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Rahm vainqueur de l’Open d’Espagne 2018: Est-il le nouveau boss du golf Européen?

Rahm vainqueur de l’Open d’Espagne 2018: Le nouveau boss du golf Européen? - Crédit photo : Getty Images

Sur les trente dernières années, ils ne sont que cinq à avoir remporté cinq victoires avant l’âge de 24 ans sur les deux circuits PGA et European Tour. Il s’agit de Tiger Woods, Sergio Garcia, Rory McIlroy, Jordan Spieth, et désormais Jon Rahm. Numéro quatre mondial, l’espagnol se présente de plus en plus comme le prochain patron du circuit européen, et le meilleur atout de l’équipe européenne de Ryder Cup. D’ici la fin de saison 2018, au rythme actuel, pourquoi pas remporter son premier majeur, et le titre de numéro un mondial ?

Jon Rahm remporte son Open National à Madrid

Rahm plus que Garcia dans la peau d'un patron ?

L'avantage de Rahm se construit sur le tee de départ

Devenir numéro un européen sur la route d'un sacre mondial ?

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Jon Rahm remporte son Open National à Madrid

Il a pratiquement remporté tous les titres nationaux depuis l’âge de 16 ans. Il ne lui manquait plus qu’une victoire sur son open chez les professionnels.

A Madrid, sur l’équivalent du golf national français, devant un public que l’on pourrait qualifier de modéré en nombre (toujours l’éternel problème des tournois de golf), mais passionné devant un final 100% ibérique avec Rahm, et Nacho Elvira, le régional de l’étape, la victoire ne semblait pas pouvoir échapper à un golfeur espagnol.

Paul Dunne qui était leader après trois tours n’a finalement pas pu peser sur l’issue du dernier tour, et ce duel Rahm-Elvira, dont l’issue s’est décidée sur un coup du sort sur le 17eme green.

Les deux golfeurs ont vu leur balle se diriger vers l’obstacle d’eau à gauche du green, le seul endroit où il ne fallait pas rater.

Rahm a eu la chance de trouver sa balle jouable. Au-delà de la chance, il a su faire preuve de sang-froid pour sauver le par depuis une position délicate, sous le green et aux bords de l’eau.

De son côté, Elvira n’a pas eu cette chance.

Sa balle a bien terminé sa course dans l’obstacle pour quelques centimètres.

Néanmoins, son approche a bien failli trouver le trou pour moins d’un centimètre. La victoire sur un tournoi de golf ne se joue parfois pas à beaucoup plus…

L’histoire ou le destin voulait peut-être que Rahm signe cette victoire de prestige.

Bien placé à Augusta (quatrième), on aurait pu imaginer qu’il s’accorde quelques jours de repos, et fasse l’impasse sur un tournoi qui aurait à souffrir d’une trop grande proximité calendaire avec un tel majeur.

C’était sans compter sur son envie de répondre présent devant son public. Surtout qu’il n’avait pas jusqu’à présent beaucoup joué en Europe, chez les professionnels.

« C’est tellement un sentiment satisfaisant. Quand j’ai pris la décision de venir depuis Augusta, ce n’était pas pour faire de la figuration et marcher sur le parcours. Je suis venu parce que je voulais gagner ce tournoi. »

Poursuivant « J’ai eu la chance et l’honneur d’être le champion de mon pays depuis l’âge de 16 ans et dans quasiment toutes les catégories. Pouvoir réunir ma carrière amateur et professionnelle de cette manière avec cette dernière victoire pour faire partie de cette liste prestigieuse des espagnols vainqueurs me procure un plaisir indescriptible. »

En 2017, il n’avait disputé que cinq tournois sur le sol européen avec une victoire en Irlande, et une dixième place à l’Open de France, tournoi dont il était déjà l’une des principales têtes d’affiches.

Après avoir très rapidement digéré le décalage horaire entre la Géorgie et la capitale espagnole, dès ses premières apparitions sur le practice puis sur le parcours, Rahm a pu prendre la mesure du soutien du public espagnol désireux de trouver en lui le successeur de Seve Ballesteros.

Le rôle du « patron » du golf espagnol, celui qui rend très fière, toute une communauté de golfeurs, et de golfeuses.

Rahm plus que Garcia dans la peau d'un patron ?

Sergio Garcia aurait pu jouer ce rôle, surtout après sa victoire au Masters l’an passé.

Mais finalement, Rahm paraît plus accessible, plus abordable, peut-être plus humain ou imparfait alors que d’une certaine façon, Sergio Garcia est un champion plus international, plus lisse, plus jet-setter.

La précocité et la force de Jon Rahm impressionne.

Il semble bien mieux taillé que Sergio Garcia pour un rôle de leader charismatique.

Un leader au niveau comptable par rapport au classement mondial, mais aussi un leader d’un point de vue émotionnel, car sans être un play-boy, il semble encore sur la même planète que les spectateurs, plus capable de les mobiliser.

Garcia est devenu au fil des années une star du PGA Tour américain.

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Il a su se forger une image au même niveau que celle des meilleurs américains ou des champions internationaux comme Ernie Els, Retief Goosen ou Adam Scott.

Il a même été un temps considéré comme le principal rival de Tiger Woods au sommet de son art.

D’une certaine manière, à tellement « américanisé » son parcours et son histoire, il s’est un peu coupé de la base populaire : Les golfeurs espagnols.

Bien entendu, il a sa fondation comme Tiger ou Rory, mais quelque part, il n’est pas le champion du « peuple ».

Pour Jon Rahm, ce sera peut-être la suite de son histoire, mais en attendant, aujourd’hui, de par son classement, son potentiel, et son attachement à l’Open d’Espagne, il a gagné le cœur des supporters ibériques.

Il incarne ce leader technique et charismatique qui n’a pas besoin d’être beau pour séduire.

Rahm a surtout tout le temps devant lui pour écrire une histoire pavée de grands succès. Il n’a pas encore montré ses limites, alors que Garcia semble avoir déjà atteint les siennes.

Garcia peut-il devenir numéro un mondial de golf et gagner plusieurs majeurs ?

Cela semble peu probable.

Dans le cas de Rahm, il a encore tout à prouver, et pourtant, la réponse paraît naturellement plus envisageable.

L'avantage de Rahm se construit sur le tee de départ

Pour gagner à Madrid, Rahm a dominé le reste du champ des joueurs pour les greens en régulation avec un ratio de 87,5% sur la semaine. Il a frisé la perfection.

En moyenne du tee au green, il gagne déjà 2,10 coups par rapport aux autres golfeurs sur le PGA TOUR.

Statistique qui s’explique par la qualité et la puissance de son driving. Sur le parcours de l’Open d’Espagne, il a drivé au-delà des 270 mètres de moyenne, chose qu’il avait déjà montré à Paris l’an passé.

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Toutefois, au golf national près de Paris, il n’avait pu ramener qu’une carte de 5 sous le par.

Sur un terrain peut-être moins délicat, cet avantage lui a rapporté plus de points (21 birdies et 2 eagles) pour un score final de 20 coups sous le par.

Sur le circuit PGA, il se classe pour l’instant à la première place pour le nombre de birdies convertis, soit une moyenne de 4,8 par 18 trous.

Sur le circuit européen, alors qu’il ne compte que deux saisons à temps complet chez les professionnels, ses performances sur l’Open d’Espagne montrent encore un net progrès par rapport à ce qu’il pouvait produire encore un an plus tôt.

« Je savais que si je jouais mon jeu, je pourrais faire des birdies dès le début de la partie. J’ai commencé avec quatre coups parfaits dont cet énorme drive au deux, et de là, je me suis concentré sur le fait de maintenir mon jeu. Mon putting n’a pas été le meilleur possible sur toute la semaine, mais depuis le tee de départ, de la façon dont j’ai tapé mes drives, cela m’a beaucoup aidé. Les drives au 13, 15, 16 et 18 ont été des bombes absolues, et exactement là où je voulais les mettre. »

Avant de reconnaître « Cela a surement été mon dimanche le plus difficile sur un tournoi que j’ai gagné, justement à cause du public qui voulait tellement que je gagne, du coup, je le voulais aussi. J’ai senti cette tension. J’ai senti ce stress. Du coup, c’était difficile de garder son calme, et jusqu’à la fin, ma tension a été très haute. Le public a nourri mon énergie. J’ai joué pour eux. Je suis content d’avoir gagné pour le public espagnol. »

Devenir numéro un européen sur la route d'un sacre mondial ?

Demain, la difficulté pour Rahm sera de faire les bons choix pour son calendrier.

Désormais, cinquième à l’ordre du mérite sur le circuit européen, en accentuant sa présence sur les tournois de l’European Tour en 2018, il pourrait très certainement prendre l’ascendant, et occuper le fauteuil de numéro un.

Colin Montgomerie, Lee Westwood, Bernhard Langer, Nick Faldo et bien entendu Seve Ballesteros ont été des leaders européens reconnus au niveau mondial.

Plus récemment, Rory McIlroy a, et par trois fois, assis son aura mondial avec le titre de meilleur européen.

Aujourd’hui, il semble démontrer qu’il a l’étoffe de ces champions.

Il ne devrait pas se contenter d’une victoire de temps en temps en Europe, alors qu’il peut rafler toute la mise, et y construire une stature internationale.

Il n’en sera pas moins bon sur le PGA Tour, mais peut-être plus redouté comme le numéro eu du clan européen, le meneur qui pourrait être l’âme de l’équipe européenne de Ryder Cup à Paris, en septembre prochain.

Cette hypothèse ou ce choix de calendrier plus tourné vers l’Europe n’est pourtant pas le choix le plus évident, dans la mesure où Rahm est peut-être plus un « produit américain ».

Il a d’abord éclos sur le circuit PGA. Il s’est formé à l’université d’Arizona. Il a gagné aux Etats-Unis parce qu’il sort du moule « Made in The USA ».

C’est ce qui le rend d’ailleurs très différent de Sergio Garcia ou son modèle Seve Ballesteros.

C’est aussi un terrible désaveu pour le circuit européen, car c’est finalement la consécration du système de formation à l’américaine.

Crédit photos : Getty Images

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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