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TaylorMade SLDR MiniDriver: Un remake du Phrankenwood ?

La nouvelle bombe de TaylorMade : le SLDR Mini-driver

Cette semaine, au cours du WGC-Cadillac Championship à Doral en Floride, un événement largement médiatisé, avec notamment pour la France, la présence de Victor Dubuisson, TaylorMade sort une nouvelle arme de son arsenal : le SLDR MiniDriver, confirmant la capacité de l’entreprise à prendre la filière à contre-pied.

Tout le monde ne peut pas se permettre de créer le buzz avec des produits qui sortent de la tendance générale.

Pourtant, TaylorMade, qui a récemment publié les résultats financiers du groupe pour le troisième quartile de l’année 2013, continue de mener de très loin l’industrie du matériel de golf, et peut se permettre de sortir des produits à fort risque, et même au prix de surprendre sa propre force de vente.

Le nouveau SLDR MiniDriver a été discrètement enregistré auprès de l’USGA sur la liste des produits à mettre en conformité le 17 février dernier, et il est déjà sur les practices du PGA Tour, début mars, et sans que par exemple, les équipes terrains de TaylorMade France en aient même jamais entendu parler, selon les sources que nous avons interrogé.

Notre source parlant même de stratégie « Apple », c’est-à-dire que le produit est mis dans la presse spécialisé ou sur le marché, avant que les forces de ventes ne soient briefées pour que l’effet de surprise soit total, ou qu’il n’y ait pas le moindre risque de fuite.

Mais qu’est-ce qu’un MiniDriver et à quoi ça sert ?

Pour l’instant, très peu d’informations filtrent sur ce produit. Nous avons beau harceler les équipes TaylorMade en France et aux USA, il nous faudra encore un peu de temps pour vous en dire plus.

Cependant, les premières images laissent à penser qu’il s’agit d’un driver d’une tête réduite de 460 cc 250 cc, soit pratiquement divisé par deux.

A l’inverse du SLDR, les coloris et l’aspect sont différents, voir même inversés. Le Minidriver propose une couronne mat argent, et une semelle noir, très différente du SLDR classique.

A priori, il sera proposé en loft 12°, et ne sera pas pourvu du système d’ajustement habituellement proposé sur le SLDR, à savoir la grande réglette centrale pour changer les trajectoires ou le hosel ajustable pour changer de loft.

Finalement, il n’a de nom que le SLDR ! Et semble même plus s’inspirer du bois de parcours JetSpeed

Maintenant, à quoi peut bien servir un tel club, quand on sait que pour les amateurs, plus la face est large, et plus les zones hors sweet spot sont tolérantes, et plus, pour ces golfeurs, ils ont de chances de trouver de la performance ?

En fait, le MiniDriver est l’antithèse du driver facile à jouer pour un amateur, et donc on peut douter que commercialement, ce club soit dans les plus vendus pour l’immense majorité des golfeurs, ce qui accrédite la thèse du coup marketing.

Enfin, quels pros pourraient prendre le risque de jouer un tel club ? C’est là où nous avons besoin de temps pour enquêter, et vous en dire plus.

A ce stade, quelques joueurs, dont Robert Castro, un membre du staff TaylorMade qui joue sur le PGA Tour, l’ont testé sur le practice, mais aucun golfeur ne l’a emmené sur le parcours pour jouer le WGC-Cadillac Championship.

Il se murmure que ce driver serait vraiment réservé à des joueurs au profil de Dustin Johnson, soit les très longs frappeurs, et qu’il serait inspiré du club que Phil Mickelson a utilisé au Masters, l’an passé, une sorte d’hybride entre un driver et un bois 3, le Phrankenwood de Callaway.

Aucune information sur une éventuelle date de sortie ou même commercialisation n’a encore filtré. Il se peut que ce produit ne soit jamais dans les bacs, et finalement, seulement réservé à un ou deux golfeurs professionnels, dans des circonstances de parcours bien particulière.

Un moyen habile de faire parler de la marque ?

Le SLDR, lancé en septembre 2013, est la nouvelle référence des drivers de golf actuellement sur le marché.

Le SLDR : le produit le plus marquant de l'année

Si l’an passé, nos tests n’avaient pas réellement démontré la domination clamée par TaylorMade sur le segment des bois métal, justement nos derniers tests sur le SLDR et le JetSpeed à paraître jeudi prochain pourraient bien vous dévoiler des performances très intéressantes.

Depuis septembre, TaylorMade a méticuleusement avancé ses pions, et même profité de coups de chances.

D’une part, ils ont sorti une version supplémentaire du SLDR, un driver 430cc, ce qui leur a permis de maintenir la tension commerciale et publicitaire, et ce plus de deux mois après la sortie du premier modèle, et d’autre part, Phil Mickelson a été surpris en train de bouder son driver Callaway, pour tester un SLDR…un énorme coup de pub gratuit pour la marque TM !

Dans la même veine, en mars 2013, soit sept mois après le lancement du premier SLDR, ils continuent à mettre le nom de ce produit sur le devant de la scène, en vue d’en faire un mythe digne du Big Bertha de Callaway.

Ne pouvant relancer un SLDR tous les mois, ils égrènent des versions au fur et à mesure pour rester sur le devant de la scène, surtout au mois de mars, le mois le plus important dans le domaine des ventes de drivers.

Cette stratégie est incroyablement pertinente, et digne d’un leader !

En lançant, le produit en Septembre, personne n’avait vu le coup venir…Septembre n’étant pas un mois particulièrement décisif dans une saison commerciale, car nous étions plutôt en fin de saison.

Cependant, pendant six mois, à force de succès sur le PGA Tour et d’articles de presses ou de tests, le SLDR s’est installé dans le paysage.

Il suffisait ensuite à la marque de relancer des rappels à intervalles maîtrisés pour maintenir la tension jusqu’au meilleur moment des ventes : le mois de Mars.

Quoi qu’il arrive…que le MiniDriver soit un gadget, un buzz, ou un véritable succès, TaylorMade sera gagnant, car le SLDR sera dans toutes les bouches, et surtout les premiers tests auront démontré qu’il s’agit d’un produit qui peut changer le jeu.

Pour être honnête, lors de notre tout premier test, nous n’avions pas été incroyablement convaincus par le SLDR.

Certes, il donnait moins de spin, et l’angle de lancement paraissait plus élevé, mais en gains en distance, nous trouvions encore d’autres produits plus performants ou au moins équivalents.

A l’occasion du test du JetSpeed, et bien que nous n’ayons aucun support de la marque, et en toute objectivité, nous avons retesté le SLDR, en changeant de shaft, pour cette fois trouver des résultats confirmant la domination de TM sur le segment des drivers.

Dans notre test que nous allons publier cette semaine, force est de constater, et ce n’est pas toujours le cas, que TaylorMade a repris de l’avance.

Sur Jeudegolf.org, nous sommes capables de nous rendre compte qu’un de nos jugements n’a pas été le bon, et l’admettre.

Notre ligne éditoriale peut être contestable, mais elle a le mérite d’être un discours authentique, et pas la recopie du communiqué de presse des marques, comme s’évertuent à le faire tous les magazines ou sites sponsorisés.

Et c’est aussi encore une fois la preuve que tout produit doit être adapté au swing du joueur ou du testeur, car une mauvaise configuration tête-shaft peut engendrer des résultats décevants, même pour un driver SLDR.

Et c’est d’ailleurs à la marque, de proposer les bonnes combinaisons…De notre point de vue, si nous testons une mauvaise combinaison, nous risquons fort de produire un test moins performant.

Pour TaylorMade, tout va bien !

En parallèle de ce lancement de produit pour le moins surprenant, il est intéressant de mettre en corrélation les derniers résultats publiés par la marque du point de vue financier.

TaylorMade en route pour atteindre les 2 milliards de dollars en 2015

Sur Q3 2013, le chiffre d’affaires de la marque a atteint 210 millions d’euros, soit de date à date, un chiffre total de 981 millions d’euros pour une croissance annuelle de 3% sur les fers, 13% pour les chaussures, et 4% pour les vêtements, évitant soigneusement de préciser ce même taux pour les bois.

Au global, TaylorMade a réussi le tour de force de progresser au total de ses ventes de 3% dans une année déprimée par la météo et le contexte économique.

Avec de tels résultats, Mark KING, pd-g de TaylorMade espère bien être numéro un dans toutes les catégories de produits d’ici à 2015, sachant qu’ils sont déjà premier pour les bois, et les fers, et second pour les chaussures.

En termes d’objectifs, TaylorMade veut atteindre 2 milliards de dollars de chiffres d’affaires d’ici 2015, soit 700 millions de dollars de plus qu’en 2013 !

La marque tablant sur le fait qu’en 2014, les ventes de matériel repartent la hausse de plus de 10% aux Etats-Unis, sous l’effet d’une augmentation prévisible du nombre de parcours joués de plus de 6% par les golfeurs américains.

La puissance de TaylorMade s’affirmant aussi de plus en plus dans la catégorie des fers avec une part de marché de plus de 27%, du fait du succès des RocketbladeZ, parfaitement relayé par les SpeedBlade. (à titre de comparaison, TM dispose d’une part de marché de 38% pour les drivers)

Et si vous ajoutez à cela, l’incroyable performance de la marque dans le domaine des putters avec une croissance à deux chiffres sous l’effet du Daddy Long Leg, TaylorMade semble inarrêtable.

Seul domaine où la marque prend le soin de ne pas faire de commentaires : les balles, où au contraire, elle a plutôt tendance à perdre des parts de marché au profit de Srixon qui réalise les plus belles croissances avec les modèles AD333 et Z-Star. 

Au regard de tous ces chiffres, TaylorMade a donc largement les moyens de tenter des coups, ou de développer des produits qui pourraient être seulement proposés à quelques joueurs dans le monde, et ce malgré le coût de la recherche et du développement pour un produit proposé en très petite série.

Il y a fort à parier que le MiniDriver ne soit jamais commercialisé, et que la marque ait juste profiter de l’occasion pour créer le buzz, afin de rentabiliser pour partie, un coup de développement important pour un produit finalement seulement destiné à quelques pros du tour. Affaire à suivre...

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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