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The Open 2017 : Jordan Spieth montre qu’il sait faire autre chose que bien putter !

The Open 2017 : Jordan Spieth montre qu’il sait faire autre chose que bien putter !

Une critique récurrente revient souvent au sujet de Jordan Spieth : « C’est un joueur de fers moyen mais un putter exceptionnel ! ». Ce jeudi à Birkdale, l’américain a donné un aperçu des récents progrès qu’il a accompli avec son coach, pour changer aussi bien physiquement que techniquement. Pas nécessairement pour faire taire les critiques, mais bien jouer la gagne en majeur…

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Leader en -5 après 18 trous à Southport, Jordan Spieth s’est rappelé aujourd’hui au bon souvenir de tous, et notamment pour son exceptionnelle saison 2015, qui l’avait vu remporter deux majeurs (le Masters et l’US Open), et manquer de peu de réaliser la passe de trois au British, seulement battu par Zach Johnson…

Pas de Grand Chelem pour Jordan Spieth, mais une saison qui avait fait de lui le nouvel Arnold Palmer.

Ce jeudi, mis à part le trou numéro 16, l’américain n’a quasiment jamais été en danger de jouer au-dessus du par.

En danger dans le bunker, Spieth a selon ses propres dires joué le meilleur coup de sa journée avec un lob wedge complètement ouvert pour exploser le sable, et poser sa balle à 4,5 mètres du trou.

Joueur ou plutôt putter hors norme, il a rentré son putt de la manière la plus tranquille possible pour assurer sa journée sans bogey. Il a ainsi rejoint Matt Kuchar et Brooks Koepka en tête du leaderboard.

Koepka, dernier vainqueur de l’US Open a encore montré à quel point, il n’avait pas gagné son premier majeur par hasard.

Comme quoi, les victoires en majeur définissent un joueur.

Et par exemple, Jordan Spieth qui ne cesse d’être ramené à sa saison 2015, et son jeu alors perfectible.

Depuis deux ans, confronté à l’ascension de Dustin Johnson et Brooks Koepka entre autres, Jordan Spieth ne s’est pas croisé les bras en attendant que cela passe…

Pas forcément fan des salles de gym, il s’est pourtant plus consacré au physique, et à la diététique.

Son coach, Cameron McCormick l’a aidé à travailler sur son corps pour se fitter, et diminuer ses coups manqués.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes !

Il est premier en nombre de coups gagnés autour des greens, troisième en proximité au trou, et cinquième au green en régulation.

Comprenez tout simplement qu’il est actuellement le meilleur joueur de fers sur le tour américain, et déjà auteur de deux victoires.

A ce rythme, il ne serait pas si surprenant qu’il gagne encore, et pourquoi pas sur cet Open qui manque à son palmarès.

Il va bien falloir changer de point de vue sur le jeu de Spieth, car son jeu a vraiment changé.

Sans cette évolution technique, à l’évidence, il ne pourrait plus se mettre au niveau des Dustin Johnson et autres Hideki Matsuyama qui fracassent la balle du tee au green, et sont loin d’être des manches autour et sur les greens.

« Je frappe bien mieux la balle qu’en 2015. » Et dire que nous parlons d’un garçon qui a remporté cette année-là deux majeurs et plusieurs victoires sur le PGA Tour pour trôner au sommet du golf mondial sans contestation possible !

« Je suis en meilleure position cette année. Si vous prenez trou par trou, je suis mieux du tee au green cette année. Si je putte aussi bien qu’en 2015, je devrais faire encore mieux que cette saison de rêve. »

Pour les experts, il est tout à fait évident que la qualité du jeu de fers est primordiale à Birkdale.

Beaucoup de joueurs se montrent très prudents au moment de démarrer les trous avec des fers ou des bois 3, pour surtout éviter les nombreux bunkers qui encombrent les fairways.

Avec son jeu de fers actuel, Spieth joue sur son point fort, et les bombardiers au drive un peu moins…sauf Koepka…

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Comme Spieth est toujours aussi à l’aise autour des greens et sur, il est logiquement en tête.

Demain, alors que le vent promet de se lever, le contrôle de balle sera encore plus crucial.

« Il faudra avoir confiance dans chaque vol de balle. Il faudra la taper parfaite sur tous les coups pour gagner un tel tournoi. »

Jeudi matin, avant le départ du premier tour, McCormick a amené un trackman au practice pour vérifier la frappe de balle de Spieth.

Le coach voulait vérifier la réaction de la balle dans les conditions météos du nord de l’Angleterre par rapport aux conditions habituelles du PGA Tour, plutôt Californiennes ou Floridiennes ou encore celles de Dallas, chaudes et humides.

Verdict, Spieth portait la balle 22 mètres moins loin dans le vent…

Avec cette information en tête, Spieth a parfaitement géré ses distances toute la journée, comme en témoigne son partenaire du jour, le tenant du titre suédois, Henrik Stenson

« J’ai juste essayé de rester au contact avec lui. » Stenson a en fait joué un très honnête 69.

« Il a superbement putté. J’avais joué avec lui en 2015 quand il avait remporté sa veste verte. Il faisait superbement rouler sa balle sur les greens, et je ne pense pas qu’il en soit très loin aujourd’hui. Il a fait pas mal de bons putts. »

Il ne faudrait pas retenir que ça ! Ce serait encore sous-estimer son jeu de fer qui justement lui a permis de parfaitement se placer près des drapeaux.

D’autant que Spieth ne réalise pas sa meilleure saison au putting (seulement classé 36eme sur le PGA Tour) depuis ses débuts comme professionnel…

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Alors oui, le jeu de Spieth semble bien avoir changé, ce qui le rend potentiellement encore plus redoutable dans les grands tournois, quand par opposition, des golfeurs comme Jason Day ou Rory McIlroy ont plutôt donné des signes de régressions.

McIlroy ne semble pas progresser sur ses points faibles, restant un gros frappeur de drive. Sauf que quand la machine se dérègle, il ne semble pas en mesure de jouer sur un autre registre.

Commentaire valable aussi pour Jason Day, deux des golfeurs qui ont contesté le titre de numéro un mondial à Spieth.

En 2016, ils ont semblé prendre le dessus de manière irrémédiable sur le nouvel Arnold Palmer.

Quelques mois plus tard, Spieth a sacrément renversé la vapeur, et donné une leçon d’humilité aux deux golfeurs Nike.

Sans enfoncer Day et McIlroy, soulignons la performance de Spieth, capable de transformer son jeu.

Lui n’a pas besoin de justifier sa motivation en conférence de presse, il la démontre sur le terrain. Qu’on aime ou qu’on aime pas son jeu… chapeau l’artiste !

crédit photo : Mark Newcombe à Birkdale

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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