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Race To Dubai 2013: Des play-offs en bout de course?

La Race To Dubai de plus en plus en débat...

Avez-vous déjà cherché à comprendre comment vont se dérouler les premiers play-off de la Race To Dubai ? Le dernier événement de la saison professionnel de golf 2013 est une véritable usine à gaz. Nous avons voulu plonger dans le nébuleux système qui devrait accoucher d’un vainqueur surprise le 17 novembre prochain.

Mode de qualification, enjeux sportifs, chances des français...revue des séries finales de la Race To Dubai 2013.

En 2013, les organisateurs de l’European Tour ont voulu innover, et proposer un final à suspense pour éviter le scénario de 2012, à savoir un vainqueur qui gagne avant le dernier tournoi, et en ayant très peu joué sur le circuit…soit Rory McIlroy.

Pour ne pas froisser le principal sponsor du tour européen, à savoir, les Emirats Arabes Unis qui portent à bout de bras, et à renfort de millions le circuit européen professionnel de golf, Georges O-Grady et ses équipes ont donc mis sur pied un final assez complexe, mettant aux prises les 60 meilleurs joueurs du circuit sur trois tournois appelés « final series » avant le dernier acte qui a traditionnellement lieu au DP World Championship du Dubai.

Tournoi dont on a du mal à comprendre pourquoi il porte la mention World alors qu’il ne s’adresse qu’aux joueurs du circuit européen, et que très peu de membres du top 25 de l’Official World Golf Ranking le disputent chaque année.

Après 12 mois de compétitions, 46 tournois et 25 Pays visités, le circuit va donc se conclure sur quatre tournois à des milliers de kilomètres de Paris ou Londres (BMW Masters en Chine, WGC HSBC Champions encore en Chine, Turkish Airlines Open en Turquie, et la finale au DP Wolrd Tour Championship à Dubai).

Ces quatre tournois ont la particularité de distribuer plus de 30 millions de dollars de dotations pour seulement 60 heureux qualifiés.

Comment se qualifier ?

Pour simplifier, on a essayé de vous illustrer ci-dessous les points qui nous ont semblé les plus importants à retenir :

  • Il faut en fait avoir participé à au moins 12 tournois du circuit européen avant ces séries finales, et faire partie du top-60 de la Race To Dubai aux termes du dernier tournoi de la saison régulière, le ISPS HANDA Perth International, disputé en Australie, encore un pays européen comme chacun le sait, pour accéder aux séries finales.
  • Et pour finalement aller à Dubai, théâtre du final de la saison, il faut en plus participer un minimum de deux des trois tournois des séries finales.
  • Nouveauté en 2013, les organisateurs ont créé un « Bonus Pool » qui récompensera les 10 meilleurs joueurs de la saison.

L’enjeu sportif : Les meilleurs joueront-ils le jeu ?

On peut se poser la question à la lecture du classement actuel de la Race to Dubai.

Les trois leaders sont des joueurs européens évoluant essentiellement sur le PGA Tour.

Henrik Stenson, actuel leader, vient juste de remporter l’équivalent américain de cette épreuve, soit la Fedex Cup, une compétition qui revêt une plus grande importance dans la hiérarchie des tournois de golf professionnel.

Le suédois n’a disputé que 13 tournois de la Race To Dubai, soit le strict minimum, et bénéficie surtout de ses deux deuxièmes places au Scottish et au British Open, acquises en juillet dernier, et dernier moment, où le géant a posé les pieds en Europe.

Néanmoins, ses rares mais très bonnes apparitions dans des tournois de premier ordre, lui permettent de pointer en tête avec une confortable avance de plus de 400 000 euros sur son actuel dauphin, le  nord-irlandais Graeme McDowell, qui lui n’a disputé que 11 tournois.

A la lecture du règlement, on peut donc penser qu’à moins qu’il ne dispute le dernier tournoi en Australie, il ne soit pas éligible au final de l’European Tour !

Drôle de circuit qui se prive du numéro deux, ou alors drôle de circuit où le numéro deux fait l’impasse.

Tout juste marié, McDowell aurait-il d’autres choses en tête ?

Le vainqueur de l’Alstom Open de France a disputé très peu de tournois en Europe, pourtant il s’était plutôt bien illustré avec notamment une victoire au Volvo World Match Play en Bulgarie (encore un tournoi qui prétend être mondial sans pourtant réussir à regrouper les 10 meilleurs joueurs du monde).

Enfin, pour compléter le podium, Justin Rose, actuel troisième de la Race To Dubai, au profit de sa victoire lors du dernier US Open (encore un tournoi européen…) ne compte que 10 participations au circuit européen, et donc est d’ores et déjà non qualifiable pour la série finale.

En réalité, les vrais leaders du circuit européen sont plutôt le sud-africain, Richard Sterne qui a participé à 18 tournois et occupe actuellement la 4ème place du classement, devant l’italien Matteo Manassero, 5ème avec 23 tournois disputés, Branden Grace, Brett Rumford, Thomas Bjorn ou l’américain Peter Uilhein.

Avec une moyenne de 20 tournois disputés, ces hommes ont été les vrais animateurs du circuit pendant toute l’année.

Des noms moins ronflants que les illustres héros de Ryder Cup que sont McIlroy, Rose, Poulter, Westwood, Garcia…tous très engagés sur le PGA Tour, et de moins en moins présent en Europe, surtout une année entre deux Ryder Cup.

La saison 2013 est donc sur le point de se conclure, et pourtant, on a bien l’impression qu’elle n’a jamais réellement commencé.

Privé des meilleurs joueurs, aucun leader ne s’est réellement dégagé, à un moment où le circuit peine à trouver une légitimité par rapport au grand voisin américain.

Pire, il perd peu à peu son identité en se délocalisant de plus en plus dans des pays exotiques (Bulgarie, Inde, Chine, Australie, Afrique du Sud…)

Très bonne année pour les golfeurs français

2013, assurément une bonne cuvée pour le golf professionnel masculin tricolore !

Greg Bourdy au Seve Trophy 2013

Avec les victoires de Jacquelin en Espagne, Bourdy au Pays-de-Galles, Quesne en Italie, et les belles performances de Kaleka en Russie, Dubuisson en Suisse, Havret au Pays-Bas, et Levet en Ecosse, les golfeurs professionnels français ont complété l’une des plus belles saisons du golf pro français.

Auparavant, nous devions nous contenter, les meilleures années, d’une victoire et quelques places d’honneurs, mais que dire de trois victoires la même saison, et encore sans victoire sur notre open national !

On est forcé d’admettre que privé des dix meilleurs européens (Stenson, McIlroy, Donald, Garcia, Westwood, Rose, Poulter, Kaymer, McDowell, et Colsaerts), les tournois du circuit européen sont beaucoup plus abordables, et nos joueurs n’ont rien à envier au reste du plateau, bien au contraire.

Peu en vue en début de saison, notamment sur la partie africaine du tour européen (encore une preuve de logique), les français ont surtout brillé en Europe sur des parcours qu’ils connaissent.

Bien qu’Havret and co ont fait l’effort financier et physique de disputer les tournois sud-africains, ils n’ont pas pu ramener un grand nombre de points de ces épreuves, dont les champs de joueurs sont composés à 95% de joueurs locaux.

A partir du moment où les épreuves du circuit sont revenus sur des terrains plus propices, le talent et l’expérience des golfeurs tricolores ont pu s’exprimer normalement.

Cette saison démontre que si nos joueurs ne font pas encore partie du top-10 européen, et l’écart semble encore trop important à combler, ils sont très près du top-25.

Manque en réalité, un brin de régularité en plus pour qu’un Bourdy se rapproche de l’élite.

L’actuel numéro un français est 26ème de la Race To Dubai avant les séries finales, et pourrait au bénéfice de bonnes performances intégrer le top-15 du tour européen, ce qui semble tout à fait plausible, au vue des absents devant lui, et conjointement la forme exceptionnelle dont il a fait preuve la semaine passée au Seve Trophy (cinq victoires en cinq matchs).

Bourdy ne sera pas le seul à pouvoir s’illustrer sur les derniers tournois.

Quesne (39ème), Dubuisson (45ème), Jacquelin (49ème), seront tous trois du voyage en Chine pour accompagner Bourdy.

A eux de tirer leur épingle du jeu sur les derniers tournois, se mettre en lumière et tirer le gros lot.

Havret (68ème) et Wattel (83ème) manqueront quant à eux la finale de la saison. Un grosse déception pour les deux hommes.

Pour le premier, la saison s’achève sur une note moins négative que son commencement, il assure l’essentiel et devrait revenir plus fort de cette expérience difficile en 2014 avec en plus un changement d’entraineur digéré.

Avec 29 tournois disputés, Havret ne s’est pas ménagé, et aurait même mérité un peu mieux.

Pour le second, 2013 marque un recul par rapport aux performances de 2012. Avec  un programme plus chargé, Wattel qui a disputé 26 tournois n’aura connu que deux bons week-ends en Autriche et en Corée, des tournois pas assez rémunérateurs pour lui assurer un meilleur classement.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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