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Raphael Jacquelin: 20 saisons au plus haut niveau

Raphael Jacquelin: 20 saisons au plus haut niveau

A tout juste 40 ans, Raphael Jacquelin est avec Thomas Levet, l’un des golfeurs français les plus expérimentés sur le circuit, et même s’il est souvent de bons conseils pour les plus jeunes, il reste un gros bosseur, bien déterminé à connaître de nouvelles victoires.

Pas sûr que le quarantième anniversaire du lyonnais sonne le glas de ses ambitions

A cinquante ans passés,  l’espagnol Miguel Angel Jimenez connait actuellement une seconde jeunesse.

Fan de stretching, il démontre que l’âge n’est pas nécessairement un critère pour remporter ou ne plus remporter de titres.

En fait, c’est surtout une question de détermination !

Et la détermination n’a jamais été le point faible du tricolore, passionné de sport depuis tout gamin.

Quand il a été contraint d’abandonner le football, et ses rêves de professionnalisme, il s’est tourné vers le tennis, puis le golf avec la même envie d’aller le plus loin possible.

Ce qui caractérise le plus son parcours chez les professionnels, c’est sans doute son approche méthodique et réfléchie.

Très jeune, il a compris que pour atteindre ses objectifs sportifs, il lui fallait s’entourer d’une véritable équipe.

Pour le swing, il travaille depuis de nombreuses années avec Alain Alberti, head pro Leadbetter Terre Blanche, son club de rattachement, alors que pour le physique, il compte sur Guillaume Chaubron et François Teissedre, tandis que Michael Jones pour IMG s’occupe de l’aspect sponsoring de sa carrière.

Tant et si bien que Raph ne laisse jamais rien au hasard

L’an passé, à quelques jours près, il remportait sa quatrième victoire en Espagne, après le play-off le plus long de l’histoire du tour européen : neuf trous contre l’allemand Kieffer.

Il n’a rien lâché, un peu à l’image de ses parties où il s’explose rarement sur 18 trous.

C’est même sa marque de fabrique.

En 2013, il n’a certes joué que deux fois sous la barre des moins dix en quatre tours, mais il a surtout connu qu’un seul véritable week-end sans, et à plus dix, aux Pays de Galles, tournoi remporté par Gregory Bourdy.

Sur 27 tournois joués, il a manqué neuf cuts pour trois top-10, dont une victoire à Madrid, et on l’oublierai presque une très belle cinquième place en Turquie, qui lui a rapporté 197 000 euros, soit plus d’un tiers des gains de sa saison !

Certes, la victoire de Dubuisson sur ce même tournoi a accaparé toutes les attentions, mais ce bon résultat lui a permis de prendre la 37ème place de la Race To Dubai.

Sans l’éclosion de Dubuisson et aujourd’hui, Levy, ses résultats lui permettraient de batailler pour la première marche du palmarès français avec Gregory Bourdy, et ne pas être que le leader spirituel du golf tricolore, mais aussi le leader technique.

Cependant, à quarante ans, sûr qu’il préfère que des jeunes commencent à éclore, et lui piquer un peu la vedette, car le contraire serait plus ennuyeux pour le golf français.

La dernière ligne droite ?

Son début de saison 2014 n’a pas encore défrayé la chronique

Après huit départs, il a manqué deux cuts mais obtenu deux top 10, dont le dernier à Singapour, où il a pris la huitième place en 273, soit moins quinze sous le par.

Une belle performance qui peut lui servir de référence pour la suite de sa saison, maintenant que le calendrier réellement européen commence.

Ses meilleurs résultats comme beaucoup d’autres golfeurs français, il les a plus souvent obtenu sur le vieux-continent que dans les contrées lointaines, hormis la victoire au BMW Asian Open en 2007.

A partir de la semaine prochaine où il joue l'Open d'Espagne, et dans un contexte où le calendrier a été sérieusement remodelé par rapport aux saisons précédentes, il entame sa préparation pour un objectif important pour lui : l’Open de France.

Il défendra son titre à Girone avant d’aller chercher une performance comparable à celle de l’an passé, au très important BMW PGA Championship de Wentworth, sorte de cinquième majeur pour les Européens.

Les mois de mai et juin promettent d’être denses, car une saison se réussit ou se rate dans cette fenêtre de tirs, surtout pour un golfeur continental.

  • Les sud-africains ont le début de saison avec huit tournois joués à domicile de janvier à février.
  • Les « Internationaux » ont la suite avec sept tournois joués entre le Moyen Orient et l’Asie.
  • Pour les européens pur jus, les choses sérieuses commencent réellement à partir de Madère et le début du mois de mai, pour enchaîner près de 21 tournois avant de repartir en Asie pour les play-offs de la Race To Dubaï.

Et justement pour aller à Dubaï, c’est maintenant qu’il faut marquer des gros points, et assurer une place parmi les 60 meilleurs.

Ses stats sur le tour !

112ème en 2014 pour la moyenne de coups, pour l’instant, Raphael Jacquelin connait un début de saison relativement moyen.

Ses stats sur le tour !

Capable de jouer 66 sur le dernier tour du tournoi de Singapour, en 28 tours joués cette saison, il n’a joué que sept fois au-dessus des 72 (25% de ses parties).

A titre de comparaison, en 2013, pour une saison tout à fait correcte sur le tour européen, il a disputé un total de 86 tours pour 28 joués au-dessus de 72, soit 33% de ses parties !

En-dehors d’une certaine forme de régularité, la moyenne des coups n’est pas la statistique la plus révélatrice sur le niveau de jeu d’un joueur.

En fait, le plus intéressant, c’est le nombre de putts.

Même si cette "stat" peut cacher une tendance à arriver tard sur les greens, à savoir manqué les greens en régulations, un nombre de putts bas est toujours le signe d’une potentielle performance.

En la matière, Jacquelin putt très bien !

Cinquième du circuit avec une moyenne de 27,9 putts par tour, et ce n’est pas parce qu’il manque des greens !

Au contraire, il est douzième pour les putts par greens pris en régulation avec une moyenne de 1,699 putts, et même l’un des meilleurs quand on ne compte que les putts par tour GIR, soit 18,9 !

En revanche, pour l’instant, c’est plutôt le jeu du tee au green qui fait défaut au lyonnais, seulement 165ème pour les greens en régulation avec une moyenne de 11 trous par tour.

A la différence des « jeunes », Levy et Dubuisson qui dominent la catégorie de la distance au drive (278 mètres en moyenne), Raphael Jacquelin n’a jamais été un monstre dans ce domaine (260 mètres tout de même), mais n’est pas non plus parmi les plus précis cette saison.

C’est clairement ce secteur de jeu qui lui pose problème pour le moment.

Le fait d’être plus souvent en Europe devrait lui permettre de se rapprocher de son coach pour trouver la parade sur les tournois à venir.

Un meilleur driving couplé à un putting qui est déjà performant devrait, sans être devin, lui permettre d’accrocher une ou plusieurs bonnes « perfs » d’ici à l’Open de France.

La dernière ligne droite ?

Les deux/trois prochaines saisons donneront le ton de la suite de la carrière de Jacquelin.

Performances en carrière pour Jacquelin

A ce stade de sa carrière, il n’y a plus que deux voies possibles : s’accrocher pour rester compétitif ou lentement décrocher comme tant d’autres avant lui.

Honnêtement, ce serait présomptueux de répondre à sa place, mais notre petit doigt nous dit que le meilleur est à venir pour un golfeur de son calibre.

A 40 ans passés, le pourcentage de victoire commence sérieusement à baisser.

Certes, le cas Jimenez donne l’impression que l’on peut jouer et gagner de plus en plus tard au plus haut niveau, mais lors d’un récent article où nous avions analysé le profil des vainqueurs, nous avions constaté que passé 42 ans, les golfeurs déclinent en performance pure.

Dans le cas de Jacquelin, son style de jeu basé sur la régularité et un mental accrocheur, couplé au fait qu’il n’arrête pas de travailler, pourrait bien lui offrir d’autres belles opportunités.

A commencer par une victoire à Paris ou un beau week-end en majeur !

Troisième de l’Open de France en 2012, Jacquelin a le profil d’un golfeur capable de dominer le parcours de Saint-Quentin-En-Yvelines, où plutôt qu’un exploit sur un tour, il faut résister quatre tours aux conditions de jeu les plus difficiles du circuit européen.

Enfin, mise à part une huitième place au British Open en 2011, Raph n’a pas encore connu un grand soir en Majeur.

N’ayant encore jamais passé le cut sur un majeur américain, cet objectif pourrait bien animer la suite de sa carrière, qui rentre dans la dernière ligne droite pour ce qui est du tour, à moins qu’il ne décide de poursuivre sa carrière au-delà de cinquante ans sur le circuit senior…

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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