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Tiger Woods : un retour manqué et beaucoup de questions…

Tiger Woods très en vue lors de la Ryder Cup dans un rôle de vice-capitaine - Crédit photo : Mark Newcombe

La meilleure nouvelle en matière de golf, Tiger Woods devait revenir à la compétition cette semaine, à l’occasion du Safeaway Open, épreuve qui se dispute à Napa au cœur du vignoble californien. Pour l’occasion, le tournoi sera retransmis dans 200 pays, et pour Woods, ce devait être le terme d’une année sans jouer au golf en tournoi. Retour manqué, le tigre a jeté l'éponge en rase campagne. Le pire est-il vraiment derrière lui ? Indices sur son état de forme...

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A 40 ans passés, Tiger Woods est indiscutablement le plus grand palmarès du golf moderne, et son seul retour suscite des commentaires partout dans le monde.

Depuis trois ans, Woods a réussi un seul top-10 en compétition sur le PGA Tour. C’était à l’occasion de son dernier tournoi, le Wyndham Championship 2015, qui marquait la dernière épreuve de la saison régulière.

A l’époque, il lui fallait une victoire pour espérer rejoindre les play-offs de la Fedex Cup.

C’est le dernier souvenir de Woods en compétition, et ce n’est d’ailleurs pas le plus mauvais.

Jusqu’au dernier moment, son retour sur le circuit a paru improbable, alors qu’au contraire, des rumeurs de retraite prématurée commençaient à poindre dans l’esprit de bons nombres d’observateurs.

C’est pourquoi ce come-back était déjà comme une première victoire en soi, bien qu’elle ne lèvait pas encore tout à fait le voile sur l’avenir du champion.

Woods avait prévu de disputer trois tournois en l’espace de quelques semaines.

Il commencait par Napa, puis se devait se rendre en Turquie pour une épreuve du circuit européen qu’il a déjà joué, et d’ailleurs, l’année de la première victoire de Dubuisson, et enfin, il devait terminer ce premier road-trip avec son traditionnel tournoi du Hero Challenge.

Cependant, si ce retour était en soi un premier succès, rien ne nous prémunissait qu’au sortir de ce programme, l’américain ne se prononcait pas tout de même pour une retraite sportive.

Il pourrait argumenter du fait qu’il a essayé, et que malgré tous ses efforts, il ne peut tout simplement plus concourir à haut niveau.

C’était donc le véritable enjeu des quelques semaines à venir.

Quel bilan Woods pourra-t-il faire de ces trois tournois ?

Cela devait commencer par cette semaine à Napa, où pour le pro-am, il était associé à la star montante du basket, Steph Curry, puis pour les deux premiers tours avec Phil Mickelson.

Pour son retour, Tiger était déjà sous les feux des spotlights.

Il faut croire qu'en renonçant à la dernière minute à travers un communiqué laconique, il a eu peur de se brûler.

Inévitablement, il aurait été soumis à la concurrence et la comparaison avec un Mickelson très en vue lors de la dernière Ryder Cup ! Son ennemi intime pendant près de 20 ans, tout un symbole de les retrouver dans la même partie pour cette entrée en matière.

Blessé au dos et absent 14 mois, la première victoire de Woods aurait été de pouvoir jouer au moins deux jours consécutifs sans ressentir de douleurs.

Pourtant, lui a toujours été analysé, scruté et commenté dans la perspective de ses victoires sur le terrain, pas sur le seul fait de pouvoir marcher quatre à cinq heures sur un parcours de golf !

Un premier succès aurait consisté à ce qu’il sorte de Napa après quatre tours joués plus celui du pro-am sans blessures, mais très rapidement, tous les fans n'auraient pu s'empêcher de se demander « mais pourquoi faire ? »

Juste jouer ou revenir pour gagner ?

Woods a déjà souvent déjoué les pronostics les plus défavorables.

Souvenez-vous de sa victoire à l’US Open 2008 malgré une blessure au tibia qui aurait forcé n’importe quel golfeur a abandonné !

Ce premier départ jeudi aurait logiquement dû marquer un redémarrage plus qu’un tournoi à gagner pour lui.

Les chroniqueurs étaient d'ailleurs plutôt dubitatifs.

Pour Rex Hoggard, chroniqueur sur GolfChannel, le mieux, était de conserver des attentes raisonnables à propos de ce retour. « Si déjà, il pouvait jouer quatre tous sans blessures, ce serait un bon départ. »

Quel Tiger Woods aurait pris le départ cette semaine ? Le convalescent ou le tigre ?

Cette question a obsèdé l’ensemble des médias golf du monde entier.

Si nombreux comme Rex Hoggard étaient sur la réserve, d’autres comme Jesper Parnevik, pas vraiment un ami de Woods, semblaient plus enthousiastes.

Le désormais 767 eme mondial qui n’est plus pour l’instant en course pour battre le record de Jack Nicklaus en majeur (14 victoires contre 18) a trouvé un étonnant soutien avec le suédois.

Les deux hommes ont joué 9 trous ensemble au Medalist, un club de golf du sud de la Floride, et pour Parnevik, Woods a tapé des missiles, et produit des trajectoires de balles parfaites, comme il ne l’avait plus vu faire depuis 15 ans.

C'est d'ailleurs ce qui est intriguant avec le revirement de dernière minute de Woods.

Woods au départ du WMPO en janvier 2015

Un comeback n’est jamais une chose facile à réussir.

Par contre, dans le cas de Woods, cela pourrait bien être spectaculaire. Et peut-être même trop pour lui...

Woods a toujours aimé entretenir le mystère autour de lui, et son retour manqué n’échappe pas à cette règle.

Pour le Safeway Open, les organisateurs avaient déjà reçu cinq fois plus de demandes d’accréditations par rapport à la normale. Idem pour le nombre de tickets en vente pour venir assister au tournoi.

Même Johnny Miller, la star de la télévision américaine, double vainqueur en majeur, considèrait que le parcours de Silverado était parfait pour Woods, dans la mesure où le dessin est très « straight forward » à savoir peu de doglegs.

Pour Hank Haney, son ancien coach, si le corps de Woods lui permet, il n’y a aucune raison pour qu’il ne retrouve pas très vite le chemin du succès. « C’est toujours Tiger Woods. »

Il aurait été amusant que pendant les deux parties qu’ils devaient au moins jouer ensemble, Woods rende de meilleures cartes de scores que Mickelson.

Pour le coup, même si cela n'aurait pas eu d’incidences sur le résultat final du tournoi, beaucoup d’observateurs n'auraient pas manqué de commenter cette éventuelle performance comme un clin d’œil à l’histoire.

Ambition très mesurée ou très relevée ?

Woods entretient, parfois malgré lui, le mystère, mais, retenons les propos de Parnevik, confirmés par d’autres golfeurs amateurs qui ont vu le tigre au practice le même jour, Woods semble prêt techniquement et physiquement à jouer au golf.

Par contre, dans la tête, cela semble être une autre histoire.

Au début de sa carrière, il n'avait tellement peur de rien qu'au cours d'une interview avec Curtis Strange, il s'affirmait avec beaucoup d'aplomb capable de gagner dès son premier tournoi professionnel, ce qui n'avait pas manqué de choquer, et de faire rire son interlocuteur.

Aujourd'hui, je ne serai pas étonné que ce qui manque le plus à Woods, c'est cet aplomb, le tiger spirit !

Woods a peur ! Woods a peur de ne plus être le tigre ! Woods a peur d'être un golfeur comme les autres, alors que dans les faits, il ne pourra jamais l'être.

Il lui appartient de nous dire qui...il veut vraiment devenir : Un champion sur le retour, juste un golfeur qui prend du plaisir à jouer, un exemple pour les jeunes ou un type qui se cache derrière un communiqué de presse pour retarder son retour de peur de décevoir...

Crédit photo : Notre envoyé spécial Mark Newcombe

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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