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Tiger Woods : Le magicien est de retour

Tiger Woods : Le magicien est de retour - Crédit photo : Tim Spyers/Icon Sportswire

« The magic is back » Les éditorialistes américains rivalisent de bons mots au sujet du Tigre. Ce dernier a une nouvelle fois rugi comme au bon vieux temps. A 42 ans, après de longs mois d’absences, et même des années loin de son meilleur niveau (numéro un mondial en 2013), Tiger Woods a créé la sensation pendant un dernier tour sur un majeur de golf. Les audiences (+69% pour CBS entre 2017 et 2018) ainsi que l’affluence du tournoi ont grimpé en flèche. Surtout, Woods a proposé un récital de golf, émaillé de bons et de moins bons coup, mais surtout, il nous a tenu en haleine, comme aucun autre golfeur n’est capable de le faire…

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En une seule après-midi, Tiger Woods nous a rappelé à quel point il pouvait être un magicien sur les fairways, et aux alentours.

C’est peut-être même depuis le rough ou parfois les chemins de traverses qu’il est le plus extraordinaire, capable d’inventer des coups de golf à vous couper le souffle.

Depuis le mois de décembre, nous n’arrêtons pas de dire ou d’écrire que Woods est de retour.

A force, le message est bien passé. Tellement bien passé, que la foule était incroyablement nombreuse ce dimanche pour un dernier tour de majeur du côté de Saint-Louis, dans le Missouri.

Tellement bien passé que les audiences de la chaîne CBS ont grimpé à un niveau plus vu depuis le PGA Championship 2009 !

Après sa prestation de dimanche, il ne s’agit plus de dire que Woods est de retour pour jouer au golf, même si lui affirmait encore qu’en janvier dernier, il ne savait même pas s’il avait un swing.

Tiger est de retour, plus de 20 ans après ses débuts chez les professionnels pour refaire de la magie, clubs de golf en mains.

Sans un Koepka venu d’une autre planète, Woods aurait bien pu gagner son 15eme majeur en carrière, au cours d'un après-midi de golf aussi historique que son dernier tour sur l’US Open 2008 ou sa victoire sur le British Open 2005 à Hoylake.

Pendant toute la partie, sur son visage, on pouvait lire sa détermination, et même une forme de stress de celui qui veut gagner, et surtout sait qu’il peut gagner.

Il avait beau avoir quatre coups de retard à remonter sur Koepka. Woods avait un plan !

Il lui fallait rentrer un maximum de birdies le plus tôt possible dans la partie, pour rapidement revenir et mettre la pression sur son jeune rival.

Surtout, il ne fallait commettre aucune erreur, et s’épargner des situations de tensions extrêmes pour sauver des pars délicats.

A chaque birdie rentré, Woods sortait du green avec le poing rageur, et encore plus déterminé.

A chaque par sauvé, il soufflait de soulagement, conscient qu’il était encore en « vie » dans le tournoi, avec une petite chance de victoire.

Sans pouvoir véritablement compter sur la précision de son driving, Woods s’en est principalement remis à son jeu de fers hors du commun. Sans être totalement certain de son putting, il s’en est remis à la précision de ses coups de wedges, et de ses sorties de bunkers.

Un Woods avec un zeste de confiance en plus, et quelques semaines de plus pour peaufiner son jeu aurait probablement gagner, et rattraper les deux coups de retards qui lui ont finalement manqué après son ultime birdie au 18.

Avec le recul, tout s’est joué sur le tee shot du 17, probablement son plus mauvais drive de la journée.

Hors de contrôle, en push slice à droite du fairway, dans l’obstacle d’eau, Woods a dit adieu à une chance d’eagle sur ce trou.

Il aurait pu tout aussi bien perdre sa deuxième place à quelques centimètres près. Le destin d’un majeur ne se joue pas forcément à plus.

Dimanche, sur le parcours du Bellerive Country Club, Woods a fait le « show » à lui tout seul.

Il aime être considéré comme le numéro 1. Il aime aussi être considéré comme un athlète. Il aimerait sans doute gommer les aspects sombres de sa personnalité pour ne montrer que le meilleur de lui-même.

Ce dimanche, personne n’avait envie de repenser à ses mauvais moments.

Ce dimanche, Woods a capturé notre attention, et nous a inspiré pour l’excellence de son attitude sur le parcours.

Ce dimanche, Woods a capturé notre attention, et nous a inspiré pour l’excellence de son attitude sur le parcours.

Au-delà des bons coups, ce qui a toujours été fascinant chez Tiger, c’est cette capacité qu’il a de dominer les événements, et de sembler si souverain sur le parcours.

De toutes ses compétences, c’est à la fois la plus impressionnante, et la plus indispensable.

Woods n’a pas seulement retrouvé un swing de golf. Il a retrouvé son magnétisme, cette force naturelle qui fait que dans n’importe quelle situation, il va être capable de sortir un coup de golf que personne d’autre ne peut tenter et réussir.

Son coup de fer sur le deuxième coup du trou numéro 9 en bordure d’un chemin, dans une position impossible pour néanmoins accrocher le green en est le parfait exemple.

Woods fait le spectacle justement parce qu’il manque des coups.

Derrière, il créé des coups de golf comme un magicien. Il y a du Ballesteros dans sa façon de jouer au golf.

Aux premières loges, Gary Woodland, son partenaire qui a semblé bien invisible pendant toute la journée passée aux cotés du maître en témoigne « Il a joué 64 en donnant l’impression de jouer 74. Il a manqué un putt court pour birdie sur le premier trou. Enervé, il s’est repris pour le rentrer dès le trou suivant. Seulement, un grand athlète peut faire ça. »

Quand Woods joue au golf, il met de l’intensité.

Typiquement ce qui manque aux tournois de golf quand il est absent.

Les observateurs, le public, et même les autres joueurs et caddies s’en rendent compte.

A lui seul, par son charisme, et sa façon de jouer au golf, Woods apporte l’intensité et l’intérêt qui peut manquer à un tournoi de golf joué en strokeplay.

Ce qui est incroyable, c’est que même sans toutes ses blessures, Woods a 42 ans quand le vainqueur en a 28. Il est toujours là.

Il est toujours là depuis plus de 20 ans quand dans d’autres sports, personne n’a une telle longévité dans la performance.

La plupart des sportifs qui ont commencé leur carrière en 1996, et ont été des grands champions sont déjà à la retraite depuis un certain temps.

Indépendamment de ses blessures, versus un Koepka qui soulève de la fonte tous les jours, Woods doit composer avec le physique d’un homme de 42 ans.

Quelques heures après la fin de son parcours, il était certainement en soin, soit en massage, soit dans un bain d’eau glacée pour favoriser la récupération.

Woods ou pas, à plus de 40 ans, vous ne récupérez pas comme un gamin de 20 ans.

Pourtant, à taper des drives à 300 yards au carry, on n’a pas forcément vu la différence avec des golfeurs dix ou 20 ans plus jeune que lui.

Woods veut gagner son 15eme majeur, et à chaque sortie, il s’en rapproche dramatiquement !

Le troisième acte de sa brillante carrière vient à peine de commencer à s’écrire, et sauf cataclysme, il n’y a plus aucune raison pour qu’il ne soit pas couvert de succès, surtout que Woods a du temps perdu à rattraper.

Le premier acte de sa carrière fut marqué sous l’empreinte du travail et du talent.

Le second acte fut rythmé par ses obsessions.

Le troisième acte correspond plus à un acte de rédemption, et de travail.

Dimanche, à chaque coup génial du tigre, la foule rugissait de plaisir.

Cela avait beau être du golf, cet après-midi, c’était bien plus que du basketball, du football américain ou du baseball, c’était Tiger Woods le magicien !

Regardez la foule amassée autour de sa partie ! On imagine difficilement qu’un parcours de golf puisse accueillir autant de monde.

Aucun autre golfeur sur la planète n’est capable de créer une telle atmosphère.

Aucun autre golfeur sur la planète n’est capable de créer une telle atmosphère.

En plus de son époque pavée de succès, Woods est désormais l’homme du come-back, et aux Etats-Unis, cette notion a une très grande signification.

Dans un pays où la croyance en dieu n’est pas un vain mot « God Bless America », le chemin de rédemption du pénitent est un des symboles les plus forts, et le plus générateur d’émotions pour tout un peuple.

Il n’a certainement pas fait exprès de traverser toutes les épreuves qu’il a traversé entre 2008 et 2018.

Cependant, dans son immense carrière, Woods a peut-être aujourd’hui une opportunité à saisir. Il est déjà la légende du golf quoi qu’il arrive.

Au rythme actuel, ce n’est qu’une question de semaines avant qu’il ne gagne un grand tournoi, et sans doute un majeur.

Il ne le fera pas pour être encore un peu plus une légende.

Il le fera pour être encore plus que cela.

Le prodige qui a réussi à revenir de l’enfer !

Celui qui devait être le messie, finalement devenu un ange déchu, et à la seule force de son caractère, tel Sisyphe qui roulait sa pierre au sommet de la montagne, est parvenu à redevenir grand.

Si Woods n’avait pas connu une terrible période de difficultés, aux yeux du monde, sa domination se serait apparentée à l’histoire d’un prodige, un simple prodige.

Après dix ans de pénitences et d’expiations, si Woods écrit un troisième acte glorieux, il sera en plus du prodige, ce héros, ce « black Knight » qui peut tout endurer, se relever, et apporter l’équilibre dans la force, en référence à un film de science-fiction.

Woods est bien plus qu’un golfeur. Il est bien plus qu’un homme. Il est ce qu’il peut y avoir à la fois de meilleur et de moins bon en nous, sauf qu’il semble pouvoir surmonter le moins bon…

De toute son histoire, Woods démontre qu’il peut surmonter le pire, et transmettre plusieurs messages, le travail paie toujours, croire en soi, et il y a du divin en chaque être humain qui veut bien se donner la peine d’aller le chercher au plus profond de soi.

Entre le Woods du début des années 2000, et le Woods de la fin des années 2010, il a changé.

Il a aussi montré qu’il pouvait être plus humain, pas seulement parce que plus faillible, mais tout simplement plus à l’écoute du monde qui l’entoure, plus sensible, sans pour autant se détourner de son but. Il a même gagné en sens de l’humour.

Comme lors de ses plus grandes victoires, Woods a eu un brin de chance sur certains coups, et notamment des putts de très loin qui rentrent.

Les vainqueurs paraissent toujours chanceux, mais ils provoquent aussi plus que les autres la réussite.

Dimanche, Woods a été porté par les fans. Il n’est plus seul sur les fairways. Il est supporté par des milliers de personnes, comme aucun autre golfeur.

Il va gagner parce que c’est cela le « Tiger Effect ».

Woods a capturé le cœur des fans de golf, et pas seulement. 

Si Koepka avait été dans la partie de Woods à Bellerive, il aurait été avalé par cet environnement, comme ce fut le cas pour Woodland.

Désormais 26eme au ranking mondial, et 11eme sur la liste des possibles qualifiés pour la prochaine Ryder Cup, Woods a encore beaucoup de longs dimanches de fiançailles à nous conter avec le public.

Crédit photo : Tim Spyers/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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