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Quel golfeur est le meilleur frappeur de balle sur le circuit professionnel ?

Quel golfeur est le meilleur frappeur de balle sur le circuit professionnel ?

Une récente étude menée par un organisme indépendant s’est intéressée aux performances des meilleurs golfeurs de la planète, ceux qui évoluent sur les circuits américains, et européens. L’analyse a porté sur les performances en matière de fairways et greens pris en régulation, pour isoler les meilleurs par rapport au champ des autres joueurs. Cette étude revient à déterminer quels sont les golfeurs qui frappent le mieux dans la balle. Le terme anglais étant « Ball striking ».

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Fort logiquement, les noms qui ressortent de cette étude ne sont pas loin d’être ceux qui fréquentent régulièrement le top-15 mondial.

Ce n’est pas cela qui est réellement pertinent et nouveau dans cette étude. En revanche, l’exercice permet une lecture plus factuelle de la performance des meilleurs professionnels.

Pour les amateurs qui suivent l’actualité des circuits, il n’échappera à personne qu’Henrik Stenson est régulièrement cité parmi les golfeurs qui prennent le plus de fairways et greens en régulation.

Mais savez-vous dans quelle proportion ? Savez-vous quel avantage cela lui procure réellement par rapport à ses rivaux ?

Cette grille de lecture nous démontre pourquoi le suédois à remporter l’un des tournois les plus difficiles, et les plus prestigieux en 2016, et à 40 ans passés : The Open.

Pourquoi l’exemple de Stenson ?

Tout simplement, parce que le suédois ressort comme le meilleur d’entre tous. Avec une moyenne de fairways pris en régulation dépassant la barre des 75% sur toute la saison en comparaison du reste du champ de joueurs, aucun autre golfeur n’a fait mieux dans le monde en 2016 !

Ce ratio signifie concrètement que dans 75% des cas, il a fait mieux que le reste des autres joueurs engagés sur le même tournoi.

S’agissant du nombre de greens pris en régulation, élément qui rentre aussi très directement dans la performance finale d’un golfeur, Stenson partage le leadership avec quatre autres confrères dont Cabrera-Bello, Casey, Garcia, et l’australien Adam Scott.

Ce dernier est d’ailleurs d’une courte tête, le plus proche de la barre du pourcentage incroyable de 80%.

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Notez que sur ces cinq noms, quatre sont européens, un n’a pas pu être qualifié pour la dernière Ryder Cup à Hazeltine (Casey), et pourtant, l’Europe a perdu cette compétition sans appel face aux américains.

L’Europe possède les meilleurs frappeurs de balles du monde à une époque où on vante sans cesse le mérite des académies américaines, et du mode de formation des américains.

Ce constat conforte des biomécaniciens tel que Jean-Jacques Rivet, qui bien qu’ayant lui-même approché et étudié le mode de formation américain, confirme que l’Europe n’a plus rien à envier au premier pays mondial pour le golf de haut niveau.

Pour en revenir à Stenson, la grille de lecture qui croise fairways en régulation et greens en régulation explique pourquoi il a remporté cette année la Race (ordre du mérite Européen), et un majeur.

Si le suédois maintient un niveau de forme exceptionnel au cours des prochains mois, qu’il joue aux Etats-Unis ou en Europe, il sera le principal favori pour la victoire à la question près du putting.

Cette étude tend à démontrer qu’en matière de performance golfique, le hasard ou la forme du moment ne sont pas des facteurs explicatifs suffisants.

Certes, le putting tend à déjouer les statistiques de frappes de balles, toutefois, Stenson est le golfeur qui se procure le plus grand nombre d’occasions de performer.

Stenson a reçu fin 2016 un droit de jeu à vie sur l'European Tour des mains de Keith Pelley

Le niveau de jeu des favoris

Paradoxalement ou logiquement selon le point de vue pris, Jason Day, actuel numéro un mondial mais qui a vécu une saison tronquée par une blessure au dos ne ressort pas de cette analyse comme le meilleur « ball-striker » du circuit pro.

Au contraire, le surpuissant golfeur australien ne ressort que dans moins de 25% des cas comme meilleur en matière de fairways pris en régulation. Il compense sans doute par une longueur depuis le tee de départ plus importante.

Il n’est pas plus impressionnant s’agissant du nombre de greens en régulation, étant seulement dans 60% des cas meilleur que le reste du champ de joueurs engagés.

C’est le signe que pour gagner, il faut d’autres compétences que celle d’être le meilleur frappeur.

Nous avons déjà démontré que Jason Day avait particulièrement bien putté en 2016. Il faudra le revoir en 2017, si possible sur une année complète pour parfaitement juger son jeu.

Autre élément de surprise, l’américain Jordan Spieth, ex-numéro un mondial, vainqueur du Masters et de l’US Open 2015, certes moins en vue en 2016, n’est pas ressorti comme un énorme « frappeur », non pas en force, mais en qualité.

Bien au contraire, il ne se détache pas du ventre mou des golfeurs sur le tour.

En-dessous de la barre des 50% concernant la performance des fairways en régulation en rapport avec les autres pros, il est aussi en-dessous des 50% pour sa capacité à faire mieux que ses rivaux pour la prise de greens en régulation.

Spieth est bien entendu connu pour être un grand putter.

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Pourtant, pour viser le titre de meilleur golfeur de la planète, le jeune américain ne nous semble pas pouvoir échapper à une plus franche amélioration de sa qualité de frappe de balle en comparaison de ses adversaires…

Inversement, l’autre américain, cette fois vainqueur de l’US Open 2016, défait par Spieth sur ce même majeur en 2015, Dustin Johnson nous semble déjà mieux placé sur l’échiquier avec des moyennes de performances plutôt supérieures à 60% aussi bien en fairways qu’en greens en régulation.

Dans la même veine, Hideki Matsuyama s’illustre comme un excellent frappeur de balle, ce qui, comme Stenson contribue à expliquer, pourquoi il a tant progressé au classement mondial cette année, et en même temps, autant gagné de tournois, et pas les plus simples, comme par exemple le Waste Management Open à Phoenix.

La transition est toute trouvée avec celui qu’il a battu à cette occasion début 2016, Rickie Fowler qui n’usurpe en rien son statut de « top-player ».

Fowler démontrant une plus grande aisance sur le fairway pour attraper des greens par rapport à ses coups de départs plus longs que précis.

Des candidats au rang de numéro un mondial, Rory McIlroy prouve aussi qu’il est en fait le plus solidement armé pour cette perspective.

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Le nord-irlandais n’est certes pas aussi efficace que Stenson, la référence absolue, mais il cumule les points forts, ou en tout cas, se situe à un niveau de performance clairement plus élevé que tous ses principaux rivaux directs.

Bien frapper ou bien faire le reste ?

Parmi les meilleurs frappeurs de balles du moment et au monde, il faut donc principalement retenir Adam Scott et Henrik Stenson juste devant Paul Casey et les espagnols Rafa Cabrera-Bello et Sergio Garcia, à savoir ceux qui dépassent le plus régulièrement les autres joueurs en matière de fairways, et greens pris en régulation, durant toute une saison, et ce, quels que soient les parcours joués.

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Cette étude n’affirme pas qu’il faille impérativement être un excellent frappeur pour être le meilleur golfeur du monde.

Patrick Reed est membre du top-10 mondial, mais visiblement pas particulièrement un bon frappeur ou en tout cas plus précis que les autres.

Cela ne l’a pas empêché de battre McIlroy en match-play au cours de la dernière Ryder Cup…

Simplement, il lui faut plus souvent jouer du rough, et rentrer des putts plus compliqués.

En matière de golf, rien n’est impossible, mais statistiquement, la carte de score a plus de chance d’être basse depuis des positions plus favorables.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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