Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...

Tiger Woods termine la mise au point de ses nouvelles lames TaylorMade TW Phase 1

Tiger Woods termine la mise au point de ses nouvelles lames TaylorMade TW Phase 1

En 2017, Tiger Woods a signé des nouveaux contrats avec TaylorMade pour les clubs, et Bridgestone pour les balles. Si Tiger est toujours principalement sponsorisé par Nike pour les vêtements, il a géré en douceur la transition pour passer d’un sac « full » Nike à bientôt « full » TaylorMade. Il a progressivement mis en jeu des bois, modifié le logo sur ses fers, et désormais à l’occasion du Wells Fargo Championship, il va étrenner ses nouveaux fers TW Phase 1. Opération de communication pour Woods ou pour TaylorMade ?

Découvrez nos formules d'abonnements

Woods : Une longue histoire de séries de fers personnalisées

C’est un petit événement pour les fans de golf. Quand Tiger Woods met au point une nouvelle série, c’est rarement quelque chose qui passe inaperçu.

Joueur de clubs Mizuno, Titleist, Nike et désormais TaylorMade, Tiger Woods est l’un de ses très rares golfeurs à pouvoir s’enorgueillir du fait qu’une marque conçoive des clubs spécifiquement pour lui.

Ce fut le cas avec Nike  par le passé, qui a d’ailleurs organisé à plusieurs reprises des productions en série limitée pour valoriser ce type de fabrications.

Je dois admettre que je sui un de ces « Geek » qui au milieu des années 2000 avait fait l’acquisition d’un sac de golf Nike complet avec des fers Forged Blade, répliques des clubs utilisés par le Tigre.

C’est dire à quel point j’étais fan du joueur, et un peu bête, ou alors bêtement fan.

Les lames de Tiger produites par Nike à l’époque ressemblaient furieusement à des lames Mizuno de type MP, des clubs parmi les plus difficiles à jouer pour un amateur de golf, et dans la plus pure tradition des Muscle Back.

Ces clubs ont la particularité d’être d’une très grande sobriété dans l’habillage marketing, et surtout d’une très grande pureté dans le dessin, ce qui m’avait beaucoup plu à l’époque.

Pour un amateur de clubs de golf, c’est un MUST. Pour les jouer, c’est une autre paire de manches.

Comme pour les Forged Blade, il faut craindre que les nouveaux TW Phase 1 vont présenter des lofts très ouverts, et des semelles très fines, pour permettre à son concepteur de pousser le travail de la balle à son paroxysme.

D’ailleurs, à première vue sur les photos que j’ai pu me procurer auprès de TaylorMade, le dessin de ces nouvelles têtes TaylorMade semble très proche du goût habituel du joueur.

tw-phase1.jpg

TaylorMade soigne la communication

« Nous avons travaillé en étroite collaboration avec Tiger pour le développement, la création, et le raffinement d’une série de fers TaylorMade qui puisse rencontrer ses standards de précisions et de préférences. Comme nous allons continuer à développer de futures itérations des prototypes joués par Tiger, les TW Phase 1 marquent la première étape de la transition de Tiger vers des clubs TaylorMade. »

La marque poursuit son explication de texte « Ce set de clubs a été construit selon un cahier des charges méticuleux, basé sur le feedback positif et l’excitation du joueur pour ces prototypes. »

Bien entendu, la finalité de cette nouvelle création sera la mise en magasin d’une série passée du stade prototype au stade production en grande série.

La notion de grande série est toutefois à relativiser…

La date de sortie n’a pas encore été dévoilée, mais dans une semaine où Callaway a annoncé des chiffres en fortes hausses, cette communication savamment orchestrée par son principal concurrent lui permet de ne pas lui laisser complètement la main dans les médias.

Une série TaylorMade conçue pour Tiger Woods a toujours été dans les tuyaux.

Je doute que TaylorMade imagine réaliser un boom des ventes avec ce type de clubs. Notre connaissance des clubs de golf n’est plus celle que nous pouvions avoir dans les années 2000.

Justement avec les launch monitor, on peut quantifier la performance d’une lame en matière de vitesse de balle, taux de spin et angle de lancement.

Pas sûr qu’aujourd’hui, beaucoup de golfeurs se risqueront à acheter une série de clubs au motif qu’elle correspond exactement aux spécifications du champion.

Déjà à l’époque, je devais être un des rares golfeurs français à avoir fait venir une telle série des Etats-Unis…

Pour TaylorMade et Tiger Woods, c’est bien plus un coup de communication qu’un réel plan de production à grande échelle.

Les recettes d’hier restent celles d’aujourd’hui.

D’une certaine manière, en signant Tiger Woods, TaylorMade se devait d’aller aussi loin dans le processus d’association de son image à celle du joueur.

Si cela n’avait pas été le cas, quel message est-ce que cela aurait envoyé ? La marque n’est pas assez bonne pour que Tiger Woods ne joue pas des clubs sur-mesure pour lui ?

Pour le golfeur, c’est peut-être même plus important que pour la marque.

Si elle sait probablement qu’elle ne reviendra jamais dans son coût de production avec une telle série, son gain sera essentiellement en termes d’images.

woods-phase1.jpg

Pour Woods, un enjeu encore plus important

Pour Woods, alors qu’il arrive bientôt à la fin de son actuel contrat avec Nike (2019-2020), qu’il a par ailleurs déjà perdu beaucoup de contrats, que sa valeur marchande a été divisée par deux, et que ses revenus sont passés sous la barre des 50 millions de dollars annuel, le fait de pouvoir afficher une série de clubs réalisés spécifiquement pour lui… va lui permettre d’envoyer un nouveau message à tous les potentiels annonceurs.

En quelque sorte, TaylorMade contribue à rehausser la valeur marchande du golfeur.

Le fait qu’une marque aussi importante décide de consacrer une série entière à Tiger Woods envoie un message sur le caractère « bankable » du tigre.

Plus que TaylorMade, plus que le fait qu’il ait besoin de clubs pour aller sur le parcours, c’est surtout Tiger qui a besoin de clubs portant sa signature.

Tout le monde espère qu’il gagne à nouveau des tournois, mais sans doute pas autant que lui, car 2018 va marquer une année charnière pour sa carrière, et ses revenus sur le tour.

Si dans les mois à venir, il gagne un tournoi du PGA Tour, fait éventuellement partie de l’équipe américaine de Ryder Cup à Paris, et en tant que joueur, il pourra renégocier ses émoluments avec Nike, et d’éventuels autres sponsors.

Quelque part, au golf, la partie la plus importante est toujours celle à venir « J’ai passé beaucoup de temps avec l’équipe R&D de TaylorMade pour créer et tester beaucoup de clubs imaginés pour moi. Je suis excité de mettre en jeu cette semaine mon premier set de clubs TaylorMade proto. »

A l’occasion du Wells Fargo Championship qui va débuter ce jeudi, et qui marquera le premier tournoi joué par le tigre depuis le Masters à Augusta, Woods va commencer un nouveau cycle de tournois au cœur de la saison du PGA Tour avec notamment le Player’s, l’US open, et le British Open.

La réussite de la saison de Tiger va se jouer dans les semaines à venir, entre mai et août.

Dans les quatre mois qui viennent, ses résultats vont être déterminants pour la lecture de cette saison de retour.

Le fait qu’il ait assez de confiance pour jouer des nouveaux clubs est significatif, bien que j’aie tendance à pondérer l’excitation autour du mot « nouveaux clubs ».

Qu’est-ce qui ressemble plus à une lame ouverte à 37 degrés (fer 7) qu’une autre lame ouverte à 37 degrés ?

Quels sont les éléments réels sur lesquels une marque peut travailler dans le but de distinguer une lame par rapport à une autre ? La taille des stries ? L’épaisseur de la semelle ? La largeur du sweet spot ?

Ce n’est certainement pas dans le domaine des lames que viendra la prochaine révolution technologique pour le matériel de golf. Au contraire, c’est l’expression d’une longue tradition.

A bien regarder ces nouveaux clubs, le fait qui est déjà évident, c’est qu’ils diffèrent au moins nettement des P730  joués par Rory McIlroy, et d’autres membres du staff TaylorMade.

Bien entendu, Tiger a besoin quoi qu’il en soit de nouveaux clubs.

Avec une fréquence de jeu élevée, et une vitesse de swing élevée, il se peut que les rainures finissent par légèrement s’user. Comme en formule 1, on imagine mal que l’un des meilleurs joueurs du monde ne jouent pas avec des clubs neufs pour gagner le maximum de contrôle sur la balle, quand justement un tournoi se joue parfois à quelques tours de spin.

Au cours des 18 derniers mois, Woods a joué des fers Nike, des fers TGR (sa marque posée sur ses clubs Nike essentiellement car il n’était plus payé pour jouer des clubs logotés Nike) et désormais des fers TaylorMade.

Après le retrait de Nike et avant de signer avec TaylorMade, j’imaginais qu’il reviendrait à des clubs Titleist, mais c’était oublier qu’avant Titleist, Woods avait joué des Mizuno.

Finalement, en lui proposant des clubs qui se ressemblent les uns aux autres, avec seulement le changement du logo, c’est bien plus la marque qui s’adapte à Woods que l’inverse.

En grand maître du marketing qu’il est lui-même, il a beau jeu de déclarer « Chaque série que j’ai eu à mettre en jeu est légèrement différente par rapport à la précédente. C’est un process méticuleux, et en l’occurrence, j’en suis à la première phase (TW Phase 1) du processus avec TaylorMade. Obtenir la forme la plus juste, la semelle, la topline, les rainures, le rebond… tout est détail. Je vais continuer ce processus avec l’équipe TaylorMade. »

Dans cette déclaration du tigre, de mon point de vue, le mot le plus important, c’est « légèrement ».

Pour TaylorMade, le bénéfice est plutôt de parler d’un processus de production, avec plusieurs épisodes, comme dans une série télévisée pour tenir le spectateur en haleine.

phase1-taylormade.jpg

Dans cette nouvelle histoire, le chemin parcouru est tout aussi intéressant que le produit final. Et c’est d’ailleurs justement parce que le produit final n’est pas si innovant qu’il faut mettre en scène le processus.

Des clubs neufs pour un nouveau Tiger Woods Show à Charlotte

En cette semaine de Wells Fargo Championship, Tiger Woods a déjà joué ses nouveaux clubs sur le parcours, et en compagnie de Justin Thomas, Bryson DeChambeau et Dru Love.

Woods n’a pas joué sur ce parcours depuis 2012. Il a besoin se refaire ses repères en compagnie de son cadet, Joe Lacava.

Pour Dru Love, le fils du capitaine de Ryder Cup victorieux en 2016, Davis Love III a eu l’opportunité de jouer avec Tiger, lors d’un tour de reconnaissance, ce mardi. « Je n’ai pas vu le moindre signe de rouille chez Tiger »

Poursuivant « Il a semblé génial dans son jeu. Son putting a été bon, et son petit jeu incroyable, ce qui n’est pas une surprise. Il a bien mieux drivé la balle que ce que la majorité semble penser de lui. Pour moi, il a une réelle chance de gagner ce tournoi. Je n’ai en tout cas rien vu qui puisse laisser penser le contraire. »

Au sujet du jeu de fers de Woods, Dru Love a émis un commentaire intéressant, surtout quand on sait qu’il jouait ses nouveaux clubs.

« Il a semblé beaucoup plus précis et propre par rapport à ce qu’il a fait sur le parcours de l’Augusta National, où justement son incapacité à contrôler la forme et la trajectoire de ses balles l’ont conduit à des problèmes de distances, et donc beaucoup d’opportunités manquées. »

Ce week-end, tout l’enjeu sera donc de voir si Woods, avec des nouveaux clubs développés pour lui, pourra nettement améliorer son efficacité, et notamment en termes de greens en régulations.

Ce serait déjà une bonne première publicité pour ses nouveaux TW Phase 1 !

Crédit photo : TaylorMade Golf

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 356
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.