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Thomas Morel: « Le long drive…une autre discipline que le golf !»

Thomas Morel: « Le long drive…une autre discipline que le golf !»

Quel point commun entre la voile, plus particulièrement le Finn, discipline olympique et le long-drive ? Thomas Morel, 23 ans, triple champion de France, une fois en finn, vice-champion d’Europe, dixième mondial a décidé de changer de vie, et de sport pour s’attaquer aux concours de long-drive ! Désormais professionnel de cette discipline, il nous raconte sa mue, ce choix radical, sa découverte du golf, et nous guide dans ce sport où l’enjeu est de propulser la balle à plus de 350 mètres !

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Thomas ne nous était pas inconnu…Il a été un des coachs qui nous a accompagné pendant l’expérience Be Athletik en 2014. Grand gaillard de 2m02 et 95 kilos, préparateur physique, il a monté sa propre structure «Power Athlete » sur la Côte d’Azur pour intervenir auprès des personnes qui veulent redécouvrir leur corps, comme des golfeurs de très haut niveau.

Pendant plus de 15 ans, il a mené une très belle carrière dans le milieu de la voile, sa première passion qui l’a conduit jusqu’au qualifications pour les JO de Londres.

Un événement qui va marquer pour lui la fin d’une époque, et le besoin de se projeter dans un autre domaine.

Suite à un incident mécanique qui le prive des jeux, Thomas cherche une nouvelle discipline, et s’oriente dans un premier temps vers le javelot.

Après un premier essai au CREPS, il semble parfaitement adapté pour cette discipline, surtout du fait de son gabarit !

A l’occasion d’une leçon de golf offerte sur le parcours de Saint-Donat, il découvre ce sport presque par hasard, et dès la première balle tapée, son enseignant soupçonne une forte habileté pour le maniement du club de golf.

Philippe Larvaron l’incite fortement à poursuivre l’expérience.

Une certaine facilité, mais aussi une puissance déjà phénoménale, lui permettent de taper rapidement un fer 7 à plus de 170 mètres.

Pas mal pour quelqu’un qui n’avait jamais tapé une balle de golf par le passé !

Pour autant, le golf n’était pas encore le sport qui le faisait vibrer. Il admet préférer taper fort dans une balle plus que de chercher les autres aspects du jeu.

« Je cherchais un sport brutal et très physique. Je me suis intéressé au long-drive car cela faisait plus show-man ! »

En novembre 2015, il achète son premier long drive de la marque Krank, une référence en la matière.

Avec Philippe Larvaron, enseignant à Saint-Donat et parfois en compagnie d’un frappeur bien connu, Romain Langasque, Thomas se mettait au practice pour taper en direction du fairway du 6 !

Forcément ! Il existe peu de practice long de plus de 300 mètres pour s’exercer au long-drive…

Thomas s’est prêté au jeu, et s’est mis à visionner les swings des références de la discipline, Joe Miller, Jamie Sadlowski…

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Il a acheté de plus en plus de matériel, notamment des long-drives sur mesure, principalement de la marque Krank avec des shafts en double-x et même triple-x, longs de 48 inches, et de lofts de 4 à 5 degrés maximums !

A titre informatif, un long-drive coûte entre 450 euros (pour un modèle classique) et 1000 euros (pour les plus poussés).

Pour sa première compétition de long-drive, il se rend en Espagne pour l’étape du golf de Lumine, connu pour être le théâtre des cartes européennes.

Au cours d’un essai, il casse malheureusement son long-drive en tapant une chandelle sur la couronne, et opte finalement pour son driver classique de jeu, un Nike Vapor Fly, afin de propulser la balle à plus de 325 mètres.

Les compétitions qui se déroulent en Europe sous l’égide de l’European Long Drivers mettent en scène cinq compétiteurs par poules.

Quatre poules qui permettent de définir les quatre meilleurs qui se rencontrent dans le carré final.

Pour cette première pour Thomas, il tombe contre les numéro un, deux, trois et cinq européens !

Habitué à la compétition, et pourtant, on lui avait indiqué qu’il pourrait ressentir la pression, et le stress qui va avec, Thomas se sent alors dans son élément.

Il ne ressent pas la pression, et au contraire, prend du plaisir. Bien qu’il termine à 18 mètre du meilleur avec un drive tapé et homologué à 335 mètres, cette nouvelle histoire est lancée pour lui.

A partir de cette compétition, il va se donner les moyens de devenir un pro de long-drive, sachant qu’il faut impérativement passer la barre des 300 mètres au carry pour espérer exister dans cette discipline.

Membre de l’association de long-drive, il se prépare pour disputer dix tournois dans la saison à travers plusieurs pays européen comme le Danemark, l’Espagne, l’Ecosse, l’Italie ou la France.

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Le circuit européen est régulièrement dominé par Maurice Allen, un américain membre du top-25 mondial. Un exemple pour Thomas qui ambitionne de rentrer très rapidement dans le top-10 européen.

En moyenne, il drive à 134 mph et peut monter jusqu’à 141 mph avec un smash factor de 1.49 !

Son point fort est de son aveu : sa consistance !

Par tranche de six balles sur quatre rounds à taper dans un concours, il arrive régulièrement à placer quatre dans la zone éligible à une homologation.

En effet, un couloir de long-drive ne dépasse pas les 25 mètres !

L’objectif est bien entendu de taper loin, et si la précision n’est pas l’essentiel…un gros push ou un gros hook reste un coup éliminatoire.

A titre de comparaison, les plus longs frappeurs n’arrivent pas à placer plus de deux balles dans la zone sur quatre séances de six balles tapées.

Ceci étant, plus les vitesses sont élevées, et plus il devient difficile de rester dans le couloir de frappe.

Les plus longs frappeurs vont jusqu’à 140/150 mph de vitesse de swing.

Pour Thomas, son enjeu consiste à gagner 0.01 pts de smash factor pour aller chercher encore plus de consistance, et de vitesse de balle à l’impact, sachant qu’au maximum, le smash factor peut atteindre 1.53.

Autre élément sur lequel le pro français peut jouer : l’angle de décollage.

Avec un loft fermé de 4 à 5 degrés, il projette déjà la balle sur un angle de lancement de 4 degrés pour un taux de spin de seulement 1700 tours par minute.

Des données assez éloignées de la réalité d’un golfeur professionnel, et encore plus d’un golfeur amateur, d’ailleurs Thomas le reconnaît, cette discipline est faite pour ceux qui aiment se faire mal physiquement. Ceux qui cherchent des vitesses et des torsions très importantes.

Pour envoyer la balle aussi loin, il faut aussi de la masse.

Les clubs étant ce qu’ils sont, la masse ne peut être obtenue qu’au niveau du corps.

En prévision de la finale du championnat européen qui aura très certainement lieu en France en septembre prochain, Thomas s’astreint à un entraînement visant à le faire grimper autour des 110 kilos.

Pour y parvenir, il cherche à détruire de la fibre musculaire la journée pour qu’elle se reconstruise plus dense la nuit. Il mange près de six fois par jour pour atteindre les 5000 calories/jour sur la base de repas très protéiné, et avec des compléments alimentaires.

Un objectif qui n’est pas disproportionné pour un gabarit comme le sien.

La préparation physique compose finalement 70% de son entraînement.

Le choix du matériel est une autre composante de sa préparation.

A mesure que son swing évolue, Thomas est contraint de chercher des adaptations. En quelques semaines seulement, il vient de gagner 25 mètres. Il est encore au stade de tâtonner pour trouver le bon driver adapté à ce qu’il cherche à faire.

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Au niveau technique, il s’est beaucoup inspiré d’un pro qui utilise un pas d’élan, un peu à la manière d’Happy Gilmore qui s’élançait pour propulser son driver vers la balle.

Si cela lui procure de meilleures sensations, il reconnaît qu’on s’éloigne assez du geste de golf classique.

Sur ce point, il considère aussi qu’un swing de long-drive se trouve seul. Rares sont les pros du tour européen à prendre les conseils d’un enseignant.

« Au golf, tu cherches la précision. Au long-drive, tu cherches l’explosivité.  Un pro sur le PGA Tour drive au plus long au-dessus de 300 mètres alors qu’un pro de long-drive peut aller chercher 350 mètres ! »

Nouveau golfeur ou plutôt nouveau long-driver, Thomas ambitionne de remporter la finale européenne du championnat de long-drive. Sur le tour, ils ne sont que cinq français dont deux autres néophytes, signe que l’activité se développe peu à peu, s’ouvrant à des horizons un peu différents du golf classique.

A Saint-Donat, les enfants se pressent autour de Thomas pour le voir taper des missiles. L’activité est encore confidentielle, mais qui sait, peut-être une autre manière de populariser le golf en France, et de réellement démocratiser l’activité ?

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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