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Test du radar d’entraînement FlightScope MEVO

Test du radar d’entraînement FlightScope MEVO

Il arrive enfin sur le marché français, et j’ai pu en tester un premier exemplaire en exclusivité ! Le MEVO de FlightScope peut-il améliorer vos entraînements ? Sur le papier, c’est ce que j’espère ! Reste à voir dans la pratique. Par le passé, j’ai déjà eu l’occasion de m’enthousiasmer pour ce type de radar portatif, et finalement déchanté. Qu’en sera-t-il avec le MEVO ?

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Un peu d’histoire sur les launch monitor personnels

Le sujet des launch monitor portatif et miniature m’intrigue depuis bien longtemps. Déjà au milieu des années 2000, je me souviens avoir testé un premier radar typé entraînement avec le Swing Mate de la société Bel.

On peut d’ailleurs encore trouver une page relatant ce produit sur le site Amazon. Les superlatifs sont toujours bien rédigés « Le plus sophistiqué et le plus précis des outils de mesures pour la vitesse de swing ».

Trois boutons (power, distance par club, et mémoire), un affichage LCD, le tout sur un boitier noir qui devait peser moins de 500 grammes.

A l’époque, j’en étais au balbutiement des questions d’étalonnage des clubs avec un outil de mesure, car c’était bien essentiellement pour connaître mes distances avec des fers ou le driver.

Aujourd’hui, ce produit est en rupture de stock, et je serai étonné qu’il soit à nouveau réapprovisionné.

Pour l’époque, au mieux, c’était un début de solution, au pire, un gadget vraiment pas précis.

A en juger par les commentaires sur la page Amazon, mis à part le premier commentaire, sans doute un « fake » du fabricant qui en vantait tous les bénéfices, dès le commentaire suivant, le jugement était implacable avec la note la plus basse possible.

Un véritable utilisateur explique qu’il pouvait trouver plus de 10mph d’écart avec un outil professionnel !

Bref, la majorité des avis ont été très négatifs sur la grande imprécision de cet outil qui n’avait qu’un mérite : Mettre le sujet sur la table !

Le sujet des outils d’auto-contrôle du swing à moins de 1000 dollars/euros.

Les marques de matériel ont été les premières à acheter des outils de mesures. C’était quasiment du sur-mesure et bien entendu pour des budgets conséquents, afin de tester leurs nouveaux clubs.

Une solution pensée pour le golfeur a mis beaucoup plus de temps à émerger.

Ceci dit, en 2017, ce serait une utopie de croire qu’un outil vendu 2,000 euros ou même 500 euros pourrait prétendre avoir la précision d’un outil à 20,000 euros.

Cette mise en garde me paraît nécessaire avant de développer un tel sujet sur le MEVO, que j’ai bien entendu tester avec en parallèle le Trackman 4.

Le principal sujet : Que peut-on attendre d’un radar à moins de 1000 euros ?

A la différence de BEL, le MEVO peut déjà bénéficier du crédit de son fabricant, FightScope, qui avec Trackman et Foresight Sport, est dans le top-3 des références du marché du tracking balistique.

D’un point de vue purement économique, il me semble que si le MEVO était aussi précis que le dernier X3 de FlightScope, la marque se tirerait une balle dans le pied !

Donc, clairement, la question de la précision au mètre près, à la vitesse de swing près entre un outil récréatif à 500 dollars et un radar professionnel à 20 000 dollars ne peut pas se poser de cette façon.

Entre l’expérience du Swing Mate et le MEVO, j’ai aussi fait l’expérience de l’ES 14 d’Ernest Sport.

Swing Mate vs ES 14 vs MEVO

Sur le moment, j’avais acheté ce produit (autour de 500 euros) en admettant que je rêvais un peu qu’il soit tout de même très précis.

Sur ce produit, je me suis un peu emballé.

Toutefois, à ma connaissance, au moment du test, là-aussi, il n’existait pas réellement d’alternative ou solution pour les amateurs, qui veulent aller au practice et s’entraîner efficacement.

Le Skytrack n’existait pas encore (2000 euros).

Swing Mate ou ES 14, je suis obligé de reconnaître que dans les deux cas, le niveau d’imprécision était trop élevé.

Surtout, ce qui m’a posé un problème après plusieurs essais, c’était le caractère aléatoire des données affichées.

A la rigueur, quand vous connaissez la plage d’erreur d’un outil, vous pouvez l’admettre, et même la prendre en compte.

Dans ce sujet, il y a donc deux débats : l’outil et aussi le prix ! Et pour un amateur, c’est indissociable.

Qui peut mettre 15 ou 20 000 euros dans un outil pour étalonner ses clubs ou s’entraîner au practice ?

Même 2000 euros avec le Skytrack, c’est un budget trop conséquent.

En revanche, ce prix psychologique de 500 euros est intéressant, car cela équivaut à un investissement dans un driver.

Pour un golfeur, il peut y avoir débat entre acheter un nouveau driver et un radar.

Il faut donc être motivé par l’idée de ne pas être dépendant d’un pro ou d’un studio équipé, et de vouloir comprendre ce que l’on produit, en termes de swing, et de distances.

Pour ma part, je suis de plus en plus persuadé qu’un golfeur pourra progresser plus vite dans sa maîtrise du swing, à condition qu’il sache plus vite, le résultat réel du swing qu’il a produit.

Bien entendu, observer le vol de la balle en dit déjà beaucoup sur les effets, et la trajectoire.

Au practice, les balles sont de qualités inégales.

Dans un précédent sujet, j’étais arrivé à la conclusion que l’écart de distance était d’au moins 11%. Et encore, il faudrait refaire le test en prenant en compte les différents types de balles que l’on peut trouver, entre hard, soft, etc…

Comment prétendre pouvoir bien s’entraîner avec des balles dont la qualité est inégale ?

Les pros tapent des PRO V1 au practice, et pas seulement pour faire se faire plaisir. Ils ont besoin de récurrence dans le ressenti du contact de balle.

Pour un amateur, ce n’est pas loin d’être aussi un nécessité. Le golf est un sport de contact ! Vous avez besoin de mémoriser la qualité du contact. Vous avoir besoin de sentir l’impact dans la face du club.

Quantifier avec un radar une balle bien centrée dans la face par rapport à un coup décentré est un élément qui peut vous aider à progresser.

Il ne s’agit pas seulement de savoir si votre balle va à 100 mètres ou 105 mètres au pitch.

Etalonner ses clubs est important. S’entraîner à être plus consistant l’est encore plus.

Pour avoir la chance d’utiliser très régulièrement un trackman, je peux attester que j’en profite pour améliorer des aspects de mon swing, comme par exemple la direction ou l’angle de la face…

Parce que j’ai plus d’informations sur mon swing, j’ai modifié et adapté mon geste pour être plus régulier.

Plus que tout autre chose, c’est l’information qui m’a aidé, et mis sur la bonne voie.

Un radar doit donner de l’information, et surtout la bonne information.

Pour le Swing Mate ou l’ES 14, avec le recul, si c’était la bonne intention, le niveau de fiabilité était trop insuffisant. Je rappelle qu’il n’y avait alors pas réellement d’alternative.

Après, il y a une question de précision à se poser. Quand on est un amateur, quel niveau de précision est acceptable ou suffisant ?

Doit-on absolument mesurer 100 ou 105 mètres au pitch ? Doit-on mesurer 250 ou 260 mètres au drive ? Sur le parcours, ce qui est important, c’est la bonne prise de décision, et la bonne exécution de la décision. Et entre les deux, il peut y avoir un écart fortuit.

Je dirai que le niveau de précision acceptable ne doit pas excéder un demi-club d’écart.

Sur un fer, si vous avez une erreur de mesure sur 10 mètres, vous avez une erreur entre deux clubs !

Si cette imprécision est de seulement 5 mètres, le débat peut être ouvert…

Que donne le MEVO au practice avec un fer 6 ?

Après toutes ces mises en gardes et retour d’expérience passé, j’ai donc testé le MEVO au practice, placé à 1m20 derrière ma balle, et tapé quelques coups avec un fer 6 Callaway Apex MB.

Est-ce que le MEVO donne la même précision qu’un Trackman ou un FlightScope X3 ? Là encore, la réponse est non. Mais admettons que vous n’avez pas 20 000 euros à mettre sur ce service.

La plage d’erreur est déjà plus intéressante pour une utilisation concrète au practice.

Pour un fer 6, sur cette session spécifique, j’ai tapé en moyenne à 84,4 mph au trackman ! Le MEVO a donné une mesure de 85,5 mph, soit un écart de seulement 1,1 mph.

Je précise que j’ai tapé au practice en extérieur comme vous pourriez le faire dans la plupart des cas, et donc, renoncé à la possibilité de placer des pastilles en aluminium sur les balles de practices… ne pouvant les ramasser pour répéter l’opération.

En effet, pour un meilleur fonctionnement du radar, FlightScope recommande de placer une petite pastille d’aluminium sur chaque balle, notamment pour assurer une bonne mesure du taux de spin.

Pour ce premier test, sans compliquer outre-mesure, je voulais avoir un rendu en situation comme n’importe quel golfeur amateur.

En plus de la vitesse de swing, le MEVO donne 7 données utiles pour comprendre le vol d’une balle de golf : la vitesse de balle, le smash factor, le spin, l’angle de lancement, la hauteur de trajectoire, la durée du vol, et la distance au carry.

mevo-shot.jpg

Pour la vitesse de balle, le trackman a affiché 104,7 mph alors que le MEVO a donné 100 mph.

Du coup, il y a un écart notable sur le smash factor puisque la vitesse de swing était au contraire assez comparable. Soit 1.24 de smash factor pour le trackman contre 1.16 pour le MEVO.

J’avoue que je n’ai pas forcément tapé mes meilleurs coups possibles sur cette séance, et surtout, il s’agissait de balles de practices, pour lesquelles, je n’ai pas normalisé les données au Trackman, à savoir converti en… « Si j’avais tapé avec des balles premium », ce qui correspond à la fonction « Normalisation ».

Poursuivons sur les autres données fournies par le MEVO, soit un total 8, ce qui est très supérieur à ce que l’on pouvait trouver sur les précédents radars cités plus haut dans cet article.

Sur le spin, j’ai trouvé 6680 tours avec le trackman contre 5450 pour le MEVO. Je précise que je n’ai donc pas utilisé la pastille d’aluminium.

Pour l’angle de lancement, j’ai trouvé 15,1 degrés avec le trackman pour 17,3 degrés pour le MEVO.

Pour la hauteur de trajectoire, j’ai trouvé 19,7 mètres contre 18,8 mètres avec le MEVO.

Enfin, pour la dernière valeur fournie par le MEVO, la durée du vol de balle, j’ai mesuré 5,11 secondes avec le Trackman, et 5,03 avec le MEVO.

Il y a donc des écarts sur les données qui peuvent permettre de calculer ou mesurer la distance.

Le MEVO ne donne que la distance au carry, et ne prend donc pas en compte la roule, et la distance totale.

Pour cette session, le trackman a indiqué une distance moyenne de 119 mètres contre 124 mètres pour le MEVO, soit un écart de 5 mètres, sachant que je n’ai pas optimisé le calcul du spin avec cette histoire de pastilles.

test-mevo.jpg

Premier avis

Je ne pourrai pas produire les tests estampillés jeudegolf avec cet outil. TaylorMade ne pourrait pas non plus le faire. Je doute qu’un clubfitter comme Alexandre d’Incau puisse le faire.

En revanche, pour un outil récréatif, êtes-vous prêt à assumer un écart de 5 mètres par rapport à un outil professionnel ? Je pense que c’est envisageable, surtout si la pastille d’aluminium réduit un peu cet écart.

Et si j’étais dans cette situation, connaissant la possibilité d’une marge d’erreur, je serai intéressé par ce produit à titre personnel.

Sur mon test, sur un fer 6, je trouve un écart de distance de l’ordre de 4% (5 mètres sur 124 mètres).

Je ne suis pas certain de la précision du MEVO, shot après shot. Je pense que c’est surtout la moyenne d’une série qui est une donnée intéressante.

Même quand j’utilise le Trackman pour un test de club, je focalise rarement sur un coup en particulier. Je m’intéresse surtout aux moyennes, et aux extrêmes (la balle la plus longue et la plus courte).

Etre certain de la précision absolue d’un coup n’est pas en soi indispensable.

En revanche, il faut pouvoir distinguer sur chaque coup, un smash factor qui indique si oui ou non le coup a été bien tapé.

Et surtout, il faut pouvoir travailler sur des moyennes par club, même si, Richard Hurvitz, notre consultant indique que l’on ne se prépare pas à taper un coup pour faire un coup moyen !

Ce en quoi, il a raison. Pourtant, on a besoin d’évaluer une séance de travail ou d’étalonnage dans sa globalité, et pas seulement sur un coup.

Il s’agit d’un premier test. J’aurai l’occasion d’en refaire. J’ai été agréablement surpris par les écarts de précisions. Au premier regard, l’outil m’a paru crédible.

Si le spin, et la vitesse de balle sont un peu « loin », la vitesse de club, et la trajectoire de balles sont plutôt « proches ».

Il faudra pousser les tests, et notamment avec le driver. Evaluer l’intérêt de la pastille pour le taux de spin.

A ce stade, les points positifs en dehors du prix sont le fait de nous proposer 8 mesures, et non pas seulement 4 ou 5.

Pour un golfeur, les vitesses de clubs et de balles peuvent être utiles au-delà de la simple distance au carry.

L’angle de lancement peut aussi être utile pour évaluer le loft d’un club.

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Au chapitre des moins, le logiciel qui se télécharge sur l’app store pourrait être amélioré.

J’ai mis du temps à connecter mon Iphone avec le MEVO.  Il faudra impérativement progresser sur la reconnaissance via bluetooth du radar par le smartphone, le point qui m’a le plus gêné dans mon test.

Pour en avoir parlé avec le représentant France de la marque, Guillaume Sauzet, ce dernier indique qu’une mise à jour devrait prochainement améliorer l’usage.

Je n’ai pas trouvé l’écran trajectoire de balle très utile. La courbe est à la fois trop simpliste pour être franchement utile. L’affichage des données pourrait largement suffire.

Je précise que j’ai utilisé la version 1.3.1 de l’application, et la mise à jour 1.08 du firmware.

C’est l’autre point intéressant concernant le MEVO ! Il ne sort pas de nulle part ! Le fait que Flightscope soit derrière ce projet a un caractère rassurant.

D’une part, du big-3, étant le premier acteur à investir le marché du consommateur final, FlightScope va avoir besoin d’améliorer régulièrement son produit pour en faire un standard, et tenter d’inverser les rôles avec Trackman, et d’autre part, FlightScope a bien entendu une réelle expertise dans le tracking à un plus haut niveau avec le X3.

C’est plus facile de descendre la pente que de la remonter. Je peux imaginer que FlightScope trouvera plus facilement la bonne formule pour améliorer son MEVO, sans se tirer une balle dans le pied sur la vente d’un Xi ou d’un X3.

Finalement bien ou pas bien ?

Pour le consommateur, le MEVO est intéressant, bien qu’il ne faille jamais s’attendre à la même précision et exhaustivité par rapport à un launch monitor professionnel.

Le MEVO étant beaucoup plus petit, ce qui se comprend d’un point de vue utilisateur, son capteur est forcément plus petit que celui d’un X3.

Il est assez évolutif avec plusieurs fonctions supplémentaires, comme la possibilité de tracker des pitchs (particularité et point fort de Flightscope) ou de raccorder le MEVO au Focusband, système utilisé pour la préparation mentale.

Autre élément à prendre en compte, comme il s’agit d’un outil de mesure, il requière une mise en route et un paramétrage fin ! Il faut vraiment s’assurer que l’on a bien placé le radar à la distance de la balle indiquée sur le logiciel ou bien modifier en conséquence.

Cet aspect ajustement manuel peut être source d’erreur.

Le menu réglage est certes austère, mais il faut en passer par là pour bien calibrer la distance du radar par rapport au tee ou l’altitude, des paramètres qui peuvent influencer les mesures.

Enfin, le MEVO permet la possibilité de se filmer avec un smartphone pour coupler l’image aux données. Par expérience, mis à part si on amène un pied avec soi pour tenir le smartphone, c’est un gadget que l’on utilise assez rarement.

Beaucoup de possibilités, un outil qui sera amené à évoluer avec le support d’une société qui est reconnue en matière de tracking, une technologie (doppler) qui est la plus performante. Le MEVO a de solides arguments. 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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