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Sergio Garcia signe chez Callaway et lance le mercato golf 2018

Sergio Garcia signe chez Callaway et lance le mercato golf 2018

Le début d’année n’est pas nécessairement le moment le plus tumultueux de la saison golfique un peu partout dans le monde. Les marques de matériel aiguisent leurs nouvelles lames en prévision du traditionnel PGA Merchandise Show d’Orlando. Les pros commencent à ressortir les clubs pour aller jouer des tournois exotiques (le tournoi des champions à Hawaii). Les amateurs attendent une météo clémente, et surtout le Masters d’Augusta, véritable coup d’envoi de l’année. A propos de maître, Callaway vient tout juste d’annoncer la signature du tenant de la veste verte, le champion international Sergio Garcia, qui a 37 ans, rentre dans la dernière ligne droite de sa prestigieuse carrière.  Longtemps auréolé TaylorMade, comment Callaway peut-elle arriver à en faire sa nouvelle icône ?

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C’est un peu un secret de polichinelle. Quand Sergio Garcia et TaylorMade  ont annoncé la fin de leur collaboration, il n’y avait pas beaucoup de manufacturier capable d’accueillir la star espagnole du circuit professionnel, Sergio Garcia, l’homme aux 30 victoires un peu partout dans le monde, et essentiellement aux Etats-Unis, sur le PGA Tour.

El Nino fait partie des meubles ! Des beaux meubles ! Depuis le début des années 2000, soit bientôt 20 ans, Sergio Garcia fait partie des rares golfeurs à avoir survécu à la lame de fond Tiger Woods.

Annoncé comme étant son plus redoutable rival avec l’australien Adam Scott, Sergio Garcia a beaucoup tenté mais n’a jamais réellement réussi à remettre en cause la domination du tigre.

A peine le gros chat sortait ses griffes, comme au Player’s 2013, et très rapidement, El Nino se décomposait pour finalement laisser échapper la victoire.

Contre Padraig Harrington au British 2007, il a laissé passer une belle occasion d’être un champion majeur.

Finalement, c’est à Augusta, dans le plus beau match de golf de l’année 2017, que Sergio a enfin remporté un titre majeur, tant mérité pour l’ensemble de sa carrière, et son immense talent.

Avec son swing très particulier, Sergio Garcia est une référence du golf mondial. Il est pratiquement une marque à lui tout seul.

Adidas l’a très rapidement compris, et choisi pour incarner son image contre le Nike de Tiger Woods.

Au moment de signer pour Callaway concernant les clubs, du driver au putter, en passant par la balle, il n’est d’ailleurs pas question de quitter Adidas pour les chaussures et les vêtements.

Il faut en fait remonter à ses débuts pour trouver trace d’une casquette et de clubs Titleist.

Pour Callaway, il s’agit assurément d’une très grosse prise. C’était dans l’air, et presque une évidence.

Titleist n’a pas pour habitude de proposer des contrats à d’anciens joueurs qui ont osé quitter la marque californienne.

Ping n’a pas pour politique de mettre autant d’argent sur un golfeur, et préfère établir des relations d’ultra long-termes avec ses staff players.

En réalité, il fallait la surface financière d’une marque dominante comme Callaway, pour signer une des 5 étoiles du golf mondial actuel.

Sergio Garcia n’est pas dans le top 5 mondial à l’ordre du mérite actuellement (il est top-10), mais d’un point de vue de l’aura et de la notoriété, ce n’est pas un risque que d’affirmer un tel rang.

Pour Callaway, en dehors du plaisir de chiper une figure de la concurrence, le pari consiste très certainement à préparer les dix prochaines années.

Pour Callaway, en dehors du plaisir de chiper une figure de la concurrence, le pari consiste très certainement à préparer les dix prochaines années.

Phil Mickelson est au crépuscule d’une très belle carrière, marquée par plusieurs victoires en majeurs, et notamment à Augusta.

A 47 ans, dix ans de plus que Sergio, il n’incarne malheureusement plus l’avenir à haut niveau.

Dans trois ans seulement, le gaucher pourra même se poser la question de jouer sur le Champion’s Tour.

Lefty n’a plus gagné sur le tour depuis sa superbe victoire au British Open 2013.

Il recule progressivement au classement mondial (37eme), et doit s’accrocher à une wild-card pour jouer avec le team USA en President’s cup.

Mickelson est, et a été un superbe ambassadeur pour Callaway. Il va le rester encore longtemps, mais peu à peu, Callaway doit faire la place à un nouveau navire amiral, en lien profond avec l’image de la marque.

Certes, Garcia va porter du Adidas de la tête au pied. Cependant, Mickelson a longtemps porté une visière au nom de son sponsor principal… KPMG.

Pour accrocher le profil de l’espagnol, Callaway devait se préparer à une telle concession.

Dix ans plus jeune, il peut justement incarner les dix prochaines années de Callaway, et dans un statut très similaire à celui de Mickelson sur ces dix dernières années.

A savoir, le champion reconnu , le champion international, le champion majeur, celui qui est écouté, celui qui est admiré, celui qui est charismatique.

Aujourd’hui, sur le circuit, il y a beaucoup de bons golfeurs. Mais combien ont un nom ?

Si je donne mon sentiment personnel, sur un tournoi, quand le champ est relevé et que je dois faire des choix de golfeurs à photographier, pour ma part, suivre la partie de Sergio Garcia est en soi un événement.

Il représente quelque chose ! Il représente l’histoire ! Il a été un jeune prodige. Il est désormais un sage, une référence.

Dire de lui qu’il est un sage est un peu bizarre.

Tout au long de sa carrière, on a plutôt parlé de lui comme d’un chien fou. Pourtant, c’est bien le rôle qu’il a commencé à endosser, notamment au bénéfice de sa victoire à Augusta.

La veste verte l’a transformé. Il a suffi de l’écouter rendre hommage à 0lazabal pendant la cérémonie de la victoire pour comprendre son attachement à l’histoire.

A ce titre, je ne doute pas qu’il a d’abord essayé de lourdement monnayer cette victoire avec TaylorMade.

Cependant, il n’incarne pas le virage pris par la marque de Carlsbad, qui a su anticiper le phénomène Jon Rahm, et veut se concentrer sur des bombardiers comme Jason Day, Rory McIlroy ou encore Dustin Johnson.

Depuis que TaylorMade a soufflé McIlroy à Callaway pour quelques millions de dollars, et avec le retour en forme de Tiger Woods, il ne restait de toute façon plus beaucoup de budget pour resigner l’espagnol.

TaylorMade a fait un choix en conscience.

Et finalement, tout le monde peut être gagnant… à condition que Callaway réussisse un difficile exercice : Rebrander la marque Sergio Garcia !

Rebrander la marque Sergio Garcia !

Plus de 15 ans de TaylorMade ne vont pas s’effacer d’un coup de baguette magique. Il faudra du temps pour réinstaller l’icône dans ses nouveaux habits.

De 37 ans aujourd’hui à 47 ans demain, Sergio Garcia a largement le temps de gagner un ou plusieurs autres majeurs.

Augusta mais aussi un open Britannique comme Mickelson a failli le faire en 2016 contre Henrik Stenson, un autre talent du staff Callaway, qui ne porte pas non plus une casquette au logo frontal Callaway.

Drôle de paradoxe quand on sait que Callaway a construit une grande partie de sa nouvelle rentabilité sur le succès commercial de sa ligne de vêtements.

Mickelson, Stenson et maintenant Garcia seront connus pour jouer du Callaway, pas forcément pour le logo sur le fronton de la casquette.

Quand TaylorMade rêve toujours du golfeur athlète pour sa clientèle à coup de pros bodybuildés (DJ, McIlroy, Rahm, Jason Day), Callaway mise toujours sur la valeur sûre : le golfeur quadra ou quinqua, bien installé dans la vie, et qui veut jouer des clubs premiums.

Au cours des cinq dernières années, Callaway a considérablement modifié son catalogue produit, et justement revu son offre à la hausse, pour ne pas se laisser compter par des nouveaux venus tels que PXG et consorts.

En approchant la quarantaine, El Nino devient tout à fait le profil du golfeur Callaway, et peu moins TaylorMade. A 20 ans, il était plutôt Titleist.

A lui seul, l’espagnol est un bon résumé de l’image des marques…

Toute cette stratégie habilement mise en œuvre par Callaway prendra tout son sens avec la prochaine victoire majeur de Garcia.

Pour Callaway, c’est même un enjeu crucial dans un mercato 2018 qui pourrait être bien calme.

Dans le top-15 mondial, l’espagnol était en fait le seul agent « libre ».

Si la question des ex-golfeurs Nike s’est déjà fortement réglée au cours de l’année passée, le mercato 2018 ne devrait pas être très animé sur les têtes d’affiches.

McIlroy vient d’arriver chez TaylorMade et pour un long moment. Rickie Fowler est plus que jamais l’emblème de Cobra, et bien dans ses baskets chez Puma.

J’imagine mal Matsuyama quitter le géant japonais Srixon.

Il y a éventuellement un sujet sur Brooks Koepka, sixième mondial, nouvellement titulaire d’un US Open, chez Nike pour le textile, et utilisateur de clubs Mizuno, sans qu’un contrat ait été proprement établi.

Le jeune américain pourrait être une des belles prises de ce mercato. Cependant, gagner un majeur ne suffit pas. Il faut pouvoir incarner quelque chose. C’est justement le cas de Garcia pour Callaway.

Dans le registre des bombardiers, les places semblent bien prises chez TaylorMade.

Moins médiatique que la signature de Garcia chez Callaway, Luke Donald a annoncé sur son compte Twitter son changement de sponsor textile (il quitte RLX pour Greyson).  Dans le même registre, Tyrell Hatton va rejoindre le staff Adidas alors que côté français, Sébastien Gros va porter les couleurs de Colmar.

Le mercato ne fait que commencer… Pas sûr qu’une marque réussisse un plus gros coup que Garcia chez Callaway.

Garcia retrouvera au passage Sean Toulon, désormais dans le giron d’Odyssey. « Je suis très enthousiaste à l’idée de jouer des clubs Callaway. J’ai réalisé que cela allait m’aider à maximiser mon jeu à mon meilleur potentiel. »

Avant d’annoncer cette signature, les deux parties ont travaillé intensément avec un launch monitor pour vérifier chaque club.

Garcia a testé un driver muni de la technologie Jailbreak, des fers Apex, des wedges Mack Daddy 4 et une balle Chrome Soft.

Sur les greens, il va utiliser un putter Odyssey avec lequel il a déjà gagné. Un putter justement dessiné par Sean Toulon, lui-aussi un ex-TaylorMade qui se dit très excité par le roulement de la nouvelle face proposée.

Crédit photo : Callaway Golf

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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