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The Open 2018 : L'importance de la tactique sur le parcours de Carnoustie

The Open 2018 : L'importance de la tactique sur le parcours de Carnoustie

Théâtre depuis jeudi du 147eme British Open, le parcours de Carnoustie en Ecosse pouvait permettre plusieurs approches tactiques pour tenter de « casser » le PAR et réaliser le meilleur score possible. A la différence de beaucoup de parcours pouvant accueillir des majeurs, Carnoustie n’a pas été nécessairement allongé au fil des ans. Son finish est toujours considéré comme l’un des plus délicats des parcours inscrits dans la rotation pour accueillir The Open, le troisième majeur de golf au calendrier. Avant le dernier tour, on pouvait déjà avoir une réponse claire et nette au débat sur la meilleure stratégie à adopter…

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The Open 2018 à Carnoustie : Un test pour les stratèges

Quelques jours avant le début de l’Open, un journal irlandais titrait « Carnoustie, un puzzle tactique à résoudre pour les meilleurs joueurs du monde ».

Et effectivement, Carnoustie n’a pas failli à sa réputation de parcours pouvant éliminer les golfeurs les plus imprudents ou trop impétueux.

Le dernier vainqueur à Carnoustie (Padraig Harrington s’était imposé en 2007) n’a certainement pas reconnu le parcours à son arrivée en début de semaine.

Le parcours écossais a été littéralement cuit par plusieurs semaines de soleil radieux sur la région. Les roughs n’étaient plus aussi épais, et les greens étonnamment verts et réceptifs.

Cela ne voulait pas pour autant dire que le parcours serait moins épineux à manœuvrer.

Long de 6768 mètres, ce 18 trous présentait aux joueurs un grand nombre d’options tactiques possibles, mais une seule pouvait être la bonne.

Pour Harrington, qui cette fois a largement manqué le cut (+8), le parcours était vraiment ferme et rapide avec des dangers sur tous les trous.

A cela, il fallait ajouter le fait que le vent a changé plusieurs fois de sens pendant la semaine.

Sur le même trou, un joueur pouvait difficilement driver à plus de 230 mètres ou au contraire largement dépasser les 300 mètres !

Pour beaucoup d’observateurs, le parcours ne devait pas nécessairement favoriser un joueur plus court au drive, mais surtout quelqu’un de très droit, et capable d’arrêter la balle très vite.

Pas étonnant alors qu’un Bubba Watson, très puissant depuis le tee, et surtout adepte des balles courbées n’ait pas passé le cut (+6), pas vraiment à son avantage sur ce terrain, et ce style de jeu.

Inversement, Jordan Spieth, leader après trois tours, Spieth ou Kuchar dans le top-10, avant le dernier tour, avaient clairement le profil, et ne l’ont pas démenti.

En réalité, avant The Open, certains experts (journalistes et anciens joueurs) se demandaient en feignant de ne pas connaître la réponse, quelle serait la meilleure option entre une stratégie agressive à base de drives puissants, et de balles tombantes de haut contre une stratégie plus défensive.

Au bout de seulement 36 trous, et le cut, la réponse tombait cinglante pour Jon Rahm, Dustin Johnson ou encore Justin Thomas.

Le fait que le parcours ait été cuit par le soleil avait en effet ouvert ce débat piégeux.

Une stratégie basée sur la longueur au drive, et notamment l’usage répété du draw avec ensuite une attaque de green aux wedges pouvait éventuellement se tenter, tenant compte de l’état du terrain combinant fairway grillé, roughs cléments, et des greens très « verts ».

En réalité, c’était bien un piège !

Pour Rory McIlroy, un bombardier qui s’en est plutôt bien tiré « Le plan était d’essayer de s’adapter, d’être très agressif, et de taper un maximum de drive. Sur le terrain, je n’ai pas pu suivre ce plan initial. »

Bien lui en a pris, il a rendu deux cartes de 69 sur les deux premiers tours, et s’est montré aux avant-postes dimanche.

« J’ai du prendre plus de fers que prévu sur les tees de départs, et jouer de manière plus prudente. »

A l’inverse, l’espagnol Jon Rahm est rentré prématurément à la maison, justement en se laissant facilement tenter par la stratégie à base de puissance au drive.

Son deuxième tour en 78 n’a pas fait mystère de son erreur tactique.

A force d’essayer de surpasser physiquement le parcours, Rahm s’est noyé en seulement 9 trous joués 41. Il n’a jamais réussi à refaire son retard après un tel démarrage.

Comme McIlroy, Mickelson a adopté une stratégie plus prudente, à base d’hybrides et d’un mélange de coups agressifs et prudents.

Dès que l’américain a vu le parcours en début de semaine, il a immédiatement construit son plan de jeu sur une option opposée au va-tout.

Un autre élément a joué un rôle majeur sur l’issue du tournoi : La météo

Clairement, les joueurs partis le jeudi matin sans le vent, et vendredi après-midi sans la pluie, ont été avantagés.

Photo by David Blunsden/Actionplus/Icon Sportswire

Pour mémoire, sur les deux premiers tours d’un tournoi de golf, les parties s’inversent. Une partie qui se lance le jeudi matin pour son premier tour, voit son ordre de départ s’inverser le jour suivant.

Tiger Woods l’a bien relevé. « La plupart des bons scores sont venus des joueurs étant partis dans la matinée de jeudi, avec peu de vent, et qui le vendredi, ont trouvé un parcours plus soft et toujours avec peu de vent. »

Entre les deux premiers tours, Woods a relevé le fait que le second jour, il était plus facile de garder la balle basse, et de la contrôler un peu plus. « La balle ne roulait pas 60 ou 70 mètres comme ce fut le cas jeudi. De ce point de vue, c’était un peu plus facile. »

Pour le week-end, les conditions météorologiques ont encore changé.

Samedi, le vent était plutôt léger, alors que dimanche, il suffisait de voir les polos des joueurs flotter au vent pour comprendre que la brise était plus puissante.

En définitive, quelque soit la journée, pour remporter cet Open, il ne fallait vraiment pas essayer de surclasser le parcours en puissance.

Les numéro un et deux mondiaux, Dustin Johnson et Justin Thomas en ont été pour leurs frais. La puissance, comme souvent sur un links, n’était vraiment pas la clé pour tromper Carnoustie.

En 2006 au Royal Liverpool pour sa dernière victoire en majeur, Woods avait marqué les esprits en ne tapant qu’un seul drive de la semaine.

Pour autant, cette semaine à Carnoustie, la victoire ne se joue pas sur le choix des clubs, mais bien plus sur la forme des trajectoires de balles.

Woods l’a d’ailleurs admis « C’est beaucoup plus une question de trajectoire. Vous pouvez obtenir le même score avec différentes trajectoires. C’est pourquoi l’important sera la façon dont la balle va arriver sur le fairway. »

Ajoutant « Vous pouvez faire rouler la balle sur 50, 60 ou 70 mètres, mais est-ce que cela en vaut la peine ?  C’est un parcours où il faut peser le pour et le contre entre risque et récompense. De la façon dont il est préparé actuellement, je dirai que cela va se jouer sur la précision, surtout parce que cela va aller très vite. »

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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