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Shanshan Feng, première joueuse chinoise numéro un mondiale de golf

Shanshan Feng, première joueuse chinoise numéro un mondiale de golf

Shanshan Feng espère que sa victoire au Blue Bay LPGA 2017, inspirera plus de golfeurs en Chine. Cette victoire qui la propulse au premier rang mondial, peut effectivement avoir un gros impact et contribuer au développement du golf en Chine. Au cours des dernières années, le passage de golfeuses amateurs en professionnelles en Chine a été une tâche ardue. Mais le succès de Shanshan Feng sur ses terres, une semaine après sa victoire au Japon, a donné à ces golfeuses chinoises, un optimisme bien nécessaire.

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Avec un dernier tour en 70 samedi au tournoi Blue Bay LPGA disputé dans sa Chine natale, la joueuse de 28 ans a gagné pour la deuxième semaine consécutive après avoir gagné au Japon, devenant ainsi la première joueuse à remporter deux titres consécutifs sur le Tour cette saison.

Le 279 de Feng au club de golf Jian Lake Blue Bay lui a suffi pour devancer la Thaïlandaise Moriya Jutanugarn, d'un coup.

Il y pourtant eu un moment d’émotion sur le dernier trou, quand Jutanugarn a eu une opportunité de birdie pour aller en play off. Mais ce n’est pas passé. Feng a ensuite rentré son putt, et ainsi pu brandir le trophée.

« J'étais un peu nerveuse, même frissonnante », a déclaré Feng à propos de ce dernier putt. « Et une fois que c'était dedans et que j'étais la championne, j'étais tellement ravie ».

C'est sa neuvième victoire sur le circuit de la LPGA et la troisième en 2017, seule I.K. Kim a obtenu autant de victoires cette saison. Lorsque les classements Rolex vont êtres calculés, Feng va ainsi devenir la joueuse mondiale n° 1, en prenant la place de Sung Hyun Park.

Shanshan Feng devient le premier représentant du golf chinois (homme et femme) à devenir n° 1 mondial.

La victoire qui l'a propulsé à cette première place, obtenue dans son pays d'origine devant son public rend l'exploit d'autant plus exceptionnel.

« Je suis vraiment contente de ça, et j'espère que tous les Chinois vont me regarder et réaliser que les Chinois peuvent aussi jouer au golf, espérons qu'il y aura plus de Chinois qui seront sur les circuits, et plus de n° 1 mondiaux venant de Chine ».

Lors de ses 10 derniers départs depuis l’U.S. Women's Open en juillet dernier, Feng a terminé classée six fois parmi les cinq premières, et huit fois parmi les dix premières. On peut constater à quelle point elle est consistante et régulière.

Photo JeudeGolf.org

Shanshan Feng a sa propre philosophie d’entraînement : « Beaucoup de gens pensent qu'il est plus important de s’entraîner pendant de longues heures tous les jours, moi je pense qu'il vaut mieux se concentrer sur la qualité. Si j'apprends quelque chose tous les jours, alors je m’améliore ».

Les succès de Shanshan Feng contribuent à faire changer l’image du golf en Chine

On avait déjà vu le talent de Shanshan Feng lors des derniers Jeux olympiques, qui pourtant s’étaient déroulés pendant la pire répression de l'histoire du golf en Chine.

La médaille de bronze de Shanshan à Rio a été perçue comme une lueur d'espoir pour tout le monde, à une époque où beaucoup de gens pensaient que le golf en Chine, c’était fini.

Y compris Shanshan Feng, aujourd'hui, il n'y a que quatre joueuses de la Chine continentale sur le circuit de la LPGA, qui compte 530 membres.

Il y a 196 membres professionnelles sur le China LPGA Tour, dont environ 120 d'entre elles sont chinoises. Et ces joueuses du Tour chinois se tournent toutes aujourd'hui vers Shanshan Feng qui est ainsi devenue leur modèle, comme Grace Park l'a été un temps pour les golfeuses sud-coréennes.

Même les joueurs du Tour masculin chinois la regardent, ils souhaitent tous comme elle, se voir jouer sur les Tours les plus réputés.

Photo JeudeGolf.org

La Chine a eu une relation amour-haine avec le golf.

En 1949, le golf a complètement disparu sous Mao Zedong, qui l'a qualifié de « sport pour millionnaires ». Et depuis lors, ce sport a connu plusieurs hauts, et aussi beaucoup de bas.

D'une manière générale, le gouvernement chinois avait associé les parcours de golf à la corruption, des endroits où des transactions peu recommandables sont faites et où les fonctionnaires sont soudoyés.

Au fil des ans, le gouvernement a imposé un moratoire sur la construction de terrains de golf.

Mais les développeurs ont cependant continué à construire des terrains de golf illégaux.

Alors que les Jeux olympiques de Rio commençaient et que Feng était en compétition pour son pays, le président Xi JinPing a formé le plus grand groupe de travail de l'histoire de la Chine pour sévir contre les terrains de golf.

Shanshan Feng n'a pas oublié comment elle en est arrivée l

À l'âge de 10 ans, elle a commencé à jouer au golf avec son père, qui travaillait pour le bureau des sports chinois.

En raison des ressources limitées et du manque d'entraîneurs de golf réputés, le père de Feng travaillait avec elle tous les jours.

De 8h à 17h, Feng allait à l'école, puis son père l'emmenait au practice. Elle s’entraînait pendant deux heures en frappant des balles de golf sur un tapis.

Le week-end, elle se déplaçait  à l'extérieur de la ville sur un parcours local, afin de participer à des séances d'entraînement et travailler son jeu court. C'était sa routine, et sa routine fonctionnait déjà bien.

Entre l’école et le golf, le golf devint rapidement l'objectif de Shanshan Feng.

Quelques années seulement après avoir choisi un club, Feng a commencé à gagner des tournois majeurs en Chine. En 2004, elle a remporté le China Junior Championship et le China Junior Open.

Elle a ensuite remporté le China Amateur trois années de suite. Et en 2006, Feng a remporté l'Open Amateur féminin de Chine.

Il faut tout de même reconnaître que le nombre de compétitrices était limité...

Elle était alors invincible, et les gens ont commencé à le remarquer. « J'ai atteint le plus haut sommet pour le golf en Chine » dit Feng.

Un jour alors qu’elle était encore lycéenne, un agent la découverte lors d’un tournoi en Chine, et peu de temps après, il lui a fait rencontrer le légendaire entraîneur Gary Gilchrist.

Impressionné par son jeu, Gary Gilchrist a offert à Feng une bourse complète à la fin de 2007, pour participer à son académie de golf junior à Hilton Head, en Caroline du Sud.

La jeune fille de 17 ans a accepté, laissant derrière elle sa patrie et sa famille.

Feng, sans encore parler anglais a déménagé aux États-Unis avec l'espoir de devenir une golfeuse professionnelle.

En seulement six mois, elle était prête à essayer de se qualifier pour le circuit LPGA.

« J'ai été surpris quand elle a dit qu'elle voulait aller aux Q-school de la LPGA », dit Gilchrist, entraîneur réputé des joueuses et qui entraîne également Ariya Jutanugarn et Lydia Ko.

« Je me souviens lui avoir dit : Waouh, c'est un grand saut et un bond en avant, tu es sûr de vouloir faire ça ? Mais finalement, j'ai fini par la soutenir parce que je savais qu'elle avait ce qu'il fallait pour réussir ».

Shanshan Feng savait que c'était une décision énorme, mais elle était venue aux États-Unis pour faire de la compétition à un niveau supérieur, et ce qui était le plus haut, c’était le LPGA.

« J'ai appelé mes parents et je leur ai dit : J'ai maintenant 18 ans et je vais essayer de me qualifier, mais même si je ne me qualifie pas, je saurai sur quels points je dois m'améliorer ».

En décembre 2008, Feng s'était rendu à Daytona Beach, en Floride, pour participer à la dernière étape de la Q-school. Après quelques tournois de sélection, elle et trois autres jeunes femmes se sont trouvées à égalité au 16e rang.

Les 20 meilleures étaient qualifiées. « J'étais juste dans le cut », dit Feng. « Je savais que j'avais une chance, mais je ne pouvais pas imaginer que je pouvais avoir la carte ».

Plus tard, cette même semaine, Feng est devenue la première golfeuse de Chine continentale à gagner sa carte sur le tour LPGA. « Il n'y avait pas d'autres joueuses chinoises, donc c'était une énorme surprise que j’ai pu le faire lors de mon premier essai » dit Feng.

« Tout le monde en Chine a été surpris, mais vraiment heureux pour moi ».

Pendant sa première année aux États-Unis, Feng dit qu'elle a commencé à faire les choses à sa façon.

« J'étais seule, mes parents restaient en Chine, ils n'avaient pas les moyens de venir ici », raconte Feng, qui vit maintenant à Los Angeles. « J'ai donc appris à être indépendante, et je suis devenu très indépendante… ».

Et cette indépendance c’est accompagnée d’une grande responsabilité. Feng passait à l'âge adulte, s'appropriant à la fois sa vie et sa carrière professionnelle. Elle mûrissait et grandissait.

Photo JeudeGolf.org

Feng a ressenti ce changement après ses deux premières saisons dans la LPGA, lors d'un voyage retour à la maison, à Guangzhou, une ville au nord-ouest de Hong Kong,

C'était la basse saison pour le golf, et Feng s'est retrouvée au practice avec son père, Xiong Feng, qui la surveillait pendant chaque swing.

Pas un entraîneur, pas un cadet, rien d'autre qu'un papa…

Ce jour-là, Feng s’entraînait avec un objectif précis. Après avoir manqué neuf cuts pendant sa deuxième saison, elle luttait pour trouver son swing, et quelque chose n'allait pas. Elle avait juste besoin de réinitialiser sa concentration.

Mais toutes les cinq minutes, son père la reprenait. Tout d'abord, c’était : « Oh, je pense que ta tête de club est trop éloignée ». Cinq minutes plus tard, c’était : « Oh, je pense que ta position de balle est mauvaise ».

Feng a pris un peu de recul par rapport à la zone de practice et a pris une profonde respiration. « Papa, voici l'affaire : tu ne sais pas ce que Gary m'apprend », se souvient Feng. « Tu ne sais pas ce qui me blesse et ce qui m'aide, je te donne deux options. L'une est que tu pourrais aller à l'académie de Gary et apprendre comment entraîner et m'apprendre après avoir appris de lui. Ou, en second lieu, tu peux juste t’éloigner et être juste un papa ».

Son père a choisi la deuxième option. « Je vais juste te regarder comme un papa », dit-il alors. « Pas un entraîneur, pas un cadet, rien d'autre qu'un papa ».

Et à ce moment, Feng s'est rendu compte qu'elle était vraiment responsable de son destin.

Sa relation avec le pouvoir chinois

Moins d’une semaine après avoir remporté la médaille de bronze aux Jeux Olympiques de 2016 à Rio, Shanshan Feng se retrouvait au premier rang du Grand Palais du Peuple à Beijing.

Jeux Olympiques à Rio, les médaillées

Elle attendait pour serrer la main de Xi Jinping, président de la République populaire de Chine.

Debout et vêtu d'un blazer jaune vif, entourée de centaines d’olympiens chinois également vêtus de blazers jaunes ou rouges, Shanshan Feng regardait anxieusement son président alors qu'il se rapprochait de plus en plus.

Feng savait qu'il lui fallait quelque chose en plus pour se démarquer.

Habituellement, les athlètes tendent la main et secouent légèrement la main du président. Peut-être aussi hochent-ils la tête et disent un petit merci, en s’exprimant au minimum.

Mais Feng, à 27 ans, ne voulait pas être comme tout le monde.

Elle venait de remporter la première médaille olympique de golf pour la Chine, golf qui était revenu aux Jeux après 112 ans d'absence. C'était un grand moment pour Feng, et pour son pays.

Le président Xi Jinping descendit la première rangée, le suspense devenait pesant pour Feng.

Le président l'a finalement rejointe, et a tendu la main vers Feng. Elle eu un temps d’arrêt pendant une seconde, et tendit la main pour rencontrer celle du président.

Puis, de façon tout à fait inattendu dans ces circonstances, Feng s'est osée à parler.

« Président, vous êtes si beau », dit-elle avec enthousiasme. Le président Xi a fait une pause pendant une seconde, choqué…

Puis il sourit à Feng et tendit la main pour une seconde poignée de main.

Fière de sa jeune carrière, elle se sent redevable à son pays, et à ceux qui l’ont aidé

Mettant à profit l'élan entourant son succès à Rio l'année dernière, Feng a ouvert sa première académie de golf junior à Guangzhou en juin, la Shanshan Feng Golf Academy.

« Je vois un brillant avenir pour le golf junior en Chine, et je veux vraiment tout donner pour les Chinois. Je viens de trouver un moyen de le faire en ouvrant cette académie de golf. Après tous les sacrifices financiers que mes parents ont fait pour me permettre de jouer au golf, je ne veux pas que d'autres familles aient cette expérience ».

Malgré la distance et ses voyages à temps plein pendant la saison, elle soutient l'école grâce à son expérience. Adoptant le style de coaching de Gary Gilchrist, Feng a embauché Marty LaRoche, professionnel de la PGA, pour diriger l'académie quand elle ne peut pas être là à temps plein.

L'académie de golf a ouvert ses portes avec 10 étudiants et un personnel à temps plein.

L'académie s'attend à ce que ce nombre atteigne 20 étudiants également à temps plein. « Les enfants sont en train de trépigner ici » dit LaRoche. « Ils veulent juste réussir comme elle ».

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Après presque 10 ans de compétition au plus haut niveau, l'attitude légère de Feng sur le parcours se reflète dans ses résultats.

Cette saison, elle est maintenant en tête du classement. Elle vise à gagner un autre majeur et à participer aux Jeux Olympiques de 2020 à Tokyo.

« Je veux que l'on se souvienne des choses amusantes et du plaisir de ma carrière ».

Mais même avec ces objectifs en tête, Feng reste ferme dans son approche de longue date pour ne pas mettre trop de pression sur son jeu.

« Pour moi, je ne me le laisse pas affecter si j'ai un bon tour ou un mauvais tour ». Si je gagne ou si je perds, j'essaie d'être heureuse et de profiter de mon temps en tournée », explique Feng. « Le golf est ma carrière, mais ce n'est pas toute ma vie ».

Posté par le dans Golf féminin
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Auteur

Golfeur depuis les années 90, j'ai eu la chance de faire un grand nombre de voyages golfiques en France, en Europe, ainsi qu'aux Caraïbes, pour jouer sur plus d'une centaine de parcours. J'ai partagé les parties de très bons golfeurs amateurs, et de pros. Au cours de mon expérience, j'ai été proche des professionnels du secteur, enseignants, dirigeants de golf, organisateurs de Pro-Am, architectes de golf, et sponsors.


Professionnel du monde de la communication, j'ai obtenu un premier prix pour la réalisation de sites internet de parcours de golf.
Aujourd'hui, je mets à profit mon expérience golfique sur le site jeudegolf.org en apportant ma vision sur l'évolution du golf sur près de trois décennies.

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