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Quand les golfeurs se plaignent du rough sur le parcours !

Des roughs réellement pénalisants à Abu Dhabi !

Des deux premiers tours disputés pour le compte du Abu Dhabi HSBC Golf Championship, tournoi du circuit européen de golf, nous retiendrons en particulier la mauvaise humeur des golfeurs concernant la préparation des roughs !

Sergio Garcia mène la charge !

Et comme souvent, c’est l’espagnol Sergio Garcia qui est le plus loquace pour critiquer ouvertement la préparation du parcours, allant jusqu’à indiquer qu’il s’est légèrement blessé en jouant quelques coups dans les roughs du parcours national d’Abu Dhabi.

A plusieurs reprises, au cours du premier tour qu’il a finalement joué en 76, soit quatre coups au-dessus du par, l’espagnol de 34 ans, numéro dix mondial a fait mine d’être mal à l’aise sur le parcours.

En cause, le rough au bord du fairway qui est réellement considéré comme ultra-pénalisant.

Il suffit de voir les énormes touffes d’herbes qui volent à chaque coup joué depuis ce rough par la plupart des joueurs pour comprendre le malaise de Garcia.

Ce dernier reproche aux organisateurs d’avoir coupé le rough du tee au green de telle façon que la moindre balle qui s’y aventure s’enfonce profondément, obligeant les joueurs devant taper des coups à plus de cent mètres, de sortir l’artillerie lourde.

Et effectivement, à partir du quinzième trou, l’espagnol a eu besoin de recourir au médecin du tournoi pour faire examiner et masser son épaule gauche douloureuse.

Pour les non-golfeurs, cette information pourrait surprendre ! On peut se blesser en jouant au golf ?

Pour un athlète de haut niveau, dans la pleine force de l’âge, 34 ans, la réponse est visiblement oui !

Interrogé après la fin de sa partie sur un éventuel risque de blessure, Sergio Garcia a reconnu que les conditions de jeu proposées par les organisateurs étaient dangereuses !

Sergio Garcia nettement plus à l'aise avec le fairway de l'Open de Thailande !

Aussi surprenant que cela puisse paraître, Garcia n’a pas été le seul golfeur à se blesser légèrement.

L’américain, Phil Mickelson a reconnu s’être « pincé » le dos après un coup dans le rough.

A la fin de sa partie, il a admis qu’il fallait faire preuve de prudence, et se contenter de jouer les wedges dans ces roughs pour éviter une mauvais surprise.

Un impact direct sur les résultats du tournoi 

Cette anecdote est une invitation pour que nous les golfeurs amateurs du dimanche soyons humble quand nous nous retrouvons dans des roughs, et admettions que lorsque la balle est dans cette situation, c’est véritablement un coup de perdu.

Paradoxalement, si Garcia et Mickelson cache à peine leurs mécontentements concernant les conditions de jeu, quand nous interrogeons d’autres golfeurs, et notamment ceux qui sont plus réguliers concernant les fairways pris en régulations au driver, mais aussi plus courts en termes de longueurs, ces derniers déplorent que trop souvent les parcours de l’European Tour, et surtout, ceux du Challenge Tour soient des patinoires sans roughs, sortes d’autoroutes favorables aux longs frappeurs.

En tout cas, c’est l’avis de notre consultant, Jean-Nicolas Billot, joueur professionnel français actuellement engagé sur l'Asian Tour, qui au contraire, préfère ce type de conditions qui sont beaucoup plus « challengeantes » !

Avec de tels roughs, les parcours ne se résument plus seulement à tape loin devant, et à rentrer le putt avec à l’arrivée des scores qui descendent très bas.

Au contraire, la précision et la science du jeu peuvent réellement intervenir dans le résultat final.

Et d’ailleurs, à Abu Dhabi, cela n’a pas empêché, Rory McIlroy de signer deux cartes en 70 et 67 dans les mêmes conditions décriées par Garcia, et se trouver en -7 à deux coups du leader Graig Lee.

McIlroy en forme malgré la difficulté des roughs

Plus flagrant encore, le score de vendredi de l’anglais Danny Willett qui a rendu une carte de…63 dans de telles conditions!

Avec ce type de préparation du parcours, le résultat du tournoi est rendu encore plus incertain.

D’un jour à l’autre, d’un kick à un autre, une partie de golf peut radicalement changer, et le français Romain Wattel en a fait malheureusement l’expérience.

Auteur d’une très bonne carte le jeudi avec un score de 67 qui l’avait porté en tête du tournoi, et le lendemain, d’un score de 75 qui l’a finalement repoussé à la 33ème place avec sept coups de retard sur le sommet du leaderboard.

Samedi, la situation peut complètement s’inverser pour quelques centimètres trop à gauche ou trop à droite…

Si Garcia et Mickelson ont finalement passé le cut de justesse, mais n’espèrent plus grand-chose des deux dernières journées à venir, en revanche, il semble bien que McIlroy ait retrouvé la forme, et surtout son jeu d’attaque spectaculaire, mêlés à une réussite insolente sur les greens.

Auteur des plus beaux coups de la journée du vendredi, avec notamment une approche de plus de 100 mètres qui heurte le drapeau pour s’immobiliser à quelques centimètres du trou, justement en ayant sorti sa balle du rough, le nord-irlandais semble sur un nuage, et tout à fait en mesure de remporter ce premier gros rendez-vous de la saison 2014 de golf.

Certes, il lui faudra écarter un des hommes en forme de ce début de saison, le danois Thomas Bjorn, actuel leader de la Race To Dubai 2014, et lui aussi en quatrième position après deux tours.

Dans le clan français, Wattel reste le meilleur tricolore après deux tours, malgré sa moins bonne deuxième journée, et devance Julien Quesne d’un coup, alors qu’Alexander Levy et Raphael Jacquelin sont derrière en -1 total.

Levy ayant signé la meilleure carte française du jour en 69, confirmant son regain de forme depuis la Thaïlande.

D'un rough à un autre, quelles différences ?

Pour ceux qui connaîtraient les roughs du golf national à Saint-Quentin-En-Yvelines, et se demanderaient si justement ils ne sont pas aussi dangereux que ceux d’Abu Dhabi.

A en juger par les éloges faites aux greenkeepers par les joueurs lors de chaque Alstom Open de France, nous pouvons en déduire qu’il existe deux très grosses différences !

  • La première tient dans le fait que les jardiniers de l’Open français ont tendance laisser monter les roughs.
  • La deuxième concerne le fait que les balles s’enfoncent moins, car le terrain est paradoxalement plus sec ou en tout cas moins souple, ce qui empêche que les balles s’enfoncent trop profondément dans des lies meubles.

Résultat, en apparence, les roughs du golf national français sont plus difficiles, car déjà, il faut retrouver sa balle.

Cependant, quand il faut sortir la balle, même si la pénalité est aussi importante pour le joueur, le coup est plus franc, et moins déstabilisant physiquement. 

Ce qui ne veut pas dire que le résultat pour le professionnel sera meilleur, et moins pénalisant qu'à Abu Dhabi, simplement, ce sera moins violent pour le dos, car c'est vraiment le sol qui va prendre le choc, et pas le corps.

Tout ceci tend à démontrer que la nature d'un lie, et même plus, la nature d'un sol est déterminante dans l'interaction, swing, balle, sol, qui conditionne le résultat d'un coup de golf.

divot réalisé par McIlroy sur le second tour du Abu Dhabi HSBC Golf Championship 2014

Très souvent, quand on est amateur, on ne pense pas à analyser les conditions de jeu au sol !

Les golfeurs professionnels considèrent dans leur grande majorité que le parcours du golf national français est l’un des plus durs du circuit européen, notamment pour les roughs.

Dans les deux situations, lies secs ou meubles dans un rough, quoi qu’en dise Sergio Garcia, les golfeurs professionnels, lui y compris font particulièrement la différence avec de simples amateurs, réalisant des coups parmi les plus techniques qu’ils soient donnés de faire sur un parcours de golf, parce qu’au pire, eux, ils ne perdent qu’un coup et encore…

Crédits photos : Abu Dhabi HSBC Golf Championship

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Auteur

Fondateur du site www.jeudegolf.org en juillet 2010, découvre le golf à l'âge de 10 ans au travers d'une première expérience de caddy en Angleterre (Golf d'Uckfield/Essex) en 1985. Golfeur amateur depuis les années 90, d'abord en région parisienne, puis depuis 2005 en région lyonnaise.


Journaliste professionnel sur le golf, co-auteur du livre Tiger Woods, l'homme aux deux visages aux éditions SOLAR en septembre 2018.


Dans ce cadre est intervenu sur la Matinale de RTL dans la rubrique 3 minutes pour comprendre animée par Yves Calvi, et sur un reportage réalisé par la direction des sports de M6 pour le magazine du 12.45 du samedi 29 septembre.


Se déplace chaque année aux Etats-Unis pour interviewer les principaux acteurs de la filière Golf, aux sièges des marques en Californie ou au PGA Merchandise Show à Orlando.

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