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Shafts: Les prémisses d’une révolution technologique

Les shafts du futur ?

Mitsubishi, Aldila, KBS…on trouve beaucoup de nouveaux shafts mis sur le marché en ce début d’automne 2013. Si la tendance est à la réduction du taux de spin, et l’augmentation de l’angle de lancement, les prix s’envolent aussi, et parfois jusqu’à frôler les 800 euros. Enquête sur les shafts de demain…

En préparant ce dossier, nous avons interrogé notre consultant clubftting, Alexandre d’Incau.

Ce dernier nous indique que pour lui, la prochaine révolution à venir concernant les shafts de golf se situera au moment où les marques vont proposer des shafts construits à partir de « fibres intelligentes » qui s’adaptent au swing du golfeur, un peu à l’image de ce qui existe déjà dans le domaine du ski.

En effet, certains skis s’adaptent parfaitement à la neige de poudreuse tout comme à la neige plus dure que l’on peut trouver sur une piste damée.

En réalité, c’est la fibre qui enregistre les différentes pressions et tensions qu’elle subit, et qui restitue au produit le comportement le plus adapté.

Dans le domaine des shafts de clubs de golf, on s’approche tous les jours un peu plus de ce phénomène.

Découvrez ci-dessous les caractéristiques du Mitsubishi Diamana W-Series, du KBS Tour-V,  et du Aldila Rogue, avec une vision sur l’évolution du marché des shafts, et les modèles au prix de plus en plus élevés.

Le nouveau shaft Mitsubishi Diamana W-Series

Le tout dernier né des usines Mitsubishi est en fait un shaft de troisième génération dans la lignée de la série White Board déjà commercialisée par la marque nippone.

Nouveaux shafts Diamana W-SERIES

Cette gamme de shaft a pour principales caractéristiques un angle de lancement bas, et un taux de spin réduit, ce qui l’a rendu populaire aux yeux des meilleurs pros et amateurs de la planète depuis 2006.

La principale différence que l’on va donc trouver sur cette nouvelle série W par rapport aux deux générations précédentes se situe au niveau du butt (partie supérieure du shaft qui est couverte par le grip) qui a été rendu encore plus résistant.

Cette partie du shaft a été renforcée avec un matériau spécifique réalisée par une société sœur, Mitsubishi Chemical, et appelée « Dialead ».

Ce nouveau matériau est en fait une fibre de carbone haute densité, deux fois plus résistante que n’importe quelle autre pièce d’un shaft standard.

Selon Tsutomu Ibuki, Président de Mitsubishi Rayon, le « Dialead » augmente la consistance des shafts W-Series, et ajoute même une sensation de plus grande stabilité.

Tout ça est intéressant, mais quel bénéfice pour le golfeur ?

Toujours pour Ibuki, plus le shaft est consistant, et plus il va retransmettre de la puissance, qui va se mesurer en termes de vitesse de balle accrue.

Les bénéfices de la W-Series

Les golfeurs qui utiliseraient à l’heure actuelle des shafts ‘ahina apprécieront un plus grand angle de lancement, et plus de spin avec ces nouveaux shafts W-Series, qui présentent aussi un tip (extrémité basse du shaft) légèrement plus doux.

Ces changements étant dictés par les nouvelles têtes de drivers d’aujourd’hui qui donnent moins de spin.

Ce concept de shaft fait que les W-Series se rapprochent fortement des D-Series, le modèle original de la gamme White Board, et actuellement utilisé par Tiger Woods.

A savoir en plus, ce shaft Mitsubishi W-Series comporte, tout comme le Blue Board ou le Diamana B-Series, un système qui permet de réduire la déformation de la résine au niveau du tip pendant le swing (tough qure).

La gamme Diamana W-Series sera commercialisée à partir du 7 octobre à un prix proche de 300 euros.

Le fabriquant va la décliner en 50,60, et 70 grammes pour le regular, le stiff et l’extra-stiff.

KBS lance le nouveau shaft Tour-V

Dans le cas présent, il s’agit d’un shaft acier pour fer, dont le principal argument est une réduction de poids de près de 10 grammes. Comparativement au KBS Tour, il s’agit là-aussi d’un shaft fait pour donner moins de spin.

Nouveaux shafts KBS TOUR V

Mis en développement en 2012, ce shaft Tour-V a été utilisé pour la première fois par Phil Mickelson sur le PGA Tour cette année.

Kim Braly, concepteur de ce shaft devait en réalité proposer à « Lefty » un shaft qui ait les mêmes caractéristiques que le modèle Tour, et surtout lui offrir les mêmes sensations, tout  en produisant un angle de lancement plus bas avec moins de spin.

Pour y parvenir, Braly a allongé le « KBS Tour » tout en augmentant le diamètre extérieur du shaft, et en affinant les parois.

Ces changements ont eu pour conséquences d’alléger le shaft de 10 grammes, et de produire un vol de balle plus bas.

Interrogé sur le fruit de son travail, Braly a admis que le fait que les shafts deviennent plus légers est une demande de plus en plus fréquente de la part des golfeurs, car cela leurs donne plus de facilité dans le swing.

Ce nouveau shaft Tour-V est disponible en pré-commande, mais sera plus certainement commercialisé autour du 1er novembre.

On pourra le découvrir en trois versions différentes : Regular (100 grammes), stiff (110 grammes) et Extra-stiff (120 grammes).

A noter, ce shaft sera monté de base sur la nouvelle série de fers Callaway Apex !

Gamme de shafts KBS

Etes-vous prêt à mettre 800 euros dans un shaft ?

Pour une telle somme, vous pourriez partir en vacances, voir faire un voyage de golf.

Vous pourriez tout aussi bien changer votre série de fers et vos bois, en y ajoutant un ou deux sandwedges.

Pourtant, sans faire un custom fitting de vos nouveaux clubs à 800 euros, vous pourriez ne pas trouver l’absolue performance en termes de distance, et de précision.

Attention, cette affirmation ne s’adresse qu’aux golfeurs ayant un index inférieur à 25 !

Comme nous l’avons déjà écrit dans un précédent article sur le fitting, chercher la combinaison parafait n’est valable que pour un golfeur ayant déjà un swing très régulier.

Pour ceux qui ne veulent rien laisser au hasard, à quoi bon acheter une tête de driver ajustable, si le shaft n’est pas adapté pour que ce tandem donne un angle de lancement parfait avec un taux de spin idéal ?

Sur le marché et en moyenne, les prix des shafts que l’on peut acheter à l’unité, en-dehors d’une série déjà montée dans le commerce, oscillent entre 80 euros pour les plus économiques jusqu’à 350 euros pour les modèles les plus poussés.

Pourtant, Aldila s’apprête à lancer un nouveau shaft « Rogue » dont le prix pourrait flirter avec les 800 euros.

Interrogé sur ce prix qui défrise, John Oldenburg, responsable de la R&D pour Aldila affirme que ce prix est directement lié aux matériaux utilisés pour le fabriquer.

Ce nouveau shaft utilisera en fait une nouvelle fibre (appelé outre-atlantique Pitch-fiber), qui sera plus résistante que les fibres actuellement utilisées sur les shafts graphites.

Toujours selon Oldenburg, les shafts graphites actuellement sur le marché ont des modules composés de 65 millions de nœuds par centimètres carrés, ou 65 msi.

Par comparaison, le nouveau Aldila Rogue en proposera près du double, soit 125 msi.

Le but recherché étant de fournir un shaft toujours plus léger et pourtant plus puissant avec un torque toujours plus bas.

Des trajectoires différentes en fonction du shaft

Le Rogue ne sera pas le seul modèle à flirter avec les 800 euros !

En effet, le prochain Matrix Ozik THPD que devrait utiliser prochainement Justin Rose devrait coûter trois fois plus cher que son modèle précédent.

Tout comme le Rogue, ce shaft Matrix est construit à partir de nouveaux matériaux exotiques.

Cette fois, c’est Chris Nolan, VP de Matrix qui nous explique que la raison du prix élevé du THPD provient du fait qu’ils utilisent un matériau appelé Zylon, déjà utilisé dans les gilets pare-balles, et vendus à peu près 1400 euros la dose, pour concevoir ce shaft.

Comparativement au kevlar, le Zylon qui est aussi résistant, propose plus de nœuds.

Résultat, selon Chris Nolan, un golfeur comme Jason Day gagnerait 2 à 3 km/h de vitesse de swing avec ce nouveau shaft.

Avez-vous réellement besoin d’un shaft à 800 euros ?

Probablement pas !

Avant de dépenser une telle somme pour un seul shaft, un golfeur peut, et doit déjà chercher à augmenter sa vitesse de swing en travaillant sa technique.

Avant d’arriver en butée, et ne plus progresser pour s’en remettre au matériel, il y aura alors un certain gap à passer.

D’autant plus qu’il faut revenir à l’essentiel, avons-nous réellement besoin de gagner 2 à 3 km/heures de vitesse de swing au drive ?

En quoi, cet élément, certes important peut être décisif sur votre carte de score ?

Au niveau des golfeurs professionnels, la différence entre la victoire et la dixième place se joue parfois à un putt. On peut comprendre qu’ils cherchent le petit truc en plus pour faire la différence.

Et justement ce petit truc finit par être ce qui est le plus coûteux ! Pas sûr que les amateurs doivent faire face aux mêmes enjeux.

On comprend aussi l’intérêt des marques de shaft de démontrer toute l’étendue de leurs savoir-faire, et le résultat de leurs recherches.

D’une certaine manière, on peut imaginer que le shaft à 800 euros va finir par apporter de nouveaux enseignements, et des bénéfices techniques futurs aux shafts à 250 euros.

N’oublions pas aussi l’intérêt de telles marques à proposer des shafts de plus en plus chers, sur un micro-segment de marché qui concerne finalement peu de golfeurs capable de dépenser beaucoup.

Au-delà des arguments techniques légitimes, il existe aussi une réalité économique légitime à vendre plus cher à peu de clients, sachant que concernant les séries vendues montées (tête+shaft), les marques proposent très souvent les shafts entrées de gammes, et que peu de golfeurs acceptent de racheter derrière d’autres shafts pour changer les configurations standards.

La technologie est en marche. Les shafts du futur sont pour demain. Les prix devraient limiter cette technologie aux joueurs professionnels.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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