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Thomas Levet-Alexander Levy : 2014, le passage de témoin ?

Thomas Levet-Alexander Levy : 2014, le passage de témoin

Si en cette fin d’année, Thomas Levet, l’un des plus beaux palmarès du golf français à ce jour a commencé à  préparer le terrain de sa prochaine retraite sportive. Alexander Levy a quant à lui démontré avec panache que son heure était arrivée. Destins croisés entre la carrière d’un immense champion, et les prémisses d’une nouvelle étoile.

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Sommaire de l'article consacré à Thomas Levet et Alexander Levy 

Une année 2014 marquée par les exploits de la nouvelle vague incarnée par Dubuisson et Levy

Beaucoup de choses ont déjà été dites ou écrites sur Victor Dubuisson, mais il ne faudrait pas pour autant oublier les autres artisans du golf français au plus haut niveau, et notamment le fait qu’Alexander Levy est le seul français à avoir remporté deux tournois en 2014 sur l’European Tour.

Lors du dernier Alstom Open de France, nous avions été frappés par la passion qui avait entouré le vice-champion du monde de match-play, Dubush, et la relative indifférence du public pour d’autres très grands champions comme Thomas Levet, ou José Maria Olazabal.

Très fair-play et intelligents, tous les professionnels français ont salué le fait qu’il est heureux qu’ un des leurs, joue le rôle de la nouvelle locomotive qui attire des médias hors golf, pour justement séduire un plus large public.

Ici, il n’est point nécessaire de reparler de l’immense succès de Victor, qui ne nous en voudra pas de plutôt nous tourner cette fois vers le seul double vainqueur de tournoi sur l’European Tour en 2014 du clan français, le jovial Alexander Levy.

Et ce surtout en pleine polémique sur le vrai-faux sujet sur la participation du numéro un français à l’Open de France en 2015.

De Levet à Levy, pour nous c’est un peu le sujet de cette année 2014 qui va bientôt s’achever.

Alexander Levy : Un surdoué qui n’a pas fini de progresser

Récent vainqueur du Portugal Masters, Alexander Levy a porté à deux son nombre de victoires sur l’European Tour, et ce en l’espace de quelques mois, alors qu’il n’est finalement pas encore un taulier du circuit.

Après un succès retentissant au Volvo China Open,l’un des plus gros tournois du calendrier, on aurait pu craindre que l’exploit puisse être relativement unique, tant les double vainqueurs sur une même année sont rares à ce niveau de la compétition.

A 24 ans, ce fan de l’OM passé pro en 2010 réalise donc sa plus belle saison, et alors que les play-offs de la Race To Dubai se profilent, sa 19ème position le place déjà dans le gotha du golf européen.

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Contrairement à la saison passée, où plusieurs français avaient réussi à remporter un tournoi du calendrier européen, Levy est en fait le seul à y être parvenu en 2014.

Les exploits de Dubuisson de l’autre côté de l’Atlantique auraient presque failli nous faire oublier ce détail qui fait qu’à ce jour, sans les victoires d’Alexander, l’année 2014 n’aurait pas été un si bon cru.

Pote de Romain Wattel, et Victor Dubuisson qu’il n’hésite pas à défendre sur son compte facebook quand ce dernier est malmené par une partie de la presse, Levy est lui aussi un atypique dans son parcours jusqu’au plus haut niveau.

Né aux Etats-Unis à Orange, il est revenu en France pour ses 3 ans pour y mener par la suite une belle carrière amateur ponctuée par une victoire au championnat de France amateur 2009 à l’âge de 19 ans.

Membre de l’équipe qui a remporté le trophée Eisenhower en 2010 au détriment du Danemark, un championnat amateur par équipe se tenant tous les deux ans, et sanctionné par l’IGF, Levy a très vite basculé dans le monde professionnel.

Joueur sur le Challenge Tour en 2011 et 2012, alors que d’autres auraient mis plus de temps à digérer le changement de statut d’amateur à pro, il réussit à obtenir ses cartes pour le grand tour en 2013.

Pour sa première grande saison, il dispute 24 tournois, empoche 240 000 euros, et se classe aux portes du top 100 européen, assurant allègrement sa place pour l’année suivante.

Mieux, il obtient son premier fait d’armes avec un top-3 en Asie, et deux top-10 avec une moyenne de coups sur la saison de 71.48, un score éloquent quand on sait que seulement deux ans plus tôt, il jouait 72.38 sur…le challenge tour.

En quatre ans, Levy n’a en fait jamais cessé de progresser, et cette année 2014 couronnée de succès n’est pas le fruit du hasard.

Alors qu’il a déjà disputé deux tournois de plus qu’en 2013, sa moyenne de score est tombée 70.63 dont ce fameux 62 qui lui a permis de remporter le Volvo China Open.

Capable de pulvériser le parcours sur un tour, le français se distingue surtout par sa puissance au drive avec une moyenne stable en deux ans à 273 mètres qui le situe en 14ème position des plus gros cogneurs du circuit, et au niveau d’une pointure comme Henrik Stenson.

Cette incroyable force au driving lui a donné une certaine assurance sur son jeu, et cette année, c’est particulièrement sa capacité à prendre plus de greens en régulation qui a fait la différence (70% en 2014 contre 66% en 2013).

Globalement, c’est l’ensemble de son jeu qui a progressé (sorties de bunkers comme putting), même si dans le domaine du petit jeu, sa marge de progression est encore importante, ce qui laisse présager d’autres succès à venir très prochainement.

Car, c’est bien cela le sujet !

La reprise du flambeau et le passage de témoin entre une génération de quarantenaires incarnée par Thomas Levet, qui peu à peu laisse sa place à des cogneurs comme Dubuisson et Levy.

Des jeunes qui bien sûr n’ont pas que le driving pour eux, mais tout de même, admettons que cela aide grandement à un niveau où pour rivaliser, il faut au moins porter la balle régulièrement entre 250 et 300 mètres.

Thomas Levet, le grand ambassadeur du golf français

Comme pour Levy, il serait injuste de limiter le talent d’un golfeur à ses seules qualités au driving, mais dans le grand barnum de l’European Tour, c’est tout de même une donnée qui compte.

Entre 2009 et 2014, Levet a perdu petit à petit quelques précieux mètres, passant de 258 à 249 mètres de moyenne au drive sur la saison.

Cela ne l’a pas empêché de nous faire rêver, et remporter l’une des plus belles victoires du golf français au golf National avec l’Alstom Open de France, un jour terni par une blessure bête en sautant dans l’eau du 18.

Un geste de joie pas calculé qui a peut-être compté sur les derniers mois d’un grand champion qui a souffert de ne pas pleinement retrouver son meilleur niveau.

Pour autant, ce succès semble être le dernier coup d’éclat d’un champion, et même plus la figure du golf français à l’étranger pendant deux décennies, car justement à l’époque des Stenson, McIlroy, Fowler, et autres Bubba Watson, rendre 20 mètres au drive commence à être un sérieux handicap.

Lui qui bien avant Dubuisson a tenté sa chance aux USA sur le PGA Tour. Lui qui bien avant Dubuisson a remporté la Ryder Cup* contre un Tiger Woods au sommet de son art, succédant à Van De Velde, qui lui malheureusement l’avait perdu.

Héros du British Open, toujours comme Van de Velde, les pieds dans l’eau en moins cette fois, battu par le géant Ernie Els en 2002 de très peu…dernier survivant d’un play-off en mort subite.

Thomas Levet, le parisien (l’histoire ne dit pas si c’est un grand fan du PSG comme Levy est un grand fan de l’Om), passé pro en 1988, seulement 8 ans après avoir décidé de jouer au golf avec assiduité, fils d’une famille de grands sportifs semble bien décidé à jouer un rôle déterminant pour le développement du golf en France.

Maintenant que Dubuisson et Levy semblent prendre la relève sur le terrain, à 46 ans, Levet envisage une nouvelle carrière.

Déjà consultant pour Canal +, très impliqué sur le salon du golf qu’il anime avec panache, Thomas ne se sent pas l’âme d’un Jimenez qui continue à 50 ans passé de lutter avec les jeunots, mais plus l’âme d’un fédérateur.

Sa saison 2014 ne lui laissera sans doute pas un grand souvenir avec 25 tournois joués pour 3 cuts seulement, et un abandon au cours du dernier Portugal Masters, justement remporté par Levy.

C’est probablement au cours de l’Alstom Open de France que Thomas a commencé à baisser pavillon.

Présent sur sa partie du deuxième jour, nous l’avons vu lutter relativement seul, peu suivie par ce même public qui l’avait porté en héros, tout juste trois ans plus tôt au golf National.

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Pudique, il s’est livré presque discrètement dans le journal l’Equipe pour commencer à annoncer la fin prochaine de sa carrière, alors que c’est un événement majeur pour notre sport.

Van de Velde, Remesy, Cevaer, Levet, une génération s’éclipse discrètement à l’image de ses garçons discrets, généreux et qui ont fait tant de bien au golf français.

Une génération arrive, incontestablement plus puissante, pleine de promesses, et peut-être un ton au-dessus, justement en raison d’un meilleur armement, mais elle a encore beaucoup à faire pour égaler, voire dépasser la bande à Levet.

Entre ses deux générations, Raphael Jacquelin est plus que jamais le pont de jonction, et le nouveau sage du golf professionnel français.

Ceci dit, Levet ne sera jamais très loin, et pourquoi pas dans l’équipe des vices-capitaines de Ryder Cup à Paris en 2018…pour conseiller un Dubuisson ou un Levy, peut-être membres de l'équipe européenne...

*Premier français a remporté la Ryder Cup

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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