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Réserver un départ en ligne, est-ce vraiment la meilleure solution ?

Réserver un départ en ligne, est-ce vraiment la meilleure solution ?

Nous ne nous en rendons presque plus compte. Pourtant, en l’espace de 15 ans, notre façon de consommer des produits ou des services a été complètement bouleversée par le digital. Le domaine du golf n’a pas été en reste. Très vite, il est devenu possible de réserver un départ sur un parcours, sans même passer par l’accueil du golf ou téléphoner à la secrétaire. Plusieurs sociétés dont MyGreenfee et Bookandgolf se sont imposées dans ce secteur, pour proposer des solutions complémentaires au golf eux-mêmes. Ces solutions sont-elles utilisées aujourd’hui au maximum de leurs possibilités ?

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En utilisant une plate-forme de réservation en ligne, vous bénéficiez d’avantages intéressants, et qui correspondent assez bien au mode de vie actuel.

Vous pouvez effectivement choisir le jour et l’heure de départ de votre choix, tout en tenant compte de vos contraintes professionnelles ou familiales.

Vous pourrez surtout anticiper la météo en décalant au dernier moment votre décision de réservation.

Ces dernières années avec le début de la crise des vocations dans le domaine du golf (2013- ?), à savoir la stagnation ou la baisse des licences aux Etats-Unis ou en France, le frein du temps à consacrer au golf est apparu comme très important.

La crise financière de 2007 suivie d’une profonde crise économique en occident a mis sous pression les cadres dans les entreprises, et en fait tous les secteurs, et toutes les professions, même les artisans et les professions libérales.

En France, l’avènement des 35 heures au début des années 2000 avait été une véritable opportunité de développement pour le golf en France.

Dix ans plus tard, ce n’est plus un argument suffisant. Le niveau de pression pour les actifs a changé.

Pour continuer à jouer au golf, les 25-55 ans ont besoin de jouer plus vite, et surtout moins longtemps.

L’idée de pouvoir plus facilement contrôler un planning plus mouvant en ayant accès aux heures de départ d’un golf avait de quoi être séduisante.

Il ne s’agissait pas seulement de visualiser en un coup d’œil les heures de départ, mais aussi de vérifier la disponibilité de certains créneaux, et même d’anticiper « la charge » du parcours.

A savoir, si vous avez plutôt des parties de 4 joueurs qui s’enchaînent ou si les créneaux sont plutôt libres.

Cependant, sur ce point précis, cela ne fonctionne pas réellement. Le principe n’est pas opérant jusqu’au bout de la logique !

Pourquoi ?

Simplement, parce que les golfs n’utilisent pas une seule solution de gestion pour les départs !

Au lieu d’utiliser un seul site, les golfs peuvent recourir à plusieurs dont des applications mobiles qui n’arrêtent pas de fleurir. De ce point de vue, il y a presque plus d’offres que de demandes.

Dans certains clubs, les membres n’ont pas besoin de déclarer une heure de départ au préalable.

Internet n’est pas le moyen principal pour réserver une partie. Encore aujourd’hui, ce n’est qu’un moyen très complémentaire pour les golfs.

Cela tient aussi à la pyramide des âges.

Depuis 5 ans, on observe en France, une tendance au vieillissement de la population golfique.

C’est une autre conséquence de la crise économique, et aussi le résultat d’une crise plus structurelle, et plus propre au développement du golf en France.

En 2016, pour trouver trace d’une progression des licences à la FFG, il fallait attendre la tranche plus de 66 ans !

En-dessous de cette catégorie d’âge, toutes les tranches étaient en recul : les jeunes, les actifs, les hommes, les femmes, les enfants, et même les pré-retraités !

Avec la croissance des plus de 66 ans à 75 ans, la FFG pouvait juste masquer le problème en affichant une relative stabilité à 0% par rapport à 2015 du global licences.

On était tout de même loin des chiffres de progressions annoncés avec la perspective de la Ryder Cup.

Compte tenu de cet état de fait, s’agissant des réservations de parcours en ligne, ce n’est finalement pas la tranche 60 ans et plus qui est plus friande de ce type de solutions internet.

C’est la première explication au fait que finalement, réserver par Internet reste assez minoritaire pour les golfs.

Alors c’est peu le jeu du chat et de la souris… comme les golfs ne constatent pas un raz de marée des réservations en ligne, la plupart ne sont pas très dynamiques sur le sujet, et ne s’en servent pas assez comme un outil de promotion et de recrutement.

Sur les plates-formes telles que MyGreenFee ou Bookandgolf, le nombre de parties proposées en promotions sont finalement assez limitées.

Limitées par les golfs qui ne proposent pas tant que ça des bonnes affaires.

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Souvent, il n’y qu’un seul départ par journée qui offre un rabais, et pas forcément à des horaires très intéressants comme 8h30 ou 9h20 le matin en semaine.

Pas forcément, l’idéal pour les cadres dynamiques qui cherchent un temps de jeu adapté, et à bon prix.

Idéalement, on aurait pu penser que la réservation en ligne aurait pu servir de variables d’ajustements.

A savoir, les golfs pourraient très bien, tenant compte du remplissage du parcours, proposer des départs à des prix attractifs en fonction de l’avancement de la journée. C’est en fait le cas dans bien d’autres domaines, et par exemple, le transport…

Les sociétés d’autocars utilisent aujourd’hui des algorithmes pour définir leurs prix selon les moments de la journée et de la semaine, tenant compte des pics de consommations. Vous pouvez réserver un bus à des prix radicalement différents selon la fréquentation.

Dans le domaine du golf, on est en très loin.

Il faut bien dire que dans les golfs, la demande internet étant pour l’instant minoritaire, personne ne s’occupe réellement de développer cet aspect commercial.

Ce serait pourtant un nouveau levier de croissance pour aller chercher des green-fees, et peut-être d’une certaine façon sur un temps plus long de futurs membres.

Oui en théorie, mais dans la pratique, un, la clientèle plus senior n’exprime pas ce besoin, et deux, la clientèle des 30-50 ans manque cruellement au golf.

Est-ce le serpent qui se mord la queue ?

Le golf en France ne se développe-t-il pas parce que la filière est dans son ensemble trop passive pour aller chercher ces consommateurs ? Ou ces consommateurs plus jeunes sont profondément détournés du golf ?

Pour ma part, par déformation professionnelle, je ne crois pas à la deuxième hypothèse.

C’est bien parce que dans l’ensemble la filière golf est trop passive pour aller chercher de nouveaux consommateurs, que nous avons actuellement une crise structurelle, qui entraîne par effet rebond le vieillissement de la population golfique.

Si les golfs ont très vite emboité le pas d’Internet en s’équipant de solutions de gestions, et même en diffusant des offres sur des sites de réservation en ligne, rares sont ceux qui ont réellement adopté une stratégie de conquête et d’action commerciale en complément.

Trop souvent, on attend qu’un client passe la porte du club-house plutôt que d’aller le chercher à l’extérieur.

Internet aurait pu faire ce « job » mais pas tout seul…

Dans les golfs, il manque aujourd’hui la fonction de directeur commercial ou représentant commercial externe.

Une fonction qui aurait pour but d’aller toute la journée à l’extérieur du golf, chercher des entreprises, des particuliers, des jeunes, des scolaires, nouer des partenariats pour rentrer de nouveaux visages.

Cependant, les golfs français sont-ils si malheureux, et en grande difficulté ?

Aujourd’hui, avec 400 000 licenciés pour environ 700 structures, vous avez une moyenne de 570 membres ou clients potentiels au green-fee par clubs.

Les golfs pourraient-ils en accueillir davantage ?

Ce que ne dit pas une moyenne, c’est qu’il existe de grandes variations selon les golfs.

Quand certains golfs près des grandes villes sont proches de la saturation avec entre 500 et 700 membres, d’autres, plus éloignés géographiquement des centres urbains sont plus proches de 150 à 250 membres.

Depuis 5 ans, les golfs équilibrent plus ou moins les comptes en fin d’année, et pas sans difficulté.

Certains ont fait faillite, mais finalement, il n’y a pas eu en France de vagues de fermetures comme aux Etats-Unis où le modèle était plus fragile avec une croissance à outrance, suivi d’une descente de plus de 15%.

Même si en France, dans les années 90, il y a eu un fort développement, il n’a pas été anachronique, et correspondait aussi à un rattrapage par rapport aux années précédentes.

En réalité, c’est pour les dix prochaines années qu’il faut se soucier d’un vrai problème de crise pour le golf en France.

Quand la génération des 65/75 ans actuelle va arrêter de jouer par la force des choses, il n’y aura pas un bassin de joueur suffisant pour renouveler !

Le nombre des licences pourrait alors vraiment chuter, et prenons une hypothèse prudente de 10%, soit 40 000 de moins.

La moyenne des joueurs par clubs ne serait plus de 570 mais de 513, et là, au lieu d’équilibrer péniblement les comptes, peut-être que les golfs seraient alors bien plus dans le rouge…

Réserver en ligne présente donc des avantages pour le client final… mais est-ce vraiment le cas pour les golfs ?

Rien n’est moins sûr dans la mesure ou culturellement, c’est aux antipodes des pratiques de la profession, qui s’est toujours faite forte de réglementer l’accès à son club, avant même l’accès au parcours.

Internet est une porte ouverte vers l’extérieur que vous ne pouvez pas réellement contrôler.

Certains golfs ont trouvé un entre deux, en proposant notamment l’avantage de la réservation en ligne, mais uniquement aux membres enregistrés au préalable.

Ensuite, sur les 700 structures qui existent en France, beaucoup se refusent encore à généraliser le principe. D’une part, vous avez des chaînes qui ont signés des accords avec les uns et pas les autres, et d’autre part, certains golfs de membres n’en ont pas le besoin.

Sur Bookandgolf, vous avez une prédominance de golfs Blue Green que vous n’avez pas sur MyGreenfee, tant et si bien que sur les deux plates-formes, le choix par région est assez limité. Il faut être inscrit sur les deux outils pour trouver 50 à 60% des golfs près de chez vous.

Pour appuyer le fait que réserver en ligne n’est pas encore quelque chose d’ancrer dans les golfs, je vais illustrer une expérience personnelle récente.

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A l’occasion d’un reportage au golf de la Bresse, j’ai pu expérimenter toute la limite du principe de réservation en ligne.

Jonglant avec la météo capricieuse du mois d’août, et cherchant à découvrir un nouveau golf, j’ai utilisé la plate-forme MyGreenfee pour trouver un départ sur un golf que je ne connaissais pas : Le Golf de la Bresse.

Situé à une heure de Lyon en passant essentiellement par la route nationale puis par des petites routes de campagne, j’ai fait l’expérience d’arriver au club-house pour me faire signifier que malgré ma réservation en ligne, je ne pourrai pas jouer !

En réalité, le golf accueillait ce même jour une compétition privée, et était fermé pour l’occasion sans que cela ait été mentionné sur le site de réservation en ligne !

Pas contrariant, je suis finalement revenu le lendemain à la différence que le soleil avait laissé place à la pluie…

Situé à une heure de Lyon, le double aller-retour a tout de même un coût kilométrique qui peut faire réfléchir sur l’intérêt de réserver en ligne !

Cette petite expérience pour illustrer à quel point les golfs ne sont pas toujours rigoureux avec l’usage de l’outil internet.

MyGreenfee ou le golf de la Bresse ?

Un des deux n’a pas fait son travail, et je dirais qu’au vue du fonctionnement de ce type de site Internet, la gestion du planning est plus du ressort du golf…

Autre élément qui ne milite pas pour la solution internet : La facturation !

Quand vous passez par une plate-forme de réservation, vous payez en ligne auprès de cette plate-forme.

Pour là-aussi en avoir déjà fait l’expérience, c’est un gros bazar.

Le site vous répond que c’est le golf qui émet la facture, et le golf vous répond que c’est le site qui doit facturer !

Et là, effectivement, c’est bien à celui qui encaisse les revenus de générer la facture.

Pour avoir vécu le problème au golf de la Grande Bastide ou à Mionnay, c’est bien la plate-forme qui doit gérer cette question.

Ils n’ont tout simplement pas prévu l’option facture qui est essentielle pour les entreprises, et un peu moins pour les particuliers.

Pour toutes les raisons énumérées dans cet article, réserver en ligne devrait être la bonne idée… l’idée qui bien utilisée pourrait permettre de dynamiser les ventes de green-fees d’un golf.

Pourtant, en 2017, il y a encore trop de freins pour que l’expérience pour le client final, le golfeur ou la golfeuse, soit vraiment au point.

Pour attirer la clientèle des 25-55 ans, les golfs n’utilisent pas assez cette solution, et ne comprennent pas assez les enjeux à moyen termes.

A horizon dix ans, sans changement, l’économie du golf en France va décliner fortement.

Dans cet article, je prends une option à -10% que je ne peux pas complètement prouver. Est-ce que ce sera -5, -10 ou -20% ?

En 2016, on sait que les ventes d’équipements pour le golf ont baissé entre -2 et -5%. Après une moitié d’année en 2017, cette tendance semble s’être accélérée. Elément très significatif, les ventes de balles ont baissé de 3% sur le début de l’année ! Le déclin a peut-être déjà commencé ?

Heureusement, l’élément moteur et fédérateur de toute la filière, la FFG a tout misé sur la Ryder Cup pour inverser la tendance !

Vous savez ce qui arrive au malade quand il y a erreur de diagnostic et donc de traitement…

Pour ma part, réserver un départ en ligne est une option que je vais remettre à plus tard, pourtant convaincu que c’est une idée qui correspond au besoin du moment.

Posté par le dans Golf en France
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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.

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Invité 23/11/2017

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