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Test application golf pour smartphone Swingcatalyst

Test application golf pour smartphone Swingcatalyst

Toujours intéressés par les différents outils technologiques proposés aux golfeurs, nous avons testé application pour smartphone SwingCatalyst dont l’objet principal est de se filmer et de comparer son swing avec l’idéal, à savoir le swing d’un golfeur professionnel. Est-ce réellement pertinent ? Est-ce réellement fonctionnel ? Résultat de notre essai sans concessions…

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Dans le bazar des applications pour golfeurs et golfeuses

Les applications pour golfeurs qui vous promettent de mieux jouer au golf par miracle pullulent sur le web.

A tel point que la grande majorité de ces application inutiles et à la limite du mensonger finissent par nous empêcher de voir les bonnes applications vraiment utiles.

C’est assez néfaste pour ce nouveau marché qui induit de nouveaux comportements d’achats.

Pour les consommateurs, le système des notes n’est pas suffisant, d’autant qu’il est largement truqué par des agences de marketing qui promettent des classements merveilleux dans l’appstore ou autres plateformes de téléchargement à condition que vos dollars soient bien affûtés.

Au détour de ce grand fourre-tout d’applications le plus souvent inutiles, et sans intérêts, nous avons voulu juger SwingCatalyst, un concept qui mérite le détour.

Dans de nombreux sujets sur la pédagogie, nous avons déjà eu l’occasion d’amener la question de la façon d’apprendre : visuelle, auditive ou sensorielle.

Dans le cas de SwingCatalyst, cela s’adresse clairement à la catégorie des golfeurs qui aiment apprendre en visualisant.

Le point de départ de l’application est plutôt positif. Bien qu’en langue anglaise, sans possibilité de traduction en français, c’est relativement simple de prise en main.

Quatre grands menus y compris la page d’accueil, puis un menu « explorer » pour sauvegarder son swing, voir des leçons, et les swings des quelques pros qui ont accepté de participer (moyennant finances), un menu « Capture » qui permet de justement capturer son swing sous plusieurs angles, et enfin un menu « Store » pour acheter des swings de pros à visionner en comparaison de son swing.

Jusque-là, rien d’extraordinaire ou de farfelu, l’application semble tenir la route.

A noter, il existe un site internet de l’application traduit en Français. D’ailleurs, la traduction est assez maladroite. http://fr.swingcatalyst.com/

En plus de l’application, la société vous propose une plaque de forces pour étudier votre transfert de masse pendant le swing.

Le grand intérêt d’une plaque de force étant de vous aider à comprendre quand transférer et comment le poids pendant le swing de golf, ce qui peut avoir un impact non-négligeable sur la qualité du coup, et le chemin du club à l’impact.

La grande ambition de SwingCatalyst

Lancée en 2014 au moment du grand boom des applications mobiles pour le golf, et présenté au PGA Merchandise Show d’Orlando, la promesse était forte.

Peut-être trop forte ?

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De l’aveu des concepteurs, l’objectif de SwingCatalyst était de permettre la connexion entre golfeurs amateurs, et enseignants à travers un outil fonctionnel qui combinait vidéo, plaques de force, et même lien vers les radars type trackman et flightscope.

Le cumul de ces outils était en soi une véritable innovation.

Pour le golfeur, le bénéfice consistait à recevoir en temps réel un grand nombre de données exploitables pour analyser son geste, et progresser, tout en pouvant se connecter à un pro de golf qui à l’autre bout du monde, pouvait lui prodiguer différents conseils.

A notre connaissance, aucun pro parlant le français n’est connecté à cet outil !

Précisons aussi que nous n’avons pas pu tester la plaque de force qui pourtant semble être le produit le plus intéressant dans cette offre, mais vendu près de 6000 euros (L’objectif de notre test était l’application mobile, au moins dans un premier temps).

Nous avons simplement appris qu’elle était composée de plus de 2000 capteurs hautes résolutions, et au départ, elle avait été pensée pour les athlètes norvégiens qui concouraient en saut à ski en vue des JO. L’origine de la société SwingCatalyst étant norvégienne, et non pas américaine.

 swingcatalyst.jpg

Pour en revenir à l’application qui se télécharge gratuitement, et objet de notre test, nous avons surtout éprouvé le mode vidéo.

Dans l’onglet « Capture », vous avez 5 options à configurer en haut de votre écran de smartphone

  • Le choix du club
  • La grille de capture pour déterminer si vous êtes de face ou de derrière au moment de la prise de vue.
  • Droitier ou gaucher
  • Un retardateur car le principal problème de ce type d’outils, c’est que vous êtes généralement seul pour vous filmer ! Comment déclencher la caméra et faire un swing en même temps ?
  • Et enfin la possibilité d’inverser l’écran

Première remarque qui concerne justement la problématique de s’auto-filmer à laquelle, il faut ajouter que vous devez impérativement vous munir d’un pied adapté pour caler votre smartphone.

Même avec un retardateur de 15 secondes, ce n’est pas vraiment évident.

D’autant plus, qu’il vous faut reculer l’appareil de plus de cinq mètres derrière vous pour arriver à caler votre corps dans la grille dédiée à la prise de vue complète de votre swing.

Concrètement, la capture d’un swing pour une personne seule n’est pas extrêmement simple. Il faut arriver à ajuster le sujet sans qu’il soit justement sur l’écran puisque que vous êtes en train de régler la caméra !

Deuxième problématique, après avoir passé de longues minutes à configurer la caméra, une fois correctement en place, cela n’a pas vraiment fonctionné.

Oui, la caméra a enregistré le swing, mais, non, impossible de le sauvegarder et donc le conserver dans l’application, sans parler des bugs, et des plantages en cours de manipulation.

Réaliser une bonne application stable pour smartphone est quelque chose de très compliqué, même avec la technologie actuelle.

Disons qu’au bout de quelques essais, nous avons enfin pu sauvegarder un swing, ce qui est en fait assez long, et prend plusieurs minutes.

A noter, une fonction est tout de même intéressante : Quand vous avez filmé votre coup, les moments avant et après qui ne servent pas à grand-chose sont éliminés, pour ne conserver que la partie de la vidéo consacrée au backswing, et jusqu’après l’impact.

Une autre fonction vous permet de dessiner des traits sur la vidéo pour illustrer des positions précises. Ce n’est pas facile à prendre en main avec un simple d’écran de smartphone. C’est plus un gadget qu’autre chose bien que cela puisse être éventuellement utile pour un pro.

Le partage de la vidéo avec un pro

Faute de pros français avec qui partager, l’expérience a de ce point de vue tourné court. Quel intérêt d’échanger avec un pro à Los Angeles ou San Diego ?

Et quel intérêt pour le pro de vous donner des conseils gratuitement ? Ce dernier point explique sans doute le premier…

Ensuite, reste la possibilité de l’envoyer à notre pro habituel.

En l’occurrence, nous l’avons envoyé à notre consultant, Michel Delbos qui connaît le swing de notre cobaye par cœur. Cela ne lui a pas donné d’éléments nouveaux à expliquer, simplement des redites.

Reste alors la fonction des swings des joueurs sur le tour

Naturellement, on retrouve le swing de joueurs et joueuses norvégiens, à commencer par la star Suzann Pettersen au swing surpuissant.

Plusieurs vidéos sont disponibles gratuitement. Pour Pettersen, vous avez par exemple la vidéo du driver face à la joueuse, et derrière elle.

Surprenant, on retrouve en plus des vidéos de bons golfeurs français, comme Victor Riu  et Baptiste Chapellan, respectivement filmés avec des fers 6 et 8.

Le modèle économique de l’application est de vous proposer l’achat de vidéos d’autres swings de pros, et par exemple, Justin Rose, dans l’onglet « store » à 0,99 € le swing !

Ceci étant dit, si vous voulez pousser l’outil dans ses retranchements, et l’utiliser à fond, il est aussi intéressant de coupler la partie vidéo avec la partie data.

Pour cela, SwingCatalyst propose une offre à 9,95 euros pour justement obtenir les datas du swing enregistrées au flightscope ainsi que les datas de la plaque de force.

Honnêtement, pour un seul joueur, ce prix nous paraît très élevé.

Il faut d’ailleurs passer par le site internet, et non pas par l’application mobile.

Maintenant, concernant les vidéos en elle-même, et pour celles que nous avons pu visionner. C’est assez regrettable qu’elles soient très sombres, en tout cas pour celle de Pettersen.

En réalité, c’est une partie qui est assez décevante, car pour un amateur, malgré la bonne volonté de swingcatalyst, ce n’est pas réellement exploitable et pertinent.

Sur ce point, l’application devra progresser dans la pédagogie. En fait, c’est une fonction qui peut éventuellement servir à votre pro pour vous illustrer des différences.

Seul, cela nous paraît plus délicat d’interpréter ce que fait Pettersen, et que vous ne faites pas…

Concrètement une fonction permet de visualiser son swing à côté de celui d’un pro, mais sur l’écran d’un smartphone, c’est finalement trop petit pour être réellement fonctionnel, et instructif.

Conclusion de l’essai

Vous l’aurez compris, cette application part d’une bonne intention, mais ne nous semble pas encore à maturité.

En l’état, elle est peu utile, et ne vous apportera pas un réel bénéfice, mis à part de vous filmer et de sauvegarder vos swings, ce que vous pouvez déjà faire avec une simple caméra de smartphone, sans avoir à passer par une telle application.

Cet outil pourrait être à la limite, utile pour un pro qui ne dispose pas de ce type d’outils, et souhaiterai filmer ses élèves pour ensuite faire des comparaisons.

De ce point de vue SwingCatalyst apporte la même chose que d’autres outils professionnels qui étaient jusqu’à présent, vendus beaucoup plus cher aux pros, et nécessitaient des installations plus lourdes avec des caméras reliés à un PC.

L'outil d'analyse vidéo complet est proposé à 35 euros par mois aux pros.

C’est sans doute d’ailleurs le point de départ des développeurs de cette application qui ont dans un premier temps visé cette cible, avant d’élargir à tous les golfeurs, ce qui est peut-être une erreur.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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