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TaylorMade lance un driver SLDR blanc, et change de président!

Nouveau driver SLDR Blanc, le dernier gros coup de Mark King

Quelle information traiter parmi ces deux nouvelles ? Le retour du driver blanc dans la gamme TaylorMade, qui se refuse à abandonner un pari à double tranchant ou le départ de l’emblématique Mark King, le "Steve Jobs" de l’industrie du golf ? Le fin mot de l'histoire...

TaylorMade n’est pas la marque numéro un du golf par hasard !

Tout d’abord, et depuis plus de dix ans, la marque est passée maître dans l’écriture d’un scénario bien huilé pour donner le tempo, et imposer aux autres, son propre calendrier.

Mark King n’est pas étranger à cette stratégie gagnante.

Après le succès du driver TaylorMade R1 qui avait défrayé la chronique, et marqué les esprits pour sa couronne blanche, au plus fort de la domination de la marque sur le segment des bois métal, TaylorMade ressort les pots de peintures pour son SLDR, numéro un des ventes de drivers, alors que justement, tenez-vous bien, plus de deux ans après son lancement, le driver R1 se maintient toujours dans le top-3 des meilleures ventes de drivers aux USA !

Le blanc a la peau dure, et tient le choc d’un marché, où un driver a désormais une espérance de vie comprise entre quatre et huit mois.

Depuis septembre 2013, nous avons le droit à du SLDR à toutes les sauces : 460 cc, 430 cc, mini-SLDR, SLDR blanc…tant et si bien, que nous passons notre temps à commenter ce club.

Le plan marketing est savamment pensé

Pourtant, et bien que TaylorMade fasse preuve de beaucoup de détermination ou de démonstration de force, les événements n’empêchent pas les têtes pensantes de la marque de douter.

En 2013, la sortie du R1 Black n’avait pas été autant pensée en amont, mais au contraire, dans un moment de fébrilité, les équipes de Sean Toulon et Benoit Vincent ont eu peur qu’à trop cliver le marché des drivers entre le R1 blanc, et tous les autres drivers noirs mats, ils risquaient de s’enfermer seul dans une position, et même avec la plus grande part de marché, risquer de ne pas plaire au plus grand nombre, d’où le recul, et la sortie de la version Black.

Plus d’un an après cette hésitation tactique, TaylorMade surfe sur l’occasion, et transforme une crainte en opportunité de communiquer à moindre frais.

Qu’est-ce qu’un coup de peinture sur un produit dont les coûts de recherche et développement ont été largement amortis ?

Pour tous les fans du R1 blanc qui se sentaient orphelins de ce type de drivers, le nouveau SLDR Blanc arrive pour les rassurer dans la suite de la lignée.

Bien entendu, pour Brian Bazzel, directeur de la création bois métal chez TaylorMade, le choix qui a présidé à la sortie de ce nouveau club est plus l’affaire d’un point de vue technique « La couronne blanche apporte une aide précieuse à l’alignement. Un argument déjà largement entendu pour le R1 ».

Le discours est d’ailleurs parfaitement rôdé, surtout que le modèle blanc sort cette fois après le modèle classique !

Ne parlant plus du risque de ne pas plaire à tout le monde, cette fois, Brian Bazzel défend la communauté des fans du blanc.

Et dire qu’en 2011, pour la sortie du premier driver blanc, le R11, toute l’industrie s’était montrée plus que sceptique sur ce pari osé.

Pari que nous savons depuis, largement gagné, puisque selon une étude de Forbes, la part de marché de TaylorMade sur les drivers bois métal est passée de 30% à 52% sur la période du blanc.

En plus de TaylorMade, d’autres marques ont essayé de se positionner sur un enjeu de couleur forte. Nike a investi sur le rouge glossy pour son driver Covert, et Cobra sur cinq coloris différents pour les drivers Bio Cell.

Même Callaway s’est lancé dans cette bataille avec son concept de personnalisation Udesign.

Cependant, personne n’a osé venir titiller TaylorMade sur le driver qui lave plus blanc que blanc, ce qui me fait penser à un célèbre sketch de Coluche : "Ah ! Il est bien le nouvel Omo ! C'est celui qui lave encore plus blanc que blanc !
Moi, j'avais l'ancien Omo qui lavait plus blanc et il lavait déjà bien hein !
Mais maintenant il y a le nouvel Omo qui lave encore plus blanc !
Moi j'ose plus changer de lessive, j'ai peur que ça devienne transparent après !"

Le nouveau driver SLDR blanc qui va plus loin que...

Dans ce même sketch, dans une époque paradoxalement plus libérée au niveau de la parole, Coluche, le plus grand philosophe français du 20ème siècle avait ajouté « La publicité à la télévision, ça s'adresse uniquement aux débiles mentaux.
J'le dis parce que si y en a parmi vous, ça s'adresse à eux...
Les autres, circulez, y a rien à voir ! Allez hop !
Ben, y en a beaucoup qui restent, hein ! C'est sympa. on se sent moins seul… »

Le nouveau SLDR blanc sera commercialisé au prix de 399 dollars, en version 9.5, 10.5, 12 et 14 degrés avec un shaft Fujikura Speeder 57 en flex senior, regular, stiff et extra-stiff à partir du 2 mai en magasins.

Rappelez-vous que dans nos précédents tests du SLDR, nous avions trouvé des écarts conséquents en changeant de shafts.

C’est plutôt avec un shaft Matrix que nous avions trouvé de la performance, alors que le Fujikura Speeder nous avait laissé sur notre faim…

Un être vous manque et tout vous paraît dépeuplé !

Le boss !!!

Alors que TaylorMade est engagée dans une superbe course pour atteindre les deux milliards de dollars de Chiffres d’affaires... du jamais vu pour l’industrie du golf, le plus grand capitaine de ces 15 dernières années quitte le navire, certes par la grande porte, mais rappelez-vous ce que nous avons tous pensé après le décès de Steve Jobs sur l’avenir d’Apple.

Ok, Apple reste l’entreprise numéro une dans le monde pour la cotation boursière près de trois ans après la disparition du plus grand génie du mariage de l’informatique, et du marketing.

Impossible de penser que Mark King s’en va pour défaut de résultats !

En réalité, il semble que ce dernier monte encore un cran au sommet des dieux du golf.

Finalement, il laisse la gestion opérationnelle d’un groupe qui fonctionne comme sur des roulettes, pour prendre encore plus de hauteur, et diriger sa fondation Hack Golf, dont nous vous avions parlé à l’occasion du PGA Merchandise Show 2014, projet dont l’objet transcende la cause du golf : comment développer notre sport, et toucher un plus large public !

Mark King devient ainsi non plus le Steve Jobs d’une marque, mais le Steve Jobs d’une industrie toute entière.

Quel parcours pour Mark King !

Représentant commercial dans les années 80, il gravit tous les échelons jusqu’au titre de président en 1999 quand l’entreprise pesait 347 millions de dollars, et il la laisse aujourd’hui à 1,7 milliards…

Ben Sharpe : L'étoffe d'un successeur

Pour le remplacer, le groupe Adidas, propriétaire de TaylorMade, dirigé par Herbert Hainer a nommé l’ancien numéro deux, Ben Sharpe qui glisse dans le costume du patron de TaylorMade, lui qui fait partie du team depuis 2006.

Ben Sharpe, la quarantaine triomphante, a été patron de la zone Europe avant de prendre en charge Adidas Golf et Ashworth en 2006, marques pour lesquelles, il a réussi à doubler les ventes.

TaylorMade...en route pour les 2 milliards...

C’est désormais à lui qu’incombe de porter TaylorMade aux deux milliards de dollars de chiffres d’affaires. Sûr que Mark King jettera un coup d’œil de temps en temps pour voir comment la machine qu’il a créé, continue son chemin sur la ligne qu’il a tracé.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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