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Royal & Ancient: Vers la fin du Men's Only à St Andrews ?

Les femmes bientôt tolérées à St Andrews ? La fin de 260 ans de Men's Only

Tremblement de terre en préparation dans l’univers du golf…le Royal & Ancient, véritable institution dans ce sport s’apprête à adopter une résolution historique…avec un demi-siècle de retard.

En France, depuis une ordonnance du Général de Gaulle en date du 21 avril 1944, les femmes ont non seulement le droit de vote, mais sont aussi éligibles.

Pourtant, le 29 mars 2014, en Ecosse, les femmes ne sont toujours pas admises comme membres du berceau du golf : le Royal & Ancient.

Avec 70 ans de retard, et alors que depuis deux ans, le très fermé club d’Augusta a enfin rompu avec cette tradition golfique du Men’s Only, les autorités britanniques osent enfin aborder l’un des plus grands tabous de notre sport : la place des femmes égale des hommes dans tous les clubs de golf, y compris les plus prestigieux.

Dernier bastion du machisme golfique, St Andrews s’apprête donc à accepter l’inévitable, mais surtout le sens de l’histoire.

Avec seulement 25 à 30% de pratiquantes selon les pays européens, la femme est bien l’avenir du golf.

Ce sont elles qui représentent le plus grand gisement de croissance, à condition de ne pas s’arrêter à simplement ouvrir des portes fermées, mais au contraire, favoriser le développement du golf féminin, en pensant aussi à leurs contraintes.

Après 260 ans d’exclusivité en faveur des hommes, la brèche qui s’est ouverte depuis quelques jours avec l’annonce de la fin de cet apartheid golfique qui n’a aujourd’hui comme hier plus aucun sens.

D’autant que St Andrews n’est pas seulement le berceau du golf moderne, sa Mecque, son point de rendez-vous, son Maracana, c’est aussi la terre d’accueil du Royal & Ancient, à savoir, le pouvoir législateur et régalien du golf en Europe.

Comment orienter le développement du golf vers plus de démocratisation, quand le premier club d’Europe ne donne pas l’exemple de l’ouverture ?

C’est dans cette logique que le gouvernement du golf a écrit aux 2500 membres actuels de St Andrews pour annoncer leur intention d’accorder le droit d’accès aux femmes à très court terme.

Drôle de débat politique autour d’une bicoque qui trône à l’arrivée du green du 18 de l’Old Course, une bâtisse qui est tout simplement la maison du golf.

Et finalement, sans le volte-face aussi soudain que surprenant de Wilson Sibbet, président du comité général du club, nous ne pourrions pas parler du dernier club au monde à ne pas accepter les femmes.

En effet, ce dernier a écrit ce fameux courrier qui explique en quoi, les membres devraient accepter ce changement comme inévitable.

A défaut d’avoir cette conviction, il fait preuve de lucidité : « Il est temps de demander aux membres du Royal & Ancient d’accueillir les membres féminins dans le club ».

Notez-le « il est temps » après 260 ans de portes closes.

Cependant, ne nous réjouissons pas trop vite, car la décision revient justement aux membres qui sont libres de décider de changer ou pas les règles d’admissions.

Peut-être êtes-vous surprise que nous consacrions un article à un tel fait divers golfique, mais il s’agit tout de même de la Mecque du golf, l’endroit où sont pensées toutes les nouvelles règles les plus anodines, et qui définissent le cadre de nos parties du dimanche. 

Les filles en force à St Andrews pour le British Open 2013

Parmi les destinataires de ce courrier posté cette semaine, nous pouvons compter sur l’ouverture d’esprit de golfeurs et personnalités mondialement connue comme Jack Nicklaus, ou James Bond himself en la personne de Sir Sean Connery, écossais et grand golfeur devant l’éternel. 

Le projet sera débattu à l’été, et soumis au vote cet automne. 

Pour autant, ce n’est pas la première fois que ce sujet revient sur le devant de la scène.

Par le passé, les membres de St Andrews ont déjà été amenés à se prononcer sur cette question, et ont en fait repoussé la perspective de voir les femmes obtenir leurs propres vestiaires. 

En 2014, la différence majeure réside dans le fait que cette fois, la proposition émane des instances dirigeantes qui en fait milite pour sortir de l’isolement dans lequel le Masters d’Augusta les a placé en 2012, en ouvrant ses portes aux femmes, faisant preuve de modernisme et d’ouverture d’esprit, et surtout mettant en lumière, le conservatisme aveugle du Royal & Ancient, du coup, dernier club Men’s Only. 

Ce problème pourrait bien paraître désuet et en décalage avec la société du 21ème siècle tant la question de l’égalité homme-femme coule de source. 

Pourtant, la réalité derrière cet enjeu aussi ridicule que dépassé est avant tout financière. 

Le Royal & Ancient est en fait partie prenante dans l’organisation du British Open, troisième majeur de la saison de golf masculin. 

Or, l’an passé, plusieurs sponsors majeurs du tournoi ont commencé à exiger de St Andrews qu’il règle cette question du Mens Only, sous peine de retirer leurs investissements du tournoi. 

Pas étonnant de retrouver en tête de ce combat pour les femmes, la banque HSBC qui investit chaque année plusieurs millions de dollars pour promouvoir le golf féminin professionnel à travers le monde. 

D’une manière diplomate mais ferme, les représentants de ce puissant argentier du golf mondial affirment qu’ils ne mettront pas un pistolet sur la tempe de qui que ce soit pour régler ce problème, mais qu’ils souhaitent vivement que le golf sorte de ce débat d’arrière-garde, qui en plus, ne correspond pas au projet de la marque pour le golf. 

Un peu comme le FC Barcelone en football qui a petit à petit renoncé à être le seul club au monde à refuser de porter un sponsor sur le devant de son maillot, avant de progressivement placer l’Unicef à titre bénévole, puis finalement aujourd’hui, l’argent du Qatar, le Royal & Ancient pourrait plier non pas par conviction d’égalité, mais plus sous la pression de son principal donateur ! 

Vers la fin du Men's Only...

En conclusion, finalement qu’un club adopte une règle de ségrégation…c’est un peu son problème, et cela ne revêt que l’importance que l’on veut bien lui donner. 

Le véritable problème, c’est que nous parlons du plus vieux club de golf du monde, et le plus important, étant donné qu’il s’agit du gouvernement de notre sport, et que sur le point de l’ouverture et du développement du golf, il est encore aujourd’hui dans une position indéfendable du type faites ce que je dis, pas ce que je fais. 

Par chance, à l’automne prochain, les sages prendront peut-être la bonne décision, et nous pourrons tous passer à autre chose, tourner le dos à 260 ans d’une aberration qui a en partie freiné le développement du golf auprès de la gente féminine. 

Espérons qu’il ne nous faudra pas 260 ans de plus pour motiver nos concubines à nous accompagner sur le parcours… 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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