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Tiger peut-il revenir ?

Tiger Woods peut-il revenir ? - Crédit photo : Mark Newcombe

Cette photo a été prise en 2007 à Oakmont au cours du dernier tour de l’US Open par notre correspondant, Mark Newcombe. Ce jour-là, Tiger, vêtu comme à son habitude de sa son polo rouge des grands jours, avait été seulement battu d’un coup par Angel Cabrera, auteur d’une incroyable carte de 69. Dix ans plus tard, après maintes tentatives de retour sur le devant de la scène golfique, Tiger n’est plus tout à fait le même, et le plateau du PGA Tour a considérablement changé. Enfin autorisé par les médecins à rejouer au golf, Tiger publie régulièrement des vidéos de lui au practice, sans toutefois préciser un retour précis à la compétition. Quel avenir à court terme pour la légende ?

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Il y a dix ans, Jim Furyk terminait second ex-aequo avec Tiger sur le parcours d’Oakmont. Aujourd’hui, il est le nouveau capitaine de l’équipe américaine de Ryder Cup, et était d’ailleurs présent cette semaine Paris dans ce cadre.

En 2016, à l’occasion d’un entretien avec la presse américaine, Furyk a déclaré que l’US Open 2007 restera probablement comme le tournoi qui le hantera le plus jusqu’à la fin de sa carrière.

Vainqueur de son unique US Open en 2003 à Olympia Fields, Furyk comptait quatre coups de retards sur la tête, au départ du dernier tour. Du 13 au 15, il allait rentrer trois birdies pour un bogey fatal au 17.

Tous les golfeurs professionnels savent qu’une erreur peut toujours arriver à un moment inopportun.

Pour Tiger Woods, l’US Open 2007 rime encore avec l’apogée de sa carrière. Quelques semaines plus tard, il remporta l’US PGA à Southern Hills, et un an plus tard, il allait remporter son dernier majeur à Torrey Pines, dans un final mémorable.

De 1997 à 2007, en l’espace de seulement dix ans, Tiger va remporter 14 majeurs, et influer sur le cours de Wall Street, laissant penser qu’il ne ferait qu’une bouchée du record de Jack Nicklaus à 18 succès en majeurs.

En 2017, la décennie qui vient de passer sera plus qu’inversement proportionnelle à la réussite de Woods.

Parler de descente aux enfers est peut-être même un euphémisme pour celui qui aura inspiré plusieurs générations de golfeurs.

Sa carrière, même à son plus haut niveau, a été marquée par des retours, et des changements importants.

Entre 2003 et 2004, il procède à un ajustement de son swing alors que pour la première fois depuis 264 semaines, il perd la place de numéro un mondial au profit de Vijay Singh.

Entre 2005 et 2007, il réussit à inverser la tendance, et à redevenir le meilleur golfeur du monde.

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2008 sera peut-être le véritable tournant de sa carrière.

Sa superbe victoire à l’US Open révèle un Woods blessé depuis des mois, et vainqueur malgré une double fracture de fatigue au tibia gauche.

Après huit mois d’absences, Woods revient pour le come-back le plus espéré et le plus commenté de l’histoire du golf. Tiger était alors dans l’année de ses 34 ans.

Au bout de seulement quelques tournois, il remporte le Arnold Palmer Invitational. La « machine » s’est finalement très vite relancée. Nous étions alors au début de l’année 2009, une autre année qui allait s’avérer un grand tournant dans sa vie.

En fin de saison, suite à la révélation de son infidélité, Woods est contraint de se retirer du golf professionnel pour une durée indéterminée.

En avril 2010, de retour pour le Masters, tout a changé !  Woods n’est plus adulé et craint. Il est parfois moqué par ses pairs (Sergio Garcia) et souvent vilipendé par une partie du public. Passé en un clin d’œil du statut d’icône à celui de paria, c’est bien plus que l’image qui est abîmée.

Cette deuxième pose forcée n’aura duré que 20 semaines. Pourtant, elle a dû paraître une éternité tant Woods a été sous le feu des projecteurs, et notamment de la part de médias qui ne traitent jamais de golf le reste du temps, y compris des médias sportifs français.

A la fin de la saison, il perd à nouveau le rang de numéro un mondial, cette fois au profit de Lee Westwood, et aux termes de 281 semaines en tête.

Il faudra attendre 2013 pour le retrouver à nouveau au sommet.  A Akron, il remporte son cinquième succès de la saison pour porter son total de victoires à 79, trois unités derrière le record de Sam Snead.

Ce sera le dernier point haut de sa carrière, tout du moins jusqu’à aujourd’hui.

Depuis quatre ans, Woods enchaîne les multiples pépins, et en particulier au niveau du dos, jusqu’à l’empêcher de jouer au golf, et même de marcher normalement.

Sans revenir sur l’épisode de son arrestation pour conduite sous influence, Woods semble très loin du golf de haut niveau depuis fort longtemps.

Sa dernière prestation de bonne tenue remonte au Wyndham Championship en 2015, tournoi dont il a occupé la tête au soir du cut, pour finalement terminer dixième.

Depuis ce tournoi, soit depuis près de deux ans, Woods n’a plus jamais été en mesure de disputer un tournoi dans de bonnes conditions physiques.

Opéré à plusieurs reprises du dos, il a pourtant tenté de revenir plus rapidement pour un résultat en-dessous de ses espérances.

Cette fois, selon les propos de son agent de toujours, Mark Steinberg, le rapport médical a été bon, et il est autorisé à rejouer pleinement au golf.

Bien qu’il ait l’autorisation de jouer et s’entraîner à son gré, Woods laisse planer un gros doute sur sa capacité à revenir au niveau professionnel. Il est d’ailleurs à ce jour au-delà du 1000eme rang à l’ordre du mérite mondial.

Le fait qu’il ne puisse pas revenir sur le circuit est toujours sur la table à ce jour, et ce, malgré des vidéos régulièrement postées sur les réseaux sociaux.

Pour Steinberg, cette fois, Tiger va prendre son temps, et faire les choses lentement. Car si, il y a l’ombre d’une chance qu’il revienne, physiquement et sans doute mentalement, ce sera probablement sa dernière chance.

Début octobre, il a posté une vidéo de son swing sur Instagram pour 400 000 vues en quelques jours.

Quelques jours plus tard, il a posté une nouvelle vidéo très évocatrice de lui en train de driver, mais surtout, portant une chemise rouge rappelant ses plus grandes heures. Un signe vers un retour ?

Nous en sommes à la quatrième tentative de retour après une opération du dos, bien qu’il n’ait pas clairement confirmer ses intentions pour la suite.

Pourtant, cela n’empêche pas le monde du golf d’être en pleine ébullition.

Hasard ou coïncidence, depuis la fin de l’ère Woods, le développement du golf a pris un sacré coup de frein dans le monde. Depuis 2007, même en France, le golf ne vit plus ses années dorées.

Lors de sa première pause en 2008, le PGA Tour a vu une chute massive de son audience, et du coup, de ses revenus publicitaires.

Depuis 10 ans, la filière essaie péniblement de vivre sans Tiger. Un retour va bien au-delà de la simple histoire d’un sportif de haut niveau. C’est Tiger !

Un site de pari en ligne britannique a ouvert récemment des cotes le concernant.

Il est actuellement à 1 contre 6 pour passer le cut d’un tournoi du PGA Tour. 4 contre 9 pour jouer le Masters 2018, et même 12 contre 1 de participer à la prochaine Ryder Cup à Paris en septembre 2018 !

La cote de 50 contre 1, la plus élevée, concerne le fait qu’il redevienne numéro un mondial dans les mois à venir.

Les parieurs sont bien optimistes… Si Mark Steinberg a bien confirmé que pour la première fois, Woods ne ressent pas de douleurs au niveau du dos, le chemin à parcourir pour revenir semble immense.

Cependant, Hank Haney, son ex-célèbre coach a émis un commentaire plus que positif à l’égard de Woods, et de son drive posté sur les réseaux sociaux « Avec ce swing, il pourrait encore gagner. C’est encore un peu raide, mais c’est assez bon… »

Ce commentaire est peut-être le signe le plus intéressant au sujet d’un hypothétique retour de Woods.

Toutefois, si Woods réussit à revenir physiquement, ce qui serait un exploit encore inespéré quelques mois plus tôt, il lui resterait à relever un terrible défi, celui de se mesurer à un champ de joueurs qui a terriblement progressé.

Les adversaires et victimes préférées de Woods entre 1997 et 2007 sont presque tous à la retraite ou au crépuscule de leurs carrières à l’image de Phil Mickelson, Ernie Els ou encore Padraig Harrington.

Sergio Garcia ou Adam Scott ne semblent pas représenter les pires menaces.

En revanche, la nouvelle génération, les « Baby Woods » incarnés par Justin Thomas, Jordan Spieth, et Brooks Koepka, tout comme les Dustin Johnson, Rory McIlroy, Hideki Matsuyama ou même Jason Day seront de « terribles clients ». Une adversité que Woods n’a peut-être jamais eu à battre dans sa longue carrière.

A ses débuts, il était justement le golfeur le plus affûté physiquement du plateau.

Aujourd’hui, sans même parler de sa blessure, pourra-t-il vraiment rivaliser avec des joueurs qui tapent de toute façon 15 à 20 yards plus loin que ses meilleures statistiques au drive en carrière ?

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Il est plus que trop tôt pour faire des paris sur le retour de Woods, et à quel niveau de performance.

Il entreprend la démarche, mais ira-t-il jusqu’au bout ? Et ce, alors qu’il est engagé dans une nouvelle phase importante de sa carrière professionnelle : TGR ! Son entreprise qui devrait le voir dessiner de plus en plus de parcours de golf.

N’oublions pas que Woods a besoin de restaurer son image, qui reste celle d’un grand golfeur, pour remettre sur les bons rails sa nouvelle entreprise, et ses futurs projets business.

Même si Woods ne redevient pas le meilleur golfeur du monde, il doit préférer donner l’image d’un golfeur, et faire un peu oublier celle du bonhomme arrêté au bord de la route.

En parallèle, Il est intéressant de noter que Woods a mis dans son sac de golf des clubs TaylorMade avec des clubs logotés… TGR.

Au moment de signer avec TaylorMade, il était évoqué le fait qu’il puisse codévelopper une série de clubs spécialement pour lui. C’était pourtant assez vague encore quelques semaines en arrière.

Il se peut aussi qu’il s’agisse de vieux clubs Nike VR Pro Blade déjà utilisés par Woods dans le passé, et logotés TGR pour donner le change. Chez TaylorMade comme auprès de l’agent de Woods, aucun commentaire n’a été fait à ce sujet.

Woods n’est pas encore revenu sur un tournoi professionnel qu’il créé déjà (volontairement) le buzz autour de sa personne, et de ses moindres faits et gestes. Le positif, c’est qu’on parle de golf, et qu’un retour reste envisageable.

La question au-delà des cotes de parieurs sera… pourquoi faire ? Woods a tout gagné. A-t-il vraiment quelque chose à prouver ? Personne ne lui en voudra si finalement il jette l’éponge sur blessure.

De mon point de vue, la plus belle victoire de Nicklaus, est sa dernière au Masters 1986, à 46 ans. Quelle fantastique histoire à raconter, si Woods pouvait encore créer l’exploit à 41 ans passés !

Crédit photo : Mark Newcombe

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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