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Rory McIlroy et la confiance au putting

Rory McIlroy n’a pas vraiment confiance dans son putting

Cela peut sembler curieux, mais pour certains golfeurs, le putter n’est pas vraiment un atout. Leur force est ailleurs, et notamment du tee au green. C’est le cas de l’un des meilleurs golfeurs de la planète, et son exemple peut inspirer des milliers de golfeurs amateurs.

Pour Rory McIlroy, le putter n’est guère plus qu’un outil dans son sac.

Pourtant, le jeune nord-irlandais n’a pas eu besoin d’être un passionné fou de putting pour occuper en 2012 le fauteuil de numéro un mondial de la discipline.

Le meilleur golfeur de la planète n’était donc pas un monstre au putting, alors que pourtant plus de 50% du jeu de golf se joue sur les greens.

C’est donc bien un exemple du fait qu’au golf, il y a plusieurs voies pour arriver à ses fins.

Cet exemple est intéressant pour de nombreux amateurs de golf, qui ne sentent pas particulièrement inspirés au putting. Ils peuvent néanmoins espérer scorer en investissant d’autres secteurs du jeu.

Depuis quelques semaines, McIlroy passe beaucoup de temps sur les putting greens des différents tournois de golf auxquels il participe.

Pourtant rien n’y fait, l’ex numéro un mondial n’est pas à l’aise avec son putter, et exprime même à son sujet des sentiments de frustrations, et de défiances.

Comme beaucoup d’amateurs, et même si nous en parlons plus rarement, les pros peuvent eux-aussi avoir leurs moments de doutes, et les reporter sur le putter en lui-même, ce qui une nouvelle fois démontre la relation particulière entre le golfeur et le putter, un club à part dans le sac.

Un club pour lequel, le joueur noue une relation psychologique particulière…

C’est plus rare dans le cas d’un fer 6 ou d’un fer 8 !

« J’ai toujours été le type de golfeurs qui n’a jamais vraiment eu besoin de s’en remettre à son putting. »

Ce que nous pouvons confirmer d’un point de vue statistiques. Au classement des points gagnés au putting sur le PGA Tour en 2014, Rory ne se classe que 127ème par rapport aux autres golfeurs.

Nous parlons pourtant du 11ème meilleur golfeur au classement mondial !

« J’ai toujours été le type de golfeurs qui n’a jamais vraiment eu besoin de s’en remettre à son putting. »

Or, nous avons aussi longtemps pensé que pour être le numéro un, et remporter régulièrement des tournois aux Etats-Unis, il fallait être un excellent putter plus que tout autre chose.

McIlroy pourrait-il être l’exception qui confirme la règle ?

Effectivement, en 2014, sans parler de ses performances passées, force est de constater qu’il est quatrième pour la moyenne de score jouée par partie, soit 69,62 !

Sans revenir sur ses bonnes ou ses mauvaises années, actuellement, même si McIlroy ne putte pas très bien, il fait donc partie de ceux qui ramènent les meilleures cartes de scores au clubhouse.

Petit problème, si vous suivez le PGA Tour, vous avez sans doute pu constater que d’une part, McIlroy ne gagne plus, et d’autre part, sur un même week-end de tournoi, il est capable de jouer 65 comme 75.

C’est cela que la moyenne ne dit pas, et explique pourquoi, il est souvent dans le coup, mais jamais à l’arrivée depuis plusieurs semaines.

Et c’est encore le cas, cette semaine, au Players Championship sur le TPC de Sawgrass où après une journée très convenable, jouée en 70, il a enchaîné par un 74 qui lui a presque fait manqué le cut.

Sauvé in-extremis par une bonne fin de partie, McIlroy qui est pourtant le 4ème meilleur scoreur en moyenne sur le PGA Tour, n’arrive pas à être suffisamment régulier pour faire partie des potentiels vainqueurs depuis le début de la saison.

Son putting y est pour quelque chose !

Et il est le premier à l’admettre « Evidemment, si vous puttez bien, vous allez être en bonne position dans les tournois. »

Poursuivant « Mais, j’ai l’impression que j’ai toujours été un type de joueur différent, où même quand je ne putte pas très bien, je vais tout de même être capable de jouer sous le par, parce que je vais prendre des greens, et sur les par-5, les deux-putts suffiront. Je me fie au fait que je vais taper quelques très bons coups de fers qui se poseront très près des drapeaux. »

C’est tout le secret du talent de McIlroy.

 « Pour être honnête, McIlroy ne putte pas très bien cette année. »

Quand son jeu de fers est au top, il est tout simplement capable d’être le meilleur golfeur de la planète. Mais ce style de jeu n’autorise aucune erreur, et c’est pourquoi, le nord-irlandais a perdu son rang de numéro un mondial en quelques mois.

Pour qu’il gagne, il faut qu’il joue nettement mieux que les autres, et ne peut pas compter sur son putting pour lui faire économiser quelques mauvais bogeys, ou au contraire, rentrer ce birdie de 15 mètres qui parfois fait la différence.

Sur le tour, cette constatation a le don de surprendre. La réponse du  champion qui consiste à dire qu’il n’a jamais vraiment eu confiance dans son putting est d’une sincérité rare.

Oui, bien sûr, le putting est important au golf, mais pour McIlroy, ce n’est pas décisif. Le croit-il vraiment ou est-ce une façade pour ne pas admettre une faiblesse ennuyeuse à ce niveau de la compétition ?

Même Dave Stockton, un maître gourou dans le domaine du putting, le niveau de jeu de McIlroy n’est pas fantastique

« Pour être honnête, McIlroy ne putte pas très bien cette année. »

Et ce n’est pas pour cela que McIlroy aura plus d’affinités avec le putting et même un coach de putting. Il semble bien que le joueur soit fâché avec toute idée allant dans ce sens.

Fataliste, résigné ou énervé, l’attitude de McIlroy au putting est sans doute un mélange de ces trois sentiments.

Entre Stockton et McIlroy, ce dernier a fait comprendre qu’il allait s’en sortir par lui-même, et n’avait pas besoin d’aide.

Les statistiques de McIlroy au putting ne trompent pas !

En quatre ans sur le PGA Tour, McIlroy n’a pas souvent fait partie des 100 meilleurs putters du circuit en coups gagnés sur les greens.

Même dans sa meilleure année, 2012, où il a remporté quatre tournois sur le PGA Tour dont un majeur, il ne s’est classé que 82ème dans cette catégorie statistique.

Le problème n’est pas qu’il manque des putts à dix mètres, mais bien des putts pour birdies ou eagles à moins de 3 mètres comme ce fut le cas au Wells Fargo Championship, la semaine passée.

A l’aide des statistiques du PGA Tour, nous pouvons même constater qu’il n’est que 185ème pour les putts joués entre 3 et 4 mètres 50 avec un taux de réussite de 21%. 

Statistiques de putting de McIlroy

Comme vous pouvez le constater à l’aide du tableau ci-dessus, pour McIlroy, dès qu’il est à plus de 3 mètres du trou, c’est pratiquement fini pour lui.

Ses chances de rentrer le putt tombe à moins de 22%, soit une chance sur quatre.

Fort heureusement pour lui, la majorité des putts qu’il doit jouer se trouvent à moins d’un mètre cinquante, zone dans laquelle, il obtient 97% de réussite, et où il se classe 26ème sur le PGA Tour.

Cela ne veut pas pour autant dire qu’il enchaîne les trois putts ! Bien au contraire, dans la statistique des trois-putts évités, il se classe 5ème !

En 432 occasions cette année, il n’a commis que 7 trois putts !

Son problème n’est donc pas de mal putter, mais de ne pas assez bien putter pour birdie à 3 mètres.

Pour beaucoup d’amateurs, ces statistiques seraient déjà très acceptables, mais pas pour un golfeur qui ambitionne de redevenir numéro un mondial, et jouant sur un circuit où le niveau de compétition est aussi relevé.

Alors effectivement, le nord-irlandais compense !

Et il compense même plutôt très bien avec son club préféré : le driver.

Car si McIlroy n’aime pas son putter, il adore son club numéro un. Sur la statistique de la longueur au drive, il est actuellement cinquième avec 279 mètres de distance en moyenne. 

Performance rendue possible par son incroyable vitesse de balle à l'impact (286 kmh) liée à sa vitesse de swing (193 kmh) !

Il considère que quand il drive bien, le reste de son jeu de golf va dans le bon sens.

Même ses partenaires sur le tour sont impressionnés par son driving. Ce fut encore le cas de Jonas Blixt, un cogneur qui a admis « Il frappe encore plus loin que ce que je pensais. »

Pour McIlroy, sur le parcours, l’enjeu est sa capacité à prendre les par-5 en deux pour faire birdie derrière !

A Augusta pour le Masters, il a terminé dans les derniers pour le putting, mais cela ne l’a pas empêché de jouer les par-5 dans le par.

Pour lui, sa faiblesse au putting l’enferme dans une seule stratégie possible, et pour l’instant, cela ne semble pas le gêner : taper le plus loin possible !

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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