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Tiger Woods peut conclure sa saison 2018 en apothéose au TOUR Championship

Tiger Woods peut conclure sa saison 2018 en apothéose au TOUR Championship - Crédit photo : Michael Wade - Icon

Il est arrivé à Atlanta tout sourire. Sortant du 18eme trou après avoir joué 65 jeudi sur le parcours d’East Lake, théâtre du dernier tournoi des play-offs de la Fedex Cup 2018, le Tour Championship, Tiger Woods avait encore plus le sourire. Il avait visiblement très envie de commenter ses coups à la presse, et notamment son eagle au 18 pour occuper la tête du tournoi, en compagnie de Rickie Fowler. En l’espace de 10 mois, Woods a déjà réalisé une saison exceptionnelle. Il ne lui manque plus qu’un petit quelque chose à soulever…

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Une dernière chance de victoire à saisir pour la saison 2018 du PGA Tour

Avec cette première carte de score de 5 coups sous le par, Tiger Woods continue son bonhomme de chemin, et l’écriture de ses records sur le PGA Tour.

Avec 17 parties jouées sous la barre des 67 à East Lake, il est de loin le golfeur qui a rendu le plus fréquemment des cartes de scores très inférieures au PAR sur le parcours du dernier tournoi de la saison, le TOUR Championship.

Phil Mickelson, Jim Furyk, Adam Scott ou Rory McIlroy sont assez loin de lui pour cette statistique qui n’est pas si anodine, et qui pourrait permettre de prédire sa première victoire sur le circuit en 2018.

En mai dernier, interrogé sur le parcours qui lui semblait avoir été le plus abordable cette saison, Tiger avait répondu sans sourciller « Augusta ».

Une réponse que l’on pourrait qualifier d’étonnante s’agissant du Masters.

« Sérieusement, de la plupart des parcours que j’ai joué cette année, tous avaient des set-ups plutôt délicats, que ce soit à Torrey Pines, Los Angeles, à Miami pour le Honda, le Valspar… Si vous prenez Bay Hill, on a tous joué très bas le dernier tour, mais les trois premiers jours nous avions bataillé. »

Il ajoute « Augusta était au contraire plus large que la plupart des tournois que j’ai joué cette année. »

Le ressenti d’un joueur peut être différent de la réalité des scores compilés de tous les joueurs.

Le Honda Classic, et le Valspar Championship ont été joués avec des moyennes de scores plus importantes qu’à Augusta, alors que Torrey Pines, le Genesis Open ou Bay Hill ont enregistré des scores plus bas.

En démarrant par un 65 à East Lake, on pourrait donc penser que Woods trouve le parcours plus facile. Il le trouve peut-être surtout plus à sa main.

« C’est un parcours pour ball-striker ».

Il ajoute « Ici, vous avez vraiment besoin de bien taper la balle de golf. Il faut bien driver, placer vos fers correctement. Le set-up est vraiment adapté à un bon frappeur. Par chance, la plupart du temps dans ma carrière, c’est quelque chose que j’ai bien su faire. »

Effectivement, sur le parcours, Tiger n’a pas laissé échapper beaucoup de coups de fers.

Avec 78% de greens en régulation, Woods est apparu maître de son sujet, et comme à de nombreuses reprises cette année, c’est bien dans ce domaine en particulier, où Woods a le plus vite retrouvé ses sensations.

Woods avec Tommy Fleetwood pendant le TOUR Championship

Les ressorts techniques de son retour au premier plan

Si vous vous demandez comment Woods a pu revenir de 668eme mondial à 21eme en l’espace de quelques mois, se remettre de quatre opérations du dos, et accomplir 6 top-10 sur 17 départs cette saison, une seule statistique suffit à résumer cet exploit : Il est numéro un du PGA Tour pour le nombre de coups gagnés s’agissant d’approcher les greens.

Dans le flou complet en décembre avant de reprendre au Hero World Challenge, Woods a très vite retrouvé l’excellence quasi-surnaturelle de son jeu de fers.

Au Bahamas, c’était pourtant sa vitesse de swing au drive à plus de 117 mph qui m’avait bluffé, ne le pensant plus capable de « tourner » à une telle vitesse, à 42 ans, et après justement quatre opérations du dos.

Sur la saison 2017, cette mesure implacable de la forme, et de la compétence d’un golfeur de haut niveau l’aurait classé dans les 40 « plus rapides » du PGA Tour !

Si Woods n’a pas encore gagné de tournois pour son retour, et en particulier un majeur, cela tient à deux paramètres qui ne sont pas revenus aussi vite que son jeu de fers : La précision des drives, et le putting, son habituel point fort.

Pour la distance au drive, Woods a finalement compilé une moyenne de 303 yards pour se classer top-32 sur le tour. Surtout, il n’a touché que 55% des fairways en régulation sur la saison (classé 135eme).

Ce jeudi à East Lake, au contraire, il a pris 71% des fairways en régulation avec une moyenne de 310 yards de distance.

Clairement, quand son driving se remet en place, la carte de score s’égaie de plusieurs birdies (quatre ce jeudi).

Plus important que son driving, car Tiger est l’archétype du golfeur capable de ramener un score bas sans avoir un driver vraiment performant dans son sac, c’est au putting que Woods a brillé sur ce premier tour.

Cela a sans doute surpris un grand nombre d’observateur.

Sans jouer soi-même au golf, on pouvait imaginer des difficultés au driving pour un retour, mais sans doute pas au putting, pourtant, c’est largement logique.

Taper des balles dans un filet ou au practice est une chose. Taper des coups, c’est quelque chose qui peut se retrouver assez vite au golf, surtout pour un athlète tel que Tiger.

En revanche, retrouver la bonne lecture des greens, des pentes, des vitesses… c’est sans doute la plus grande difficulté au golf.

Deux années sans jouer régulièrement ont clairement affecté la confiance, et l’expérience du Tigre.

Seulement 52eme pour le nombre de coups gagnés au putting en 2018 quand il était 23eme en 2013 pour sa dernière saison en tant que numéro un mondial de golf, Woods a encore de la marge par rapport à son meilleur niveau sur les greens.

Jeudi, pour le compte du premier tour, il a excellé sur les greens comme rarement cette année !

De retour avec son putter fétiche, et après quelques infidélités avec des modèles TaylorMade Ardmore ou Juno, on a retrouvé le tigre.

Cela fait d’ailleurs deux tournois que Woods a repris le Scotty Cameron, le putter qui l’a accompagné sur la plupart de ses grandes victoires.

Souvent à l’aise sur les greens d’East Lake, et notamment la vitesse du gazon bermuda, il a seulement manqué trois putts à moins de 3,65 mètres, dont un putt d’1m80 pour PAR sur le premier trou, sa seule fausse note de la journée.

« Il y a ici quelques-uns des greens bermuda les plus rapides sur lesquels je n’ai jamais putté » a-t-il commenté à la fin de sa partie.

Pourtant sur le trou 18, il a terminé sa partie d’une manière radicalement différente, en entrant plein centre du trou un putt pour eagle de 8,2 mètres.

Woods pouvait réagir avec son « fist pump » légendaire.

Avec un tel putt, et globalement un excellent niveau de putting sur cette journée, il n’y avait plus rien d’étonnant à le retrouver en tête du tournoi.

Woods veut la victoire et s’en donne les moyens !

Lors du BMW Championship, il avait déjà très bien entamé les choses avec un 62.

De son propre aveu, ce 65 est encore plus significatif.

Depuis le début de la saison, et notamment au Player’s, Woods a eu tendance à démarrer trop lentement pour espérer ensuite jouer la gagne.

A chaque nouvelle sortie, il s’améliore à peu près dans tous les compartiments.

Cette année, il aura surpassé la plupart de ses objectifs, surtout après deux années sans.

Gagner le Tour Championship aurait du panache pour conclure une saison incroyable, et définitivement placer son retour sous le sceau de la réussite.

Avant le tournoi, il a déclaré « Je veux aller chercher cette victoire. » Woods n’a plus joué ici depuis 2013. Sa seule présence est déjà un exploit.

Sa 80eme victoire n’a peut-être jamais été aussi proche.

« Jusqu’à présent, je n’ai pas encore pu tout mettre en même temps. » Toutefois, il reconnait que cette année a été incroyable, et même imprévisible

« Être capable de jouer aussi bien, et de revenir de là où je viens, c’est quelque chose qui me rend plutôt fier. »

Woods n’a plus gagné le Tour Championship depuis 2007. Il n’a plus remporté une manche des play-off de la Fedex Cup depuis 2009, année de son dernier titre de la Fedex Cup.

Il est toujours à ce jour le seul détenteur d’une double couronne dans cette compétition.

Il peut encore l’emporter dimanche, si DeChambeau termine au-delà de la 15eme place, et que d’autres prétendants ne réalisent pas de trop bonnes performances comme McIlroy, Dustin Johnson ou Justin Rose.

Victoire ou pas, Woods a de toute façon réussi son retour.

A chaque semaine, et chaque partie de plus, il se rapproche de son meilleur niveau.

Comme il l’évoquait plus haut, jusqu’à présent, il ne lui a manqué que d’assembler en même temps toutes les pièces du puzzle, et peut-être le brin de chance qui sourit aux audacieux.

Avec son putting retrouvé, Woods va non seulement gagner un tournoi de golf, mais il peut redevenir numéro un mondial.

Si face à lui, il retrouve une élite de joueurs exceptionnels, aussi incroyable que cela puisse paraître, il semble toujours être capable de les surpasser, notamment pour cette capacité à être constant sur plusieurs mois.

Brooks Koepka a gagné deux majeurs en 2018, mais n’a pas dominé la saison.

Dustin Johnson a remporté trois tournois, mais n’a pas brillé en majeurs.

Rory McIlroy a laissé entrevoir des points faibles dans des derniers tours sous pression.

Jordan Spieth a moins bien putté, et globalement un peu raté sa saison.

Les dix ou quinze prochaines années appartiendront certainement à des garçons comme Justin Thomas ou Bryson DeChambeau.

Woods me paraît pourtant capable de les priver de titres pendant encore 4 ou 5 ans d’ici là, et comme il l’a fait par le passé avec les générations Scott, Rose, Garcia, et avant Singh, Furyk, Mickelson, Els, et avant encore avec les O’Meara, Couples, Montgomerie….

Ce sera l’essentiel des arguments que j’aurai le privilège de défendre en qualité d’invité mercredi prochain dans la matinale d’Yves Calvi sur RTL, au sujet du retour de Woods au premier plan.

Crédit photo : Michael Wade

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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