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Race To Dubaï 2017 : Rose se rate, Fleetwood prend le chèque

Race To Dubaï 2017 : Rose se rate, Fleetwood prend le chèque

Pour le titre de meilleur européen de l’année 2017, le duel Justin Rose-Tommy Fleetwood, 100% anglais, a bien eu lieu, mais à distance. Fleetwood s’est montré bien en difficulté tout au long du week-end. Son fauteuil de numéro un acquis très tôt dans la saison aurait pu vaciller, sans une dernière défaillance de son plus sérieux rival, Justin Rose, finaliste malheureux du Masters à Augusta, leader après 54 trous, et encore un peu « court » pour être sacré.  La saison qui s’achève aura tenu ses promesses en termes de suspense, malgré plusieurs paradoxes.

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Fleetwood : De bout en bout

Tommy Fleetwood est bien le meilleur golfeur européen ou plutôt du circuit européen pour l’année 2017.

L’anglais a réalisé une très belle saison, et peu avant janvier, auraient misé sur une telle position en fin d’exercice.

Non pas que Fleetwood n’avait pas l’étoffe ou les ressources. Simplement, bon joueur du circuit, il n’avait pas encore donné des signes d’une telle montée en puissance.

En 2016, il faut se remémorer qu’il n’était que 46eme à l’ordre du mérite européen.

Fleetwood s’est doublement révélé.

Non seulement, il a gagné un gros tournoi en début d’année (le HSBC Championship disputé à Abu Dhabi) qui l’a mis sur la rampe de lancement.

Mais en plus, il a su tenir la comparaison tout au long de la saison avec de nombreuses places d’honneurs (deuxième à Mexico, deuxième à Shenzhen, quatrième à l’US Open, encore vainqueur à l’Open de France, sixième en Italie).

A Paris, on a pu voir un Fleetwood dominateur de son sujet sur un parcours jugé difficile. Le golf national est souvent un test. Face à lui, il avait notamment le phénomène Jon Rahm, pas aussi à l’aise sur le parcours de la prochaine Ryder Cup qu’il ne l’a été à Dubaï.

Au contraire, Fleetwood, bien moins long, mais plus malin dans ces circonstances, a fait preuve d’expérience, et de maturité pour gérer une saison longue avec 24 tournois disputés.

Sa force a été dans ce que les golfeurs aiment le plus : la consistance !

A Paris, on a pu voir un Fleetwood dominateur de son sujet sur un parcours jugé difficile.

Seulement quatre cuts manqués dont le Masters en +8 après deux tours, mais en 62eme position, ce qui n’est pas déshonorant. Quand on regarde les cuts manqués, c’est jamais après une explosion.

Sur un an de golf, son score le plus élevé a été à Augusta en 78 sur le premier tour. Le lendemain, il corrigeait déjà sa carte de 4 coups. Insuffisant… mais c’est bien l’une des rares fois de l’année où on pouvait le dire.

Fleetwood a néanmoins bénéficié de circonstances favorables qu’il est difficile de passer sous silence.

Une concurrence décousue

Déjà, l’absence de réelle concurrence durable pour son siège de numéro un occupé très tôt et très peu contesté.

Certes, le final de la saison nous a proposé un peu de suspense avec un Justin Rose revenant de nulle part. Sans faire offense à ses deux belles victoires consécutives en Chine et en Turquie.

Avec seulement 12 tournois disputés contre 24 au premier, Rose termine à seulement 500 000 points de Fleetwood. C’est un peu comme si Monaco terminait deuxième du championnat du France de Football à deux points du PSG en ayant joué la moitié des matchs ! Cela n’aurait pas de sens !

En golf, et sur l’European Tour, c’est possible !

Si on regarde le classement de la Race To Dubaï 2017, et notamment les dix premiers, on pourrait faussement croire que la saison a été disputée et présenté un intérêt pour plusieurs joueurs.

Sur les dix premiers, cinq golfeurs ont disputé l’équivalent de 15 tournois ou moins (Rose, Rahm, Garcia, Molinari et Grace).

On ne peut leur jeter la pierre. Ils ont joué au moins l’équivalent sur le PGA Tour, se coupant en deux entre USA et Europe.

Enfin, Europe… c’est vite dit ! La saison se dispute sur plusieurs continents, et la place des vieux tournois européens se résume surtout de mai à septembre.

Fleetwood qui s’est consacré exclusivement au circuit européen a donc bénéficié d’une présence à moitié des supposés cadors.

Concernant les autres potentiels adversaires (Hatton, Fisher, Cabrera-Bello, ou Noren), ils n’ont tout simplement pas été assez réguliers ou dominateurs pour contester la position de Fleetwood.

Dans le cas de Tyrell Hatton, ce dernier a brillé trop tard en Italie et au Dunhill. Inexistant en majeur avec quatre cuts manqués, comment aurait-il pu réellement rivaliser avec Fleetwood, quatrième de l’US Open, ce qui est sans doute sa performance la plus spectaculaire de l’année.

Il s’agissait d’être au top face aux américains, et chez eux.

Dans le cas de Tyrell Hatton, ce dernier a brillé trop tard en Italie et au Dunhill. Inexistant en majeur avec quatre cuts manqués, comment aurait-il pu réellement rivaliser avec Fleetwood

Ross Fisher a fait preuve d’une belle régularité, mais n’a pas remporté le moindre tournoi en 2017 sur l’European Tour.  Sept top-3 plutôt en début de saison, et sur des gros tournois ont suffi à en faire un des bons golfeurs de l’année.

En Europe, le niveau se resserre

C’est en fait l’autre constat à faire de cette saison 2017. Le niveau de jeu est devenu tellement proche que très peu de golfeurs arrivent réellement à s’extirper du peloton pour se démarquer en tête.

Fleetwood a manqué de rivaux en position de le challenger.

Si on prend le nombre de points gagnés en fin de saison. L’anglais de 26 ans qui a encore une belle marge de progression a scoré plus de 5,4 millions de points. Il a dépassé de 200 000 unités le score de Stenson l’an passé.

Il faut remonter à 2014 pour retrouver McIlroy a plus de 7 millions.

C’est en fait en 2013 que Stenson a été le vainqueur le plus « faible » avec à peine plus de 4 millions.

Sur les 6 dernières saisons, c’est la première fois que le top-10 du classement compte autant de golfeurs à moins de 15 tournois disputés.

L’effet Ryder Cup et système de qualification n’est pas à minorer.

Les meilleurs européens ont sans doute profité de l’exercice 2017 ou pour souffler, ou pour passer plus de temps aux USA. C’est ce qui relativise un peu le classement de cette année.

Le final du dernier tournoi de la saison est d’ailleurs évocateur de ce scénario.

Justin Rose qui a remporté deux des quatre tournois dit des play-offs avait une sérieuse chance de remporter le titre au nez et à la barbe de son compatriote.

Justin Rose qui a remporté deux des quatre tournois dit des play-offs avait une sérieuse chance de remporter le titre au nez et à la barbe de son compatriote.

Rose se manque dans la dernière ligne droite

Leader après 54 trous, il était d’ailleurs bien parti pour y parvenir, surtout qu’au cours des quatre jours de compétitions, Fleetwood n’a jamais semblé en mesure de pouvoir peser sur les événements.

Démarrant son tournoi en mode diesel avec un 73 qui l’a mis hors du coup, c’est surtout son 74 final dans une journée capitale qui fait un peu tâche sur son CV, et sa capacité à ne pas avoir besoin d’événements extérieurs.

Et un événement extérieur, Fleetwood en a eu un beau avec le loupé de Justin Rose.

Loupé qu’il convient de relativiser. Rose a joué 70 pour finir quatrième à deux coups d’un vainqueur stratosphérique : Jon Rahm.

L’anglais avait pourtant l’ascendant au départ du dernier tour. Tous les feux étaient au vert jusqu’à ce qu’il craque sur les 9 derniers trous avec 3 bogeys. Sur le dernier trou, il lui fallait un eagle pour changer le cours des choses. Le birdie fut finalement insuffisant.

En l’espace de trois tournois, Justin Rose a tout de même flirté avec la « zone » de perfection. Justement un événement que Fleetwood pouvait difficilement prédire.

Rose a marqué 2,7 millions de points sur les 3 derniers tournois disputés. Soit plus de 55% de ses points sur toute l’année, et cela a failli être suffisant pour reprendre Fleetwood. Ce dernier ayant laissé la porte ouverte sur le dernier tournoi.

Rose avait déjà, par le passé, laissé échapper une opportunité de victoire à la race contre McIlroy en 2012.

Fleetwood, tout heureux du dénouement pouvait souffler.

Personne ne l'avait vu, peut-être même pas lui...

« J’ai trouvé cela dingue. La saison démarre en novembre/décembre, et vous vous retrouvez à jouer le titre sur le dernier coup de la saison. C’est vrai que c’est un sentiment spécial, et quelque chose que je ne visais pas vraiment en début d’année, mais c’est tout de même arrivé. »

Pour la suite, Fleetwood se prend à rêver de faire partie des meilleurs du monde.

19eme mondial, il admet que son but ultime est d’être le numéro un mondial.

Pour la suite, Fleetwood se prend à rêver de faire partie des meilleurs du monde.

« J’ai acquis beaucoup d’expérience sur ces deux ou trois dernières années. Je sais que l’on peut facilement prendre le mauvais chemin, mais autour de moi, j’ai pas mal de personnes, y compris moi-même qui peuvent m’aider à rester sur la bonne trajectoire. »

Lucide mais néanmoins ambitieux « Mon objectif est d’être le meilleur, et tout professionnel qu’il y parvienne ou pas, devrait avoir cette ambition. »

Fleetwood a d’ailleurs une bonne expérience des hauts et des bas dans une carrière de golfeur. En 2011, il devenait le plus jeune vainqueur sur le Challenge Tour. L’année suivante, il a sauvé sa place dans l’élite in-extremis sur le dernier tournoi au calendrier.

Depuis 2013, il a toujours été dans le top-50 européen sans vraiment défrayer la chronique avec de son propre aveu, pas mal de périodes de doutes.

Wentworth a été un tournant dans sa carrière. Au cours du BMW PGA Championship de l’an passé, il n’avait pas confiance dans son swing, et avait peur de ce que cela pouvait vouloir dire. Il considère que ce moment a été le point bas de sa carrière, et pourtant, 18 mois plus tard, il est le numéro un européen !

Il déclare d’ailleurs une chose très juste « Le travail ne se voit pas forcément par les gens, mais il y a eu énormément de travail pour remonter la pente. Mes proches l’ont vu. »

2017 est terminée. Vive 2018 ! Année de Ryder Cup, le scénario promet d’être différent. En tout cas, c’est à souhaiter pour les piliers de l’équipe européenne de Ryder Cup, surtout si ils veulent exister contre les américains à Paris. McIlroy a déjà annoncé qu’il allait densifier son calendrier.

Seulement 13eme avec 12 tournois disputés, le meilleur joueur européen de ces dernières années a laissé la place. Ce serait étonnant de ne pas le retrouver comme leader naturel de l’équipe dans 10 mois au Golf National.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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