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Tiger Woods tout près de gagner son 15eme majeur à Carnoustie

Tiger Woods tout près de gagner son 15eme majeur à Carnoustie

Dimanche 22 juillet à Carnoustie en Ecosse, le monde du golf a failli trembler. Dix ans après sa dernière victoire en majeur à l’occasion de l’US Open 2008, Tiger Woods s’est retrouvé un temps en tête du British Open, et cela ne devait rien au hasard. Sur un parcours rendu difficile par le vent, le tigre qui avait réussi un début de journée idéal occupait la tête au moment d’attaquer les huit derniers trous. Finalement parti à la faute sur les trous 11 et 12, il a laissé pour un temps le soin à un autre de remporter un majeur. Pour ce qu’il démontre depuis le début 2018, et en particulier ce week-end, Woods est plus que jamais en mesure de s’imposer en tournoi. En l’espace de seulement huit mois, il est déjà de retour dans le top-50 des meilleurs golfeurs au monde.

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Performance proche de la perfection à deux coups près pour Tiger Woods sur The Open 2018

Epatant ! Spectaculaire ! Bluffant ! Tiger Woods n’est pas loin d’être à 42 ans toujours aussi exceptionnel clubs de golf en mains que dix ans plus tôt, quand ses adversaires s’appelaient Chris Di Marco, Rocco Mediate, Retief Goosen, Ernie Els, Jim Furyk, Vijay Singh ou Phil Mickelson.

Mis à part le dernier nommé, plus aucun golfeur de cette génération n’est encore réellement capable de se battre pour gagner un majeur.

De retour pour un come-back aux accents Orwelliens, face à une nouvelle génération qu’il ne peut plus dominer sur le seul aspect de la puissance, ce dimanche, Woods a prouvé à tous qu’il est de plus en plus proche de remporter un majeur ou un championnat du monde.

Finalement sixième à Carnoustie, grâce à sa performance majeure, Woods commence déjà par réintégrer le top-50 mondial, et assurer sa participation au prochain championnat du monde de golf à Akron, un de ses fiefs historiques.

Le Bridgestone sans Tiger, c’est comme un plat en sauce… sans sauce. Cela manque de saveur.

On peut le regretter. Le manque d’incarnation des golfeurs actuels, et notamment Francesco Molinari, le tout juste vainqueur de The Open 2018, fait qu’ils n’imprègnent pas la mémoire en-dehors des frontières habituelles du golf.

Lors de ce dernier tour, l’excitation est montée d’un cran quand Tiger s’est retrouvé en tête du tournoi, car au-delà du seul aspect sportif, pour l’instant, aucun autre golfeur professionnel n’est capable de toucher le cœur, et l’attention des fans de sport.

Peu de chances que la victoire de Molinari fasse les gros titres des 20 heures sur les chaînes hertziennes. En revanche, si Woods avait gagné, cela aurait agit comme une onde de choc traversant l’ensemble de la presse mondiale.

Woods qui revient tout juste d’une quatrième opération du dos n’a plus démontré une telle capacité à se hisser au plus haut niveau depuis 2013, et son dernier titre de numéro un mondial.

Allumer le feu ! Allumer le feu ! Tiger is back !

En total contrôle de son jeu sur les premiers trous de la journée, Woods a réanimé la flamme, en même temps que la croyance dans un avenir pavé de succès.

Beaucoup d’observateurs ont commencé à s’interroger sur sa stratégie jugée trop conservatrice, notamment lors des deux premiers tours.

Il dominait le champ de joueurs pour la précision depuis le tee de départ, mais en contrepartie, il s’était laissé le plus souvent des approches de près de 180 mètres.

Woods avait en fait un plan.

S’assurer de passer le cut pour ensuite pousser sur l’accélérateur pendant le moving day, ce qu’il a fait avec brio en rendant une carte de 66, et justement se placer à portée des leaders.

Il savait sans doute qu’il faudrait se montrer patient dimanche, et surtout, ne pas commettre d’erreurs.

En six trous, son plan a d’ailleurs fonctionné, car il avait déjà effacé quatre coups de retards.

En six trous, son plan a d’ailleurs fonctionné, car il avait déjà effacé quatre coups de retards.

A l’image de Ben Hogan quand il avait gagné son seul British Open en 1953, et quatre ans après un terrible accident, on a cru que Woods allait signer le plus incroyable des come-backs.

Spieth, McIlroy, Schauffele, ils sont tous partis à la faute.

Si son début de partie a été excellent, à partir du trou numéro 8, il a commencé à se mettre un peu plus en danger. Ses engagements lui ont coûté des approches plus délicates.

Sur le 10, son tee shot trouve un bunker de fairway.

Il réalise alors un coup incroyable dont lui seul a le secret pour accrocher un bout de green à plus de 135 mètres, et avec un pitch, et ce alors qu’il avait pratiquement la moitié basse du corps cachée par la profondeur du bunker.

Dans une telle position, un golfeur amateur perdrait au moins deux coups pour se sortir d’un bunker aussi profond, et n’imaginerait jamais pouvoir accrocher un bout de green en régulation.

Sur ce genre de fulgurance, Woods rappelle à quel point, il peut être génial.

Quand Woods a tapé ce coup hors du bunker, beaucoup ont pensé que Tiger allait gagner, comme si finalement inconsciemment tout le monde l’espérait, y compris Rory McIlroy, pourtant sur le terrain et en course pour la gagne.

Peut-être ne s’attendait-il pas à être si près d’y parvenir aujourd’hui ?

Une fois en tête, il a justement perdu des coups.

Au onze, un coup de fer sur le tee de départ l’a conduit à une approche délicate depuis la gauche du trou pour sortir finalement avec un double, manquant au passage un putt de 2,5 mètres.

Alors que quelques semaines plus tôt, son putting pouvait l’inquiéter, dimanche, il n’a eu besoin que de 28 putts pour boucler son dernier tour dans le par.

Ses soucis de trajectoires ont semblé bien loin derrière lui, mis à part ce putt manqué au onze.

Deux trous d’égarements, et Woods a laissé filer une victoire qui lui tendait les bras.

C’est un dernier birdie au 14 qui lui a permis de revenir à la sixième place ex-aequo, et terminer cet Open sur une très bonne note, pleine d’espoir pour la suite.

Le verre à moitié vide, le verre à moitié plein

Avec six top-12 en dix tournois du PGA Tour, Woods est de plus en plus proche de gagner un tournoi. Ce n’est plus qu’une question de temps.

Avec six top-12 en dix tournois du PGA Tour, Woods est de plus en plus proche de gagner un tournoi. Ce n’est plus qu’une question de temps

Dimanche, il n’a juste pas pu finir le travail alors qu’il avait le destin du tournoi dans ses mains.

Pour cela, il s’est montré assez agacé devant la presse. En effet, si on regarde le mauvais côté des choses, c’est véritablement la première fois en dix ans qu’il gâche une opportunité aussi concrète.

Si on regarde le bon côté, à l’automne dernier, Woods ne savait même pas s’il pourrait rejouer au golf sur le circuit professionnel.

Woods va s’en doute avoir des sentiments contradictoires sur le déroulement du film. Il peut s’agacer d’avoir laissé filer une véritable chance, et se sentir béni des dieux d’avoir pu tout simplement participer.

Il a tiré un grand réconfort dans les étreintes de ses enfants Sam et Charlie après le tournoi. Assez rapidement, son cœur devrait pencher du bon côté des choses, et l’encourager sur l’étendue de sa rémission constatée depuis décembre dernier, pour gagner d’ici à la fin de l’année.

Il lui reste un majeur, et donc le championnat du monde Bridgestone pour éclabousser le monde du golf de son talent, et qui sait, propulser une fois de plus le golf sur le devant de la scène.

Tiger ne cesse de grimper dans le ranking des joueurs américains pour la Ryder Cup.

Là-encore, ce qui paraissait improbable est en train de s’imposer comme une nouvelle réalité. Woods n’est plus très loin de faire partie de l’équipe de Ryder Cup à Paris, en septembre prochain.

Crédit photo : David Blunsden/Actionplus/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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