Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans European Golf Tour

Ryder Cup 2016: La nomination des capitaines Europe et USA

Ryder Cup 2016: La nomination des capitaines Europe et USA

Favori pour occuper le poste de Capitaine de l’équipe Européenne en 2016, Darren Clarke aura la charge de conserver la coupe gagnée précédemment par José Maria Olazabal et Paul McGinley. Face à lui, l’équipe américaine, profondément affectée par sa dernière défaite, songe à redonner les clés de l’équipe à Davis Love III,  un choix de raison. Décryptages et analyses… 

L’heure de Darren Clarke 

Comme c’était largement pressenti depuis de nombreux mois, l’ancien « lieutenant » de Paul McGinley, et José Maria Olazabal pour les éditions 2010 et 2012 a été nommé mercredi 18 février, nouveau capitaine de l’équipe européenne de Ryder Cup.

Darren Clarke faisait partie d’une short-list de trois candidats pour le poste de capitaine, en balance avec l’espagnol Miguel Angel Jimenez, et le danois, Thomas Bjorn, tous des illustres membres victorieux du prestigieux match Europe-Etats-Unis.

Très honoré, Clarke a déclaré sitôt sa nomination annoncée « C’est une nouvelle partie de ma carrière de golfeur qui va commencer, et je ne l’aurai jamais imaginé quand j’ai débuté. Que l’on me fasse l’honneur de diriger une telle équipe est juste énorme pour moi.»

La décision finale a été rendue par un comité composé de cinq personnes, les précédents capitaines Colin Montgomerie, José Maria Olazabal, et Paul McGinley, le patron du tour Européen George O’Grady, et un ancien joueur de Ryder Cup, l’anglais David Howell.

Réunis pendant près de deux heures dans les locaux du QG de l’European Tour près de Londres, la décision finale aura été unanime.

clarke2.jpg

Pour Colin Montgomerie, conscient de l’enjeu « Justement, Darren Clarke est l’homme de la situation. Celui qu’il faut pour tenter de conserver la coupe. »

Derrière les propos convenus, la vérité est toute autre.

Comme il s’agit d’une nomination, il y a une part de politique, et une part de logique.

Pour commencer par la logique, depuis plusieurs années, le capitanat de l’équipe européenne se transmet de capitaine en vice-capitaine.

Le numéro deux d’hier est amené à devenir le numéro un d’aujourd’hui.

C’est une forme de préparation intelligente à prendre seul les commandes dans un contexte extraordinairement pressurant.

Le fait d’avoir secondé et observé le numéro un à l’épreuve du feu, est un capital précieux, et sans doute, pour partie à l’origine des récentes victoires de l’Europe sur les USA, alors que justement par opposition, les américains ont tendance à repartir de feuille blanche à chaque occasion.

Tom Watson n’avait pas été dans l’équipe du précédent Capitaine, Davis Love III, et leurs méthodes et approches ont été radicalement différentes d’une Ryder Cup à l’autre, et pour le même résultat.

Nous y reviendrons…

Le choix entre les vices-capitaines se porte souvent sur le plus expérimenté.

Par rapport à ses deux rivaux, Darren Clarke était le plus expérimenté, et aussi le plus légitime d’un point de vue de son histoire de joueur dans l’équipe.

Au moment de choisir McGinley, le comité européen avait déjà pensé à Darren Clarke, pour finalement le garder en réserve pour l’édition 2016. C’est dire si sa nomination n’a rien d’une surprise.

Concernant le volet politique de la nomination du néo-capitaine européen, pour le comprendre, il faut s’intéresser aux relations des différents protagonistes.

Et en particulier, au vote du dernier capitaine, Paul McGinley qui a été un ami proche de Darren Clarke à leurs débuts sur le tour, avant que leurs relations ne se rafraichissent franchement au moment de la nomination du premier nommé pour la campagne de Gleneagles.

En substance, Clarke avait promis de faire allégeance à McGinley, et surtout de ne pas se présenter contre lui ou au pire, au dernier moment.

Or, au moment de laisser la place, il a finalement soutenu Montgomerie, un temps préssenti quand les américains ont annoncé le retour de Tom Watson.

Clarke a justifié son choix en affirmant qu’il fallait un monstre sacré pour s’opposer à la légende américaine.

A l’époque, McGinley était dans la même situation que Clarke aujourd’hui, à savoir, il était le meilleur vice-capitaine pour succéder à Olazabal. En clair, c’était son tour!

Adoré par ses joueurs, et crédité d’un superbe flair pour son plan de jeu, McGinley a parfaitement fait fructifier l’héritage de ses prédécesseurs.

Le large succès des européens (5 points) à Gleneagles a marqué la sixième victoire de l’équipe sur les sept derniers matchs !

clarke3.jpg

Comme ce fut le cas pour lui, McGinley a bien été forcé d’admettre que le tour de Darren Clarke était venu, et mettre de côté ses sentiments personnels pour finalement voter pour Clarke.

De son côté, reconnaissant, Darren Clarke a rendu hommage à son prédécesseur « Je pense que Paul a fait un travail remarquable, et si je ne marche pas dans ses traces, je serai tout simplement stupide. » avant d’ajouter « Paul a trouvé une formule gagnante dont je pourrai très largement m’inspirer. »

Et c’est bien là, toute la clé de la nomination d’un capitaine européen : « Assurer la continuité d’une équipe qui gagne face à l’ogre américain. »

Propos évidemment partagé par McGinley «Il ne s’agit pas de balayer tout ce qui a été fait avant, et tout recommencer de zéro.  C’est plus une évolution de là où on vient, et une nécessaire continuité. »

A 46 ans, Darren Clarke, qui a déjà participé à cinq Ryder Cup en tant que joueur pour dix victoires, sept défaites, et trois nuls, deux fois vice-capitaine en 2010 et 2012 pour une seule campagne perdue (en 1999 quand les américains ont réalisé une dernière journée incroyable pour arracher la victoire) ne le sait que trop.

14 fois vainqueur sur l’European Tour dont un titre majeur en 2011 lors de l’Open Championship, dans la foulée de sa nomination, l’indiscutable Clarke a reçu l’appui des plus grands noms du golf européen dont ses futurs joueurs, le numéro un mondial et compatriote, Rory McIlroy, Graeme McDowell, un autre compatriote, et ses anciens partenaires, Lee Westwood et Ian Poulter.

Par rapport à ses adversaires pour le poste, Darren Clarke voulait réellement le capitanat tandis que Jimenez et Bjorn voudront encore avoir une chance de participer à la campagne 2016 en tant que joueurs, alors qu’ils sont encore tous deux dans le top-50 mondial.

Face à Darren Clarke, de fortes présomptions laissent penser que les USA vont de nouveau nommer Davis Love III, qui quatre ans après la défaite de Chicago, voudra prendre sa revanche en Floride sur le parcours d’Hazeltine.

Un match entre deux amis puisqu’il s’agit là encore d’amitié entre Davis Love III et Darren Clarke, déjà opposés en Ryder Cup en 2004.

De nouveau l’heure de Davis Love III ?

Alors que le choix du capitaine européen semble couler de source, celui de l’américain fait déjà beaucoup plus débat !

Pas encore nommé, Davis Love III doit déjà faire face à la contestation d’une partie des medias et du public qui attendait plutôt Fred Couples comme le sauveur de la bannière étoilée.

lovedavis.jpg

Trois fois vainqueur de la President’s Cup, Couples semble bien avoir été coiffé au poteau par un homme ayant déjà eu le job, et de plus, ayant perdu un match qui n’aurait jamais dû lui échapper.

Pourtant, la non-nomination de Couples n’est pas si surprenante.

Le chouchou des médias n’est pas connu pour être un homme qui tranche dans le dure dans les moments critiques.

Au cours des dernières compétitions par équipes qu’il a dirigé, il a souvent délégué les choix de paires à constituer à son assistant, Jay Haas.

Pendant les jours de compétitions, bien qu’il soit toujours cordial avec les médias, il donne toujours l’impression de rêver de retrouver rapidement ses copains pour une partie de Ping-Pong plutôt que de s’étendre sur ce qu’il a vu dans les matchs.

En substance, ce n’est pas un passionné de ce type d’événements. Sans doute encore trop joueur dans sa tête plutôt qu’entraîneur.

Enfin, il n’y a pas photo entre la Ryder et la Presidents Cup en termes d’intensité, de passion, et de pression !

Surtout pour les américains qui subissent de sérieux revers depuis plusieurs années, ce qui ajoute une bonne dose de frustration.

Couples n’a donc pas le bon profil pour ce rendez-vous.

Si les victoires en President’s Cup plaident en sa faveur. Le fait est que le niveau d’opposition proposé par l’équipe International n’a rien à voir avec le fighting spirit européen que les USA ne savent plus endiguer.

Au contraire, le comité américain semble penser qu’il faut un profil beaucoup plus agressif pour contester la suprématie européenne.

Ce qui ne veut pas dire que Couples sera tenu à l’écart de l’équipe. Au contraire, il pourrait jouer un rôle moins exposé, moins médiatique, et plus utile.

Copain avec Davis Love depuis plusieurs années, Couples pourra parfaitement se glisser dans le costume d’assistant.

D’autant que Love a démontré en 2012 qu’il savait se montrer à l’écoute de ses conseillers, et ne pas diriger l’équipe de manière trop autoritaire à l’image d’un Tom Watson qui avait un peu imposé son mode de fonctionnement envers et contre tous.

En réalité, il faut considérer Davis Love III et Fred Couples comme une doublette complémentaire, chacun dans le rôle où il est le meilleur.

Bien qu’il se soit refusé à tout commentaire sur une éventuelle nomination mardi prochain, Davis Love agit bel et bien comme un candidat voulant avoir une chance de se rattraper.

Entendu par la « task force » monté pour réfléchir au problème de l’équipe US, Love a fait un long travail d’analyse et d’autocritique sur les raisons de la défaite de 2012.

Cette task force aura au moins eu le mérite de régénérer un potentiel capitaine plutôt que d’inventer un hypothétique remède miracle.

« J’ai énormément appris de mes erreurs. Il y a quelques petites choses que j’aurai pu mieux faire. J’aurais pu partager plus d’informations avec les anciens capitaines et anciens joueurs. » avoua un Love sur le chemin de la repentance.

lovedavis3.jpg

« Nous avons appris beaucoup de choses sur le process global, et je pense pouvoir en tirer bénéfice pour l’équipe, et aider les prochains capitaines. »

En conclusion, du choix et surtout du process de choix du capitaine se distinguent les prémices de ce qui a jusqu’à présent fait la différence entre l’Europe et les Etats-Unis : la continuité dans la chaîne de commandement !

Alors que les européens n’ont eu de cesse de se transmettre le flambeau, quels que soient les inimitiés, les américains sont partis dans tous les sens à chaque nouveau capitaine.

Darren Clarke est le nouveau gardien du temple, conscient de son héritage, et de ce qu’il devra transmettre.

En nommant un Davis Love repenti, les américains semblent enfin avoir compris ce qui leur a manqué lors des sept dernières éditions.

Sans un imprévisible scénario en 2012, l’équipe de Davis Love aurait dû s’imposer à Chicago.

En 2016, le match sera d’autant plus intense et incertain.

Pour Darren Clarke, le défi s’annonce colossal.

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 1675
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.