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Que pensent réellement les pros des clubs qu’ils essaient pour la 1ère fois?

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Souvent quand une marque de matériel veut vous présenter un nouveau club, elle le fait déjà passer dans les mains de ses golfeurs professionnels pour qu’ils donnent leur avis. Et chaque année, les commentaires sont toujours très élogieux. Qu’en est-il réellement ?

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Sommaire de l'article sur le process de choix des clubs de golf par les pros

Dans chaque vidéo ou chaque communiqué de presse émis par une marque de matériel de golf, tel ou tel golfeur pro a trouvé le nouveau club formidable, plus performant que le précédent, et surtout, il n’en revient pas de la distance gagnée, et à quel point, le club permet des trajectoires encore plus droites !

Certains poussant même le trait jusqu’à demander si c’est légal !

Dans une bande dessinée, on ajouterait « Waouh », « Dingue », « je l’ajoute immédiatement dans mon sac aujourd’hui ! ».

Si vous vous fiez à ce type de communication, vous pouvez vraiment arriver à la conclusion, que depuis que vous jouez au golf, votre problème : c’est votre matériel !

Evidemment, ce type de communication très américaine dans le style, ne dupe plus vraiment personne. 

Alors comment réagissent réellement les golfeurs pros quand on leur présente un nouveau club tout frais sortie du bureau de recherche et développement ? 

C’est une question qu’un de nos confrères du site golfwrx s’est posé en septembre dernier quand il a participé à la présentation des nouvelles gammes TaylorMade 2015 sur le practice du Reynolds Plantation où Sergio Garcia, Jason Day, Justin Rose, Camilo VIllegas, Ryan Palmer, Boo Weekley et Brendon Todd ont testé pour la première fois les nouveaux fers RSi, et les nouveaux bois de parcours AeroBurner et R15. 

Les conditions du test et les « off » 

Tout d’abord, il faut savoir que lors de ce type de séances qui sont organisées à chaque fois qu’un nouveau produit sort, les ingénieurs présentent des prototypes. 

Et le fait est qu’un prototype de bois de parcours ou de driver peut très bien « casser » au cours de ce type de test. 

Ce n’est pas souhaité, mais c’est toujours envisagé par les ingénieurs qui profitent de ces séances d’essais « libres » pour compléter leurs travaux d’analyse sur la performance et la résistance. 

Au cours de cette journée de test, tous les golfeurs présents ne sont pas au même niveau de préparation, et de forme. 

Par exemple, l’australien Jason Day qui se remettait à peine d’une blessure au dos, n’a tapé que quelques coups pour les photos, et s’est rapidement mis en retrait du test, ce qui a permis au journaliste présent de lui poser quelques questions sur son propre processus de choix de club. 

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Ce dernier a alors répondu sans détour «  Je teste tout ce qui sort de nouveau au practice avec un radar de mesure d’angle de lancement, et les données que je trouve doivent être réellement supérieures à ce que j’ai l’habitude de jouer pour accepter et valider le changement de club dans mon sac. Si c’est plus long et plus droit, je change immédiatement, mais cela doit être vraiment avéré. » 

Avant d’ajouter qu’il était vraiment très impatient de changer ses fers avec la nouvelle série de fers TaylorMade RSi TP en 2015, surtout parce qu’il a entendu beaucoup de bien des nouveaux shafts. 

Depuis plusieurs années, il utilise des shafts Rifle 7.0, mais d’autres pros lui ont vanté les mérites des nouveaux Nippon N.S. Pro Modus 3 Tour 130x. 

« Apparemment, ces nouveaux shafts sont en-dehors de tout ce qu’on a pu voir jusqu’à présent. » 

Comme nous, les pros aiment essayer ce que leurs amis jouent ! 

Ne pas avoir une idée préconçue avant un fitting 

Présent au  practice ce même jour, l’américain Brendon Todd qui a remporté son premier tournoi PGA en mai au HP Byron Nelson essayait un nouveau driver R15 sur la préconisation de Brian Bazzel, le directeur de la recherche chez TaylorMade quand tous ont admis que le golfeur était plutôt fait pour jouer un Aeroburner. 

« Todd est finalement un golfeur fait pour jouer un Aeroburner. C’est pourquoi vous ne pouvez jamais démarrer un fitting en étant fermé à toutes éventualités. » 

Au cours de cette séance, Todd a aussi essayé un bois 3 Aeroburner qu’il tapait presqu’aussi loin que son driver. Il a été si impressionné qu’il a voulu essayer un hybride dans cette même gamme, ce que n’avaient pas prévu les ingénieurs TaylorMade. 

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S’en est suivi une séquence assez improbable où le golfeur pro a testé un hybride Aeroburner avec un shaft stiff d’origine qui était largement trop léger pour lui, mais il n’a pas semblé y prêter la moindre attention. 

Interrogé à la fin du test, Brendon Todd a déclaré « Ces clubs sont vraiment bons. Dès que vous trouvez quelque chose que vous aimez, vous ne voulez plus vous en séparer. J’ai adopté le bois 3 aeroburner. » 

Un exemple qui démontre que les pros comme les amateurs peuvent apprécier un club dès son premier usage, car autant que les amateurs, les pros aiment le matériel. 

Pour autant, si dans le cas de Todd, l’avis est favorable, ce n’est pas pour autant qu’il change toute sa série.  Présentement, il n’a retenu qu’un bois de parcours ! 

Le cas Ryan Palmer 

Assurément le joueur qui avait le profil le plus intéressant sur cette séance de test concernant un fitting de bois. 

Utilisateur d’un driver TaylorMade Burner Superfast 2.0 depuis 2011 sans que cela n’affecte négativement son jeu ces derniers mois, puisqu’il a réussi sa meilleure année sur le tour en 2014, remportant près de 3 millions de dollars et terminé 14ème des play-off de la Fedex Cup. 

Avec son Superfast 2.0, Palmer enregistre des performances 11.5 degrés d’angle de lancement et un taux de spin de 2200 tours par minute. Sa vitesse de balle atteint 172 mph ! 

En testant un R15 460, son angle de lancement est monté à 13 degrés, et son taux de spin est descendu à 2000 tours par minute. 

En parallèle, la vitesse de balle est montée 173,5 mph, ce qui a donné un gain de distance de 8 mètres au carry, et un gain de 5 mètres carry + roule. 

Contrairement à ce que vous auriez pu penser, cela l’a laissé relativement indifférent. 

Quand un pro du PGA Tour utilise un driver depuis plusieurs années, c’est généralement parce qu’il l’aime vraiment. 

Gagner quelques mètres de plus n’est pas une raison suffisante pour le faire changer. 

Cela demande souvent un gain de performances beaucoup plus important, en même temps qu’un sentiment de confiance vraiment accru à l’usage du nouveau club. 

Or, distance et confiance ne sont pas toujours des choses qui vont de paires. 

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Keith Sbabaro, représentant PGA sur le tour a alors admis que Palmer était un des joueurs connus pour ne pas aimer changer de clubs. 

Précisons que le club auquel Palmer tient le plus est son bois 5, un TaylorMade R9 de 2009, un club qui devrait être difficile de lui faire changer. 

Au practice, l’américain a alors testé le nouveau bois 5 R15, qu’il a porté 9 mètres plus loin en moyenne au carry que son bois 5 fétiche. 

Heureux de sa trouvaille, Palmer a tapé des coups de différentes formes pour valider son choix : draw, fade, etc… 

En variant tous les coups possibles, il cherchait quelque chose qu’il pourrait ne pas aimer, et n’en trouva pas. 

Contre toute attente, le joueur était prêt à adopter ce nouveau club, mais le problème a été que la marque n’était pas encore prête à le lui fournir. 

Brian Bazzel expliqua à Palmer que le dessin de la semelle avait encore besoin d’être légèrement modifié, et que le club n’était pas encore prêt à être mis sur le marché. 

Palmer n’en avait que faire, pour lui le club était déjà suffisamment parfait à son goût. 

Finalement, il put repartir avec le club en échange d’un accord de confidentialité spécial en attendant sa mise en service en janvier 2015. 

D’un golfeur pro à un autre, quelles similitudes ? 

Pratiquement aucune ! 

Entre Sergio Garcia, Justin Rose, Boo Weekley et les autres golfeurs qui ont testé des clubs, tous n’ont pas eu les mêmes comportements et réactions 

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Si Justin Rose, comme Jason Day, est obsédé par les données du trackman, voulant tout savoir à propos de la conception des nouveaux clubs, un golfeur comme Boo Weekley n’en a que faire. 

Ce dernier n’avait même pas remarqué les slots sur les faces des fers RSi avant qu’un ingénieur lui fasse remarquer. Il avait essentiellement jugé ces nouveaux clubs par le prisme du feeling, et du vol de balle.

Autre exemple, celui de Sergio Garcia qui a testé le driver R15.

L’an passé, Garcia aurait préféré joué le SLDR 430, mais quelque chose ne lui plaisait pas dans ce club, une fois à l’adresse. Il avait ainsi préféré jouer le 460, plus large, et plus à son goût.

Pendant la séance de fitting, l’espagnol a rapidement décidé de faire du R15 430 son driver pour 2015.

Il a enchainé les coups toujours avec les mêmes trajectoires pour porter la balle à 265 mètres au carry et 288 mètres avec la roule.

Puis Garcia a pris quelques minutes pour parler avec Bazzel, et notamment de Rory McIlroy « A chaque fois qu’il se présente sur un tee de départ, il frappe aussi haut que possible, et aussi que fort que possible. » avant de poursuive « Si je frappais chaque drive comme Rory, j’aurais peur de toujours être hors limite. »

Pour vérifier ce pronostic, Sergio Garcia a alors teé sa balle aussi haute que possible, et frappé à 110% de ses capacités. Résultat, une balle plus haute avec moins de spin pour un gain de 18 mètres.

En conclusion de cet article, nous retenons que les pros ont des comportements et des attentes différentes les uns des autres.

Confiance et performance sont indissociables, et indispensables pour séduire les pros.

D’autant que gagner quelques mètres n’est pas toujours suffisant pour les inciter à changer.

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Au cours de nos propres tests de clubs, en général, nous trouvons des gains d’une année à l’autre entre des nouveaux modèles, parfois, nous n’en trouvons pas, mais admettons qu’en règle général, il y a bien un gain substantiel.

Pas de quoi changer de driver tous les six mois, ni même tous les ans quand on est amateur, ce qui tranche avec le discours des marques.

En revanche, le process de choix est autant valable pour un pro que pour un amateur, à savoir, contrôler avec un radar de mesure, les gains en termes de hauteur de trajectoire, vitesse de balle, et taux de spin, sans oublier le niveau de confiance procuré.

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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