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SuperSpeed Golf : Gagner en vitesse de swing?

SuperSpeed Golf : Gagner en vitesse de swing ?

On rêve tous de gagner en distance, et pour se faire, on peut penser que le dernier driver à la mode pourra nous y aider. On peut aussi raisonnablement imaginer que la question de la distance, est essentiellement une question de vitesse de swing. Comment alors gagner en vitesse de swing ? L’été dernier, j’abordais le test de techniques conseillées par des pros comme Rick Smith, dans la série Labo Golf, avant de vous évoquer la découverte des manches Superspeed Golf. Je les ai testés sur plusieurs mois. Voici mon retour objectif…

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Superspeed Golf : Un outil utilisé par les pros ?

Vendu 225 euros sur Amazon, il ne s’agit pas de la petite babiole en provenance d’Asie vendue à la sauvette. Pour une aide à l’entraînement, c’est même un prix dans la fourchette très haute.

Sur le site du fabricant, et dans de nombreuses vidéos, on vous parle de « libérer votre vitesse naturelle », et plusieurs célèbres pros américains vous font l’article, comme par exemple, Charles Howell III ou Xander Schauffele.

Même Phil Mickelson se trouve être un utilisateur de ces trois bâtons qui reproduisent l’apparence et la longueur d’un manche de driver, avec au bout trois poids distincts.

Si les manches se distinguent seulement par la couleur vert, bleu, et rouge, du plus léger au plus lourd, ils ne se distinguent pas par la longueur ou le diamètre.

Il s’agit bien de trois manches identiques.

Commandé aux Etats-Unis, le produit est arrivé assez rapidement dans un emballage que je qualifierai de passable.

Les clubs sont arrivés intacts, et c’est là l’essentiel.

Avant d’acheter le produit, surtout au vu du prix, j’avais des doutes, et ce, malgré le très bon marketing du site.

J’ai alors contacté Mike Napoleon, le concepteur de ce produit, car il revendiquait deux bénéfices majeurs à l’usage régulier de ces manches : l’augmentation de la vitesse de swing, et l’amélioration de la séquence de swing.

Pour la vitesse, pourquoi pas…

Par contre, étant familier des notions de biomécaniques, j’étais très suspicieux sur son argumentaire, et l’exemple d’un pro australien, plutôt inconnu sur le PGA Tour, Clint Rice, qui aurait gagné plus de 10 mph, justement en améliorant sa mécanique de swing avec ce système.

Ci-après la traduction de sa réponse : « Notre premier objectif avec les produits SuperSpeed Golf est d’augmenter la vitesse de swing du joueur. L’étude de cas à laquelle vous vous référez, a été menée avec Clint Rice, et elle démontre une augmentation significative, notamment de sa séquence, et en particulier l’intensité des pics de décélérations. Cela tend à prouver qu’il y a une augmentation du transfert d’énergie. C’est quelque chose que nous trouvons régulièrement au cours des entraînements avec notre système. Pendant la phase de test du produit, Clint avait aussi fait du travail de fitness en salle. Le but de notre système est d’aider les joueurs à augmenter la vitesse de swing sans qu’ils passent par un long processus d’apprentissage technique. En mettant au point notre protocole d’entraînement, nous n’avons pas seulement vu des gains de vitesses, mais aussi des gains d’efficacités. Les deux concepts sont à l’évidence connectés puisqu’un swing qui génère plus de vitesse a besoin d’un meilleur fonctionnement biomécanique. En conclusion, le processus est simple. Clint a suivi nos protocoles et a progressé, comme nous le décrivons sur notre site. »

Malgré, ou à cause de cette réponse non quantifiée, j’étais encore sceptique, mais curieux. A l’époque, (été 2017), je swinguais au mieux à 96 mph avec le driver.

Passer au-dessus de 100 mph présentait un côté jubilatoire.

Les trois manches sont simples.

Il suffit de swinguer (sans balle) à cinq reprises avec chacun, et d’inverser le sens de swing pour respecter le premier protocole de travail.

A savoir, vous swinguez en droitier à cinq reprises, puis en gaucher. Et vous changez de manche, et répétez l’opération à nouveau, en allant du plus léger au plus lourd.

Le conseil de Mike Napoleon vise à reproduire l’exercice tous les jours, et dans différentes positions (à genou, à l’adresse, et en prenant de l’élan).

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Même si cela ne prend pas foncièrement beaucoup de temps, je n’ai pas respecté cela à la lettre.

Si j’ai pratiqué tous les jours la première semaine, j’ai vite oublié de le faire régulièrement, ayant du mal à être convaincu par le produit.

La question de l'amélioration réelle de la séquence de swing

Swinguer vite à vide, tout le monde peut le faire.

Par contre, améliorer la séquence de swing, en améliorant le transfert entre chaque segment, hanche, buste, bras, et club, c’est une autre paire de manches.

Finalement, je suis devenu dubitatif sur ce produit. J’ai laissé passer du temps avant de vous proposer un essai plus exhaustif.

Au pire, j’ai considéré qu’il s’agissait d’un outil d’échauffement.

Entre janvier 2017 et maintenant, il s’avère que ma vitesse de swing au driver a varié entre 92 et 98 mph, pour s’établir plus régulièrement autour de 95 mph.

Correctement centré, à savoir avec un bon smash factor (au-dessus de 1.45), cela peut donner une distance de 235 mètres.

De mon point de vue, il y a principalement deux manières d’augmenter la vitesse de swing (je précise bien la vitesse de swing) : Soit par l’augmentation de l’amplitude du mouvement (le club parcoure plus de chemin avant de contacter la balle), soit par l’augmentation de l’intensité du mouvement.

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Entre l’été 2017 et cet hiver, je n’ai pas réellement senti une augmentation de ma vitesse de swing, mais je n’ai pas été aussi assidu que demandé par le protocole Superspeed golf.

A ce stade, deux commentaires : Le protocole demande de pratiquer tous les jours, ce qu’aucun amateur aura réellement envie et la possibilité de faire.

On a du mal à croire que le fait de « balancer » des swings dans le vide pourra durablement augmenter sa propre vitesse de swing, et améliorer sa mécanique.

On ou j’ai du mal à y croire.

Du coup, ne constatant pas de résultats tangibles les premières semaines, j’ai rapidement laissé cela de côté.

Je n’aurai pas pris la peine d’écrire cet article, si c’était pour m’arrêter là.

Etude de cas

Ci-après, je vais vous illustrer 10 frappes avec un driver loft 10,5 degrés sur manche regular sans échauffement spécifique, et tapé naturellement.

driver-essai-normal.jpg

J’ai swingué dans ma vitesse habituelle, autour de 96,2 mph pour une distance de 232,3 mètres.

Derrière, j’ai réalisé l’échauffement « Superspeed golf » en respectant le protocole.

Si vous êtes amené à utiliser ces manches, je vous invite à la vigilance pour ne pas vous blesser au dos ou vous faire une contracture.

Le risque est réel quand on est insuffisamment échauffé ou préparé à tenter de swinguer à sa vitesse maximum.

Clairement, l’exercice consiste à « lâcher les watts ».

Puis j’ai retapé le même driver pour les résultats ci-dessous…

driver-essai-superspeed.jpg

Soit un gain de près de 4 mph pour un gain de 5 mètres. Le gain de distance n’est pas aussi impressionnant que le gain de vitesse.

En effet, l’augmentation de la vitesse de swing peut s’accompagner par une légère baisse de la qualité du centrage.

En l’occurrence, je suis passé de 1.45 à 1.44 de smash factor.

La moyenne de vitesse de swing dissimule sept swings tapés à plus de 100 mph, dont deux au-dessus de 104 mph avec des balles pouvant atteindre 253 mètres.

Effectivement, le fait de swinguer ces manches ou bâtons à pleine vitesse vous amène à modifier votre tempo naturel, et vous mettre en surrégime.

La bonne surprise, c’est que cela n’altère pas tant que ça « chemin du club » et « angle de la face ». Il n’y a donc pas réellement de contre-indication à swinguer plus vite…

Cependant, je vous partage deux remarques :

Primo, je n’arrive pas à installer cette augmentation de vitesse durablement, puisqu’en pratiquant même de manière irrégulière, ma vitesse de swing naturelle reste autour de 96 mph.

Deuxio, je me vois mal répéter l’exercice avant chaque drive sur le parcours.  

Bilan

C’est sans doute un excellent outil d’échauffement, et d’ailleurs Phil Mickelson l’utilise comme tel. 

Ainsi, il trouve sa vitesse de swing plus rapidement. Pas sûr qu’il gagne régulièrement en vitesse de swing puisqu’elle est stable sur une dizaine d’années.

Entre 2008 et 2018, il swingue toujours en moyenne entre 115 et 117 mph. En l’espace de ces quelques derniers mois, sa vitesse de swing est toujours très stable.

Il est avéré que quelques minutes après le protocole, on ressent une nette augmentation de la vitesse de swing. En revanche, c'est plus difficile de vérifier si cela s'installe dans le temps.

Je crains donc que l’on nous vende ici un outil d’échauffement pour un outil d’augmentation de la vitesse de swing.

Concernant l’amélioration de la séquence, je n’ai aucun élément qui me prouve que l’usage de cet accessoire contribue à l’amélioration du geste.

Je reconnais que cet outil peut servir aux débutants pour sentir les notions d’accélérations. Un simple bâton ou un ancien shaft pourrait d’ailleurs peut-être faire l’affaire…

Dans sa réponse, Mike Napoleon ne semble pas mentir.

Il faut juste lire entre les lignes : Professionnel de golf (ce qui n’est pas amateur), et pendant le protocole, il a travaillé en salle.

Quelle est la part de l’outil versus le travail physique intensif d’un professionnel ?

Ce n’est peut-être pas mensonger, mais en tout cas, difficile de démontrer un bénéfice réel et durable.

A moins que la conclusion de tout ceci, soit « passons plus de temps à nous échauffer ».

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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