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Quel indicateur en dit long sur votre niveau de jeu au golf ?

Quel indicateur en dit long sur votre niveau de jeu au golf ? Et non, ce n'est pas le driving

Le golf est un sport qui peut se traduire en une multitude de statistiques, de chiffres, et d’analyses. Pourtant, dans cette pléiade d’éléments qui peuvent caractériser votre propre jeu de golf, un indicateur est clé, et même déterminant sur la façon dont vous pouvez baisser votre index.

Quelle statistique est la plus révélatrice de votre niveau de jeu réel ?

Est-ce les greens pris en régulation ? Est-ce le nombre de fairways touchés sur chaque coup de départs ? Est-ce le nombre de putts par tours joués ?

Si vous étiez un joueur du tour, votre réponse pourrait être bien difficile à formuler, tant les pros doivent suivre avec minutie tous les aspects du jeu.

Je vous rappelle que sur un tournoi professionnel joué sur quatre tours de 18 trous, soit un total de 288 coups pour jouer dans le par, une victoire ou un cut peuvent se jouer à moins de 10 coups, soit une marge d’erreur de 3,5% entre la réussite et l’échec.

Dans ce contexte, les pros analysent leurs jeux sous tous les angles, et surtout en comparaison des performances des autres joueurs.

Ainsi, il existe un classement pour la longueur du drive, pour les approches à 10, 20 , 30, 40 , 50 mètres, etc, les sorties de bunkers, les coups joués depuis le rough, les putts…

Pour un golfeur amateur, c’est un petit peu compliqué de créer de telles statistiques, dans tous les domaines, et par rapport aux autres amateurs.

Non seulement, c’est difficile, mais en plus, cela peut être très chronophage de passer du temps à récolter une infinité de données, et ce malgré l’aide d’outils de plus en plus fins, que nous pouvons embarquer sur nos smartphones…pour ceux qui sont à l’aise avec la technologie.

Imaginez qu’il faut tracker chaque coup sur chaque trou pendant toute une partie de 18 trous ! Ensuite, il vous faut être capable d’analyser avec justesse toutes ces données.

Alors, certes nous pouvons collecter beaucoup de statistiques, mais combien d’amateurs savent réellement s’en servir ?

L’évolution et l’utilité des statistiques

Depuis que je joue au golf et que j’enseigne, j’ai vu l’évolution des statistiques dans le jeu de golf, notamment pour les amateurs.

Auparavant, on se préoccupait essentiellement du résultat final de la carte de score, et pour certains, du différentiel entre le nombre de coups total, et le nombre de putts.

A partir des années 90, les moniteurs de golf ont commencé à rechercher des statistiques plus détaillés.

Aujourd’hui, les applications mobiles permettent donc de tracer tous les coups, et nous livrent un grand nombre de données assez facilement.

De mon point de vue, l’enseignement du golf demain passera par encore plus d’échanges entre l’élève et le pro autour de ces statistiques, à condition d’avoir bien définis le vocabulaire, et distinguer, ce qui est important de ce qui l’est moins.

  • L’élève pourra interpeller plus facilement son moniteur sur des éléments qu’il aura relevé, et qui l’interrogeront.
  • Le moniteur pourra en plus de son œil (et pour moi, l’œil reste le meilleur outil du coach) expliquer avec des éléments quantifiés, ce qu’il voit.

Soit encore plus d’opportunités pour progresser. Tant et si bien qu’il ne s’agira plus simplement de swing ou de mécanique du geste. Ce ne sera plus seulement une question de mental, de forme physique, ou d’équipement.

Il s’agira de rechercher en premier, les réelles faiblesses du jeu du golfeur amateur, et de les corriger, car les statistiques ne trompent pas.

Pourtant, il faudra bien hiérarchiser les corrections en fonction des problèmes les plus urgents, ou qui permettent par la correction, de gagner le plus rapidement des points.

Que dire en premier ? Putting, driving, ou jeu de fers ?

L’écart entre le trou et le premier putt est la première chose à surveiller

De mon expérience, je constate que la première faiblesse chez les amateurs, élément qui se retrouve sur la majorité des cartes de scores, est la distance par rapport au trou du premier putt !

L’écart entre le trou et le premier putt est la première chose à surveiller

Pour moi, et comme je l’ai encore récemment expliqué dans ma dernière vidéo sur jeudegolf.org, pour bien scorer au golf, il faut rentrer les putts.

Le putting est sans conteste le domaine où les amateurs peuvent le plus progresser, car c’est aussi le secteur de jeu où les amateurs gâchent le plus grand nombre de coups.

Derrière la statistique du nombre de putts, on retrouve la question du « A combien étais-tu du trou sur ton premier putt une fois sur le green ? »

Et c’est même une question cruciale quand il s’agit de parler d’un birdie, d’un par, d’un bogey ou d’un double-bogey sur le trou.

Cette distance est très révélatrice du niveau de jeu du golfeur, et cela synthétise très bien quatre éléments : le nombre de putts par partie, les putts rentrés en fonction de distances précises, le chipping, et les approches à moins de 50 mètres.

Cette statistique nous révèle pourquoi la moyenne de putts du joueur est élevée ou basse.

Cas pratiques

Quand un golfeur ramène une carte de score avec des putts joués à plus de six mètres des trous en moyenne, il n’est pas surprenant de lui compter près de 31 à 33 putts par parties sur sa carte.

Si, son premier putt était de neuf mètres, et que le second était encore à trois mètres du trou, il est facile de comprendre que le joueur a un problème de dosage, et de contrôle de la vitesse du putt à jouer en premier.

En moyenne, sur une série de joueurs que j’ai observé récemment, la moyenne de distance du premier putt était généralement de 4,5 mètres.

Pour un amateur, rentrer le putt en un coup sur un green est tout de même quelque chose de rare.

Pour appuyer cette observation, je me baserai sur les recherches de Dave Pelz, grand gourou du putting aux Etats-Unis, qui a constaté que les meilleurs golfeurs, à savoir les joueurs du tour ne rentrent pas plus de 50% de leurs putts à près de deux mètres, alors imaginez un amateur qui putte à plus de deux mètres en moyenne. Ses chances de rentrer au premier putt sont moindres, et à 4,5 mètres, elles sont infimes.

La probabilité de rentrer en un putt pour un amateur est élevée à partir d’une distance d’un mètre.

Selon Dave Pelz, à cette distance, les golfeurs professionnels rentrent dans près de 92% des cas !

Ce n’est pas invraisemblable de considérer que le golfeur du dimanche est lui aussi plus à l’aise à cette distance.

La mesure de la distance du premier putt en dit aussi beaucoup sur les compétences du golfeur dans les approches, et notamment au chipping.

Si vous prenez un élève qui doit jouer 30% des trous avec un chip en bord de green, car il a manqué le green sur le coup précédent, et qu’en moyenne, pour les six ou sept trous à chipper, sa distance sur le premier putt est supérieure à trois mètres, alors il est évident que ce joueur a un problème dans ce secteur du jeu.

Sachant qu’un amateur va jouer entre six et douze chips par parties, ce secteur de jeu est déterminant dans le fait de baisser la distance du premier putt.

Le club d’approche utilisé peut nous informer sur une éventuelle faiblesse

L’autre élément clé qui nous en dit beaucoup sur le niveau de jeu du golfeur est bel et bien le club avec lequel il joue ses coups d’approches.

Pour un golfeur qui est toujours en moyenne à plus de six mètres du trou sur son premier putt, il n’est pas compliqué de constater qu’il n’arrive pas à serrer le drapeau avec sa balle.

La première chose à laquelle je pense est toujours « quel club a-t-il joué pour être aussi loin du trou sur son premier putt ? »

Et il est clair que pour ce joueur, il faudra travailler la frappe de balle en fonction du club à jouer pour faire la bonne distance.

La différence majeure entre un bon golfeur et un golfeur moyen se situe essentiellement au niveau des approches.

Parce qu’ils approchent mieux, ils se laissent moins de chances de faire des trois putts.

Pour un amateur, rentrer le putt en un coup sur un green est tout de même quelque chose de rare.

En conclusion, si vous voulez rapidement progresser, la première chose à faire est de mesure vos distances sur vos premiers putts.

Cela vous en dira beaucoup sur votre jeu… Comment vous puttez ? Comment vous chippez ? Comment vous approchez ?

Et vous verrez rapidement dans quel secteur du jeu, vous perdez des points.

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Auteur

Master Class PGA en petit jeu et entrainement de haut niveau certifié par la TPI (Titleist Performance Institute), Michel a dirigé la section Sport Études Golf Rhône Alpes de 1995 à 2001, et a formé plusieurs joueurs actuellement sur le tour européen.


Sur le site, il intervient comme consultant technique pour les questions liées à la pratique du golf pour les amateurs.

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