Plus de 5000 pages pour votre jeu de golf. Matériel, technique, parcours, voyages...
Posté par le dans Golf féminin

Women’s British Open: Georgia Hall porte plus que les espoirs de son pays

Ricoh Women’s British Open: Georgia Hall porte plus que les espoirs de tout un pays - crédit photo : Simon Davies/DPPI/Icon Sportswire

Le golf féminin professionnel est en crise depuis plusieurs années. Sur les dix meilleures joueuses du monde, huit sont originaires d’Asie. Seules deux américaines arrivent péniblement à surnager sur le LPGA Tour, Lexi Thompson et Jessica Korda. Pour cette dernière, la raison tient dans un profond désavantage des golfeuses américaines et européennes versus les sud-coréennes. A l’occasion du British Open disputé sur le parcours du Royal Lytham St.Annes, l’anglais Georgia Hall joue à la maison. Elle porte bien plus que les espoirs de son pays…

Découvrez nos formules d'abonnements

Depuis Karen Stupples en 2004, l’Angleterre espère une nouvelle victoire d’une golfeuse maison.  Le pays ne manque pas de bonnes joueuses à l’image de Charley Hull, Mel Reid et Georgia Hall.

Heureusement, il ne faut pas s’en remettre à la seule légende Laura Davies, vainqueur en 1986, et toujours dans le champ des joueuses…

Si les anglaises sont de très bonnes golfeuses, tout comme beaucoup d’européennes, comme la française Céline Herbin qui a justement passé le cut (55eme après 3 tours en +2), elles ont pourtant peu de chances de rivaliser avec les asiatiques qui dominent le circuit depuis plusieurs années.

Quelques jours avant le début du majeur britannique, l’américaine Jessica Korda a osé jeter un gros pavé dans la marre, afin de dénoncer un déséquilibre profond entre USA et Asie, ce qui ne manque pas de concerner le continent européen en mal de sponsors, et de public.

Korda veut que les autorités du golf américain prennent conscience des lacunes dans le cursus de formation des joueuses, et fassent beaucoup plus.

Avec Jutanugarn, numéro un mondiale devant Inbee Park et Sung Hyun Park, Thaïlande, Corée du Sud, et Chine dominent sans partage le golf féminin mondial.

En moins de dix ans, l’Asie a bouleversé les forces en présence, reléguant la Solheim Cup à une compétition de seconde zone, entre deux continents en deuxième division du golf mondial.

Pour Korda « Elles ont un meilleur programme de développement pour les juniors. Elles ont une équipe nationale. Elles voyagent dans différents pays. A l’inverse, les USA n’ont pas d’équipe nationale, et personne n’aide vraiment les filles et les garçons à grandir en tant que professionnel. »

Elle poursuit son analyse « Nous n’avons pas de camps d’entraînements. Aux USA, le programme AJGA aide les enfants à intégrer le collège. En Corée, les golfeuses jouent pendant deux ans sur le circuit coréen PGA avant de venir aux Etats-Unis. Il faut arrêter de les traiter comme des rookies quand elles arrivent aux USA. Elles ont déjà tous les codes du professionnalisme avant de venir jouer ici. Elles ont déjà appris à gagner, et même jusqu’à dix fois avant d’être considérées comme des professionnelles. »

Pour Jessica Korda, ce parcours de formation donne un avantage immense.

« En comparaison, les américaines ont au mieux joué une saison sur le Symetra Tour où elles sont de véritables rookies. C’est pourquoi je considère que le plus gros désavantage des américaines réside dans le programme de développement qui est quasiment inexistant. En comparaison, l’USTA (fédération américaine de tennis) fait énormément de camps pour aider les joueuses à s’améliorer. Ils prennent les enfants sous leurs ailes, et par conséquent, vous voyez de plus en plus de jeunes américains et américaines dominer les classements mondiaux. »

Elle ajoute « J’aimerai tellement voir quelque chose de similaire dans le golf. »

Korda qui fait sa huitième apparition au British Open féminin doté de 3 millions de dollars semble hors course pour la gagne. Classée 17eme à -5, elle compte déjà 8 coups de retard avec un tour à jouer par rapport à la Thaïlandaise Pornanong Phatlum.

A 25 ans, Jessica Korda semble résigner à devoir lutter comme elle peut contre une déferlante de joueuses sud-coréennes. Sans être la meilleure joueuse du monde, elle n’en demeure pas moins une voix qui compte dans son sport. Une de ses rares voix qui peut peser.

A 25 ans, Jessica Korda semble résigner à devoir lutter comme elle peut contre une déferlante de joueuses sud-coréennes.

Dimanche, la seule chance de contrer une joueuse asiatique réside dans la performance de l’anglaise Georgia Hall, en -12, et donc à un seul coup du leader.

Hall joue à domicile. Elle connait parfaitement le parcours. Son père, Wayne est sur son sac. Sa mère, son copain, ses amis sont derrière les cordes. Georgia Hall ne pourrait pas être plus à l’aise.

« Rien ne vaut un bon jour sur un links. C’est tellement beau à jouer. »

L’an passé, elle était déjà dans le coup à Kingsbarns. Entrée dans le week-end en seconde position, elle avait terminé à la troisième place.

Cinq ans plus tôt pour ses débuts sur ce majeur à St. Andrews, elle avait partagé les honneurs de la meilleure amatrice sur le tournoi avec Lydia Ko.

Son style de jeu convient en fait parfaitement à ce type de parcours.

« J’adore taper des balles basses. Vous pouvez jouer tellement de coups différents. C’est vraiment amusant. J’aime jouer des links. »

Cette semaine à Lytham, un parcours jonché de pièges avec notamment 167 bunkers et des buissons stratégiquement placés, il est facile de trouver les embuches.

Sur les 36 premiers trous, Hall n’a tout simplement pas commis le moindre bogey, signe de son adéquation avec ce type de parcours. Pourtant, elle n’a pas fait ses premières armes golfiques sur ce type de parcours dans ses jeunes années.

Originaire du sud (Bournemouth), c’est bien avec le développement de sa carrière professionnelle qu’elle a développé une appétence pour le golf de links.

L’anglaise assure qu’elle ne souffre d’aucune pression ici. Pourtant, après trois tours, elle représente la seule chance de victoire d’une occidentale, bien que la canadienne Brooke Henderson pointe en septième position à -8.

Cependant, remonter cinq coups sur un dernier tour en majeur avec six joueuses capables de s’imposer et avec de l’avance sur elle, ce n’est pas l’idéal.

A 22 ans, Georgia Hall quant à elle a déjà participé à une Solheim Cup, mais elle est toujours à la recherche de sa première victoire sur le LPGA Tour.

Elle n’a qu’un coup à remonter, et dix-huit trous à jouer.

Elle a concédé ses deux premiers bogeys du tournoi sur les trous 13 et 17 lors du troisième tour.  Elle a néanmoins su se reprendre avec son cinquième birdie de la journée au 18.

Contre la Thaïlandaise Phatlum, Hall s’est distinguée avec seulement 26 putts mais aussi seulement 10 greens sur 18 en régulation samedi, alors que le leader a pris 16 fairways sur 18 pour 31 putts.

Avec plus de précision depuis le tee ou sur le parcours, Hall pourrait peut-être créer la sensation, et pour un temps rompre la domination de l’Asie sur le golf féminin. Envoyer un message d’espoir de Washington à Londres en passant par Evian « Une européenne peut rivaliser »

La domination sud-coréenne explique un faible intérêt en Europe et aux Etats-Unis, des audiences réduites, et par conséquence des difficultés à trouver des sponsors.

Comme le souligne Korda, il devient urgent de rattraper l’Asie en mettant en place dès maintenant des moyens comparables, notamment au niveau de la formation, ou l’organisation de circuits de préformations. Espérons que Georgia Hall suscite des vocations…

Crédit photo : Simon Davies/DPPI/Icon Sportswire

  • Taille du texte: Agrandir Réduire
  • Lectures : 235
  • 0 commentaires
  • Imprimer
Modifié le

Restez informé

Recevez notre newsletter

Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

Vous ne pouvez pas poster de commentaires si vous n'êtes pas membre du site.