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Rickie Fowler : De perdant magnifique à vainqueur du Waste Management Open 2019

Rickie Fowler : De perdant magnifique à vainqueur du Waste Management Open 2019

Quand il a mis sa balle dans l’eau au trou numéro 11 du TPC de Scottsdale, on pouvait se demander légitimement, si Fowler n’allait pas une nouvelle fois laisser partir une victoire qui lui tendait les bras, pour se transformer encore en perdant magnifique. A tout juste 30 ans, par un heureux concours de circonstance, Fowler est pourtant celui qui a finalement soulevé la coupe, sa cinquième sur le PGA Tour. Cette victoire va-t-elle enfin lui permettre de débloquer son compteur en majeur ?

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Le Waste Management Open disputé chaque année en Arizona tout près de Phoenix, est certainement le tournoi le plus spectaculaire du circuit américain, hors majeur.

Le champ des joueurs est souvent très relevé.

Mickelson, Kuchar, Thomas, Rahm, Woodland, Grace, Bubba Watson, Zach Johnson, Xander Schauffele, la plupart des stars du PGA Tour se donnent rendez-vous à Scottsdale, pour communier avec des fans de golf, un peu plus bruyants qu’à l’accoutumée.

Le trou numéro 16 est certainement le par-3 le plus célèbre du circuit, complètement enfermé dans un stade, théâtre d’un spectacle que l’on aimerait voir plus souvent pour du golf.

Le Waste Management Open n’est pas seulement le tournoi le plus folklorique de la saison avec ses improbables supporters qui rivalisent en loufoquerie, quand sur d’autres tournois, le blazer est pratiquement encore de rigueur.

Il est aussi l’un des tournois les plus anciens du circuit.

Dimanche, il s’agissait de conclure la 81eme édition, et notamment la 33eme consécutive sur le TPC de Scottsdale, un par-71, qui en soit ne présente pas une difficulté incroyable pour les pros.

Fowler, finalement vainqueur après trois échecs a flirté avec un score total de -20 avant de finir à -17 par la faute d’un triple et un double, qui auraient bien pu le priver de la victoire.

50 joueurs ont rendu des cartes sous la barre des -4.

Le véritable attrait de ce tournoi n’est pas la difficulté du parcours, mais l’ambiance particulière et unique en son genre, entre des golfeurs professionnels, qui un tournoi de golf par an, acceptent de jouer le jeu d’un public dévergondé.

Pour certains pros, c’est même une sorte de tradition que d’offrir des cadeaux aux fans pendant la partie.

On peut voir sur la photo ci-dessous prise par Will Powers, Bubba Watson distribuer des « goodies » alors qu’il s’apprête à rejoindre le green du 16, et après avoir tapé son teeshot.

C’est pourtant très rare de voir les pros sortir de leurs bulles pour faire corps avec les spectateurs de l’autre côté des cordes.

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Dimanche, une forte averse a néanmoins calmé l’ardeur des plus fervents supporteurs, en même temps qu’elle aurait pu doucher les espoirs de victoire de l’enfant chéri de l’Amérique, Rickie Fowler, golfeur Cobra-Puma mais véritable prise de guerre de TaylorMade pour la balle TP5x !

Fowler a la particularité de détenir le record de balles dans l’eau au trou numéro 17. Pas sûr que cet argument ai convaincu la marque de lui offrir un beau contrat au détriment de Titleist.

En 2016, il n’avait pas pu contenir quelques larmes après avoir perdu le play-off contre le japonais Hideki Matsuyama sur ce même parcours.

En voyant sa nouvelle balle TP5x glissée dans l’eau au 11, Fowler a sans doute, l’espace d’un instant, imaginé connaître une nouvelle désillusion, et ce, alors qu’il avait mené la danse après 54 trous.

Le natif de Californie, de son nom complet Rick Yutaka Fowler, a déjà mené su 54 trous à 6 reprises pour ne gagner qu’une seule fois dans cette situation, avant le tournoi de Scottsdale.

Il s’est forgé une jolie réputation de Unlucky Loser… surtout avec au moins trois places de second en majeur, au Masters en 2018, à l’US Open en 2014, au British Open toujours en 2014, et dans plusieurs autres grands tournois, et notamment par deux fois au Waste Management Open 2010 et 2016…

L’obstacle d’eau du 17 n’a certainement pas voulu revivre ça une fois de plus.

Cela faisait sans doute trop !

En attirant la balle du sud-africain Branden Grace, le seul à pouvoir réellement contester la victoire de l’américain, l’obstacle d’eau préféré de Fowler, lui a en quelque sorte renvoyé la balle !

Fowler a certes toujours le look d’un jeune premier. Il va bientôt afficher sa dixième saison à temps complet sur le PGA Tour.

Depuis 2014, il flirte pourtant régulièrement avec un classement dans les dix premiers mondiaux.

A la faveur de sa victoire à Scottsdale, il revient d’ailleurs numéro huit mondial, juste devant un Rory McIlroy qui continue de s’éloigner da la première place.

Fowler n’a encore jamais gagné de majeur (sauf si on compte le Player’s 2015 comme le cinquième majeur non-officiel), ni jamais été encore numéro un mondial.

En revanche, il est largement champion pour le nombre de fans de tous âges, et à la faveur de son look non-conventionnel ou son swing parmi les plus esthétiques du circuit.

Quand il a envoyé son chip dans l’eau au 11, pour finalement sortir du trou avec un triple enchaîné par un bogey sur le trou suivant, le leader avec 5 coups d’avances s’est à nouveau transformé en second magnifique avec un coup de retard.

Par le passé, Fowler aurait certainement de nouveau plongé, et laissé échapper une victoire qui lui tendait les bras.

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Fort heureusement, ce gros passage à vidé est arrivé aux deux tiers du parcours. Il lui restait alors six trous pour inverser le cours de son histoire.

Plus tard, il se dira peut-être que sa carrière a pris un autre chemin après ces fameux six trous.

Sur le dernier tiers du parcours, Fowler a non seulement trouvé la ressource pour transformer des opportunités de birdies au 15 et au 17 (sur ce dernier trou, une fois n’est pas coutume), mais il a sauvé des pars à des moments décisifs comme sur les trous 13, 16 et 18.

On l’oublie souvent à son sujet, mais c’est bien dans le domaine du putting où Fowler est capable de se transcender, pour être un des meilleurs golfeurs du monde.

Bien entendu, il a été bien aidé par le fait que ses principaux poursuivants, Grace, Thomas ou Kuchar ont tous, tour à tour, connu des moments de faiblesses, mais comme Paul Azinger, commentateur pour la télévision américaine l’a souligné « Fowler devait surtout se battre contre lui-même » lui qui a souvent perdu ses moyens dans un dernier tour décisif.

Il y a deux manières de lire son 74 final qui lui a permis de terminer avec deux coups d’avances sur le second : Soit, vous considérez qu’il a été chanceux qu’aucun de ses rivaux n’arrivent à rendre une carte inférieure à 67.

Chanceux, Fowler ne l’a pas souvent été.

Soit, vous considérez qu’il a enfin su rendre la dernière carte qu’il fallait pour gagner un gros tournoi dans la peau du favori.

Favori, ce n’est pas vraiment un statut auquel Fowler est finalement habitué.

Jamais avant lui, un vainqueur du tournoi n’avait rendu une carte aussi élevée à Scottsdale.

En interview après le tournoi, il a déclaré « J’espère que je n’aurai pas à revivre cela encore une fois. »

Effectivement, un score de 74 sur un dernier tour est rarement synonyme de victoire sur le PGA Tour.

« De la façon dont je jouais cette semaine, je savais que cela n’allait pas être facile. Cependant, je n’imaginais pas que ce serait aussi difficile dimanche. »

Le trentenaire a néanmoins reçu les félicitations de son jeune compatriote, Justin Thomas, déjà vainqueur de 9 tournois dont un majeur.

Ce dernier considérant que Fowler avait su faire preuve de résistance mentale, pour ne pas s’effondrer après l’incident du trou numéro 11.

Sa balle a d’abord touché le green, puis roulé, roulé, et dévalé la pente derrière le green, manquant d’un cheveu de s’arrêter dans le bunker pour finalement dévier, et terminer sa course dans l’eau, comme si le sort voulait s’acharner sur Fowler.

Finalement victorieux, Fowler a peut-être vaincu son signe indien, et trouvé dans cette expérience, une force nouvelle qui pourrait lui être fortement utile dans la quête d’un premier majeur.

Souvent brillant en début de tournoi, il a souvent péché lors des dernières journées, n’arrivant pas à se mêler à la bagarre finale, comme par exemple au moment de l’US Open 2017, remporté par Brooks Koepka.

Mickelson n’a gagné son premier Masters qu’à l’âge de 33 ans. Rien n’est perdu même si Fowler partage l’affiche avec une nouvelle génération de jeunes talents, comme Justin Thomas ou Jordan Spieth ou va devoir encore composé avec Tiger Woods.

Au contraire, comme Mickelson, mais aussi Justin Rose numéro un mondial seulement à 38 ans, Fowler arrive peut-être dans ses meilleures années avec une belle expérience, et un joli palmarès qui ne demande qu’à être enrichi.

Si en plus, il gagne des tournois avec un score de 74 sur le dernier tour, alors le rêve est permis…

Crédit photo : Will Powers/Icon Sportswire

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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