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Radars: Outils pédagogiques pour l’enseignement du golf

Progresser au golf en utilisant de nouveaux outils tels que les radars Trackman

Le métier d’enseignant de golf obéit comme d’autres professions à des principes pédagogiques et des fondamentaux techniques.  Récemment, nous observons un développement de l’enseignement à partir de radars tels que le Trackman ou le Flightscope.

Les moniteurs de golf aiment échanger, suivre, et discuter de nouvelles solutions dans la pratique de leurs métiers, afin d’être toujours à la recherche de la meilleure pédagogie possible pour faciliter l’apprentissage du golf.

Pour préparer ce sujet, nous avons interrogé Yan Massonnat, head golf pro du Golf de Preisch, qui utilise ces nouveaux outils dans son enseignement.

Préambule : La profession d’enseignant du golf toujours en quête de nouveaux outils pédagogiques

Aux Etats-Unis, certains grands professeurs comme David Leadbetter, Dave Pelz, le regretté Jim Flick, Rick Smith, Stan Utley, Butch Harmon,…des grands noms de l’enseignement se sont fait connaître parce qu’ils ont à différents moments entraînés de très grands joueurs, et y compris des champions sur le PGA Tour, mais aussi, parce qu’ils ont joué un rôle dans la théorisation, et la pensée de l’enseignement du golf.

De la biomécanique moderne du swing jusqu’aux conseils pour faire apprendre à putter à un amateur, ils ont beaucoup influencé les autres pros.

En France, de nombreux pros continuent à s’interroger sur l’évolution de leurs métiers.

Yan MassonatSur ce point, Yann Massonnat ne fait pas mystère du fait qu’il faut aller chercher les informations aux Etats-Unis.

« Le PGA Tour est l’équivalent de la première division du golf. C’est là-bas que se trouvent les informations. Le golf en France a beaucoup profité du fait que des pros, et de très bons amateurs soient partis aux USA, et ensuite ramenés du contenu en France. »

Bien sûr, le golf en France n’est pas aussi implanté qu’aux USA, et les coachs français ne sont pas aussi connu que leurs homologues américains.

Cela n’empêche pas nos pros de mener de nouvelles réflexions, et à certains de continuer à chercher par du benchmarking de nouvelles méthodes d’enseignements.

Le golf est un sport dont on vante souvent les qualités, passant parfois sous silence, le fait que le swing n’est pas un geste aussi simple à réaliser que l’on voudrait bien le croire.

Et en plus du swing, la dominante physique, technique et mentale continue de faire de la pratique du golf une activité nécessitant des heures d’entrainements ou de pratiques pour réellement bien jouer, et commencer à se faire plaisir.

Bien sûr, pour contourner ce problème, tous les acteurs de la filière (média golf y compris) vantent les bienfaits du golf (dépaysement, sociabilité, convivialité…), mais au fond, le vrai plaisir pour un joueur amateur de golf est de faire décoller une balle comme il le désire, et la poser à l’endroit où il le désire.

C’est donc très naturel, et même sain que les moniteurs ou pros de golf soient en recherche permanente de solutions nouvelles, visant à faciliter encore plus la découverte, et la pratique du golf.

Dans ce contexte, les moniteurs s’interrogent sur les fondamentaux de leurs enseignements à travers l’utilisation de plus en plus fréquente des radars de mesures, tels que le Trackman ou le Flightscope.

A l’origine, utilisés pendant des séances de fitting par les clubfitters ou les magasins de golf, ces radars livrent des informations, qui font peu à peu leurs chemins dans l’esprit des pros, notamment sur différents principes fondamentaux liés au vol de la balle.

Nous-même, avons recours au trackman pour l’ensemble de nos tests clubs de golf.

Pour approfondir ce sujet, veuillez trouver ci-dessous le compte-rendu de notre entretien avec Yan Massonnat, Head Golf Professionnal au golf du Château de Preisch, utilisateur régulier de ce type d’outils dans son enseignement.

Bonjour Yan, que pensez-vous des radars de mesures ? Quelle plus-value dans votre enseignement ?

Yan Massonnat : Ce sont de très bons outils pour connaître l’impact du club avec la balle, et récolter un maximum de données très précises.

Sur le principe, cela fonctionne comme si on voulait prendre une photo du swing.

Cela ne remplace pas le pro. L’enseignant doit justement tenir compte des données pour proposer les changements adéquats.

C’est assez génial !

Par contre, ces outils sont assez coûteux. Il est donc difficile pour un seul enseignant indépendant de s’équiper.

Concrètement, comment se passe une leçon ?

Yan Massonnat : Après avoir détecté les données qui posent les plus gros problèmes, on définit des exercices techniques qui vont permettre de modifier le swing.

Il suffit ensuite de recontrôler les données initiales avec le swing modifié pour vérifier le bien-fondé du travail technique.

Cours de golf avec Yan Massonat

Diriez-vous que cela a modifié votre façon d’enseigner le golf ?

Yan Massonnat : Non, dans la mesure où personnellement, j’ai toujours utilisé des outils pour dispenser mes cours.

En revanche, les données scientifiques extraites de ces radars de mesures sont indiscutables. Après chaque pro a ses préférences. L’art est de trouver le bon chemin de progression pour chaque jouer. C’est en tout cas l’art de mon métier.

Avez-vous découvert des résultats qui pourraient contredire les précédentes théories sur le swing ?

Yan Massonnat : Oui et non !

Oui, dans la mesure où à l’aide de ce type de radars, on a pu constater des différences avec certains préceptes d’enseignements assez anciens, comme par exemple le fait que la face de club pouvait influencer la courbe de la balle, thèse défendue par John Jacobs.

Et non, car, cette contradiction avait déjà été mise en lumière dans le « teaching book » de la PGA américaine dans les années 90.

Disons que cela donne un écho plus puissant, car encore une fois, il s’agit de données scientifiques indiscutables.

Pouvez-vous nous détailler ces différences ?

Yan Massonnat : Avec les radars, on a achevé de démontrer que la face de club donne la direction initiale de la balle, et pas la courbe.

En quatre millièmes de secondes, le contact de la face avec la balle est en fait trop rapide pour cela. C’est donc le chemin du club qui fait la courbe de la balle.

Ensuite, la direction de la face de club ne dit pas où va finir la balle, mais uniquement où elle va partir du club.

La balle peut finir à droite, tout droit ou à gauche avec une face à gauche ou à droite à l'impact.

Un angle d'attaque plus vertical donne une balle plus basse avec un même loft.

Tests de clubs avec un trackman

Un fer 6 aura plus de backspin qu'un fer 5 avec le même angle d'attaque.

Donc l'angle d'attaque plus vertical ne donne pas plus de backspin. (dynamic loft - angle d'attaque = spin loft).

Pour compléter, si un golfeur cherche taper plus vertical  à travers l’angle d'attaque, il va fermer le loft, et donner moins de différences, et donc moins de spin.

Si au contraire, ce golfeur garde le même loft avec un angle d'attaque plus vertical, alors il obtiendra plus de spin.

C’est une théorie qui est difficile à reproduire en pratique.

Quel conseil donneriez-vous alors à un débutant ?

Yan Massonnat : Je mettrai un stop à ceux qui veulent taper la balle de plus en plus en descendant, car  je préfère contrôler le point le plus bas du swing avec précision.

Pour conclure, quel est le principe technique sur lequel vous insistez le plus ?

Yan Massonnat : Pour moi, parce que le golf est un sport de lancer...le plus important à mettre en place, ce sont les appuis.

Merci,

Crédit photos : Trackman et Yan Massonnat

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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