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The Open 2017: Fitzgerald secoue McIlroy pour qu’il se réveille enfin !

The Open 2017: Fitzgerald secoue McIlroy pour qu’il se réveille enfin ! - Crédit photo à Birkdale : Mark Newcombe

Il était enfin temps que quelqu’un bouscule le trop tranquille et pas assez motivé Rory McIlroy ! Depuis le début de l’année 2017, le nord-irlandais s’est blessé, surtout consacré à faire monter les enchères entre Callaway et TaylorMade, pour finir par signer un contrat pharaonique, et enfin, marié avec Erica Stoll. Beaucoup d’activités hors golf pour l’ex-numéro un mondial, qui en conférence de presse n’hésitait pas à déclarer qu’il ne se sentait pas obligé de gagner, même si ce serait mieux… Sérieusement, est-ce une attitude de professionnel ambitieux ?

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Au démarrage du deuxième tour de The Open, McIlroy était 5 au-dessus du par après 6 trous, le moment choisi par le "pas très sympathique" JP Fitzgerald pour bouger son patron… enfin !

Il y a une chose que l’on apprend au contact des sportifs de haut niveau qui se battent pour atteindre le sommet de leur discipline, c’est qu’il ne faut rien laisser au hasard, et démontrer une faim d’ogre.

La détermination est le premier élément qui mène au succès.

Dès qu’un sportif commence à se trouver des excuses ou des passe-droits, quoi qu’il se raconte à lui ou aux autres, il n’est plus dans une démarche de gagnant.

TaylorMade aurait peut-être dû sonder cet aspect récent de la personnalité de McIlroy, qui encore aujourd’hui déclare, qu’après avoir passé 10 ans à jouer au plus haut niveau, et quasiment fait que cela, il voulait considérer sa carrière sous un autre angle. Comprenez pas autant investi !

Depuis la fin de l’ère de domination Tiger Woods, le golf de haut niveau nous a appris une chose. Ils sont plus de 50 à pouvoir gagner chaque week-end, et pratiquement autant à se battre pour les meilleures places du classement mondial.

Baisser la garde aujourd’hui dans un sport individuel où le niveau de jeu est aussi serré est une folie.

Sur cet Open, Spieth démontre qu’après deux ans de remise en question, de changements, d’actions pour faire ce dont il ne raffole pas, soit de la préparation physique, derrière, il y a un résultat…

Le manque d’appétit de McIlroy est aussi symptomatique de trop gros contrats publicitaires.

McIlroy gagne 25 millions de dollars par an simplement pour sortir les clubs TaylorMade de son sac, et peu importe qu’il les joue bien !

Personne n’ose le dire ! Mais la vérité, c’est que c’est trop d’argent sans contrepartie de résultat.

Il semble plus que probable que McIlroy ne se fasse pas violence cette année, prêt à accepter une saison blanche, quelques mois après avoir brillamment remporté la Fedex Cup.

Dans l’entourage d’un pro, il y a assez peu de gens capable de le secouer pour lui remettre les idées en place, rappeler la différence entre un champion, et un enfant trop gâté.

Ce rôle, ce risque, c’est JP Fitzgerald, son cadet qui a décidé de l’endosser. Pour l’avoir déjà croisé à plusieurs reprises, Fitzgerald est loin d’être un cadet sympathique et souriant.

Ce n’est pas sa fonction ! Son job, c’est de protéger son patron de l’extérieur, et aussi de lui-même.

Après ce début de partie plus que moyen à Birkdale, Fitzgerald a pris le risque de sortir de ses gonds « Tu es Rory McIlroy ! Qu’est-ce que tu fous ? »

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C’était un risque de chahuter son patron. On a vu des pros virer leurs cadets pour moins que ça.

Bon sang qu’il a bien fait !

Derrière, McIlroy a joué -4 sur les 12 derniers trous, et finalement, en -1 après deux tours, il est sixième à 5 coups du leader Jordan Spieth. Tout n’est pas terminé pour le nord-irlandais qui aurait tort de considérer qu’il a toute la vie devant lui.

A 28 ans, il n’a gagné que 4 majeurs. Annoncé trop tôt, notamment par des Greg Norman, comme le futur plus grand golfeur de tous les temps, son palmarès pourrait ne jamais dépasser les 7 ou 8 victoires en majeurs et encore, cela reste à faire, ce qui serait certes exceptionnel à notre époque. Pas de quoi inquiéter néanmoins Tiger Woods ou Jack Nicklaus !

McIlroy avait bien besoin de se faire botter les fesses par Fitzgerald.

Son début de saison 2017, sans être exceptionnel avait le mérite d’être passable. Trois top-10 sur le PGA Tour, et une septième place au Masters ont finalement été suivi par une considérable baisse de forme avec 3 cuts manqués sur 4 tournois, dont l’US Open.

McIlroy semble à nouveau parti pour une saison blanche en majeur.

Fitzgerald a peut-être senti l’urgence du moment pour secouer Rory.

24 heures plus tôt, à sa façon de jouer, nous n’aurions pas été nombreux à parier sur une bonne position de Rory après deux tours.

Interrogé après son deuxième tour, McIlroy a essayé de faire bonne figure en admettant le rôle positif de son cadet « Il est génial. Il essaie de me maintenir aussi positif que possible, et parfois, il a besoin de me rentrer dedans. »

Dimanche, il parait improbable que McIlroy soulève sa deuxième Claret Jug.

Au cours de ses quatre victoires en majeur, il n’a été en position d’outsider qu’une seule fois.

Toutefois, ce deuxième tour aura eu au moins le mérite de le remettre sur les rails.

Cette charge de son cadet pourrait avoir un effet positif à plus long terme, et au moins sur le reste de la saison.

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Prochaine étape pour Fitzgerad ? Rappeler à son patron qu’il n’a plus été numéro un mondial depuis un bail !

Spieth, Day, Johnson, ils sont nombreux à avoir dépassé le soi-disant plus grand prodige du golf mondial, ce que l’on aimerait bien croire, et voir.

Nike et TaylorMade ont sans doute trop rassasié le nord-irlandais d’où la question des contrats de sponsorings qui finalement ne sont pas assez en rapport avec les résultats sportifs.

De la sorte, cela fausse même l’enjeu sportif, et c’est dommage.

Il faudrait peut-être envisager de limiter ce type de gains par rapport à ceux acquis sur le terrain, pour s’assurer que les meilleurs golfeurs du monde soient tout simplement assez motivés pour se présenter à minima sur les tournois, et se battent avec plus de détermination, sans que leurs cadets aient besoin de leur rappeler ce qu’ils sont censés faire !

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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