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Tiger Woods : Et maintenant quelle suite en 2018 ?

Tiger Woods : Et maintenant quelle suite en 2018 ? - crédit photo ; Mark Newcombe

Sans doute comme beaucoup de passionnés, le retour de Tiger Woods m’a beaucoup surpris. Non pas qu’il tente un nouveau retour, mais bien pour ce qu’il a fait de concret sur le parcours. A la fois, le niveau de forme affiché et sa capacité à rendre des cartes de scores basses, démontrant un jeu consistant, et au niveau des meilleurs du moment. Oubliées les douleurs au dos, les crises de yips au chip, et même le driving aléatoire… Woods est revenu à un niveau de jeu que personne ne pouvait réellement soupçonner. Après sa performance du Hero World Challenge, quelle pourrait être la suite, et notamment en 2018 ?

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A l’heure où Johnny Halliday vient de s’éteindre à 74 ans, créant un choc dans toute la société française, et comme Jean D’Ormesson l’affirmait avant de lui-aussi nous quitter, nous sommes tous des morts en sursis dès la naissance.

Si on a tous en nous quelque chose de Tennessee, et beaucoup de chagrin, Johnny, Jean D’Ormesson rentrent cependant dans l’éternité, et les coeurs pour toujours.

Concernant Tiger, toujours bien vivant, à bientôt 42 ans (30 décembre), et encore beaucoup de projets à vivre, il est aussi question de légende.

Bien qu’il n’ait plus remporté de majeurs depuis bientôt 10 ans, Woods aurait largement pu arrêter sa carrière sportive en 2013 ou 2014 sur un palmarès incroyable avec 14 majeurs et 106 victoires professionnelles, et ne pas se soucier d'un nouveau retour.

Pro depuis 1996, et alors qu'il a un temps laissé entendre (bien avant ses problèmes de dos) qu’il ne s’éterniserait pas sur le tour, s’il ne venait à ne plus être le meilleur, Woods continue de nous impressionner, de nous captiver, et de nous faire rêver.

Plus de 20 ans de carrière pour un sportif de haut niveau, c’est hors norme.

Woods est souvent comparé à Roger Federer, le tennisman suisse, qui a lui aussi écrit une des plus belles pages du tennis.

Entre 1996 et 2017, des stars ont eu le temps d’éclore et de quitter les terrains, comme par exemple Zinedine Zidane dans le football, Michael Phelps en natation, Kobe Bryant en basket, Jacques Villeneuve en formule 1…

Peu de sportifs s’apprêtent à être dans la même carrière, à la fois le jeune talent qui défie les ténors, comme Woods l’a fait à la fin des années 90, suscitant l’ire de Curtis Stange et ses pairs en août 1996, devant tant de confiance en soi, et demain, à défier les jeunes talents que sont McIlroy, Spieth, Fowler, Thomas, Day, Matsuyama, Rahm ou encore DJ, qui ont tous grandi en rêvant aux exploits du tigre.

Le sport de haut niveau compte de nombreuses tentatives de retours.

Par le passé, cela n’a pas été si souvent couronné de succès.

Le plus triste des retours manqués de l’histoire est incontestablement celui de Bjorn Borg, la légende du tennis des années 70, sur lequel est sorti un film retraçant justement le match le plus épique du siècle dernier contre John McEnroe à Wimbledon.

Considéré comme le plus grand joueur de tennis de tous les temps, vainqueur de onze majeurs dont six à Roland-Garros, à 26 ans seulement, en 1983, il surprend le monde entier en prenant promptement sa retraite sportive, usé par des débuts précoces, et déjà plus de dix ans de carrière.

En 1991, il tente pourtant un improbable retour alors qu’en moins de dix ans, le paysage du tennis mondial a considérablement changé.

A 35 ans, toujours avec sa vieille raquette fétiche, il perd tous ses matchs contre des joueurs plus jeunes de dix à quinze ans, qui justement affichaient des posters de Bjorg dans leur chambre d’enfant.

Ce retour manqué a depuis été oublié, mais sur le moment, beaucoup de journalistes tennis se demandaient pourquoi il s’infligeait une telle désillusion.

Concernant Tiger Woods, il y a bien entendu deux grosses différences.

Le Tigre n’a pas renoncé pendant une longue période en raison d’une perte de motivation, et il ne revient pas en jouant des clubs vieux de dix ans.

Le Hero World Challenge disputé au Bahamas nous a montré qu’une fois complètement débarrassé de douleurs au dos, avec des clubs de 2016-2017 (il utilise un bois de parcours M2 de 2016 et non pas le tout dernier modèle), Woods, auteur d’un dernier tour en 68 a été largement au niveau des 15 meilleurs mondiaux pour une première réapparition.

Au cours du troisième tour joué en 75 (3 au-dessus du par), sa moins bonne carte de la semaine, les coups perdus l’ont été surtout dans le domaine des approches, et l’appréciation des distances dans le vent.

Le driving comme le putting ont été plutôt bons, et cela s’est confirmé sur le dernier tour.

Certes, Rickie Fowler a posté une carte de 61 quasi parfaite, mais un 68 de Woods sur un dernier tour en dit long sur la consistance de son jeu.

Pour son premier tournoi après une longue absence, et notamment un retour manqué au Farmers Insurance Open en janvier dernier, c’est plutôt excellent.

A Torrey Pines, il avait posté deux cartes de 76 et 72 qui ne seraient pas déshonorantes pour beaucoup de golfeurs, surtout sur un parcours aussi délicat, mais dans le contenu, Woods avait particulièrement mal drivé, et semblait lutter en permanence avec son dos. Il n’avait rien d’aérien.

Un mois plus tôt, il avait péniblement terminé en fin de classement de son Hero World Challenge 2016, tournoi organisé par sa fondation.

Quinzième avec un score de 284, il avait tout de même joué sous le par de quatre coups, mais là encore, l’impression était mitigée. Il était de retour, mais cela ne laissait pas augurer forcément des lendemains qui chantent.

« Oh Marie » quel Tiger Woods allions-nous avoir droit ?

Un an plus tard, avec un score de 280, quatre coups de mieux, en moins huit sous le par, neuvième, Tiger Woods laisse entrevoir un avenir beaucoup plus encourageant, et pourtant, il a subi une quatrième opération à la colonne.

Concernant son swing, « les portes du pénitencier » s’entrouvrent, alors que c’était le sujet d’inquiétude la veille du premier tour.

Après quatre tours, finalement, il semble à l’aise et capable de swinguer à près de 120 mph au driver, soit au niveau des meilleurs du monde… De quoi chanter la Laurada…

Son chipping sur les lies très fins paraît encore un peu hésitant, mais avec de la compétition, cela pourrait revenir très vite.

Ressemble-t-il encore au Tiger Woods des années 1995-2005 ? Non, il y a des changements évidents comme l’âge, et sa posture.

Cependant, à cette heure, sur ce qu’il a montré, il peut gagner alors que cela semblait hautement improbable un an plus tôt.

Pour les experts américains, si ce sera difficile sur un US Open avec des roughs terribles, des greens durs et beaucoup d’obstacles, un Masters ou un British Open peut être potentiellement gagnable par un golfeur de plus de 40 ans. Nicklaus et Watson l’ont prouvé avant lui.

Et à la différence du Woods démotivé courant 2014, il semble que ce soit ce qu’il ait à l’esprit, ce qu’il désire.

Réussir le plus grand des challenges pour un sportif de haut niveau : Le come-back du siècle !

La source de sa motivation prend son origine dans le regard de ses enfants. Il a envie de leur montrer qu’il est un golfeur de classe mondiale.

Il a envie de montrer ce qu’il vaut encore à des jeunes qui s’inspirent de lui comme Jason Day, Justin Thomas, Rory McIlroy ou Jordan Spieth.

Il a envie de montrer ce qu’il vaut encore à des jeunes qui s’inspirent de lui comme Jason Day, Justin Thomas, Rory McIlroy ou Jordan Spieth.

Au cours du Hero World Challenge, tout n’a pas été aussi facile que ce que le score pourrait laisser croire.

Woods est passé par différentes situations complexes à gérer pour le mental d’un compétiteur.

Au cours du deuxième tour, sur les neuf premiers trous, il a joué 31 et « allumé le feu », un score de potentiel vainqueur.

En revanche, sur le retour du samedi, il aurait pu lâcher alors qu’il avait joué les mêmes neuf trous en 40.

Sur les quatre derniers trous de la journée, il a su rentrer deux birdies pour rester dans la partie, et limiter la casse.

Alors que sa place parmi les légendes du golf et du sport est largement assurée depuis longtemps, il démontre, quand son corps le laisse en paix, qu’il est toujours un féroce compétiteur.

« Etre capable de me mettre en situation de performer alors que je n’ai pas joué depuis dix mois…cela m’a vraiment plu. J’avais envie de ressentir à nouveau l’adrénaline d’un tournoi. »

Ajoutant « J’ai regardé le leaderboard pour voir où en étaient les autres joueurs. Sur le trou numéro 3, j’ai égaré un drive. J’avais 235 mètres à jouer dans le vent avec un fer 2. Je l’ai mise sur le green, et là, je me suis dit que j’étais à nouveau en train et capable de jouer au golf. »

Après sa troisième carte en 75, il aurait encore pu lâcher. Pourtant, dimanche, il rend une dernière carte de 68. C’est peut-être le moment le plus important de son retour. Le moment qui peut lui, et nous donner, pleinement confiance pour la suite.

Un moment révélateur de son potentiel et de son envie de nous dire « Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? » Je suis toujours là !

Sur ce tournoi, il a fait mieux que Justin Thomas, Dustin Johnson, ou encore Henrik Stenson, certes en « vacances » sur ce rendez-vous sans réel enjeu.

Entre Fowler en 270 et Woods en 280, il y a encore un bel écart à combler pour définitivement retrouver le tigre.

A priori, son futur agenda ne sera pas celui d’un golfeur qui joue 40 semaines par an, ce qu’il n’a d’ailleurs jamais fait auparavant.

Etre de nouveau le numéro un mondial comme en 2013 semble improbable.

Cette fois, ce père célibataire est engagé dans de nombreux projets professionnels qui vont lui prendre une grande partie de son temps.

Pourtant, sa simple présence sur un tournoi, et même quand il n’est seulement présent qu’en tant que vice-capitaine dans une voiturette, suffit à électriser l’ambiance. Tout simplement, parce qu’il est Tiger Woods !

Il lui faudra sans doute plusieurs mois pour être complètement au point. Il semble évident que son calendrier 2018 va être construit autour des majeurs, même si lui préfère éluder pour l’instant.

« C’est une grosse question. Je pense que l’on va se poser et essayer de voir comment construire le calendrier avec les majeurs en tête. Jouer, alterner les cycles d’entraînements, jouer assez mais pas trop… Je ne sais pas encore sur quels parcours je vais jouer, et quelle sera la meilleure façon de me préparer. Nous allons en discuter avec toute la team autour de moi, et esquisser un programme. »

Woods ne voudra pas répéter sa précédente expérience où après 15 mois d’interruptions, il avait imaginé enchaîner quatre tournois en cinq semaines pour finalement jeter l’éponge au deuxième tour du second tournoi envisagé.

A cette heure, bien qu’il se refuse encore à déclarer qu’il va se préparer pour le Masters, de janvier à mars, dans cette optique, il pourrait disputer le Farmers Insurance Open à Torrey Pines fin janvier

A cette heure, bien qu’il se refuse encore à déclarer qu’il va se préparer pour le Masters, de janvier à mars, dans cette optique, il pourrait disputer le Farmers Insurance Open à Torrey Pines fin janvier, qui est un bon test de golf, et où il a déjà gagné à huit reprises.

Woods devrait limiter ses déplacements lointains pour ménager son dos. Il a peu de chances de se rendre à nouveau à Dubaï.

Par la suite de Torrey Pines, le Genesis Open du 15 au 18 février pourrait être un bon spot dans la mesure où il est aussi l’organisateur du tournoi avec sa société TGR.

Woods a fait ses débuts sur le parcours de Riviera en 1992. S’il est en capacité de jouer, ce tournoi sera assurément à son agenda pour des raisons sportives et extra-sportives.

La semaine suivante, on pourrait le revoir au Honda Classic en Floride sur le parcours de Palm Beach Gardens, pratiquement dans son jardin puisqu’il réside non loin de là.

Et enfin le Arnold Palmer Invitational du 15 au 18 mars parait incontournable pour lui. Il a gagné à huit reprises sur le parcours de Bay Hill, et n’a toujours pas eu l’occasion d’y revenir en tant que joueur depuis la disparition du King.

Le reste du temps, il devrait jouer sur son parcours maison en Floride.

Dans les prochaines semaines, le public devrait bien avoir l’occasion de lui dire « Que je t’aime… que je t’aime…que je t’aime ».

Crédit photo : Mark Newcombe

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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