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Stenson transforme une opportunité en victoire au Wyndham Championship

Stenson transforme une opportunité en victoire au Wyndham Championship - crédit photo : Mark Newcombe

Le suédois n’avait plus remporté de tournoi depuis son éclatante victoire au British Open 2016. Il n’avait d’ailleurs par remporté de tournoi du PGA TOUR depuis son succès au Tour Championship 2013, épreuve finale de la Fedex Cup. Inscrit sur le Wyndham Championship disputé en Caroline du Nord sur le parcours de Sedgefield pour seulement assurer sa carte sur le tour l’an prochain en cochant un quinzième départ minimum, Stenson repart finalement avec le trophée, et un classement FEDEX qui peut lui assurer de disputer tous les tournois des play-offs à venir.

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Stenson, une saison pour digérer la victoire à The Open

Depuis sa brillante victoire dans son match épique contre Phil Mickelson pour remporter le 145 eme Open Championship, Stenson a d’abord connu une sorte d’état de grâce golfique avec dans la foulée une médaille d’argent aux Jeux Olympiques à Rio.

Entre ces deux événements, il avait obtenu une bonne septième place sur le dernier majeur de l’année, le PGA Championship remporté par Jimmy Walker, et plutôt bien terminé sa saison avec une deuxième place aux championnats du monde HSBC et sur le tournoi de Tiger Woods, le Hero World Challenge.

Depuis 2013, Stenson est indiscutablement redevenu l’un des tous meilleurs golfeurs de la planète. Après un passage à vide en 2011 (207eme mondial), Stenson a accompli un superbe retour en forme pour re-devenir le golfeur que tous prédisaient.

Long frappeur, doué avec les fers, précis dans le petit-jeu et bon putter, le suédois parfois surnommé Iceman avait tout du profil du golfeur complet.

Il pouvait même s’autoriser à ne pas jouer le driver pour privilégier son bois 3 au départ des parcours les plus longs du globe.

Depuis sa victoire à la FEDEX CUP 2013 qui l’a définitivement remis sur le devant de la scène, le suédois joue entre 25 et 30 tournois par an pour environ 1 à 2 victoires et seulement 2 cuts manqués…

Régulier, il l’a pourtant été un peu moins depuis le début de l’année 2017. Numéro 4 mondial à la fin de la saison 2016 bien fournie, il lui a sans doute fallu quelques mois pour digérer ses performances de premier plan.

Son succès à Sedgefield marque la fin de la période de digestion !

Pourtant bien parti en début d’année avec de solides performances à Abu Dhabi et Dubai, Stenson a pourtant loupé le virage important du circuit entre mars et avril avec une série de cuts manqués dans les gros rendez-vous du printemps : Arnold Palmer Invitational, Shell Houston Open, et Masters !

Un sursaut au Player’s terminé 16eme n’a pourtant pas gommé cette méforme au plus mauvais moment avec un nouveau cut manqué en majeur à l’occasion de l’US Open.

Inhabituel pour Iceman, habitué à souvent se placer dans le « mix » des potentiels vainqueurs…

Stenson appliquant à merveille la formule qui veut que pour gagner, il faut être souvent en passe de pouvoir le faire. En résumé, se créer des occasions régulièrement pour transformer l’essai de temps en temps, et surtout au bon moment sur les « bons tournois » !

Après le cut manqué à l’US Open, Stenson a entrepris de se reconcentrer. Sur les cinq tournois suivants, il n’a plus manqué de cut, et plus terminé au-delà de la 26eme place avec notamment une onzième position sur The Open où il était défenseur de son titre.

Sans doute galvanisé par ce tournoi où il était forcément attendu, le natif de Goteborg a besoin de cette exposition pour se galvaniser.

Dans la foulée, il a retrouvé la consistance qui lui a fait défaut au printemps et enchaîné avec de belles performances sur le PGA Championship, et le championnat du monde Bridgestone.

Autant dire que cette victoire à Sedgefield était dans la suite logique !

Une belle bataille contre le prochain petit prodige Ollie Schniederjans

Pour remporter la victoire, Stenson a du s’employer toute la journée de dimanche contre un brillant Ollie Schniederjans qui a la particularité de ne pas porter de casquette !

Une rareté sur le très sponsorisé PGA Tour ! Le jeune pro est un des futurs cracks du circuit. Sortie après sortie, il confirme sa montée en puissance. Quelques semaines après la première victoire de Bryson DeChambeau, autre ancienne gloire amateur devenu pro en 2016, Schniederjans a bien failli lui emboîter le pas ce week-end.

Pour battre le jeune prodige d’un seul coup aux termes des 72 trous, Stenson a eu besoin de 4 birdies sur les 9 derniers trous.

Son score de 64 lui a évité un play-off avec un score total de -22 sous le par, un nouveau record sur ce parcours.

« Si vous voulez gagner des tournois, vous devez être en mesure de vous placer dans le mix des golfeurs en capacité de le faire. Je suis vraiment très heureux de la manière avec laquelle j’ai terminé ma semaine. »

Ajoutant, conscient de la qualité de son adversaire « J’ai vraiment eu besoin de tous ses birdies sur la fin pour résister à Ollie et aux autres bons joueurs qui me poussaient derrière. »

Stenson a en fait pris la tête au 15 après un deux putts pour birdie sur ce par-5, mais son jeune rival ne lui a pas laissé de repos jusqu’au dernier trou.

Et dire que Stenson a ajouté ce tournoi à son agenda, seulement pour atteindre la barre fatidique des 15 tournois joués cette saison sur le PGA Tour, soit le minimum pour être certain de conserver la carte pour l’année suivante.

Avant ce tournoi, il n’était pas réellement assuré de faire partie des 70 joueurs qualifiés pour la première épreuve des play-offs de la Fedex Cup, le BMW Championship.

Désormais 23eme, il peut envisager la suite avec sérénité, et notamment sa participation au Tour Championship qui regroupe seulement 30 joueurs pour la dernière épreuve de la saison.

Amusé par l’issue du tournoi, Stenson avait encore enlevé le driver du sac avant de démarrer la semaine. Bien lui en a pris puisqu’il a enchaîné des cartes de 62, 66, 66 et 64 sur un parcours qui jusqu’à présent ne lui avait jamais bien réussi.

En 2010 et 2011, il avait manqué le cut. En 2012, en raison d’une grippe, il avait été contraint à l’abandon.

Stenson à 41 ans toujours vert, un taulier du circuit

Si vous voulez avoir une idée du niveau potentiel de performance de Tiger Woods à 41 ans sur le circuit actuel, sans ses blessures et ses différentes péripéties, vous pourriez vous fier aux performances de Stenson, qui au même âge, se maintient sans difficulté dans le top-10 mondial, en jouant une moyenne de 25 tournois par saison.

De la génération des stars du tour des années 2000, Stenson est avec Sergio Garcia et Adam Scott (plus jeunes que le suédois) est un de ceux qui résistent le mieux au temps.

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Si Mickelson semble gentiment glisser vers la fin de sa carrière, à 47 ans, sans victoires depuis The Open 2013, battu sur ce même tournoi par Stenson en 2016, il confirme qu’après 45 ans, il y a une véritable bascule dans la capacité à gagner régulièrement.

Mickelson, Furyk, Els… sont en train de clore le chapitre, avant peut-être d’en ouvrir un autre sur le senior tour.

Miguel Angel Jimenez a néanmoins prouvé qu’un pro de plus de 50 ans pouvait encore gagner sur le tour. Tom Watson a bien failli faire mentir la formule en jouant la gagne sur un British Open à plus de 60 ans.

Stenson semble être pour sa part dans la forme de sa vie. Il a encore au moins 4/5 ans devant lui pour continuer à jouer au plus haut niveau.

Il fait partie de la génération « Woods », la première à avoir réellement intégré un minimum de préparation athlétique dans son programme d’entraînement.

A ce titre, il pourrait bien justement faire partie de ces futurs cinquantenaires qui peuvent plus franchement rivaliser avec les jeunes.

A l’image d’un Bernhard Langer qui est en train d’écrire sa légende chez les vétérans, Stenson continue de s’améliorer les années passant.

Il ne donne jamais l’impression de se lasser de jouer au golf.

Peut-être parce qu’il a perdu 7 millions de dollars dans un montage financier douteux, ou parce qu’il n’a commencé le golf qu’à l’âge de 12 ans…

Devenu scratch à 18 ans, son surnom avant celui d’Iceman était « Un panier de balles de plus ! »…

Gaucher dans la vie, golfeur en droitier, l’homme au tempérament volcanique a justement calmé ses nerfs avec le temps, ce qui a sans doute contribué à bonifier son jeu…Plus apaisé, quand son jeu est en place, rien ne semble pouvoir le perturber. Son chapitre à lui est encore loin d’être clos. 

Crédit photo : Mark Newcombe

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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