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Rahm–Johnson: Le meilleur match-play de golf en 2017 !

Rahm–Johnson: Le meilleur match-play de golf en 2017 !

En remportant le championnat du monde de match-play Dell organisé à Austin au Texas, Dustin Johnson a non seulement gagné le plus beau match de la saison contre le meilleur adversaire possible, son équipier chez TaylorMade, Jon Rahm, et réalisé pour la première fois de l’histoire le grand chelem des victoires en WGC. Même le grand Tiger Woods n’est encore jamais parvenu à un tel résultat !

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Il y a beaucoup de similitudes entre le début de saison 2017 réalisé par l’américain Dustin Johnson, 32 ans, et l’illustre légende du golf moderne, Tiger Woods, 41 ans.

Johnson ne rattrapera peut-être jamais le record de victoires en WGC (championnats du monde) du tigre, soit 18 victoires avec un incroyable ratio de 41% de victoires (18 succès sur 44 départs), cependant, il compte déjà le deuxième meilleur ratio avec 17% (5 victoires en 19 départs), et surtout il est le premier à les avoir tous remporté, notamment le HSBC disputé en Asie, remporté en 2013.

Tiger Woods n’a pris le départ de ce tournoi qu’à deux reprises pour aucune victoire.

En revanche, DJ a remporté cette année deux championnats du monde différents, le Mexico qui remplace le Cadillac précédemment joué chez Trump au Doral, et donc, ce week-end, le Match-play contre Jon Rahm en finale.

Sans oublier ces deux victoires au Bridgestone disputé à Akron, Johnson conforte son rang de numéro un mondial, et de meilleur successeur actuel du tigre.

Difficile d’éviter les comparaisons tant DJ domine actuellement le golf mondial avec force et zénitude.

Si vous avez suivi les matchs pendant toute la semaine, vous avez peut-être remarqué à quel point Johnson savait rester parfaitement « cool » dans les moments cruciaux, et notamment en bord de green et au putting.

Cette attitude est assurément la meilleure possible en match-play, formule de jeu où la pression est à son comble, surtout entre les meilleurs joueurs du monde.

Dans sa finale contre l’espagnol Jon Rahm, finalement remporté « one up », DJ n’a pas réellement lâché de coups donnés à l’inverse de son rival, qui dès le début de la partie, a lâché deux putts faciles qui lui ont coûté d’être rapidement mené 3 up.

Il lui faudra une fin de partie exceptionnelle avec des drives et des putts incroyables pour finalement réduire l’écart.

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L’affrontement entre Johnson et Rahm était sans doute l’un des meilleurs possibles pour une finale de match-play. Il s’agit des deux golfeurs les plus impressionnants depuis février. Justin Thomas ou Jordan Spieth ont montré de belles choses, mais sur des événements particuliers, et dans un agenda plus resserré.

Sans ces deux putts perdus prématurément, Rahm aurait pu être encore plus près du numéro un mondial.

C’est justement ce qui fait aujourd’hui la différence entre l’actuel meilleur golfeur du monde, et son dauphin et probable successeur, tant l’espagnol affiche un niveau de jeu impressionnant.

Pourtant, aujourd’hui, il faut surtout retenir la comparaison entre Johnson et Woods.

C’est souvent injuste car les époques ne sont pas les mêmes. Woods a lui-même passé sa carrière à être comparé à Nicklaus, et ses 18 victoires en majeur.

Entre Johnson et Woods, la matrice est la même. D’autant que…  ce qui est surtout comparable, c’est la manière, et la régularité.

Depuis le début 2017, Johnson a remporté le Genesis Open, le championnat du monde Mexico et ce championnat de match-play, trois victoires importantes en moins de six semaines.

Depuis l’US Open remporté en Juin, DJ a gagné à 6 reprises en 17 départs ! Cela représente un pourcentage de succès de 35%.

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Quand un golfeur se met à dominer le circuit mondial, il est sur ce type de « temps de passages ».

Quand Jason Day s’est propulsé à la première place mondiale fin 2015, il affichait un taux de victoires de 41% (7 victoires sur 17 départs) avec un majeur, un WGC et The Players dans le lot.

Jordan Spieth a connu le même type de « run » en 2015 avec 4 victoires en 12 départs, soit 33% de succès.

Enfin, Rory McIlroy a connu le même phénomène entre 2014 et 2015 avec 4 victoires en 14 tournois (28%) avec au passage deux majeurs.

Au-delà des chiffres de victoires, ce qui est frappant dans le succès de DJ à Austin, c’est à quel point, il domine son sujet et ne laisse personne le dominer.

Les réglages du driver de Dustin Johnson à l'occasion du WGC-Dell Match Play 2017

En 112 trous disputés, il n’a jamais été mené une seule fois. Au mieux, il a partagé le score pendant un total de 5 trous.

Sur l’ensemble des matchs qu’il a eu à jouer, trois dans son groupe, et quatre pour aller au bout, il n’a vu le 18eme trou qu’à 2 reprises.

Il y a bien un point commun très important entre Dustin Johnson et Tiger Woods : le coach !

De 93 à 2003, Tiger Woods a été couvé par Butch Harmon, comme c’est le cas aujourd’hui pour le nouveau numéro un mondial.

Interrogé à ce sujet par les médias américains, Harmon déclare « Il drive comme Tiger pouvait le faire à ses meilleures heures. C’est un très bon putter. Pas forcément génial, mais assez bon pour gagner. Il a appris à taper les fers depuis le tee, ce que je l’ai poussé à faire depuis 7 ans. Il a mis dans son sac un fer 3 avec un shaft graphite qui lui permet d’être très long. Aujourd’hui, il est vraiment très complet. Rien ne peut lui faire peur. C’est un gros plus. »

En 2000, Tiger Woods a complété un run de 45% de victoires avec 3 majeurs. Encore une occasion de comparer les deux américains.

Les deux hommes sont comme les deux faces d’une même pièce.

Woods était deuxième en distance au drive, premier pour les greens en régulation, deuxième pour la moyenne de putting, et premier pour la moyenne de score.

Cette saison, Johnson est premier en distance au drive, deuxième pour les greens en régulation, onzième pour la moyenne de score (un domaine dans lequel il a encore une marge de progression), et 77eme pour la moyenne de putting, ce qui fait justement dire à Harmon qu’il est bon mais pas encore génial.

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Cela tombe bien. Dans deux semaines débute le Masters d’Augusta, le véritable test de la saison, et désormais, l’objectif numéro un pour l’actuel meilleur joueur du circuit pro.

Woods a écrit sa légende à Augusta et dans les majeurs. DJ ne compte pour l’instant qu’une seule victoire à l’US Open. Pour supporter la comparaison, il devra aller chercher au moins une veste verte.

La question qui peut se poser « N’est-il pas prêt trop tôt ? »

Quand Woods affichait de telles statistiques en début de saison, il ne gagnait pas nécessairement à Augusta.

Il est difficile de maintenir un niveau de jeu aussi parfait sur une aussi longue période.

Johnson est à son pic de forme depuis déjà plusieurs semaines, bien qu’il paraisse imbattable actuellement, notamment aux yeux de sa victime en demi-finale, le surprenant japonais Hideto Tanihara.

Au sujet de sa finale, Johnson prend même des accents woodsiens « Je n’ai pas joué mon meilleur golf aujourd’hui que ce soit en demi ou en finale. Ces deux victoires signifient pourtant beaucoup de positif. Je suis assurément fier de ce que j’ai accompli en essayant de ne jamais lâcher de trou. »

Le fait d’avoir passé Jason Day en tête du classement, l’a galvanisé et incité à jouer encore mieux.

Déjà depuis plusieurs années parmi les plus longs frappeurs du tour, son jeu a pris une nouvelle dimension avec son wedging de plus en plus spectaculaire et précis.

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Si son putting est encore en retrait, il a tout de même rentré près de 168 mètres de putts pendant toute la semaine, soit le meilleur total du champ de joueurs présents.

Par le passé, c’était la grosse inquiétude concernant son jeu, surtout après ses défaites mémorables sur l’US PGA Championship 2010, et l’US Open 2015.

« Il a un long chemin à parcourir avant de devenir le nouveau Tiger. Mais pour l’instant, il est sur le bon chemin. » précise son entraîneur.

En 2015, Johnson avait plus du Poulidor que de l’Anquetil. Seulement deux ans plus tard, il s’est totalement transformé à tout point de vue, ne comptant plus seulement sur son don au driving, mais en étant devenu beaucoup plus complet.

Chemin que son jeune rival, Jon Rahm semble aussi emprunter. En matière de match-play, actuellement, le duel Johnson-Rahm était ce qui pouvait se faire de mieux sur la planète golf.

Crédit photo : Getty Images

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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