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The Open 2014 : Tiger Woods de retour à Hoylake

The Open 2014 : Woods de retour à Hoylake

En 2006, Tiger Woods était marié à Elin Nordegren, son caddy était Steve Williams, et son coach, Hank Haney. Sur le parcours de Hoylake, près de Liverpool, il n’avait jamais utilisé son driver qu'une seule fois, mais au contraire, frappé des missiles au fer-2 qui portaient à 190 mètres, et roulaient près de 70 mètres. Il était au sommet de sa forme, mais pourtant, c’était la dernière fois qu’il allait remporter le British Open...

Dans quel état de forme sera Tiger Woods à Hoylake dans dix jours ?

A peine rétabli d’une opération au dos pour soigner un nerf qui le faisait horriblement souffrir, l’américain a repris le chemin de l’entraînement plus tôt que prévu, en disputant le Quicken Loans Invitational, un tournoi dont il est en fait un des sponsors.

Il est certain que si sa fondation n’était pas engagée sur ce tournoi disputé sur le parcours du Congressionnal, près de Washington, il n’aurait sans doute pas joué, pour effectivement faire son véritable retour au British Open.

Depuis quelques jours, les sujets fleurissent dans la presse américaine pour essayer d’interpréter ou d’estimer la forme de l’ancien numéro un mondial de golf, qui a 38 ans n’est plus le jeune premier qui terrifiait le monde du golf par son aisance, et sa domination du jeu.

Au milieu des années 2000, Tiger Woods gagnait presque tous les tournois qu’il disputait.

Ceci dit, il en jouait peu, et ne jouait que les gros tournois.

Pourtant, c’était tout de même impressionnant de voir à quel point, il effrayait ses adversaires.

Sa technique était pure et parfaite. Son physique était plus celui d’un athlète de haut niveau que celui d’un golfeur classique. Mais surtout, son mental était au-dessus de la moyenne de ce qui se faisait à l’époque.

Imperturbable, impénétrable, presque antipathique, sûr de lui, rien ne semblait pouvoir l’atteindre

Petit à petit, c’est le corps qui a donné des signes de faiblesses.

La dernière opération de Woods n’est pas une  blessure isolée.

Bien au contraire, la carrière sportive de la star du golf mondial n’a jamais cessé d’être emaillée d’interruptions.

En 2014, bien qu’il ait changé plusieurs fois de coach (Butch Harmon, Hank Haney, Sean Foley), la technique de Woods a bien sûr évolué, essentiellement pour des raisons de convenance et d’adaptation à ses contraintes physiques. Comme tout le monde, il vieillit.

Cependant, il ne serait pas juste d’affirmer que sa technique puisse être moins performante.

En 2013, avant d’être sérieusement blessé au dos, il avait réussi à remporter cinq victoires sur le PGA Tour pour redevenir numéro un mondial.

Concernant le physique, et même si lui et d’autres ont douté de son avenir sportif et de son intégrité corporelle, depuis sa sortie de l’hôpital, l’humeur est à l’optimisme.

Woods a très vite récupéré, et très vite recommencé par faire des putts, des chips, et puis des drives.

De son propre aveu, il a réellement eu la sensation que le lendemain de son opération, tout avait changé.

La douleur a disparu, et en discutant avec d’autres personnes ayant souffert du même problème, il a découvert que dans la majorité des cas, les patients récupéraient réellement. Certains affirmant que cela leur avaient rendus leurs vies !

C’est dire la douleur que cela a dû être au quotidien.

Je ne peux qu’imaginer, n’ayant jamais souffert d’une telle blessure…

La technique va bien. Le physique est somme toute celui d’un sportif de haut niveau, et donc potentiellement, il peut se blesser, mais aussi récupérer.

Qu’en est-il du mental ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Woods ne fait plus peur !

Et c’est bien la principale raison pour expliquer le fait qu’il ne puisse pas être mis au rang des absolus favoris du prochain British Open.

La tribune principale du trou 18 à Hoylake ! Un finish dans un stade

Bien sûr, de nombreux observateurs estiment que l’américain sera présent à Hoylake pour saluer l’anniversaire de sa victoire de 2006, sa dernière sur un British Open, mais aussi et surtout, pour plus certainement préparer le PGA Championship, dernier majeur de la saison en août.

C’est en tout cas ce qu’affirme Curtis Strange, son ex-capitaine de Ryder Cup ou encore Hank Haney, son ancien coach qui pointe le fait que Woods ne jouera pas d’autres tournois de préparation entre le Quicken Loans National et le British Open.

Sa prestation au Congressionnal n’avait pas été de nature à pouvoir affirmer qu’il était pleinement revenu à son niveau optimal.

N’ayant pas passé le cut, il n’a joué que deux tours, et manqué beaucoup de coups.

Pour gagner le British Open, ou être en situation de le faire, il aurait été préférable que Tiger enchaîne les parties de golf sous pression pour revenir progressivement à son meilleur niveau.

Clairement, il va manquer de rythme

Cette notion peut vous surprendre. Pour autant, le golf de haut niveau est un sport de haut niveau au même titre que le tennis ou le football.

Le niveau de la compétition est très fortement monté, et le niveau de préparation avec.

Entre le Woods de 2006, et le Woods de 2014, bien des choses ont changé. Il n’est plus marié à Elin, mais vit une relation qui semble d’ailleurs pleinement le rendre heureux, avec la championne de ski, Lindsay Vonn.

Son caddy n’est plus Steve Williams, mais Joe Lavaca.

Sans faire injure à son nouveau caddy, de toutes les ruptures que Woods a provoqué après 2009, c’est sans doute la plus regrettable, et le néo-zélandais, actuel caddy du nouveau numéro un mondial, Adam Scott, est probablement ce qui manque le plus à Woods au niveau de la confiance.

Son ex-coach n’arrête pas de se répandre dans la presse pour souligner les faiblesses de Woods. Il a même écrit un livre sur sa relation avec le joueur.

Mais le plus important, c’est que Woods n’arrivera pas à Hoylake dans le même niveau de préparation, et de confiance.

Faut-il pour autant broyer du noir ?

The Open peut surtout servir de nouveau point de départ.

Personne à part Woods peut savoir ce qu’il a envie de faire, et comment il va le faire.

De mon point de vue, les choses sont assez simples.

  • Dans les années qui lui restent à jouer au plus haut niveau, et disons qu’il lui en reste sept ou huit (Woods n’a jamais laissé penser qu’il s’éterniserait sur les parcours), soit Woods démontre qu’il a eu raison d’opérer tous les changements qu’il a déclenché autour de lui, et que c’est vraiment lui le plus fort.

Les coachs, caddys, les femmes peuvent changer, mais lui gagne tout de même.

  • Ou au contraire, il ne redevient plus jamais aussi fort que par le passé, et finalement, il aura eu tort de se couper d’une partie de son entourage.

Faire un pronostic pour savoir dans quel sens va pencher la balance est totalement hypocrite.

Personne n’est légitime pour pouvoir imaginer un début de réponse.

Pourquoi se poser cette question ?

Car en fond sonore, Woods n’a pas renoncé au fait de battre le record du plus grand golfeur de tous les temps, Jack Nicklaus et ses 18 succès en majeurs.

Tant que cette quête restera accessible, (Woods est à 14) la forme et la motivation de Tiger risque de rester le centre d’attention de la planète golf, sans parler de l’impact que cela génère sur l’économie et l’industrie du golf.

S’avouant volontairement plus patient et plus à l’écoute de son corps que par le passé, lui semble au moins très heureux de pouvoir retrouver ses facultés physiques, et de pouvoir jouer au golf.

Le mot de la fin pour Curtis Strange « Je pense qu’il devrait aller à Hoylake avec l’idée de taper quelques bons coups de golf, faire le plein de confiance, se rassurer sur son swing, sentir l’état de son petit jeu. Bien sûr, il peut gagner, mais je ne parierai pas ma maison là-dessus. »

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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