Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Golf en France

Rory McIlroy au départ de l'Open de France de golf 2016

Rory McIlroy au départ de l’Alstom Open de France 2016

Conséquence directe du conflit larvé entre le PGA Tour et l’European Tour au sujet du calendrier 2016 chamboulé, et ce, pour intégrer les jeux Olympiques de Rio, Rory McIlroy a renoncé aux championnats du monde Bridgestone, pour finalement participer au plus vieux tournoi de golf tenu sur le continent européen : L’open de France.

Découvrez nos formules d'abonnements

Les enjeux liés à la présence de Rory McIlroy au départ du prochain Open de France

Un cadeau tombé du ciel, et qui devrait doper la billetterie de l'Open de France prévu pour se dérouler à Saint-Quentin-En-Yvelines du 30 juin au 3 juillet prochain !

Rory McIlroy, actuel numéro trois mondial, un des golfeurs les plus emblématiques de la nouvelle génération sera donc bien au départ de l’open du centenaire.

Le champ des compétiteurs à Paris risque de ne jamais avoir été aussi relevé à seulement deux ans de la Ryder Cup.

Un bien mauvais moment pour annoncer la fin du partenariat entre Alstom et l'Open de France de golf !

Au-delà du discours bien poli et de convenance pour dire à quel point il apprécie le parcours, il existe des raisons très concrètes, et très pragmatiques pour expliquer le choix du nord-irlandais.

Et cela va bien au-delà du fait de préparer The Open qui aura lieu deux semaines plus tard à Troon !

Si cet argument était vraiment prépondérant comme semble le laisser penser le numéro trois mondial, il serait présent à Paris tous les ans, or, pour l’instant, sa présence restera du domaine du ponctuel.

Raison de plus pour en profiter !

Match Europe vs Etats-Unis : Un point pour l’Europe !

Depuis la publication du nouveau calendrier du PGA Tour censé faire une place aux Jeux Olympiques, les organisateurs du circuit européen n’ont jamais décoléré !

La mise en concurrence d’un championnat du monde WGC, décidé finalement au seul profit du PGA tour, avec le plus vieil open organisé sur le vieux-continent, l’un des tournois les plus richement dotés de la saison, autrement dit, l’un des plus importants, a engendré des représailles quasi immédiates de la part des européens.

Pour la première fois, le championnat Bridgestone ne donnera pas de points ni pour la Ryder Cup, ni pour la Race To Dubaï.

Pas de quoi faire « boiter » les américains ?

Une telle décision a fini par avoir une influence considérable sur la construction du calendrier des meilleurs joueurs européens, et en particulier, ceux concernés par les échéances de fin de saison.

S’attaquer à l’Open de France, s’est en fait s’attaquer aux intérêts économiques de tout le circuit européen, déjà bien malmenés par les différentes crises économiques ou sociales.

En jugeant de manière très secondaire, et très arbitraire l’importance de l’open de France, les américains n’imaginaient pas créer une telle polémique.

Polémique qui finit par leur retomber dessus, dans la mesure où sans Rory McIlroy, Danny Willet, Martin Kaymer ou encore Lee Westwood, c’est finalement le championnat du monde qui sera dévalorisé.

C’est un peu l’histoire de l’arroseur arrosé !

Un coup dur qui se transforme en aubaine

Pour l’Open de France, ce manque de considération a dans un premier temps représenté une très grande inquiétude.

Au fil du temps, et soutenu par la position du circuit européen, cela pourrait se révéler être une opportunité !

En étant ainsi défendu, l’Open de France sort grandi de cette affaire, apparaissant comme l’un des tournois majeurs du circuit, et en accueillant l’élite européenne avec notamment le vainqueur du dernier Masters d’Augusta, le tournoi disputé au Golf National devrait attirer une plus grande attention du public et des médias généralistes.

Un élément non négligeable pour le chiffre d’affaires du tournoi et sa capacité à négocier avec les sponsors !

Cet événement est aussi la démonstration que le circuit européen n’est pas tout à fait « mort » par rapport à l’ogre américain.

Commentaire lié au fait que depuis plusieurs saisons, l’hégémonie du circuit américain ne se dément plus, tandis que le circuit européen est obligé de regarder à l’est et au Moyen-Orient pour trouver de nouvelles sources de revenus.

Toutefois, à long terme, le PGA Tour devrait finir par avaler le circuit européen. Reste à savoir sous quelle forme, et pour combien de dollars ?

Le circuit profite de la perspective de la Ryder Cup pour imposer sa loi aux meilleurs européens

En adoptant une stratégie de fermeté, et en refusant d’attribuer des points au WGC Bridgestone, les instances européennes étaient certaines de remporter le bras de fer…non pas avec le PGA Tour, mais avec les meilleurs golfeurs européens.

Une stratégie utile, mais aussi une arme qui ne peut pas être utilisée trop souvent.

En début de saison, l’un des meilleurs européens de ces quinze dernières années, l’anglais Paul Casey a carrément décidé de faire l’impasse sur son circuit d’origine, et une hypothétique participation à la Ryder Cup.

Un choix motivé par la difficulté de faire coexister les deux calendriers, américain, et européen, dans une seule et même saison.

Finalement, la démonstration d’un cas où le circuit européen n’a pas de prise pour influencer un joueur, notamment contre le choix d’un circuit plus relevé, et mieux doté financièrement.

Par contre, pour les européens désireux de conforter leur position sur l’European Tour, à quelques semaines de la sélection Ryder Cup ou les séries finales de la Race, le tournoi français est une étape importante, et même incontournable pour assurer une qualification dans l’un et l’autre des deux événements.

A cette heure, Rory McIlroy est deuxième du classement aux points pour une place en Ryder Cup derrière Danny Willett.

Pour reprendre la première place, il lui faudra au moins une victoire sur le prochain US Open.

Sa décision est autant motivée par le fait de soutenir le circuit européen que d’assurer sa présence dans l’équipe, surtout qu’à ce stade de la saison, et la date de son annonce est importante, McIlroy n’a pas remporté le moindre tournoi aux USA.

D’autant qu’après Paris, et The Open, il ne restera pas beaucoup de gros tournois à disputer en Europe, pour à la fois minimiser les pertes financières liées au fait de jouer un tournoi supplémentaire en Europe versus le PGA Tour, et récupérer un grand nombre de points pour la sélection Ryder Cup.

A cet égard, le choix de McIlroy semble assez conservateur. Il s’offre une possibilité supplémentaire en cas de relative contre-performance jusqu’à Paris.

Après, il peut faire un autre calcul ! Le niveau d’adversité de l’Open de France sera moins important qu’à Akron où il aurait dû affronter en plus du parcours, les australiens, et les américains à domicile.

A Paris, il devra composer avec la difficulté du parcours, et les européens présents, mais effectivement, d’un point de vue préparation et repos, son choix est plus pertinent dans la perspective de The Open disputé pratiquement dans le même fuseau horaire à quinze jours d’intervalles.

L’Albatros n’est pas un links, mais il possède des caractéristiques de difficultés plus semblables que celles du parcours d’Akron dans l’Ohio, théâtre du Championnat du monde Bridgestone.

Ceci dit, la dernière fois que McIlroy a disputé le WGC-Bridgestone Invitational en 2014, il l’a remporté ! L’an passé, c’est une blessure qui l’a empêché de défendre son titre.

Enfin, si le champ de joueurs à Paris ne sera pas celui d’un championnat du monde composé des 60 meilleurs, l’Albatros n’a rien d’une partie de plaisir.

A ce titre, ce sera passionnant de voir comment le numéro trois mondial joue un tel parcours.

Un domino qui devrait en faire tomber d’autres

Après Kaymer qui avait très tôt dévoilé la même intention que McIlroy, il ne serait pas étonnant que Victor Dubuisson, Justin Rose et Sergio Garcia renoncent eux-aussi aux championnats Bridgestone.

Pour le français, cela paraît évident puisqu’il s’agit de son open national. Pour Rose et Garcia, il faut remonter à très loin pour retrouver une trace de leur participation à l’Open français.

Les deux golfeurs sont dans une situation encore moins évidente que McIlroy en vue de la Ryder Cup.

Actuellement qualifié au titre de la « World List », leur présence dans l’équipe n’est pas à ce stade garanti.

Au départ, les éléments étaient contre Paris, à l’arrivée, l’Open de France pourrait bien malgré lui, complètement bénéficier de cette situation, et sans avoir à débourser d’argent pour faire venir des stars !

Au contraire, il est possible que la venue de tels joueurs apprécie la qualité du tournoi, et l’intérêt du public.

Comme quoi, le caractère parfois hégémonique des américains peut avoir du bon !

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 2280
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.