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Quel avenir pour les bois de parcours dans nos sacs de golf ?

Quel avenir pour les bois de parcours dans nos sacs de golf ?

En 2014, et pour ceux qui suivent l’actualité du matériel de golf, les sorties de nouveaux produits chez les principales marques, il est en fait légitime de se demander si les bois de parcours ne commencent pas à tomber en désuétude par rapport à d’autres types de produits comme les séries combos, et surtout les hybrides. 

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Depuis plusieurs saisons, les marques se battent à coup de nouveautés, et de sorties produits de plus en plus rapides dans le segment des drivers.

Même si nous ne constatons pas toujours avec le même enthousiasme, des gains spectaculaires d’une année sur l’autre, force est de reconnaître qu’à force d’innovation, les drivers proposés apportent de la performance, soit par un plus grand gain de tolérance, soit par le fait de  propulser la balle plus haute, et avec moins de spin, etc. 

Qu’en est-il alors pour les bois de parcours ? 

Le contexte de notre analyse sur les segments du matériel de golf

De notre point de vue, nous qui testons des clubs de golf chaque semaine, et qui vous interrogeons régulièrement sur votre perception concernant le matériel de golf, il ressort deux tendances.

D’une part, la perception d’une majorité de golfeurs amateurs est que les bois de parcours sont plutôt difficiles à jouer, et d’autre part, les innovations, celles qui ont réellement marqué sur ce type de produits, sont beaucoup moins flagrantes que pour les drivers. 

Deux éléments, qui mis ensemble peuvent laisser penser que le segment de marché des bois de parcours est à minima peu dynamique, et de plus en plus minoritaire dans les ventes. 

Pourtant, si nous revenons à l’origine du besoin d’un ou de plusieurs bois de parcours, celui-ci n’a pas forcément changé. 

Entre un driver qui projette la balle à 200-220 mètres pour un amateur et un fer 4-5 qui permet d’atteindre 140 à 150 mètres, il existe bel et bien un écart à combler. 

Un bois 3 peut permettre de jouer une cible à 180 mètres, et un bois 5 à 160-170 mètres, et ainsi de suite pour combler l’écart entre le fer le plus fermé de la série, et le bois de départ. 

D’ailleurs à propos de notion de bois de départ, un autre progrès important induit par les nouveaux drivers est aussi à l’origine du repli des bois de parcours. 

De moins en moins d’amateurs comme de professionnels utilisent leurs bois de parcours numéro 3 au départ d’un trou ! 

Si à une époque encore récente, le débat se posait entre assurer ou attaquer un trou, en optant pour un driver ou pour un bois de parcours, le niveau actuel de tolérance des drivers ayant tellement progressé, cette question s’arbitre de moins en moins en faveur du bois de parcours. 

Ainsi, ces derniers sont véritablement redevenus ce qu’ils ont toujours été : des bois pour le parcours. 

A ce stade, intéressons-nous au véritable problème posé par les bois de parcours ! 

La perception de difficulté d’utilisation par les amateurs de ce type de clubs est rendue plus importante, par le fait de justement poser ce club à même le sol sans l’aide du tee, et tout de même la propulser à une distance finalement seulement inférieure de 10 à 15% par rapport à un driver, qui est d’une tête plus grande avec des caractéristiques très favorables aux coups décentrés. 

Et c’est justement dans ce domaine que les drivers ont énormément progressé.

A savoir, la réduction de la contre-performance plus que l’amélioration de la performance. 

Sur le tour, les mesures de distance moyenne au drive démontrent tous les ans que les meilleurs joueurs du monde ne gagnent pas dix mètres d’une année sur l’autre. 

Bien au contraire, c’est plutôt la stabilité.

En revanche, pour les amateurs, des drivers génération 2010-2014 permettent réellement de réduire les effets négatifs des coups non centrés sur le sweet spot avec des têtes de clubs de 460 cc. 

A l’inverse, les têtes de bois de parcours restent petites, et la difficulté pour bien centrer la balle demeure une contrainte d’utilisation, sans parler du fait de ne pas utiliser un tee sur le parcours. 

Concrètement, plus que la distance, les amateurs ressentent de la difficulté dans la précision, et la dispersion latérale des coups joués avec un bois de parcours, or plus on avance sur un trou, et plus le besoin de précision grandit.

Sur un coup de départ, vous pouvez tolérer une plage de dispersion latérale de plus ou moins 20 mètres (en fonction des trous évidemment). Sur un coup de bois 3 ou 5 sur le fairway d’un par 5 où il vous reste 200 à 180 mètres à parcourir, soit vous cherchez à vous rapprocher du trou, soit même à accrocher un bout de green. 

Le besoin de précision est donc beaucoup plus important. 

Taper une balle qui potentiellement peut s’écarter du point visé d’une quinzaine de mètres n’a pas du tout les mêmes conséquences sur la carte de score qu’un drive à vingt mètres du centre du fairway, sauf si vous prenez du rough. 

Curieusement, ce problème très important pour les golfeurs amateurs n’a pas suscité chez les marques de travail ou de recherches de solutions spectaculaires pendant une décennie. 

Moins de recherche sur les bois de parcours que sur les drivers ?

Et là nous abordons la deuxième partie de l’équation, alors que les marques savent très bien identifier un problème chez l’amateur, et lui apporter une réponse technique adaptée, notamment au driver ou à l’extrême inverse pour le putter, les réponses concernant les bois de parcours sont restées très timorées jusqu’en 2012. 

La plupart du temps, quand une marque comme TaylorMade ou Callaway sortait une nouvelle série de bois, c’est le driver qui portait toute l’innovation, et les bois de parcours, surtout les mêmes peintures. 

Prenons un exemple flagrant, sur le driver TaylorMade SLDR, vous avez une réglette pour faire varier les trajectoires. Point de réglette sur les bois de parcours ? A-t-on moins besoin de faire du fade ou du draw sur un bois 3 que sur un driver ? 

Evidemment, c’est sans doute plus difficile à réaliser techniquement pour la marque. 

Néanmoins, cet exemple illustre que souvent le bois de parcours est légèrement secondaire pour les marques. 

Les nouveaux bois de parcours SLDR

Sans doute aussi parce que la fréquence d’achat de bois de parcours n’est pas aussi élevée que le changement de driver dans le sac d’un golfeur amateur. 

Alors que ce rythme est de plus en plus inférieur à deux ans concernant le bois numéro un, pour les autres bois, ce délai est plus proche de trois ou quatre ans en moyenne.

Sans doute un argument qui explique que la tension d’innovation des marques est plus faible. 

Pourtant, c’est bien dommage, surtout pour ceux qui aiment jouer des bois de parcours, et plus largement, ceux qui ont besoin de jouer depuis le fairway, des coups de 160 à 180 mètres. 

Sachant que tous les amateurs ne sont pas nécessairement en capacité de claquer un coup de fer 2 ou 3 pour faire cette distance. 

La révolution RBZ

En 2012, TaylorMade a justement tenté de redynamiser ce segment de marché, et le lancement du bois RocketballZ a été la première réponse forte d’une marque depuis bien longtemps. 

Comme à son habitude, la marque a analysé comme nous venons de le faire le besoin client, mis en place une innovation, et affiché une promesse de gains. 

En l’occurrence, la communication forte et remarquée était +17 yards, soit +15 mètres par rapport à votre ancien bois ! 

Pour le moins alléchant, même si finalement, le principal problème pour un amateur n’était pas forcément la distance maximum, mais plus le fait de poser la balle régulièrement à la distance moyenne, et sans trop de dispersion. 

Toutefois, le Rocketballz avait le mérite de reposer la question des bois de parcours dans un segment en sommeil ! 

De plus, dans la dynamique TaylorMade, cela pouvait aussi se comprendre par rapport à des drivers, qui étaient eux-mêmes annoncés pour aller plus loin. 

Sans revenir sur l’exactitude de la promesse, le grand mérite de cette opération menée par TaylorMade est que cela a revigoré ce segment de marché, record de ventes à l’appui. 

Pour autant, l’éclaircie semble avoir été de courte durée. Ce qui pose deux questions : les golfeurs déterminent-ils leurs achats par rapport à un besoin ou par rapport à une promesse. 

  • Si c’est le deuxième cas de figure, TaylorMade ne va pas pouvoir afficher tous les deux ans une promesse aussi forte que celle des +17 yards, les amateurs finiraient par être méfiants. 
  • Si, c’est le premier cas, il se peut que les marques, et pas seulement TaylorMade, cherchent à proposer des solutions, et parfois des alternatives. 

Deux tendances semblent donc se dégager

D’une part, certaines marques comme TaylorMade, Callaway ou plus récemment Ping avec le Rapture, proposent des bois de parcours qui sont en fait des bois de départs avec des caractéristiques de clubs, qui proposent des trajectoires très basses et très tendues pour favoriser la roule. 

L’exemple du Rapture est très significatif ! 

Pour un amateur qui joue en moyenne un bois 3 à 170 mètres et un driver à 210 mètres, nous avons pu observer qu’avec un Rapture et sur le tee de départ, il pouvait atteindre 190 mètres, soit clairement une distance intermédiaire ! 

D’autre part, et le phénomène est encore plus large, les amateurs remplacent de plus en plus les fers très fermés (2,3,4) et leurs bois de parcours (4,5 et 7) par des hybrides ! 

C’est ce phénomène qui est intéressant à commenter. 

Nouvel hybride X2 Hot

Un hybride est très proche d’un bois de parcours dans sa forme et sa conception. 

Le bois de parcours est considéré comme difficile alors que l’hybride est beaucoup vendu, comme un club plus facile à jouer, à la majorité des amateurs. 

Cette simple perception de difficulté est clairement à l’origine de la mutation des ventes en faveur des hybrides plutôt que des bois traditionnels. 

Si le bois 3 se maintient encore un peu, les bois 4,5 ou 7 ont plus tendance à se raréfier. 

Sur les forums de golf, vous pouvez voir fleurir des questions du type « Est-ce que je peux changer mon bois 5 avec un hybride 2 ? » 

Sous-jacent pour la même distance, je risque d’être plus précis… 

Car, comme nous l’avons décrit plus haut, le besoin est toujours là ! 

Avantages donnés aux hybrides par les marques

Ce phénomène est donc aussi induit par le fait que les marques n’ont pas assez innové dans le domaine des bois de parcours au cours de ces dix dernières années ou opéré d'autres choix.

De l’aveu même de Benoit Vincent, directeur de la recherche et du développement chez TaylorMade, en dix ans, le RocketballZ a été la plus grosse innovation proposée par sa marque. 

Un produit en dix ans contre une innovation driver par an ! C’est un peu dommage, et pourtant, il y aurait tant à faire...De notre point de vue !

Car en fait, les marques savent que les bois de parcours sont un peu les derniers clubs qu’achètent les amateurs. 

Dans l’échelle des priorités, le driver vient en premier avec les fers et le putter. Les bois de parcours arrivent bien après, surtout pour ceux qui ne peuvent acheter quatorze clubs d’un coup ! 

Les bois de parcours passent aussi après les wedges dans le processus d’achat des clubs de golf. 

Les hybrides ne sont donc plus seulement mis sur le marché pour remplacer les fers, mais bien pour remplacer de plus en plus les bois de parcours. 

Ainsi, un hybride de loft 15 degrés est clairement un produit de substitution au bois 3 quand les lofts de 18 ou 20 degrés s’attaquent au bois 5. 

Pourtant, la différence de dimension de la tête entre un hybride 15° et un bois 3 vieux de dix ans n’est pas aussi flagrante ! 

Ce qui nous fait dire que les hybrides bénéficient surtout de leurs meilleures réputations. 

Observations et conclusions

Dans ce contexte, comment se comportent les professionnels du tour, car finalement, ils sont un excellent reflet des tendances ?

Sur le PGA Tour, les golfeurs professionnels n’ont pas les mêmes contingences que les marques. 

Leurs choix concernant la composition de leurs sacs de golf est plus affaire de confiance ou de préférence que de marketing. 

Et contrairement à ce que l’on pourrait croire, nombreux sont ceux qui utilisent des clubs que nous pourrions considérer comme obsolètes ou tout simplement remplacés par des nouveaux modèles dans les gammes des marques. 

Il n’est pas rare de voir un pro joué un bois de parcours Titleist 980F, un TaylorMade Burner, ou un Callaway FT-i, alors que d’autres  n’en ont tout simplement plus au profit d’hybrides. 

Phénomène qui tend à confirmer que même pour les pros, les bois de parcours ne sont plus aussi indiscutables. 

Conscient de cela, les marques explorent de nouvelles voies, comme par exemple, TaylorMade avec le mini-driver ou les bois de parcours SLDR S qui tentent de proposer des solutions différentes. 

Nouveaux bois de parcours X2 HOT

Contrairement à ceux qui prédisent l’extinction totale des bois de parcours, il y a peu de chances que les marques abandonnent totalement ce segment de marché. 

Au contraire, il y a fort à parier que dans les années à venir, au gré d’une forme de mode, mais plus certainement, à la faveur d’une nouvelle innovation technologique, un ou plusieurs fabricants vont trouver un nouvel angle d’attaque, qui va aller dans le sens de plus de facilité, et comme aujourd’hui avec les hybrides, cela pourra revitaliser les ventes. 

Tant que le besoin de produire une distance de 160 à 180 mètres depuis le fairway et sans tee existera, que ce soit un hybride ou un bois de parcours, il faudra bien un produit à proposer. 

Pour le bois 3 spécifiquement, la question sera de savoir si il deviendra un bois de parcours mode départ comme le Rapture de Ping ou le Mini-driver de TaylorMade ou un bois de parcours ultra-tolérant à la mode hybride ? 

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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