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Relation entre score au golf et fréquence de jeu sur le parcours

Relation entre score au golf et fréquence de jeu sur le parcours

Nous perdons notre capacité à scorer si nous ne jouons pas régulièrement sur le parcours. Dans la bouche d’un amateur, cette affirmation n’aurait rien de bien étonnant. Pour autant, nous la tenons d’un golfeur professionnel ! Pour beaucoup de golfeurs qui cherchent à sortir une performance pour améliorer l’index, il y a quelque chose à méditer, surtout par rapport au fait de vouloir améliorer son swing, sa technique ou son matériel. Et si pour scorer, il suffisait de jouer le plus souvent possible ? Une évidence ? Nous avons creusé la question avec le coach Michel Delbos.

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L’exemple du golfeur frénétique

Dans un club de golf, il n’est pas rare de tomber très fréquemment sur un golfeur amateur qui vient jouer toutes les semaines, et parfois même tous les week-ends.

Practice, practice, practice puis parcours, parcours, et encore parcours, il en enchaîne les coups avec régularité.

Au départ, ce n’est pas un golfeur plus doué techniquement qu’un autre, sauf qu’à force de jouer à une très grande fréquence, et la plupart du temps sur le même parcours, il commence à scorer de plus en plus bas, et jusqu’à jouer sous la barre des 80 !

En écrivant ces lignes, j’ai tout à fait en tête un golfeur d’une quarantaine d’années qui était médecin urgentiste que je croisais donc régulièrement dans mon club d’origine à Saint-Marc dans les Yvelines.

Il n’était pas le plus athlétique des joueurs. Il n’avait pas forcément un drive sur-puissant. Il n’avait pas forcément la science du putting de Claude Levet, le père de Thomas, un autre membre de notre club francilien, mais il avait une ténacité à jouer pratiquement sept jours sur sept, par tous les temps qu’en moins de 36 mois, il est passé du statut de grand débutant à golfeur capable de jouer moins de dix d’index, et de gagner des compétitions locales ou même faire partie de l’équipe du club.

Il ne fallait pas jouer contre lui en match-play sous peine de sortir avec une défaite.

Faut-il être un stakhanoviste du golf pour forcément bien jouer ? Je ne l’espère pas car il n’est pas facile quand on est en activité professionnelle ou dans un métier qui ne permet pas de gérer ses horaires, de pouvoir consacrer autant de temps au golf.

Si pour bien jouer, n’importe quel golfeur en jouant beaucoup peut avoir des résultats, c’est qu’il y a autre chose que la technique, la tactique, le physique, le mental, et le matériel.

Et à l’inverse, si un bon joueur pratique peu ne score pas, il y a une question de relation directe entre le parcours et le joueur.

Ce serait facile de limiter ce sujet à l’expérience…

Le golf n’est pas que purement mécanique ou biomécanique !

Effectivement, de l’aveu d’une enseignante américaine, Lana Ortega, on peut douter du fait qu’un swing parfait et qu’une technique de petit jeu très soignée sont les seuls éléments qui rentrent en ligne de compte pour un jeu consistant.

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Le bon golf n’est pas qu’une question de mécanique ! C’est aussi et largement une question de stratégie.

Et c’est une petite revanche pour tous les golfeurs qui commencent à jouer après 40 ans, et qui n’ont pas développé une approche physique permettant d’avoir une perfection gestuelle.

Utiliser votre intelligence peut être beaucoup plus bénéfique, et plus facile, que de chercher en permanence à améliorer votre technique.

Avant de vous présenter cinq conseils pour améliorer votre score sur le parcours. Examinons les raisons qui fait qu’à l’inverse, moins on joue, moins on est performant, y compris pour un pro !

Décrocher du jeu : les conséquences

Un pro comme un amateur peut rencontrer la même problématique de saisonnalité.

Alors que l’automne est clément en France, dans quelques semaines, sur 80% de l’hexagone, vous allez être nombreux à ranger les clubs pour au minimum, 2, 3, 4 et parfois 5 mois !

Pour les pros, la solution consiste à faire comme les oiseaux migrateurs, et aller jouer plus au sud.

Pour une golfeuse professionnelle comme Joanna Klatten, il suffit de ne pas jouer pendant deux ou trois semaines pour ressentir une baisse de performance et de score.

Le drive est moins bien calé, les coups de fers sont un peu moins précis, les approches sont un peu moins chirurgicales, et les putts sont un peu moins à la bonne vitesse.

Le cerveau s’est tout simplement relâché de la tension imposée pour parfaitement jouer au golf, c’est-à-dire ajuster sa technique à l’exigence du parcours.

Car, oui, le golf est AJUSTEMENT entre ce que vous savez produire, et ce que le parcours vous demande à chaque coup.

Et, c’est ajustement, c’est votre CERVEAU qui le pilote.

Pourquoi pensez-vous qu’il est important de jeter un coup d’œil à une cible avant de taper un coup de golf, où pourtant, à l’adresse, vous avez le nez au-dessus de vos chaussures ?

L’image mentale !

C’est la fabrication de l’image mentale de ce que vous demandez à votre cerveau qui va l’inciter à coordonner l’ensemble des actions du corps et de l’esprit pour exécuter la demande.

Constat : Pour bien scorer, il faut bien VISUALISER

Et la première chose ou première gêne que vous ressentez quand vous arrivez sur un parcours de golf après une longue interruption….c’est le fait d’avoir du mal à visualiser…à juger des distances frontales, et latérales.

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Faites l’exercice. Arrêtez de jouer un ou deux mois sur le parcours, et retournez-y, vous verrez qu’il vous faudra plusieurs trous pour réajuster vos points de repères.

Faire la mire ! Ce n’est donc pas que l’expérience qui fait défaut quand on joue moins ! C’est aussi la capacité de notre cerveau à visualiser, et analyser les millions d’informations qu’il doit traiter pour prendre les meilleures décisions.

C’est aussi quelque chose qui consomme une énergie mentale phénoménale.

Pourquoi croyez-vous que Jordan Spieth a gagné deux majeurs, et terminé quatrième et deuxième dans deux autres cette année ?

Il est indiscutablement le meilleur joueur du monde actuellement. Et pour le prouver dans les plus grands tournois, il a organisé sa saison pour atteindre son pic de forme durant ces quatre événements disputés à un mois d’intervalle d’avril à août.

Son pic de forme n’a rien à voir avec sa capacité physique, mais surtout, sa capacité mentale !

Sans aller jusque-là pour un amateur, jouez-moins sollicite moins le cerveau, surtout pour un effort de concentration sur plus de quatre heures, et pour exécuter entre 70 à 110 mouvements techniques durant moins de deux secondes.

Soit pour les meilleurs, 2 minutes de swings, et pour les plus haut handicaps, 3 minutes de swings rapportés à ces fameuses 4 à 5 heures passées sur le parcours.

Au golf, plus de réflexions que d’actions !

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99% du temps de jeu au golf est donc mental : visualisation, interprétation, décision… et 1% action !

Ne pas taper de balles pendant un, deux ou trois mois n’a donc impact que sur 1% du jeu, alors que de ne pas faire de parcours pour exercer son cerveau a un impact sur 99% du jeu.

C’est pourquoi avec beaucoup de pertinence, un golfeur tel que Victor Dubuisson préfère aller jouer jusqu’à deux ou trois 18 trous dans une journée, plutôt que de passer deux ou trois heures au practice.

Pour bien jouer au golf, plus que de changer votre swing, surtout quand vous n’avez pas les clés pour le faire : JOUEZ !

En conclusion, nous en revenons à l’exemple cité plus haut du golfeur très assidu qui n’a pas eu besoin d’être le meilleur technicien pour scorer.

Il a mécanisé un mode de fonctionnement pour le répéter, et le répéter, et quelque part, percer le secret du jeu…ce qui est en fait à la portée de tous les golfeurs, et toutes les golfeuses.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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