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The Open 2018 : Tommy Fleetwood abonné aux records de parcours en majeurs

The Open 2018 : Tommy Fleetwood abonné aux records de parcours en majeur

Si dimanche soir, en plus du vainqueur, vous ne deviez retenir qu’un seul nom parmi les stars présentes à Carnoustie pour disputer le 147eme The Open Championship, ce devrait être assurément celui de Tommy Fleetwood. Cela fait 26 ans qu’un anglais n’a pas remporté son tournoi national. Depuis son record de score à Carnoustie acquis samedi (65), Fleetwood apparaît de plus en plus comme l’un des meilleurs golfeurs du monde…US Open, British Open, Masters, sur les terrains les plus difficiles, Fleetwood semble toujours répondre présent ! Découvrez son histoire…

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Faldo a-t-il trouvé son héritier ?

A justement 27 ans, il est né à Southport quelques mois avant le dernier titre à la maison de Sir Nick Faldo en 1992, Tommy Fleetwood incarne la nouvelle génération des talents anglais, et prêt à prendre la suite des Justin Rose, Paul Casey, Ian Poulter, Lee Westwood ou autre Luke Donald.

De ces cinq grands noms du golf anglais de ces dernières années, aucun n’a pourtant remporté le British.

Nick Faldo n’a toujours pas trouvé son véritable héritier, et pourtant, cette génération n’a pas démérité, notamment en Ryder Cup.

Justin Rose a bien entendu remporté un US Open en 2013, et manqué de peu de porter une veste verte sur ses épaules en 2017.

Danny Willett a mis fin à une longue période de disette anglaise en majeur en remportant le Masters en 2016. Faldo l’avait emporté en 1996.

Pourtant à la maison, les spécialistes des links n’arrivent plus à se montrer dominateurs.

Ils n’arrivent pas à contrer les américains, australiens, sud-africains, ou irlandais qui les privent de victoires depuis 1992.

Spieth, Mickelson, Johnson, Cink, Woods, Hamilton, Curtis, Duval, Leonard, Lehman ou encore John Daly en 1995, les américains donnent même l’impression de jouer à domicile.

Ce dimanche à Carnoustie, trois américains sont encore aux avant-postes (Kisner, Spieth, et Schauffele), et que dire de Woods …

Face à la colonie américaine, trois européens ont surnagé : Fleetwood, Molinari et Noren. Assurément les golfeurs les plus en formes en prévision de la prochaine Ryder Cup en Septembre.

A la différence de l’italien et du suédois, Fleetwood incarne les espoirs d’un public tout acquis à sa cause.

Déjà pour son look télégénique barbu et cheveux au vent, il capte l’attention, et sans être dans les caciques des golfeurs bodybuildés du moment.

On pourrait faussement croire qu’il s’est échappé d’un groupe de rock pour jouer au golf, comme un anticonformiste du heavy metal.

63, 65, 66, trois tours, trois majeurs, trois scores d’un futur grand champion

Vendredi, il a de nouveau éclaboussé le monde du golf de tout son talent avec un score de 65 sans aucun bogey.

The Open 2018 : Tommy Fleetwood abonné aux records de parcours en majeur - David Blunsden/Actionplus/Icon Sportswire

Ce score à lui seul ne peut lui faire gagner The Open, par contre, après la même fulgurance un mois plus tôt à Shinnecock Hills, l’anglais a démontré une fois de plus qu’il peut être l’un des meilleurs « scoreurs » du jeu.

En l’espace de seulement deux majeurs, alors qu’on attend plus souvent McIlroy, Johnson, Thomas, Rahm, Rose ou encore Fowler, c’est bien l’anglais qui a égalé des records de scores sur les plus gros tournois de golf.

Sur le dernier tour de l’US Open 2018, Tommy Fleetwood a égalé le record de score le plus bas du majeur américain avec un 63 incroyable, surtout au regard de la difficulté du parcours de Shinnecock Hills, qui n’avait pas manqué de faire polémique.

Et encore, à la sortie du parcours, l’anglais n’était pas tout à fait satisfait. « Je voulais un score de 62 ! »

Dire qu’il l’a manqué sur le dernier trou avec un putt de 2,5 mètres pour birdie qui s’échappe sur la droite.

Ils ne sont que cinq à être parvenu à jouer 63 sur un US Open.

Finalement second à seulement un coup, un putt… de Brooks Koepka, Fleetwood avait au moins réussi à marquer les esprits pour son panache.

63 sur l’US Open, 65 sur le British Open, Fleetwood doit de plus en plus être considéré comme l’un des meilleurs golfeurs du monde actuellement, capable de jouer bas sur les parcours les plus difficiles, et sur tous les continents.

Dans le top-10 mondial, il pourrait bien s’installer pour un moment dans ce prestigieux ranking, surtout qu’il joue depuis cette année à plein temps sur le PGA Tour.

Il est le profil type du joueur solide.

Il a certes loupé le cut à Paris alors qu’il était tenant du titre, un accident de parcours, mais depuis le début de la saison, il démontre une belle qualité de frappe.

Sa contre-performance à Paris l’a pourtant affecté. Avant le début de cette semaine écossaise, il cherchait encore son swing.

Sa contre-performance à Paris l’a pourtant affecté. Avant le début de cette semaine écossaise, il cherchait encore son swing.

Sur le premier tour, il le cherchait encore avec beaucoup de coups ratés sur la droite du fairway.

Il lui aura fallu une heure de leçon avec son coach Alan Thompson pour booster sa confiance, et retrouver la solidité de son jeu.

« Je tapais beaucoup mieux, mais je n’ai jamais été complètement à l’aise. Normalement quand vous jouez bien, vous savez où part la balle. Sur beaucoup de coups, je levais juste la tête et j’étais juste content si la balle partait dans l’axe. Je ne me suis pas senti pleinement confiant, et complètement à l’aise avec mon swing. En conclusion, j’ai encore beaucoup de travail à produire, mais la balle faisait à peu près ce que je voulais qu’elle fasse. »

A Shinnecock, il avait justement pris 13 fairways sur 14 en régulation, et 16 greens en régulation sur 18, au sommet de sa confiance en son swing.

Son 65 de vendredi était bien plus qu’un bon tour.

C’était un autre ajout à sa banque de moments mémorables sur le circuit, et la liste commence à vraiment s’allonger.

Dimanche, après 7 trous sur le parcours de Carnoustie, Fleetwood, en +3 pour la journée, devait pourtant dire adieu à ses chances de victoire.

« Je ne peux pas mentir à ce sujet. Si je ne devais gagner qu’un tournoi dans ma carrière, ce serait The Open. »

Il faut dire qu’en 137 coups après deux tours, il n’en avait jamais été aussi près.

A croire qu’une forme de malédiction s’abat sur les anglais pendant les derniers tours.

Après son 65 record à Carnoustie, Fleetwood a lutté avec son jeu. Au lieu de marcher vers la victoire, il s’en est petit à petit éloigné.

Sur les trois derniers majeurs, Masters compris, pendant au moins un tour, Fleetwood a tutoyé les sommets. Pour mémoire, son troisième tour en 66 à Augusta avait été le deuxième meilleur score du jour.

Pourtant, avec Carnoustie, il ne dispute que son treizième majeur en carrière. Il avait manqué six fois le cut sur ses sept premiers départs…

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Ancien champion amateur d’Angleterre et d’Ecosse, Fleetwood a vraiment commencé à prendre une nouvelle dimension fin 2015.

L’ascension d’un nouveau champion

Le déclic s’est réellement produit pendant le dernier tour du tournoi d’Abu Dhabi finalement remporté contre Tyrell Hatton en 2017. Cela faisait plus de trois ans qu’il n’avait pas gagné de tournoi sur le circuit européen.

Son triomphe au Moyen-Orient contre un champ de joueurs très relevé a clairement boosté sa confiance.

Il a pris part à son premier Masters dans la foulée, réalisé un très bon US Open, et remporté l’Open de France avec brio.

Pourtant, quelques mois plus tôt, il avait connu une grosse période de doutes.

En 2015, il n’arrivait tout simplement pas à contrôler la balle. Son driving, qui était son point fort lui faisait cruellement défaut.

« J’étais en train de tuer mon jeu de golf. Quand vos points forts s’en vont, alors c’est là que les choses commencent à devenir compliquées. »

Un drôle de scénario pour un garçon qui avait en fait été l’un des plus grands espoirs de son pays.

Sa carrière amateur a été émaillée d’une Walker Cup en 2009, et du titre de meilleur amateur anglais en 2010, ce qui l’a propulsé au rang de numéro un du mérite amateur mondial.

L’anglais se distinguait pour sa précision d’archer à moins de 60 mètres, selon l’un de ses premiers entraîneurs, Norman Marshall.

Très vite repéré par Nike, sous contrat textile et clubs, Fleetwood s’est distingué en conservant assez longtemps ses bois Nike dans son sac, même après la fin de son contrat, et notamment à l’occasion de sa victoire à Paris.

Pourtant, comment ne pas évoquer au moins comme une drôle de coïncidence, le fait qu’il ait changé de balle pour prendre une Titleist Pro V1 x, et progresser de plus de 80 places au classement mondial dans la foulée ?

Fleetwood… définitivement un nom à retenir pour l’avenir.

Crédit photo : David Blunsden/Actionplus/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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