remporté de victoires.

Woods l’a toujours payé même au chômage technique. Il lui a même laissé la liberté de porter un autre sac.

Lacava est bien moins connu que Steve Williams.

Il est resté dans l’ombre, pourtant quand Woods est venu le saluer, et l’étreindre, difficile d’imaginer autre chose qu’une profonde affection entre les deux hommes.

Lacava l’a empoigné vigoureusement entre ses bras.  Tiger lui a parlé avec la voix emprunte d’une émotion rare, spontanée, et immense.

Lacava l’a empoigné vigoureusement entre ses bras.  Tiger lui a parlé avec la voix emprunte d’une émotion rare, spontanée, et immense.

Dire que Woods était immensément heureux en cet instant précis serait presque un euphémisme.

Dans un vacarme assourdissant, une image que n’imagine par encore les non-golfeurs, tout n’était qu’émotion et fierté sur le green.

A quelques jours de la Ryder Cup, le public entamait le chant « USA ! USA ! USA ! » car au-delà du bonheur de le voir gagner, Woods ramène aussi de la fierté pour ses compatriotes.

Woods s’exporte dans le monde entier. Il parle à tous les mondes, d’Amérique du Nord jusqu’à l’Asie, en passant par l’Europe.

Pour avoir croisé des américains, des anonymes, des journalistes, notamment ces deux dernières années, il ne faut pas croire qu’ils ignorent l’image de leurs pays dans le monde.

Ils mesurent aussi l’aura de Woods en perspective. Ils savent que dans quelques jours à Paris, il leurs procurera de la fierté.

Avant d’entrer dans la cabine du recording, dans la foule, il ne manque pas d’aller saluer Billy Horschel, Justin Thomas, Rickie Fowler et à nouveau être étreint par Justin Rose.

Quelques années en arrière, Woods était à part du milieu professionnel. Ce n’est pas une légende par exemple de dire que Sergio Garcia et lui-même se vouait une forte détestation mutuelle.

Cette fois, ses futurs jeunes équipiers de la prochaine Ryder Cup le félicitent, et lui témoignent non pas du respect, mais tout simplement de l’amitié.

Plus qu’une 80eme victoire sur le PGA Tour, de troisième sportif le plus détesté à sans doute le plus aimé, Woods a réussi un comeback exceptionnel sur moins d’une décennie.

Oui, il y a eu les blessures. Oui, il y a eu les affaires extra-conjugales. Oui, il faut mettre les coups de golf…. Le plus improbable retournement de situation tient dans le fait que Woods a surtout réussi à se faire de nouveau aimer.

Tout au long du week-end, après ses parties, en interview, il était particulièrement souriant, et heureux de son golf.

Au début de sa conférence de presse d’après tournoi, on sentait sur son visage que la joie liée au fait de bien jouer au golf avait laissé la place à une émotion intérieure brûlante.

Interrogé sur cette 80eme victoire, ll devait se prononcer sur le « ranking » personnel de cette victoire par rapport aux précédentes, et notamment les majeurs.

Woods a répondu que bien entendu, cette victoire se situait tout en haut de son classement émotionnel, rappelant forcément une énorme différence de circonstances.

« Mes mains ont été assez bonnes pour accomplir tout ça cette année, et nous y voilà. »

Pendant qu’il répondait aux questions des reporters, Woods mesurait le chemin parcouru, les moments difficiles, et le soutien qu’il a reçu de ses proches, y compris de certains joueurs.

« Gagner 80 tournois, cela me procure un sacré feeling. »

Oui, Woods a combattu la montée des larmes en plusieurs occasions, que ce soit sur le parcours ou en conférence de presse.

Il a rappelé que quelques mois auparavant, il arrivait à peine à marcher, à se lever, à se tenir debout sans ressentir d’immenses douleurs dans le dos, et les jambes.

Il a même pensé que cela serait définitivement sa vie. Plus que de jouer au golf, il lui faudrait déjà marcher normalement. Plus que de jouer sur le PGA Tour, il lui faudrait tout simplement jouer au golf. Plus que de gagner, il voulait surtout être en mesure d’être compétitif.

Plus que tout ça, il a gagné le tournoi le plus prestigieux de la fin de saison.

Plus que tout ça, il a gagné le tournoi le plus prestigieux de la fin de saison.

A bien regarder sa saison 2018 désormais colorée par cette belle victoire, il a été sacrément constant sur 10 mois, et plus que beaucoup de ses rivaux encore devant lui au classement mondial.

Désormais 13eme joueur mondial (7eme meilleur américain à l’ordre du mérite), parti de la 668eme place au Hero World Challenge en décembre dernier, Woods a bien été compétitif sur pratiquement une année complète.

Il a réussi à rentrer dans un top-10 à six reprises avant cette victoire. Il n’a manqué que deux cuts (US Open et Genesis Open), soit un bilan qui n’a pas grand-chose à envier à ses concurrents pour le titre de numéro un mondial… en 2019.

Crédit photo : Michael Wade & David John Griffin/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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