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Romain Langasque dans la dernière partie du samedi à l’Omega European Masters 2016 !

Romain Langasque dans la dernière partie du samedi à l’Omega European Masters 2016 !

Le golfeur de Saint-Donat prendra le départ de l’Omega European Masters ce samedi à 12h05 dans la 26 ème partie en qualité de leader du tournoi, une position bien méritée à la vue de ses deux premières journées parfaitement maîtrisées, et dans un contexte qui n’était pas nécessairement le plus évident pour le jeune français, membre du Challenge tour en attendant mieux…Récit et explications qui ne peuvent être données qu’en étant sur place, et sur le parcours…

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Associé pendant deux tours à Bryson DeChambeau, ce qui commence à être une habitude, tant les organisateurs de tournois prennent un malin plaisir à associer les deux anciens plus emblématiques amateurs de l’année 2015, et à Beef Johnston, le nouveau phénomène du circuit, et sûrement le joueur le plus suivi à Crans-Sur-Sierre par le public britannique.

Dans un tel contexte, le jeune français a parfaitement résisté à la pression, et su tirer parti du parcours.

Avec deux cartes de 68, et surtout 63 le vendredi, Langasque a surpris son monde pour occuper la tête en compagnie de Richard Bland, et Richard Green à -9.

En matière de performance, c’est une chose de scorer dans une partie très suivie par le public avec tous les petits inconvénients que cela peut supposer, et de scorer dans une partie peu suivie, où le joueur peut parfaitement rester dans sa bulle.

Langasque a donc joué 63 dans le contexte le plus difficile alors que dans le même temps, le favori des médias et tenant du titre, Danny Willett, dans les mêmes circonstances a seulement scoré 72 (deux au-dessus du par) avec plusieurs grosses fautes inhabituelles pour lui, et qu’il semble imputer au public massé autour de sa partie, et le cliquetis des iphones de certains indélicats.

Sur ce point, effectivement, certaines personnes ont des progrès à faire dans le respect du jeu et des joueurs. Il est parfois facile de se cacher dans une foule !

Néanmoins, Romain a connu les mêmes problèmes, et ne s’est jamais départi de son calme, peut-être sa plus grande force.

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Alors que l’attention était très focalisée sur l’américain et l’anglais, Langasque a joué son jeu.

« Je suis très content de ce tour. J’ai très bien drivé, et très bien putté tout au long de la journée. C’est vraiment agréable d’aussi bien jouer sur ce parcours. Je me suis fait vraiment plaisir. En fin de journée, le vent a commencé à se lever, rendant le parcours encore plus difficile. J’étais déjà très content de -2 hier, et je pensais vraiment que j’aurais de bons greens, et moins de vent pour scorer. »

Poursuivant, confiant à propos de sa situation de néo-pro « Concernant le challenge tour, je suis plutôt assuré de pouvoir jouer à temps plein sur l’European Tour l’an prochain. (à ce jour, Romain est leader de l’ordre du mérite du circuit inférieur), donc je joue vraiment sans pression. Si je joue bien, c’est cool, si ce n’est pas le cas, ce n’est pas grave. Je n’ai rien à perdre. Je n’ai vraiment aucune pression, et peut-être que cela joue en ma faveur. »

Encore un exemple qu’au golf, jouer sans pression est un excellent moyen pour scorer bas, et un petit avantage par rapport à d’autres pros, qui en cette fin de saison, jouent un peu avec le frein à mains, pensant à sauver leurs cartes pour la saison prochaine, et avec peu de tournois restant à disputer pour y parvenir.

Le rêve de Romain ? Bien entendu, gagner ce tournoi tout en prenant un maximum de plaisir.

Alors que Beef Johnston est très expressif dans une partie, Romain Langasque est plus introverti, ou en tout cas, plus impassible.

On sent qu’il est amusé par le contexte autour de lui, mais ne semble pas se déconcentrer pour autant. En revanche, à l’inverse, de certains de ses camarades, il a rarement et même jamais de mouvements d’humeurs.

Pas plus qu’il n’est perturbé par la polémique à deux francs six sous qui secoue le clan tricolore cette semaine. En effet, le journaliste de l’Equipe, Philippe Chassepot a fait le tour des joueurs, et en particulier les plus expérimentés, pour recueillir les avis sur le choix de Victor Dubuisson d’emmener justement Langasque avec lui en coupe du monde à la fin de la saison.

Ce choix ne passe pas pour certains joueurs dont nous aurons la courtoisie de ne pas donner les noms.

En effet, Romain, malgré tout son talent, n’est pas actuellement le numéro deux français. Pas plus qu’il ne joue depuis longtemps au plus haut niveau.

Et surtout pas un membre régulier de l’European Tour, bref, beaucoup de conditions qui ne faisaient pas de lui un candidat naturel pour cette sélection.

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Revenons sur le début de l’affaire…

Cette année, les organisateurs de la coupe du monde des nations de golf ont donné comme privilège aux leaders de chaque pays de choisir leurs partenaires.

En soi, rien de bien palpitant surtout que la coupe du monde des nations est tout de même une compétition de golf en bois, dont tout le monde se fout un peu.

Cela fait partie de ses compétitions qui ne présentent pas un grand intérêt médiatique, et qui ajoutent de la fatigue aux joueurs avec des déplacements assez lointains à effectuer.

Dubuisson qui est originaire du sud de la France, et joue très régulièrement sur l’Old Course de Mandelieu a sans doute choisi de jouer avec Romain, car les deux jeunes hommes fréquentent les mêmes parcours, et se croisent plus régulièrement.

Il est tout à fait envisageable que Dubuisson ait préféré jouer avec quelqu’un qu’il connait et apprécie plutôt qu’avec un autre joueur.

En revanche, ce qui est un peu « petit bras » de la part de Dubush, c’est d’avoir déclaré forfait pour l’Omega European Masters, la veille du tournoi, et pour une raison inconnue.

Peut-être conscient de l’émoi provoqué par son choix vis-à-vis des autres joueurs, Dubuisson a-t-il préféré faire l’impasse, et ne pas affronter le mécontentement de ses pairs ?

Cette anecdote démontre deux choses : D’une part, contrairement à ce que la FFG aimerait nous faire croire, il n’y a pas une si bonne ambiance entre les joueurs du clan français, et d’autre part, Dubuisson est aussi un peu en marge des autres tricolores.

N’oublions pas que le golf est un sport individuel. Il y a quelque chose d’Highlander dans ce sport depuis tout jeune jusqu’à pro qui gagne sa vie sur le tour. A la fin, il n’en restera qu’un !

Ce n’est pas évident de demander à des pros qui se sont construit chacun dans un coin, de soudainement s’unir, même pour une bannière, surtout quand ces épisodes sont minoritaires dans une saison.

Le journaliste de l’Equipe a fait son boulot puisqu’il a retranscrit l’opinion de certains joueurs, mais est-ce que cela sert la cause du golf tricolore ? Surtout qu’en dehors de jeudegolf.org, il n’y a pas d’autres médias français à Crans-Montana, et encore moins avec nous sur le terrain auprès des joueurs.

Par contre, ils seront nombreux à vous proposer des photos et des communiqués de presses des organisateurs !

En revanche, aucun ne pourra saisir le fait que dans ce milieu très feutré, Romain Langasque ne s’est pas laissé démonter par « cet à côté de midinette » pour rester concentrer sur son jeu.

Depuis longtemps, nous considérons que c’est lui le « next big thing » du golf français, et sans doute le futur numéro un tricolore…devant Dubuisson…

On en reparlera…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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