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Salon du golf 2014 : Quel enseignement ?

Quel bilan pour le salon du golf 2014?

Quelques jours après la fin du salon du golf, édition 2014, revenons sur ce rendez-vous important pour la filière, et les arguments des personnes qui ont apprécié la nouvelle formule, et ceux qui ont au contraire trouvé que malgré le changement d'équipe, certaines habitudes du salon ont perduré.

Présent sur place par l'intermédiaire de l'un de nos consultants, nous avons eu l'occasion d'interviewer certains acteurs du salon, et deux grands retours nous ont été témoignés à ce sujet.

Nouvelle édition ?

Repris par le dynamique et très motivé, Paul Fitussi, le salon du golf 2014 n’a pas seulement changé de patron…Le salon avait pour ambition de monter en gamme.

Point positif, la plupart des marques et acteurs de la filière ont répondu présent, sans oublier les très nombreuses offices du tourisme de pays étrangers, désireux d'attirer les golfeurs francophones.

Louable attention dans un environnement du golf français qui se cherche une locomotive à quatre ans de la Ryder Cup à Paris, rendez-vous majeur pour toute la filière, qui pourtant peine à susciter un fort enthousiasme en-dehors des initiés, et n’a pas encore créé à ce jour d’engouement auprès du grand public.

Sur ce point, quand nous avions interrogé Pascal Grizot, acteur décisif dans l’obtention de cette compétition par équipes de renommée mondiale sur notre sol, ce dernier indiquait qu’il était logique qu’à plus de quatre ans de l’échéance, les effets ne se fassent pas encore sentir, mais ne semblait pas inquiet sur le fait que par l’intermédiaire de la FFG, la France serait bien au rendez-vous de son histoire.

Nous sommes portés à vouloir le croire.

En revanche, de l’avis unanime de tous les acteurs que nous rencontrons, à ce jour, il n’y a pas d’effet Ryder Cup, et plus le temps passe, et plus le doute s’installe.

Dans ce contexte, un salon, grand rendez-vous de la filière golf, une fois par an est bien un des principaux vecteurs pour fédérer, et développer le golf en France.

Ce point parait incontestable, et c’est aussi pour cela qu’une majorité de marques et annonceurs ont encore largement participé en 2014 au nouveau salon, sous l’impulsion des nouveaux patrons, et du parrainage très dynamique de Thomas Levet, investi comme jamais dans son rôle d’ambassadeur du golf français.

Le salon passe et le dilemme marque-distributeur reste !

On pensait que les mauvaises habitudes du secteur pourraient passer avec une nouvelle équipe, et un nouveau projet !

Sans doute que les marques avaient envie d’y croire une fois de plus !

Pourtant, la première chose qui revient dans les discussions d’après salon est comme chaque année, le difficile mariage entre d’une part les distributeurs, et d’autre part, les marques, les deux parties ayant sur ce rendez-vous, des objectifs très différents.

En 2014, Golf Plus a pris une position cruciale sur le salon.

Et comment leur reprocher de vouloir rentabiliser le prix du stand par la vente de clubs avec des rabais ?

D’autant que bons nombres de visiteurs du salon ne finissent par venir que pour cela !

Sauf qu’aux Etats-Unis, sur l’équivalent du PGA Merchandise Show d’Orlando, les marques ne sont pas mises en concurrence de présence avec les distributeurs !

Dilemme que le salon s’évertue malheureusement à perpétuer, alors que pourtant en 2012, les marques avaient tiré un coup de semonce, en boycottant purement et simplement le rendez-vous printanier.

La nouvelle direction jure ses grands dieux que cette année sera la dernière !

Pardonnez-nous d’en douter ! Et comment les marques peuvent-elles encore  y croire ?

Si vous avez l’occasion d’aller au salon de l’Automobile de Paris ou de Genève, vous constaterez qu’il n’y a jamais de coexistence des fabricants, et de vendeurs.

Un salon est un rendez-vous, avant tout fait pour les marques, et pour présenter des innovations, pas pour les brader.

Visiblement, ce discours ne fonctionne toujours pas quand il s’agit de golf, et cela crée une énergie négative autour du salon parisien.

Mais ce n’est pas le seul problème ou défi que le salon du golf doit relever à l’avenir.

Différences de vues et d’analyses sur la réussite de l’édition 2014

Si nous avons collecté deux points de vues différents :

  • d’une part, celui des professionnels indulgents qui considèrent que le produit est en progrès, et mérite d’avoir sa chance,
  • et d’autre part, celui des professionnels qui considèrent que les années passent, et que rien ne changent, le salon du golf reste "une foire à la saucisse" qui draine des badauds, et ne permet pas réellement la découverte de l’activité par des débutants.

On est tenté de penser que certains points freinent effectivement le développement de ce rendez-vous parisien :

  • Une seule date à Paris
  • La date trop tardive dans l’agenda, surtout deux mois après le PGA Show
  • L’absence de produits lancés spécialement pour le salon. Tous les clubs sont déjà dans les points de ventes depuis plus d’un mois.
  • L’absence de communication force en-dehors de médias minoritaires.
  • Le rôle trop discret de la FFG

En tant qu’ancien Parisien, je sais aussi bien que n’importe quel provincial à quel point, il est pénible de se rendre à Paris pour assister à un meeting ou une convention.

Tout à Paris est compliqué ! Tout est pénible à Paris ! Il est presque plus simple de prendre un billet d’avion pour Orlando qu’un billet de train pour se rendre dans la capitale française, surchargées d’embouteillages, de grèves, de gens désagréables…

Paris ne fait plus rêver que sur les cartes postales…

Certes, un golfeur sur deux est parisien ou plutôt francilien, mais que faire pour l’autre moitié de français qui se moque de Paris ?

A quand une délocalisation du salon en plusieurs dates et en régions ? Ou alors à quand un salon du golf au Golf National de Saint-Quentin-En-Yvelines ou dans n’importe quel grand golf de la région parisienne, et non pas dans un hall d’exposition froid et petit !

Deuxième point : la date !

Cette année, le beau temps et la pollution étaient au menu du week-end du salon du golf !

Pas de chances pour les organisateurs obligés de brader l’entrée -50%, dès le vendredi soir dans l’espoir de faire venir un plus grand nombre de visiteurs sur le week-end.

Peine perdue, de l’avis de certains exposants, il n’y avait pas de files d’attentes sur les practices pour tester des nouveaux clubs.

Comment reprocher aux golfeurs de préférer jouer au golf plutôt que de venir au salon quand il fait un temps magnifique sur Paris ?

Mais surtout comment leur reprocher quand toutes les nouveautés sont sorties deux mois plutôt aux USA, et que ces mêmes golfeurs sont de mieux en mieux informés ?

Ils ont même eu l’occasion de toucher ou tester les nouveautés, en allant simplement dans le pro-shop le plus près de chez eux.

Un salon du golf au mois de mars est beaucoup trop tardif d’un point de vue des lancements de nouveaux produits, et aussi trop près du début de saison pour que les golfeurs se privent d’un week-end à jouer en extérieur.

Concernant les deux derniers arguments, le milieu du golf confirme année après année qu’il reste dans ce qu’il croit savoir faire, et utilise toujours les mêmes relais, sans vouloir comprendre que l’information a changé, que les supports et les relais ont changé.

Et malheureusement, la fédération française de golf ne donne pas l’exemple pour supporter plus haut ce type de rendez-vous.

Aux USA, on parle justement de PGA Show, alors qu’en France, le salon du golf a juste la bénédiction de la FFG, alors que c’est elle qui devrait être en première ligne.

Des deux points de vues qui nous sont revenus sur ce salon 2014, on peut distinguer deux visions :

  • L’anglo-saxonne qui valorise les points de progrès
  • La française qui pointe les mauvaises habitudes

De notre point de vue ?

En l’état, le salon a effectivement changé d’actionnaires, peut-être tenté une montée en gamme, mais peine comme avant à trouver son public, et son aura, car les méthodes, et les analyses n’ont pas assez changé pour créer cet électrochoc dont le golf français a besoin.

Tout le monde est unanime pour dire que le golf a besoin d’un salon, et personne n’arrive à fédérer réellement.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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